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La dynamique de convergence en méditerranée. Un système d'évaluation basé sur l'analyse multicritère

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par Yasmine GUESSOUM
Université de la méditerranée Aix- Marseille II - Doctorat d'économie 2006
  

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b. Modéliser les problématiques d'aide à la décision

« L'aide à la décision est l'activité de celui qui, prenant appui sur des modèles clairement explicités mais non nécessairement complètement formalisés, aide à obtenir des éléments de réponse aux questions que se pose un individu dans un processus de décision, éléments concourant à éclairer la décision et normalement à recommander, ou simplement à favoriser, un comportement de nature à accroître la cohérence entre l'évolution du processus d'une part, les objectifs et le système de valeurs au service desquels cet intervenant se trouve placé d'autre part » (Roy [1993], p. 21).

En d'autres termes, il s'agit de favoriser la mise en cohérence du processus décisionnel avec les objectifs et préférences du décideur, en s'appuyant sur un corpus de théories (ensembles flous, surclassement), de concepts (critères, actions, profils) et de procédures (sélection, affectation, classement). Concrètement, le but est de construire un algorithme (Electre, Prométhée) destiné à répondre à la problématique initiale.

« Une décision est souvent un processus chaotique, fruit de nombreuses confrontations entre les systèmes de préférences de plusieurs personnes et fruit (aussi) de toutes sortes d'interactions et de synergies » (Scharlig [1985], p. 27).

Un nouvel élément est ajouté à la définition de l'analyse multicritère. Il s'agit d'un processus interactif où l'évaluateur et le décideur ne cherchent pas à dégager une solution idéale. Ils tentent d'intégrer ce processus et d'être aussi utiles que possible en restant ouverts à la critique et aux remises en question. C'est une démarche de coordination entre le processus d'évaluation et les objectifs fixés, sans pour autant chercher une vérité absolue, une solution optimale, et encore moins une réponse définitive à un problème. Il est plutôt question d'acquérir un moyen d'avancer dans le processus de décision, un moyen d'assister le décideur et de l'aider à apporter des éléments de réponse aux problématiques posées. Dans ce sens, l'agrégation multicritère permet d'élaborer, à partir de données, des indicateurs directement utilisables dans la prise de décision.

Il est question de concevoir un modèle entrant dans le cadre de l'analyse de données, aux côtés des modèles descriptif (résumé des informations pour mieux les comprendre), explicatif (définition des relations de cause à effet entre les données) et prévisionnel (prévision des évolutions d'un phénomène sur la base de données antérieures). Mais en tant que modèle, il doit correspondre à un système de représentation.

Les hypothèses et les critères sur lesquels il s'appuie doivent permettre de traduire, comprendre et évaluer les conséquences des alternatives proposées au décideur. Le schéma général d'aide à la décision est un circuit dont la première étape est la modélisation (cf. encadré 14).

Encadré 14 : Schéma général d'aide à la décision appliqué au cas méditerranéen

Compte-rendu :

Emettre un avis quant à l'accomplissement du processus de réformes et la bonne affectation des ressources destinées à financer la transition.

Problématique :

Evaluer la dynamique de transition des PM, en tenant compte du système de représentation imposé par le cadre actuel.

Mise en oeuvre Résolution

Source : Guessoum [2002], p. 13.

Modélisation

Interprétation

Modèle :

Résultats :

Affecter les PM à des catégories représentatives des différents stades de développement et évaluer la distance qui les sépare des profils de référence.

Comparer les PM à des benchmarks sur la base de critères politiques, économiques et sociaux, via les procédures Electre.

Cette étape passe d'abord par l'analyse de la question posée permettant de cerner le champ d'application, les délais de l'étude et le système de valeur. La modélisation suppose aussi la formulation d'une problématique décisionnelle ayant pour conséquence un choix, un tri, un rangement ou une description. Elle passe ensuite par l'agrégation des décisions dans un langage choisi afin de comparer les alternatives. A ce niveau, la dimension subjective entre en jeu car la quantification des critères et le choix des échelles de mesure ne répondent pas toujours à des techniques standard. Enfin, la modélisation suppose la définition du domaine de variation des paramètres et de leur degré d'incertitude. Il est utile de formuler les contraintes par une liste exhaustive de critères couvrant les différents aspects du problème posé.

