WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Les contraintes de l'action humanitaire dans les situations de conflits armés: cas de la Côte d'Ivoire

( Télécharger le fichier original )
par Trazié Gabriel LOROUX BI
Université de Cocody- Abidjan - Diplôme d'études supérieures spécialisées en droits de l'homme 2006
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

B : La participation des populations aux

programmes humanitaires

La pratique humanitaire dans l'ouest de la Côte d'Ivoire est toute autre dans le sens de la différence. En effet les humanitaires rencontrent d'énormes difficultés dans la mise en oeuvre, et la réalisation de leurs différents projets destinés à la population. Les difficultés éprouvées sont peut être dues à la situation qui a prévalue depuis le déclenchement de la guerre du Liberia. Depuis 1989, la Côte d'Ivoire a accueilli sur son sol la plus grande partie des libériens fuyant les affres de la guerre. Ces réfugiés ont été reçus pour certains dans le centre de réfugié (Peace town) et pour d'autres, la majorité bien entendu, par les populations locales selon un principe qui prévaut dans cette localité c'est-à-dire le « tutorat ». Ce terme désigne une sorte d'institution traditionnelle rurale qui gouverne les relations sociales naissant de l'accueil d'un étranger (ou d'un groupe d'étrangers) et de sa famille dans une communauté villageoise locale pour une durée indéterminée et incluant une dimension «  transgénérationnelle »140(*).Ce système a obligé les humanitaires venus à leurs secours, plutôt que d'aider seulement les réfugiés, à aider leurs hôtes, et cela d'un assistanat total. Ces peuples Guérés passifs, inactifs et paresseux141(*) à la culture forestière se sont accommodés de cette situation au point ou tous les projets humanitaires qui requièrent leur participation communautaire se trouvent dans l'impasse pour la plupart. Presque tous les humanitaires (HCR, PAM, ASA, ASAPSU, SOLIDARITES etc.) dans le Moyen Cavally ont confirmé ce état de fait qu'ils vivent quotidiennement. Cependant certaines structures comme SOLIDARITES et PAM ont trouvé la solution adaptée, c'est-à-dire l'intéressement des personnes qui prennent part aux activités (paiement ou Food for Works). Les réactions des populations aux différents projets évoluent en fonctions des ONG et structures humanitaires, c'est à dire des moins aux plus nanties. Cette situation met mal à l'aise les structures et ONG locales qui ne sont pas suffisamment riches142(*).

Ces situations particulières compromettent gravement certains programmes basés sur la participation communautaire puis qu'il « faut les payer pour qu'ils se rendent service eux même ». Pour éviter une quelconque participation, ils préfèrent selon GTZ CFR (Centre Formation et de Réinsertion) Guiglo, papillonner de projet en projet avec la plus grande oisiveté à la recherche surtout de l'assistanat total.

* 140 Chauveau J.P et Al, Les transferts coutumiers des droits entre autochtones et « étrangers ». Evolution et enjeux actuels de la relation de « tutorat ». In Rapport final du programme de recherche Européen, Claims (changes in land Access institution and markets) Londres IIED, 2006, p.1

* 141 Rapport présenté par GAOULI BI Anicet Paterne (Chaire UNESCO pour la Paix - Université de Cocody, Abidjan) sur le thème « tutorat et onflits fonciers ruraux dans l'ouest ivoirien : le cas de Fengolo dans la sous-préfecture de Duekoué » Le Guéré est l'individu qui adore la pratique de la chasse au détriment de la culture. Il serait alors anormal de le traiter de paresseux. Cependant dans les années 1980, ils ne se sont pas empêcher de céder toutes leurs terres à des Baoulé et Burkinabé qui eux étaient habitué à la pratique de la culture de rente.

* 142 Dans la plupart des missions effectuées avec ASAPSU pour la réhabilitation des pompes hydrauliques villageoises (programme PUR 3 lancé par UNICEF qui prend en compte la réhabilitation des pompes affectées par la guerre sans l'apport communautaire du village) dans le moyen Cavally, nous avons souvent été surpris par les réactions des villageois face à l'aide à leur demander pour transporter certains matériels du camion à la pompe à réparer :  « combien de francs voulez vous nous payer pour ce travail ? » alors qu'il s'agit de leur apporter gratuitement de l'eau potable qu'ils n'avaient plus depuis près de 4 ans.

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"Piètre disciple, qui ne surpasse pas son maitre !"   Léonard de Vinci