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Femmes et fonction publique au Cameroun

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par Hans De Marie Heungoup Ngangtcho
Université catholique d'Afrique Centrale - Master1 gouvernance et action publique 2009
  

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B- Les freins socioculturels à l'insertion des femmes dans la fonction publique

La faible représentativité des femmes à la fonction publique camerounaise se constate surtout dans les fonctions de la sphère décisionnelle. Après une étude de terrain, nous avons pu recenser des obstacles que nous avons regroupés en deux catégories. D'une part les hommes éprouvent un complexe de supériorité, qui constitue une barrière ; d'autre part, les femmes ne se valorisent pas suffisamment elles mêmes.

1- La réticence de la gent masculine

La croyance aux mythologies, qu'on peut qualifier de misogynes, n'a fait qu'accroître ce complexe de supériorité longtemps observé chez les hommes. Dans la tradition judéo chrétienne, le mythe cosmogonique en rapport avec les débuts des temps montre que la femme dérive d'une côte masculine. D'où son infériorité à l'homme à qui elle doit soumission totale, obéissance et respect. Cette conception de la femme est identique aux visions du monde des aires culturelles des ethnies rencontrées au Cameroun.

Chez les Beti par exemple, il existe un mythe rend la femme responsable de la pratique de la sorcellerie, la passant au crible d'un jugement axiologique qui fait d'elle un danger pour l'humanité. Mais ce danger s'avère nécessaire de par la place qu'elle occupe dans le ménage9(*). Etant donné que nous sommes à l'aire de la promotion de la famille, les enquêtes de terrain ont opté pour l'exercice des fonctions sociales lui laissant le temps de pouvoir éduquer sa progéniture et de s'assurer du bon fonctionnement de son ménage. C'est pourquoi le Ministre de la fonction publique encourage les regroupements familiaux en dépit du texte qui stipule que tout fonctionnaire doit servir l'Etat partout où le besoin se fait sentir.

Certaines régions du Cameroun enracinées dans la tradition, n'admettraient pas des femmes dans les instances de prise de décision. Au cours de nos enquêtes, il a été révélé qu'au Nord, aucune autorité traditionnelle n'admettrait pour collaborateur une autorité administrative féminine. Pour les nordistes, aucune femme ne saurait égaler l'homme encore plus le Lamido. Ce serait une disposition qui ne cadre pas avec la loi coranique qui relaye la femme en seconde position par rapport à l'homme. De telles considérations ont freiné la scolarisation de la jeune fille qui ne devait surtout se former qu'en travaux ménagers. C'est ce qui justifie le manque de ressources humaines féminines dans cette région où la femme même semble se plaire dans ce rôle second, limitant ainsi ses chances d'accéder à certains postes de la fonction publique.

Attribuer la responsabilité de cette faible représentativité aux seuls hommes ne serait pas exagérée, si seulement la femme disposait des compétences requises pour favoriser cet accès.

* 9 Lire LABURTHE TOLRA Philippe sur l'Evu chez les Beti.

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