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Les représentations sociales et pratiques liées à  l'utilisation des produits phytosanitaires en RCA: cas des cotonculteurs de Bossangoa.

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par Arsène Ferrera BINGUIMALET
Université de Bangui - Maà®trise 2010
  

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1.4. La problématique de la recherche.

La République Centrafricaine est un pays pauvre dont l'économie est basée sur l'exportation des matières premières (coton, café, bois, diamants, etc.). Selon le DSRP, l'agriculture représente 56,6% du PIB et emploie près de 80% de la population active.30 Parmi les cultures de rentes du pays destinées à l'exportation, le coton figure en bonne place. En effet, cette culture qui se pratique uniquement en zone de savane est exploitée dans les préfectures de : l'Ouham, l'Ouham-Péndé, la Nana-Gribizi, la Ouaka et une partie de la Basse-Kotto. Ces préfectures qui exploitent le coton concentrent un fort taux de densité de la population du pays. Pour les habitants de ces régions, cette culture constitue une source de revenu non négligeable.

Botaniquement, le cotonnier en latin, Gossypium, appartient à la famille des malvacées, dont sa fleur à l'aspect caractéristique. Dans cette famille des malvacées, le cotonnier a pour cousin géant l'arbre à Kapok qui, lui aussi produit une fibre duveteuse, mais d'un usage limité. Pour sa production, le cotonnier a besoin de sols de bonnes qualités. Pourvue d'une longue racine dont la longueur dépasse parfois le double ou le triple de la hauteur de la plante, il lui faut une terre profonde et perméable. Ce qui justifie la culture attelée dans ces zones cotonnières.

Craignant l'humidité stagnante qui favorise les maladies, des moisissures et le pullulement des insectes ravageurs, il lui faut une terre bien drainée. Développant en quelques mois une végétation arbustive relativement importante, il lui faut une terre fertile. La culture du cotonnier est parmi les plus épuisantes pour les sols et pour les paysans du fait de son entretien continu. Pour toutes ces raisons, les terres d'élections du cotonnier sont des terres riches et particulièrement les terres alluvionnaires. Il réussit néanmoins dans des terres moins généreuses mais exige alors, si l'on veut obtenir des rendements satisfaisants, un apport appréciable d'engrais organiques et chimiques.

30 RCA: MINISTERE DU PLAN ET DE LA COOPERATION INTERNATIONALE, Document de Stratégies de Réduction de la Pauvreté 2008-2010, P. 1

Le cycle de développement du cotonnier varie de cinq (5) à sept (7) mois, la levée de semis se situe du sixième au trentième jour, les premières fleurs entre cinquante et soixante et dix jours et le stade reproductif au-delà. Du fait de ce cycle, les exigences climatiques du cotonnier sont nettement plus précises que celles relatives au sol. Ne supportant pas la température inférieure à +5°c, la culture du coton ne peut se situer que dans les climats assurant une température supérieure à sept (7) mois durant.

Par ailleurs, le cotonnier a besoin d'humidité, d'oxygène et les températures optimales se situent entre 11 et 25°c pour le barbandense et 15 à 35°c pour l'hirsutum. Des chaleurs excessives (au-delà de 37° à 38°c) et des sécheresses prolongées risqueraient de lui être fatal de même qu'une humidité permanente (l'optimum étant l'existence d'une humidité satisfaisante à la récolte).31

De ces différentes données, on déduit aisément que la culture du cotonnier épuise notablement les sols, car elle ne peut que rarement être poursuivie plusieurs années sur les mêmes terres. C'est pourquoi les cotonculteurs font très souvent recourt aux techniques de l'assolement, plus ou moins régulier, mais plus fréquemment à l'assolement triennal comportant, outre le coton, une année de légumineuses et une année de céréale.

En parlant des ennemies de cette plante, disons que le cotonnier comme tous végétaux, doit se défendre et être défendu contre de nombreux dangers et ravageurs : maladies et ravageurs. Les maladies ont souvent pour origine des bactéries, des champignons, des virus et des mycoplasmes qui s'attaquent à une partie ou une autre de la plante. Les maladies peuvent se manifester tout au long du cycle du cotonnier. Durant la germination, elles peuvent provoquer la fonte des semis ou des maladies des plantules.

