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Application du cadre d'accélération des OMD (Objectif du Millénaire pour le Développement ) au Bénin. Cas de la filière maà¯s

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par Hamis et Ruben BADAROU et DJOGBENOU
Ecole nationale d'économie appliquée et de management Université d'Abomey- Calavi - DTS En statistique et planification 2011
  

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2.3 Revue de littérature

Le CAO permet d'identifier et de choisir les meilleures stratégies, actions ou mesures parmi celles existantes et/ou mises en oeuvre pour l'atteinte effective d'une cible donnée dans le très court terme. Plusieurs travaux ont abordé la question de l'amélioration de la marche vers l'atteinte des OMD en général. A cet effet, les différentes méthodologies utilisées pour identifier les besoins et évaluer leurs coûts pour l'accélération de la marche vers la réalisation des OMD seront passées en revue, en vue de retenir la méthodologie adaptée pour vérifier les hypothèses sur lesquelles repose le présent travail.

Les OMD étant des objectifs retenus par la communauté internationale, la question de savoir comment les atteindre s'est posée aux dirigeants. Cette question se justifiait par le souci permanant des dirigeants d'opérer des choix stratégiques efficaces et efficients en matière de développement. Plusieurs outils ont ainsi été élaborés pour identifier ces

choix et évaluer les besoins en ressources nécessaires pour la réalisation des OMD. Ainsi, quatre instruments prédominent de nos jours tous les instruments de planification opérationnelle.

En juin 2001, un groupe de haut niveau composé de hauts responsables de la finance et présidé par l'ancien président mexicain Ernesto Zedillo, a rendu public son rapport sur le financement des OMD. La mission de ce groupe était, entre autres, de déterminer une estimation des coûts supplémentaires annuels de la réalisation des OMD. Cette estimation s'est faite par addition des coûts de la réalisation des objectifs de façon individuelle. Ce panel de spécialistes s'était basé sur les travaux de Collier et Dollar (2000) qui ont montré à l'aide de cinq (5) différents scénarios les potentiels impacts d'une aide au développement efficace accompagnée de politiques conséquentes sur la réduction de la pauvreté. Coller et Dollar (2000) se sont rendus compte que les pays qui disposaient d'un bon cadre de politique enregistraient non seulement un accroissement rapide des revenus des pauvres mais réalisaient aussi de bon progrès dans le domaine de l'éducation primaire et de la réduction de la mortalité infantile. Cependant, à l'opposé de l'étude réalisée la Conférence des Nations-Unies pour le Commerce et le Développement (CNUCED) 29 , le groupe Zedillo a réalisé des estimations qui ne tiennent pas compte de l'hypothèse selon laquelle un accroissement de l'aide au développement se traduirait par une fuite des capitaux et une accumulation des réserves.

Les estimations réalisées par le groupe Zedillo étaient globales et ne permettaient pas de voir plus clair en matière d'atteinte des OMD.

Certains auteurs ont alors apporté leur contribution pour pallier à cette imprécision des estimations du groupe Zedillo. C'est le cas de Devarajan et al (2002) qui sont partis du constat que si les progrès existants vers les OMD se maintenaient tels, plusieurs pays ne seraient pas en mesure d'atteindre les objectifs de développement fixés deux ans plus tôt. Selon eux, il fallait non seulement que les pays en développement surtout prennent des initiatives pour améliorer leurs politiques mais également qu'un financement additionnel soit mobilisé, pour que des progrès significatifs se fassent

29 La CNUCED a réalisé en 2000 une étude sur les flux de capitaux et la croissance en Afrique

Réalisé par Hamis O. Alladé BADAROU & Ruben B. DJOBGENOU | ENEAM, 2011

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ressentir. Ils ont alors produit deux séries d'estimations des financements additionnels nécessaires pour l'atteinte des OMD. La première estimation se rapportait aux ressources additionnelles nécessaires à accroitre le taux de croissance économique en vue de réduire la pauvreté monétaire. Les auteurs ont ainsi calculé l'assistance supplémentaire requise pour atteindre l'objectif de réduction de moitié de la pauvreté. Pour ce faire, ils ont dans un premier temps estimé le niveau de croissance supplémentaire nécessaire à l'accroissement du revenu moyen des populations. Ils calculent ensuite l'assistance nécessaire pour atteindre ce niveau de croissance. Selon eux, en considérant le niveau courant de pauvreté et la distribution des revenus, le taux moyen de croissance nécessaire pour réduire de moitié la pauvreté conditionne le montant d'investissements supplémentaires requis. La deuxième estimation se rapportait aux coûts de la réalisation des objectifs spécifiques de santé, d'éducation et d'environnement. Cette approche des auteurs était néanmoins entachée d'une insuffisance de données empiriques au niveau de plusieurs des pays étudiés. De plus, ces auteurs ont fait certaines hypothèses qui se trouvaient être irréalistes au vu de travaux antérieurs. C'est l'exemple de l'hypothèse selon laquelle la répartition des revenus reste inchangée dans les pays étudiés, ce qui contredisait les travaux de certains auteurs (voir par exemple les travaux de Cornia et Kiishi (2001)).

