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La gestion du risque de contrepartie dans la relation des banques commerciales avec les PME: cas de la Commercial Bank-Cameroun

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par Tatiana AZOGANG MU KENGNE
Université catholique d'Afrique Centrale - Master comptabilité et finances 2011
  

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CONCLUSION GENERALE

Les stratégies des banques comme de toutes les entreprises commerciales sont plus que jamais orientées vers la satisfaction des stakeholders13(*) et la minimisation du risque qu'elles prennent, dans le respect des standards régionaux et des conventions internationales en vigueur.

Étant donné la concurrence accrue dans le secteur bancaire au Cameroun, il est très difficile pour le banquier de jouer sur les « intérêts à profit ». Il ne lui reste plus qu'à essayer de minimiser le plus possible les intérêts à charge et donc les pertes que les décisions d'octroi de crédit font subir à la banque. Ceci passe par la bonne appréciation du risque de contrepartie.

Cette appréciation est d'autant plus difficile à opérer en ce qui concerne les petites et moyennes entreprises pour lesquelles les états financiers sont quelquefois inexistants ou bien, lorsqu'ils existent, comportent des informations peu fiables par souci de minimisation des charges fiscales de l'entreprise.

Ce sont ces constats qui ont justifié le choix notre thème : La gestion du risque de contrepartie dans la relation des banques camerounaises avec les PME. Pour mener à bien cette étude, nous nous sommes fixée comme objectif d'analyser les outils utilisés par la Commercial Bank-Cameroun pour décider de l'octroi de crédit, notamment aux petites et moyennes entreprises, d'évaluer la pertinence du dispositif mis en place et de proposer des pistes d'amélioration par rapport aux insuffisances rencontrées. La problématique est axée sur la détermination du degré de pertinence des outils de mesure du risque existant dans cette banque en vue de l'octroi de crédit aux Petites et Moyennes Entreprises. Nous avons adopté à cet effet une approche qualitative basée sur une étude de cas. Elle a consisté à faire des lectures approfondies dans le domaine de la gestion du risque de crédit et à comparer les conclusions de nos lectures aux informations recueillies auprès de la Commercial Bank-Cameroun d'une part, et d'autre part, à vérifier l'adéquation des pratiques actuelles de la Commercial Bank-Cameroun à la réglementation régionale (COBAC) et aux standards internationaux (Comité de Bâle).

Sur la base de l'étude de cas retenue, nous avons, pour une meilleure appréciation de ladite étude, sollicité et obtenu de la sous division informatique une requête dont le but était de nous permettre d'apprécier la pertinence de ce dispositif. Il s'est agi pour nous, de répertorier un échantillon de crédits octroyés à des Petites et Moyennes Entreprises, de montants inférieurs à 50 000 000 FCFA et mis en place durant les vingt quatre derniers mois. Les différents champs retenus dans l'élaboration de la requête ont porté sur le numéro du crédit, les dates de mise en place, les dates de la dernière échéance, les périodicités des échéances, le nombre d'échéances, les montants, les taux d'intérêt, le nombre et les cumuls d'impayés.

Parvenue au terme de cette étude, nous pouvons dire que notre objectif a été atteint.

Dans l'exercice de ses activités, le banquier est confronté à des risques variés et multiformes et l'un des plus importants risques auxquels il est confronté est le risque de crédit. Nous l'avons défini comme le risque de pertes consécutives soit à un défaut de l'emprunteur face à ses obligations (risque de défaut ou défault risk), soit à la détérioration de la situation financière de l'entreprise entraînant une détérioration de la perception de la qualité de l'emprunteur, et une diminution de la valeur de la créance sur l'entreprise (risque de dégradation de la qualité du crédit).

Pour mesurer le risque de défaillance des demandeurs de crédit, les entreprises peuvent avoir recours à des agences de notation externes ou développer en leur sein des outils de notation internes basés sur l'appréciation par les analystes et les autres acteurs de la chaîne de décision (gestionnaires, directeurs) des éléments quantitatifs et qualitatifs de la situation financière du débiteur ou sur une méthode de score.

Les agences de notation externes ont défini chacune une échelle de notation des entreprises allant de AAA (triple A) à CCC (triple C) pour la plupart. Cependant, le coût élevé de ces notations pour les entreprises et les conflits d'intérêt pouvant survenir emmènent les banques à développer en leur sein des outils de mesure du risque de contrepartie que les entreprises présentent. Ces méthodes développées en interne reposent sur l'appréciation des éléments quantitatifs et qualitatifs de la situation financière du demandeur du crédit. Il s'agira, pour chaque demande de crédit, d'attribuer une note à chaque emprunteur en fonction de sa probabilité espérée de faire défaut. La décision d'octroi ou non de crédit se fera au regard des seuils de décisions déterminés en interne, dans le respect de la réglementation.