En effet, on dénombre à l'heure actuelle, plus de 1326 espèces d'insectes vivant aux dépens du cotonnier. Parmi les principaux ravageurs du cotonnier, on distingue généralement trois classes: les acariens, les diplopodes et la classe des insectes ou les ravageurs.32 La protection des cultures remonte aux temps les plus anciens. Parmi les

31 (D) CHAIGNE : Le coton et l'industrie cotonnière~~, Collection ~~Que Sais-Je~~, PUF, Paris, 1996, P.13

32 Ibid., P.17

procédées variées de lutte, on distingue : les moyens agronomiques, génétiques, biologiques et chimiques.

En République Centrafricaine où la culture du coton a été introduite depuis l'époque coloniale, seule la lutte chimique aux conséquences souvent perverses, est utilisée comme l'unique moyen de protection efficace. En effet, huit mille tonnes (8000) tonnes de pesticides sont importées chaque année pour la protection de différentes cultures dont le coton.33 Une bonne protection en vue d'un meilleur rendement, exige cinq (5) traitements au moins. Si ces produits phytosanitaires d'une part présentent un avantage de protéger le cotonnier, mais d'autre part, ils représentent un danger potentiel pour leurs manipulateurs, la faune, la flore et l'environnement.

Les pesticides sont faits pour détruire les indésirables, mais ils atteignent aussi les espèces non visées dont l'Homme également. Lors de l'épandage, seuls 1 à 2% des quantités d'insecticides et 5% des herbicides dispersés atteignent leurs cibles biologiques. Les 95 à 99% restants vont se déposer dans les sols, se disperser dans l'air, les eaux superficielles et profondes, se fixer dans les aliments et les organismes non-visés spécifiquement tels que l'Homme, et les animaux.

Ainsi les insecticides comme le DDT, liposolubles, non biodégradables vont subir une bioamplification conduisant à des concentrations multipliées par des facteurs de plusieurs millions au sommet de ces chaînes alimentaires pour des durées de plusieurs dizaines d'année.34

Par action indirecte, l'Homme se contamine à travers certains aliments consommés. En effet, certains produits animaux ou végétaux consommés sont bien connus de contenir des résidus des pesticides: bSufs, oranges, tomates, raisins, laitues, pommes de terre. Fort de ces démonstrations, nous comprenons par là qu'aucun individu n'est à l'abri des dangers que représentent les produits phytosanitaires pour la santé humaine.

Dans la zone cotonnière de la RCA en général et en particulier à Bossangoa, force est de constater que certaines pratiques à risque liées aux pesticides agricoles

33 Entretien accordé au responsable de la cellule coton, le 15 Décembre 2010, 11H30

34 (C) CHASSARD-BOUCHAUD : ~~L'écotoxicologie~~, Collection ~~Que Sais-Je~~, PUF, Paris, 1995, PP.74-75

observées par certains cotonculteurs aux conséquences souvent néfastes, sont exercées sous l'effet de l'ignorance ou des mépris des dangers liés à ces pesticides ou encore sous le poids de la tradition.

Ainsi, fort de ce qui précède, quelques interrogations méritent d'être soulevées : v' Comment les produits phytosanitaires sont-ils représentés par les cotonculteurs de Bossangoa ?

Cette question principale ainsi soulevée, fait appel aux questions subsidiaires suivantes :

v' Quelles sont les pratiques que les cotonculteurs de Bossangoa font des pesticides agricoles ?

v' Ces pratiques respectent-elles les procédures et les normes en vigueur ?

v' Quels sont les impacts socioéconomiques des pratiques dans la localité de Bossangoa ?

v' Quelles sont les mesures à prendre pour réduire l'ampleur des pratiques non conformes aux normes dans la localité de Bossangoa ?

Ces questions ainsi posées, nous conduisent à déterminer les objectifs liés à cette étude.

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