La Banque Mondiale adopte par ailleurs une méthodologie à peu près semblable à celle de Devarajan et al (2002). C'est l'approche par les élasticités. Elle se base sur l'atteinte de la cible 1A de l'objectif n°1 : « réduire de moitié la pauvreté». Quatre étapes sont nécessaires pour évaluer les coûts avec cette méthodologie.

Dans un premier temps, il faut calculer l'élasticité de la pauvreté par rapport à la croissance. En fait, il s'agit de chercher la variation du niveau de pauvreté induite par une variation de 1% de la croissance économique. Une fois l'élasticité connue, il faut en déduire le niveau de croissance requis pour atteindre la cible de réduction de moitié de la pauvreté à l'horizon 2015. Ensuite, il faut déterminer le niveau d'investissement nécessaire pour atteindre un (1) point croissance. Cette étape est capitale car elle conditionne l'étape suivante de la détermination du niveau d'investissement nécessaire pour l'atteinte de la cible de réduction de moitié de la pauvreté. Cette méthodologie a

été longtemps employée pour évaluer les coûts de la réalisation des OMD. Elle avait l'avantage d'être facile à réaliser mais souffrait de certaines contraintes qui en limitaient la précision. En effet, avec cette méthodologie, les investissements ne sont ni définis, ni ciblés. En conséquence, un investissement quelconque, pourvu qu'il contribue à booster la croissance dans les proportions voulues, contribue à la réduction de la pauvreté. Ceci limite en conséquence le ciblage des investissements et les rend parfois inopérants pour la réduction de la pauvreté. Par ailleurs un manque d'informations sur les ressources humaines et en infrastructures limite énormément l'utilisation d'une telle méthodologie. C'est ce qui a conduit à l'élaboration de la méthodologie du Millenium Project. Cette méthodologie ne prend racine dans aucun OMD spécifique. En effet, avec cette méthodologie, la détermination des coûts de la réalisation des OMD se fait pour chaque OMD. Les coûts globaux se déterminent alors par simple agrégation des coûts unitaires. Trois questions fondamentales sont posées dans l'application de cette méthodologie : Qui et où sont les pauvres?30Qu'est-ce qui doit être fait?31Combien cela va-t-il coûter et quelles sont les conséquences sur le plan des ressources humaines?

Cette méthode est basée sur la détermination des interventions nécessaires et des cibles associées pour réaliser les OMD (ou costing des OMD). Cette méthodologie règle tout de suite le problème posé par la méthodologie des élasticités, celui de non spécification des investissements. Ces interventions sont des investissements en bien (livres, médicament etc.), services et infrastructures (salles de classes, routes, etc.) ou des investissements en ressources humaines (médecins, enseignants, etc.). Très tôt donc, on est fixé sur les intrants spécifiques nécessaires pour obtenir le résultat escompté32. Il faut ensuite définir les cibles pour chacune des interventions identifiées. Un exemple de cible est : « réduire de moitié l'insécurité alimentaire des petits producteurs vivriers ».

30 La réponse à cette question permet d'identifier la population qui est dans le besoin.

31 La réponse à cette question permet d'évaluer les besoins (biens, services, infrastructures) jusqu'en2015

32 Ici, il n'est pas nécessaire de se baser sur un OMD particulier. Cette méthodologie s'applique quelle que soit l'OMD considéré

