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De la démocratie belligène à  la rotative

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par Mahatma Julien TAZI K. TIEN-A-BE
Université de Kinshasa RDC -  2010
  

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DE LA DEMOCRATIE BELLIGENE A LA DEMOCRATIE ROTATIVE

Par Mahatma Julien TAZI K. Tien-a-be

Mahatmajulien.tazi@unikin.cd, julientazi@yahoo.fr

Tel. 243 81 16 42 903 - 243 998 612741 -243 89 89 45 107

Chef de Travaux et Diplôme d'études supérieures en Relations Internationales

Université de Kinshasa.

Plusieurs fois, la pratique du Bulding et making peace, spécialement dans les pays post conflit envisage la démocratisation des régimes. Cependant dans plusieurs pays divisés, l'application de la démocratie universelle est belligène. Cet article, qui entre dans le cadre de la politique internationale tente de solutionner la question en proposant à la place la démocratie rotative sur base du facteur divisant.

Introduction

L'analyse des différents systèmes politiques internationaux qui ont caractérisé les siècles qui se sont succédé a démontré les vicissitudes que les royaumes et empires ont connues dans l'élaboration de leurs propres systèmes politiques et dans la création des normes universellement acceptables pour une gestion efficiente des problèmes internationaux.

L'Europe a connu sa première semblant de stabilité politique par l'adaptation dans une quasi-totalité des pays, des monarchies absolues ou parlementaires. Etant incapable d'assurer une participation populaire dans la gestion de la chose publique et le mieux être des citoyens, les critiques constructives feront naître deux divergences : le progressisme monarchique et le progressisme républicain. Ces deux écoles vont s'affronter pour donner au monde un régime politique idéal. Tel qu'il est conceptualisé chez notamment Montesquieu, Diderot, Jean - Jacques Rousseau et Alexis de Toqueville...

Le système politique après la guerre froide est celui qui fait de la démocratie et du respect des Droits de l'homme une caractéristique principale. Ceci fait dire à WEYDERT que « ... la démocratie reste une valeur à laquelle les peuples sont fortement attachés et des femmes établis hier en Grèce, Portugal, Espagne. Elle s'installe aujourd'hui non sans difficulté dans le pays de l'ancien bloc soviétique. Elle progresse en Amérique latine, elle est présente dans les pays d'Asie, elle se construit laborieusement en Chine et en Afrique (1(*)).

La démocratie a représenté et représente encore à ces jours le système politique sinon le plus parfait, du moins le plus désirable. Dans tous les continents, elle n'a aucune solution de rechange envisageable. Cette option devient très discutable à ces jours. Ainsi, les spécialistes de science politique moderne sont partagés entre les adeptes du monopole de « la valeur démocratique » et ceux qui préfèrent s'en méfier.

Nous nous plaçons sur la liste de ceux qui, depuis la fin de la guerre froide, tentent de se méfier de l'application universelle des valeurs de ce système sans une adaptation conséquente selon les traditions et les réalités des sociétés concernées. D'aucun pourra penser que nous faisons allusion uniquement aux communautés africaines ou tiers-mondistes. Loin delà. Notre option tient grandement compte des réalités et pratiques des Etats du système international dans sa globalité.

Il y a lieu de constater malheureusement que la pratique de la démocratie universelle actuelle fait d'elle une démocratie illusoire, ce système politique fait que la société soit prise en otage par les politiciens, le vote populaire est confisqué par les plus forts, les leaders politiques sont fabriqués par le pouvoir télécratique ou par les grands lobbies médiatiques. Dans les pays sous développés, elle fonctionne à double vitesse, ses piliers sont respectés à géométrie variable. Elle ne cesse de prendre de nouvelles dimensions et des qualificatifs.

Dans presque tous les pays industrialisés, les intellectuels ont tendance aujourd'hui à rechercher des nouvelles formules d'adaptation. C'est ainsi qu'on est partie de la démocratie à mandat impératif à la démocratie représentative, de la démocratie libérale à la démocratie populaire, de la démocratie sociale du marché à la sociale démocratie jusque peu à la démocratie d'opinion. Comme cela ne suffisait pas, chaque pays tente des adaptations par rapport à sa propre évolution.

Les pays à grandes spécificités sociales sont prêts à formuler leurs propres adaptations. Certains ont tenté des formes diverses comme démocratie communautaire, démocratie consociative.

Il va sans dire que dans certains pays dont les facteurs sociaux sont instrumentalisés et surtout a une valeur politique, à l'instar de Rwanda (l'ethnie), du Burundi (ethnie), du Kenya (ethnie) de l'Afrique du Sud (la race), la Belgique (la langue), de la Chine (langue et religion),de l'Inde (langue et religion),de l'Irlande du Nord (religion) et , l'application de la démocratie universelle devient tout à fait belligène.