A cet effet, la Commercial Bank-Cameroun a développé un modèle de rating des entreprises en son sein dénommé MRC (Modèle de Rating du Crédit). C'est un outil qui permet d'attribuer une note à chaque client en fonction de la qualité de gestion en son sein, du marché, des relations bancaires, des perspectives d'évolution de l'entreprise, etc. La méthode repose sur l'attribution d'une note (rating) à chaque client, déterminée sur la base d'un questionnaire et sur la synthèse des états financiers (bilans et comptes de résultats des trois derniers exercices) et qui permet au gestionnaire et aux autres acteurs du circuit décisionnel (directeur de l'exploitation, directeur du département juridique et de conformité, directeur des risques et engagements, Administrateur Provisoire) de se faire une idée sur les indicateurs qualitatifs (forces faiblesses opportunités et menaces) du client, et quantitatifs (dépouillement de ses états financiers). Chaque note correspond à un niveau de risque, les dossiers présentant le risque 7 ou plus étant pour la plupart rejetés, la décision finale revenant à la Commercial Bank-Cameroun à l'Administrateur Provisoire. A chaque note est affectée une probabilité de défaut, calquée sur le modèle Standard & Poor `s qui permet de calculer la perte attendue sur chaque dossier en faisant le produit «Probabilité de Défaut par l'encours et le taux de non couverture de la garantie«.

La Commercial Bank-Cameroun a aussi développé des programmes de crédit spécialement adaptés aux particularités des petites et moyennes entreprises. En effet, ne présentant pas toujours des états financiers fiables, la banque a décidé d'allouer des fonds au financement de projets précis, et de déterminer la perte attendue pour chacun d'eux. Pour bénéficier de ces programmes, les clients devront satisfaire à deux conditions : leur éligibilité à ces programmes et les conditions de tirage (garanties à produire).

Le cas qui nous a servi d'exemple nous a permis de relever les insuffisances de ce modèle. Ainsi, nous nous sommes rendu compte que le MRC attribuait des notes en fonction d'éléments d'états financiers pris isolément comme le chiffre d'affaires. Par ailleurs, bien que saisi des dossiers de crédit, l'analyste n'émet pas d'avis sur ceux-ci. Son rôle dans la procédure reste à déterminer, bien qu'il existe une procédure de validation du rating. In fine, la décision d'octroi de crédit repose sur la subjectivité du décideur.

Nous avons complété notre recherche par une étude des pertes enregistrées sur des crédits accordés à des PME et mis en place sur une période de deux ans, pour des concours inférieurs à 50 000 000 F.CFA. Sur 22 entreprises recensées, 4 d'entre elles ont fait défaut, soit un pourcentage d'environ 18%. Parmi les ces 4 entreprises, 2 seulement ont des concours arrivant à échéance ce qui ramène le taux d'impayés, qui sont au contentieux et pour lesquels il existe de grandes chances de recouvrement, à 9%, ce qui est relativement faible.

Vu le faible taux d'impayés obtenu sur les crédits aux PME, nous pouvons dire que le procédé de gestion du risque conduit à une prise de décision pertinente de la part des dirigeants. Cependant, dans la majorité des cas, la décision est fondée sur la nature et l'importance des garanties proposées par le client. Ainsi, la demande d'un client présentant de bonnes garanties sera préférée à celle d'un autre ayant de bonnes perspectives de rentabilité mais des garanties moins importantes.

Bien que le MRC se soit avéré être un outil pertinent de gestion du risque de contrepartie des entreprises, il se pose le problème de son adaptation aux Petites et Moyennes Entreprises. En effet, le caractère informel de leurs activités a pour conséquence la rareté et quelques fois le manque de fiabilité des états financiers disponibles et donc la difficile application du modèle. Il s'en suit que beaucoup d'entrepreneurs voient leurs dossiers rejetés. Quant à ceux qui retiennent l'attention, les critères de décision relèvent le plus souvent de l'appréciation faite par l'analyste.

S'agissant des programmes de crédit qui, rappelons le, permettent de déterminer la perte espérée pour des enveloppes de fonds affectés à des projets précis, leur pertinence reste à démontrer. Reposant en effet sur le principe qu'à chaque client d'une même catégorie de risque est affecté la même probabilité de faire défaut, des effets de compensation peuvent survenir entre ces clients présentant les mêmes caractéristiques. De plus, ce n'est pas un outil de mesure du risque en ce sens qu'il ne repose pas sur la détermination de la perte probable attendue de chaque client, mais plutôt sur son éligibilité au programme en question et les garanties qu'il est prêt à apporter.

Comme suggestions d'amélioration aux outils de gestion du risque de contrepartie à la Commercial Bank-Cameroun, nous proposons que lors de l'analyse quantitative, les notes soient attribuées non pas en fonction d'éléments d'états financiers qui n'ont aucun poids pris isolément comme le chiffres d'affaires, mais en fonction de ratios tels le résultat/chiffres d'affaires.

Sachant qu'en règle générale dans nos pays que la PME se confond avec le promoteur, il faut reconsidérer le MRC de manière à prendre en compte cette ambigüité, et donc mettre l'accent sur la capacité de remboursement de ce dernier.

La réduction du risque de contrepartie passe donc par la prise de conscience de ce caractère informel, et par l'intégration des facteurs de risque inhérents aux promoteurs.

* 13 Toutes les parties prenantes (actionnaires, clients, fournisseurs...)

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