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Une action éducative dans le quotidien et en projet : un exemple de prise en charge de l'anorexie mentale de l'adolescente en milieu hospitalier psychiatrique

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par Audrey Marie-France GERARD
Institut Jean-Pierre Lallemand - Graduat Educateur Spécialisé 2011
  

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1.1.3. DU POINT DE VUE ÉDUCATIF

En Belgique francophone, il est fréquent de rencontrer une équipe éducative collaborant avec le personnel soignant des hôpitaux généraux ou spécialisés traitant les TCA. Mais cette équipe ne travaille pas avec les adolescents atteints d'AM. Ceci pour différentes raisons que je vais brièvement exposer :

Pour les hôpitaux généraux, ces raisons me semblent légitimes car l'hospitalisation est toujours faite dans l'urgence. Il y a un danger physique vital important, à traiter rapidement d'une façon médicale. Les jeunes patients sont si faibles physiquement qu'ils restent alités, sous baxter et gavés par sondes. Par contre, pour les hôpitaux spécialisés psychiatriques, les raisons restent à mon sens quelques peu floues, voire arbitraires. Car ici, le danger vital n'est plus compromis à court terme, les jeunes sont hospitalisés à moyen ou long terme et ils participent à diverses activités thérapeutiques et scolaires selon certaines conditions. Notons que dans ces hôpitaux ayant toujours une unité psychiatrique dédiée aux TCA, les autres adolescents atteints de troubles psychiatriques et les adultes atteints de TCA sont toujours encadrés par une équipe éducative et participent à des projets éducatifs (sportifs, culturels, artistiques...). Alors pourquoi les adolescents souffrant de TCA n'ont-ils pas accès à cette prise en charge éducative ?

Les explications récoltées sont les suivantes :

- Ce public très fragilisé par cette affection demande une attention toute particulière et des soins avant tout médicaux et psychologiques, qui en plus du suivi scolaire prennent tout le temps et l'énergie des patients.

- De plus de par leur jeune âge, doublant leur fragilité, et le fait que l'AM ne soit pas vraiment ni une névrose ni une psychose, les adolescents ne seront pas mélangés avec des patients adultes ou des patients ayant une autre pathologie psychiatrique que les TCA. Cela ni dans les actes du quotidien, ni pour participer à des activités collectives organisées.

- Finalement, je citerai quelques réponses courtes telles que : On ne peut pas faire n'importe quoi avec ce public. Il serait tellement facile de mal faire en voulant bien faire. Il faut être bien formé et informé, etc.

La première réponse ne me satisfait pas, car d'une part, la prise en charge éducative se fait dans le quotidien des ces jeunes et donc ne prend pas du temps mais en fait partie. D'autre part, en ce qui concerne les projets éducatifs, l'ESP peut proposer des activités relaxantes ou sublimant l'énergie par la création. Ensuite, la deuxième réponse me semble être totalement hors-sujet, car un suivi éducatif n'implique pas des contacts avec les patients d'autres unités, surtout si c'est clairement déconseillé préalablement. Et finalement, face aux dernières réponses, je reste bouche bée en me demandant : Mais que pensent-ils donc de la fonction d'ESP ? Que l'on travaille et que l'on réalise des activités sans réfléchir, sans but, sans préparation... sans se préoccuper du contexte de travail, de ses acteurs et de leurs besoins...

C'est seulement vers 1990, que des Éducateurs Spécialisés (ESP) vont être intégrés pour la première fois dans l'équipe pluridisciplinaire prenant en charge l'AM de l'adolescente d'une clinique psychiatrique bruxelloise : La clinique La Ramée. Actuellement encore, cette clinique reste l'exemple unique de cette intégration des ESP dans ce cadre particulier de travail. Depuis, les ESP y ont trouvé un rôle important dans l'accompagnement des actes quotidiens et le travail de nursing dont l'objectif premier est de soutenir le cadre thérapeutique. Néanmoins, l'équipe d'ESP n'a pas de projet éducatif proprement défini et cela pour des raisons similaires à celles précitées ci-dessus. Dans les deux derniers chapitres de cet ouvrage, je compléterai la description du travail des ESP dans cette clinique et je proposerai un projet éducatif adapté pour prouver de la pertinence de l'action éducative en ce domaine.

De ce parcours historique, nous retiendrons que l'AM n'est pas une maladie au sens propre mais plutôt un TCA ayant des origines et des conséquences bio-psycho-sociales graves et multiples. Mais aussi soulignons, que c'est l'image corporelle qui est perturbée et l'importance des facteurs relationnels et des caractéristiques de la personnalité pris en compte pour l'évaluation du diagnostique de l'AM. Nous garderons aussi en tête que l'ESP est le dernier arrivé dans l'équipe des acteurs professionnels de la prise en charge de l'AM de l'adolescente à l'hôpital psychiatrique. Et que certaines facettes de l'action éducative, dont le projet éducatif, restent encore à être découvertes tout en prenant une certaine indépendance face à l'action médicale.

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