L'étape de résolution est la phase d'application empirique. On entreprend alors une démarche algorithmique exacte s'appuyant sur une approche mathématique (programmation linéaire). Autrement, on adopte une heuristique sans afficher de méthode scientifique (modélisation des préférences). Le processus se poursuit par la mise en application de l'algorithme sélectionné, en utilisant des logiciels adaptés. Il permet de désigner une solution unique ou un sous-ensemble de solutions (choix). Autrement, il aboutit à un classement (ordre) ou une classification (tri) des éléments du problème. La phase de résolution aboutit enfin à une analyse de sensibilité des résultats.

Cette étape permet de tester la robustesse du modèle face à la variation des paramètres et de s'assurer que les données ne sont pas biaisées. Une fois le résultat obtenu et testé, il faut l'interpréter et le convertir dans un langage accessible au décideur. L'analyste doit donc formuler une recommandation sur la base des résultats obtenus. Il ne l'impose pas mais la transmet à titre informatif au décideur. C'est à ce dernier que revient le droit de trancher. La dernière étape du schéma général d'aide à la décision est la mise en oeuvre, à savoir l'application concrète de la recommandation avec l'aval du décideur. Il est enfin utile d'effectuer un suivi des conséquences de la décision, par des ajustements ou des actions correctives. Au final, l'analyste, en collaboration avec le décideur, identifie de nouveaux problèmes que peut susciter l'application pratique de la décision. A ce stade, un circuit décisionnel est de nouveau lancé en tenant compte des actions correctives et ainsi de suite jusqu'à obtention d'un résultat satisfaisant.

Avant d'enclencher un processus de décision, il est important de bien cerner la question devant être traitée : il faut formuler une problématique décisionnelle. Celle-ci suit une typologie bien précise qui regroupe trois, voire quatre procédures : le choix, le tri, le classement et la description (qui est propre à Roy). Cette typologie permet d'opter pour la procédure qui concorde avec la mise en oeuvre du processus d'évaluation. Rappelons que chaque méthode relève d'une démarche qui correspond à une problématique en particulier (cf. encadré 15).

Encadré 15 : Typologie des problématiques de l'analyse multicritère

Type

Objectif

Démarche

Conséquence

á

Aboutir à un sous- ensemble restreint d'actions.

Un processus de sélection :

Un choix :

L'homme d'étude sélectionne un sous-ensemble
d'actions candidates au poste de décision finale.

Le décideur opte pour l'action la plus satisfaisante du sous-ensemble proposé.

â

Aboutir à des catégories hiérarchisées d'actions.

Un processus d'affectation :

Un tri :

Le décideur obtient des actions triées en groupes allant du meilleur au moins satisfaisant.

L'homme d'étude affecte chaque action à une catégorie préalablement définie.

ã

Aboutir à des classes
d'actions ordonnées.

Un processus de classement :

Un rangement :

L'homme d'étude regroupe les actions en classes d'équivalence ordonnées selon les préférences du décideur.

Le décideur dispose d'actions ordonnées de la meilleure à la moins satisfaisante.

ä

Modéliser á, â ou ã par
une matrice de décision.

Un processus cognitif :

Une description :

L'homme d'étude traduit les actions dans un langage compatible avec le modèle, puis les résultats dans un langage accessible au décideur.

Le décideur dispose d'une interprétation des actions et conséquences dans des termes accessibles.

 

Source : Roy et Bouyssou [1993], p. 31 ; Scharlig [1985],

pp. 65-67.

 

En se référant au tableau ci-dessus, il apparaît que ä n'est pas une problématique en soi, ce qui explique pourquoi aucun spécialiste de l'analyse multicritère ne l'ait intégré dans le processus de décision (exception faite de Roy). La description n'est pas considérée au même titre que le choix, le tri ou le rangement : ä n'est pas une fin, c'est un moyen. Elle permet, après avoir opté pour á, â ou ã, de passer du langage du décideur à celui du modèle (agrégation des données) puis du langage du modèle à celui du décideur (interprétation des résultats). De ce fait, la description est une étape implicite qui se greffe spontanément à tout processus d'évaluation. Elle contribue à résoudre le problème de quantification des critères subjectifs, en mettant à la disposition de l'évaluateur une procédure de passage de l'état de fait à celui de chiffre.

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"Enrichissons-nous de nos différences mutuelles "   Paul Valery