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Les forces armées camerounaises face aux enjeux militaires dans le golfe de Guinée: le cas du conflit de Bakassi

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par Ernest Claude MESSINGA
Université de Yaoundé II-SOA - Master en science politique 2007
  

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II.3.3- Les accords d'assistance militaire : instruction et assistance technique

Ces accords signés en février 1974 (Dumoulin 1997 : 28) venaient compléter les accords de défense. Au terme de l'article premier, les officiers de nationalité française étaient appelés à encadrer les forces armées camerounaises. L'article 2 du même accord réservait l'exclusivité de la fourniture du matériel militaire au Cameroun par la France. Au terme de l'article quatre, le Cameroun pouvait faire appel à des administrateurs et à des techniciens français (Oyono 2000 : 41-44). Bangoura (1992) fait aussi état des clauses qui seraient secrètes.

Ces accords pour des clauses connues concernent à la fois l'instruction et la formation des forces armées camerounaises, l'entraînement à des compétences partagées en matière de combat en forêt équatoriale ou en zone lagunaire, et la formation des personnels des armées contractants sur les matériaux de défense acquis majoritairement en France, soit en prêt, soit en cession gratuite vu la réduction du format des armées en Hexagone, soit plus rarement pour la vente de licences. L'aide peut également concerner le domaine sanitaire et médical à partir des médecins et pharmaciens français en service dans les hôpitaux urbains ou les dispensaires de brousse. L'entretien et la remise en état de matériels anciens (plutôt que la livraison de plus en plus rare de matériels neufs) sont effectués grâce à des missions ponctuelles (Dumoulin 1997 : 28-29). En ce qui concerne spécifiquement l'aide directe en matériel, elle a longtemps servi à financer l'équipement de base des forces armées du Cameroun (cession gratuite de matériels). Aujourd'hui, la fourniture de matériel concerne de plus en plus le transfert de moyens logistique à des forces de sécurité à statut militaire. Ainsi de 1994 à 1995, on constate une augmentation des effectifs de la gendarmerie française parmi les coopérants militaires envoyés en Afrique ; l'objectif étant de remodeler les armées africaines, en tentant de les persuader de réduire leurs effectifs et d'éliminer les structures lourdes afin de les doter d'équipements adaptés à leurs vrais besoins et à leurs budgets (Dumoulin 1997 : 30).

La fourniture gratuite d'équipement (matériels neufs et pièces de rechanges) est assurée à partir d'une liste des besoins formulés par les forces armées camerounaises et reclassées « hiérarchiquement » selon la perception (française) de la situation camerounaise par le chef de mission d'assistance militaire en poste à Yaoundé. C'est lui qui, en dernier ressort, transmet les commandes au bureau de logistique de la mission militaire de coopération (Dumoulin 1997 : 30-31). Entre 1986 et 1996, le Cameroun comptait 54 assistants militaires techniques (Dumoulin 1997 : 31) et 50 depuis 1997 (Kounou 2003 : 168). Ils proviennent de l'armée de terre et de la marine, de la gendarmerie et des services de santé et sont « dépendants, hiérarchiquement du général, chef de la

mission d'assistance militaire près de l'ambassade de France au Cameroun » bénéficiant d'un statut diplomatique. Le chef de la mission d'assistance militaire est chargé de l'application sur place de la politique de coopération élaborée par le gouvernement français en accord avec les autorités du pays hôte (Dumoulin 1997 : 31).

Toujours dans le cadre de cette coopération militaire, de nombreux stagiaires camerounais vont en formation de cadres officiers et sous officiers des armées et des gendarmeries dans les écoles militaires françaises en l'occurrence le cours supérieur international de gendarmerie à Melun, le cours supérieur de commissariat de l'armée de terre à Montpellier, le cours supérieur de l'école de l'air de Salon aix en Provence ou le cours supérieur de l'école navale de Brest, le cours supérieur international de gendarmerie, le cours spécial de commissariat, le cours supérieur inter armé (CSI), le collège inter armé de défense (CID).

Dans le souci de former les formateurs Africains pouvant remplacer les officiers coopérants militaires français en Afrique et d'adapter la formation aux besoins réels des armées africaines, le concept d'école nationale à vocation régionale spécialisée dans un secteur de formation est né. (Dumoulin 1997 : 33- 34). Tel est le cas au Cameroun de la future école de guerre de Simbock et de la future base de Garoua qui formera des pilotes de la sous région.

La coopération militaire internationale comme politique d'aide militaire de la France aux pays en voie de développement entretenue par les accords de défense et les accords d'assistance technique serait donc le leitmotiv de l'intervention de la France dans le conflit frontalier en question aux cotés du Cameroun.

A la suite d'une étude théorique préalable des concepts majeurs de notre travail de recherche à savoir la force armée, le conflit armé et la coopération militaire internationale, nous avons pu retenir des définitions relatives à notre cadre de travail. Ainsi, la force armée a été retenue comme outil de conquête et d'émancipation des territoires ou de la protection des intérêts et de l'intégrité du territoire national ; Le conflit armé a été défini comme l'expression des

contradictions de l'expansion du capitalisme ; La coopération militaire internationale comme la politique d'aide militaire de la France aux pays en voie de développement. Ces définitions nous permettrons d'être bien compris dans la partie empirique de notre travail.

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