L'étape suivante est l'estimation des ressources nécessaires pour la mise en oeuvre des interventions identifiées. A cette étape, il faut définir la portée des actions et estimer tous les apports requis, puis ensuite estimer le coût total. Enfin, il faut vérifier les résultats. Cela passe par l'estimation des synergies (externalités entre secteurs) entre les interventions. L'avantage de cette méthodologie par rapport celle des élasticités est qu'elle permet dès le départ de connaître la nature des investissements à réaliser. Cependant, elle requiert l'existence de données suffisamment précises pour assurer une bonne qualité des estimations faites. D'autre part, cette méthodologie soulève un problème de fond. Celui-ci est relatif au fait qu'il existe une ambigüité quant à la définition du coût de réalisation d'un OMD. Le fait est que, des interventions qui contribuent à l'atteinte d'un OMD peuvent également contribuer à atteindre un autre OMD. C'est le cas d'une intervention sur l'amélioration de la nutrition des enfants de moins de cinq ans. Une telle intervention a une implication non seulement sur la réduction du taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans (OMD 4), mais également sur l'amélioration des aptitudes de ces derniers pour l'apprentissage (OMD 2). Dans ce cas, il est un peu difficile de déterminer, sans réserves, le coût de la réalisation d'objectifs relatifs à la santé et à l'éducation. Ces possibles chevauchements limitent la précision des estimations individuelles faites et par conséquent limitent la précision des estimations globales.

Toutes ces méthodologies d'estimation des coûts de la réalisation des OMD ont été longtemps appliquées. Elles ont certes permis de faire de grandes avancées en termes d'actions pour la réalisation des OMD. Mais, la situation toujours préoccupante et stagnante des progrès de certains pays vers les OMD a conduit le PNUD à élaborer une nouvelle méthodologie basée sur les interventions : c'est le Cadre d'Accélération des OMD (CAO). Compte tenu de la lenteur des progrès malgré les batteries d'actions et d'initiatives mises en oeuvre, et malgré l'importance des ressources (humaines, matérielles et financières) mises à contribution, il fallait chercher à apprécier la qualité des interventions et comprendre ce qui limitait l'efficacité et l'efficience de ces derniers. Cette méthodologie permet alors de déterminer les interventions efficientes et les obstacles qui limitent leur mise en oeuvre efficiente et efficace (qui pourtant peuvent donner de bons résultats) pour la réalisation des OMD. Elle part de la

priorisation des interventions nécessaires pour la réalisation des OMD. Elle s'inspire des stratégies et politiques locales mises en oeuvre. Ensuite, elle identifie les goulots d'étranglement qui sont des obstacles qui entravent la bonne mise en oeuvre des interventions retenues au niveau des pays, et qui par conséquent ralentissent les progrès du pays vers les OMD. Une fois les goulots identifiés, le CAO propose des solutions localement ou internationalement éprouvées pour venir à bout de ces goulots. Cette méthodologie s'inspire non seulement de l'expérience du pays en matière d'actions rapides et à impact dans le court terme, mais également des expériences des autres pays. Elle fournit enfin un plan d'action qui attribue à tous les acteurs du secteur concerné un rôle dans la mise en oeuvre des interventions pour la réalisation des OMD concernés. L'approche CAO, à la différence de la précédente méthodologie, priorise les interventions à retenir en tenant compte de la levée possible, dans le court terme, de leurs goulots d'étranglement.

Plusieurs pays ont expérimenté cette nouvelle méthodologie dans le but d'améliorer la marche vers la réalisation de certaines cibles ou objectifs en retard. C'est le cas du Togo, qui, en raison de la forte incidence de la pauvreté rurale, a appliqué la méthodologie du CAO dans le but d'accroitre la productivité des petits agriculteurs. En effet, plusieurs domaines d'interventions ont été retenus pour atteindre les objectifs fixés. Il s'agit notamment de la facilitation de l'accès des petits producteurs aux intrants, l'amélioration de la gestion des ressources en eau à petite échelle, l'établissement d'infrastructures de stockage et de transformation de base, etc. Au Togo, ce cadre a contribué à l'obtention de gains rapides sur le terrain en matière de productivité des petits agriculteurs. Le Ghana, l'Ouganda ont eux aussi appliqué le CAO pour l'amélioration de la santé maternelle. Plusieurs autres pays ont adopté la méthodologie du CAO, et les résultats positifs de la mise en oeuvre de cet outil font l'unanimité au sein de la communauté internationale. C'est donc une méthodologie, dont les résultats de l'application se remarquent dans le court terme, pour le bien-être des populations. Au Bénin, la question de la sécurité alimentaire et nutritionnelle se pose chaque année. Pour y pallier, il importe d'élaborer et de mettre en oeuvre un instrument efficace et efficient permettant d'accélérer la marche vers la réduction de moitié la proportion de la population béninoise souffrant de faim. Pour y parvenir, le

CAO couplé avec la planification des besoins basés sur les OMD ou costing des OMD conviendrait.

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"Enrichissons-nous de nos différences mutuelles "   Paul Valery