En effet, à prendre l'exemple du Rwanda, quand on lui applique la démocratie universelle dans toute sa rigueur, c'est-à-dire une personne une voix, une ethnie, les tutsi n'arriveront jamais au pouvoir de manière démocratique. De ce qui précède, une voie sera grandement ouverte pour une autre forme de prise de pouvoir. Conséquence : guerre ethnique, instabilité politique, absence de cohabitation et manque de vouloir vivre collectif. C'est pourquoi cette appelle à l'invention démocratique adaptée à la réalité de ces différents Etats est très nécessaire.

Cette analyse, pour atteindre ses objectifs, sera structurée de la manière ci-après :

1. De l'illusion de la démocratie représentative à la crise de la démocratie contemporaine

2. De la présentation sommaire de la Théorie de la Démocratie Belligène

3. De la solution à la Démocratie Belligène de certains Etats spécifiés

Conclusion

I. De l'illusion de la démocratie représentative à la crise de la démocratie contemporaine

Depuis très longtemps, nous avons célébré l'importance de la démocratie. Nous avons venté ses mérites et nous avons soutenus qu'elle était le meilleur système politique au monde. Les analystes de renom ont stigmatisé les Etats restés en marge de la civilisation démocratique. Il y a lieu aujourd'hui de penser que ce que nous avons observé n'était qu'une illusion, une farce et une idée frappe oeil.

Nous allons tenter d'analyser et de démontrer que le souverain primaire a été pris en otage par les « faiseurs » d'idées.

1. De l'illusion de la représentation démocratique

Nous nous donnons la peine de ne pas entrer dans les méandres de définition du concept démocratie. Cela parce que nous nous disons que cette réflexion s'adresse d'abord à ceux qui sont censés et lettrés.

La première illusion est bien relative à sa définition. Si nous prenons la définition la plus populaire, faisant de la démocratie, le pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple, nous pouvons bien nous rendre compte de cette illusion. En effet, Pour Alain MOUGNIOTTE cette définition est vague. A quels signes dire qu'il y a gouvernement du peuple, les élections elles mêmes ne constituent pas un critère sûr, car elles peuvent être biaisées. Cette définition correspond uniquement à l'organisation des pouvoirs publics, mais elle ne spécifie pas ce qui est caractérisé, une gestion démocratique des autres institutions en instance (2(*)).

En plus, les analystes de la science politique moderne s'accordent sur le fait que le concept peuple est politiquement abstrait. Pour le spécifier, il faut bien aller au principe de représentativité. Là encore rien n'est sûr que le représentant prend réellement fait et cause pour sa base surtout que le mandat n'est plus impératif mais plutôt national. Ceci revient à dire que le représentant évalue ce qui est bon pour le peuple en tenant compte de ses propres intérêts.

Il faut faire savoir avec simplicité de style scientifique que la démocratie universelle actuellement enseignée est une farce, mieux une illusion. S'il est vrai que tout le monde a le droit de vote, il est aussi vrai que les souverains primaires ne présentent pas des programmes politiques. Ils adhèrent à ceux qui sont cousus de toutes pièces par les grands centres intellectuels. Ils sont objet des propagandes politiques. Il faut encore penser qu'ils y adhèrent par connaissance ou par conviction ou encore par simple attrait.

En plus, qui peut ignorer que le système international censé être démocratique est gouverné par une minorité, ainsi, une portion infime contrôle tout : les mass- media, la radio, la télévision, les journaux. Cette minorité possède le pouvoir de l'agro alimentaire au secteur cinématographique. Elle manipule l'information à sa guise et l'électeur ne qu'un simple consommateur. (3(*))

De cette triste réalité, nous pouvons observer le spectre du totalitarisme qui guette les sociétés mondialisées. Non pas un totalitarisme similaire à celui qui a sévi en Union soviétique ou dans l'Allemagne nazie, mais une nouvelle forme d'oppression issue de la défection des citoyens eux-mêmes pour l'idéal démocratique. La démocratie, méthodiquement vidée de son contenu, ne serait plus qu'un théâtre d'ombres ; elle serait en train de mourir faute de combattants. (4(*))

L'illusion de la démocratie contemporaine a engendré un écart et un manque de confiance criant entre les élus et leurs bases, entre le sommet et la base, le souverain primaire ne croit plus aux politiciens, qu'ils ont élus parce qu'ils ne font que leur propre politique sans vraiment tenir compte du peuple.

Les Technocrates de l'Administration appliquent principes pour principes sans que ces derniers profitent à l'administré. C'est ainsi que le peuple par diverses manières réclame une participation plus directement aux affaires de l'Etat et rejette de plus en plus la vieille notion de la représentativité.

* 1WEYDERT, J.S,  Fragile démocratie politique, culturelle et religieuse, éd. Braillard, Paris, 1998, p3

* 2MOUGNIOTTE, Eduquer à la démocratie, éd. Celf, Paris, 1994, p59

* 3HIRMER, O., L'argent, Marx, le Christ, éd.Epiphanie, Kinshasa., 1984, p.66

* 4 CAPDEVIELLE, J., Démocratie : la panne, éd. La discorde, Paris, 2005, p.58

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