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La recherche de l'Absolu dans la pensée de Plotin: dépassement du premier moteur d'Aristote

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par Jean Claude NGENZIRABONA NIYITEGEKA
Université catholique d'Afrique Centrale/ institut catholique de Yaoundé - Licence en philosophie 2008
  

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I.2.2. La philosophie première comme étude de l'Etre 

Par philosophie première, Aristote n'entendait pas seulement l'étude de l'être en général, mais il y comprenait avant tout le discours sur un Etre bien particulier ou sur l'Etre suprême auquel il donne le nom du Premier moteur tel que nous l'avons déjà présenté plus haut. C'est ce discours qui nous est connu sous le nom de théologie. C'est pourquoi cette philosophie première devient le propre du philosophe car, elle est « la science [...] de l'être en tant qu'être »35(*). Dans l'ensemble, cette nouvelle science qu'invente Aristote aura pour but de déterminer l'ïõóéá c'est-à-dire la substance et de défendre ses causes et ses principes premiers. Pour lui, est philosophe ou sage, « celui qui est capable de connaître les choses difficiles et malaisément accessibles à la connaissance humaine »36(*), choses qui ont leur fin en elles-mêmes et dont le savoir est plus exact. Et par sagesse, il entend : « Une science qui a pour objet certaines causes et certains principes »37(*). C'est aussi une science du connaissable par excellence, car « le suprême connaissable ce sont les premiers principes et les premières causes [...],c'est grâce aux principes et à partir des principes que tout le reste est connu, et non pas, inversement, les principes, par les autres choses qui en dépendent »38(*). Pour dire tout simplement que le Stagirite a été beaucoup préoccupé par la recherche des principes en général et du premier principe en particulier. C'est cette recherche qui le conduit à l'étude de l'être, considérée ici comme philosophie première.

Cependant, par rapport à cette philosophie première, on constaterait une certaine ambiguïté dans cette conception aristotélicienne, car les deux sciences regroupées dans la Métaphysique ont été souvent confondues. Pourtant, affirme P. Aubenque, « la science de l'être en tant qu'être se distingue de toutes les autres par son universalité, alors que la théologie s'impose par sa primauté, c'est-à-dire la particularité éminente de son objet »39(*).

I.2.3. Le rôle du premier moteur dans la philosophie première

Ayant posé et reconnu l'existence d'une substance éternelle et immobile, Aristote la réaffirme sans doute comme principe le plus divin et comme la substance permanente dans la mesure où « il est donc évident qu'elle pense ce qu'il y a de plus divin et de plus digne, et qu'elle ne change pas d'objet, car ce serait un changement vers le pire, et une pareille chose serait déjà un mouvement »40(*). Ainsi, le Premier moteur dont il est question dans la pensée aristotélicienne correspond de façon tangible aux caractéristiques d'un Absolu qui est, soit la « substance permanente et intelligible dont procède toute autre réalité intelligible ou sensible »41(*), soit l' « acte initial qui engage le mouvement de développement de tout ce qui existe »42(*). Il est donc évident qu'il soit aussi « le premier des êtres »43(*) comme l'affirme Aristote. C'est pourquoi il devient le point de départ et le point d'aboutissement de toute connaissance et de toute recherche. Ainsi, parmi les rôles que joue ce Premier moteur, le plus éminent est celui de déterminer les autres substances et leurs causes. Car, s'il y a une philosophie première dont l'objet est la recherche du Principe premier, il y a également une philosophie seconde qui déterminera à son tour les autres principes44(*). C'est celle qu'Aristote reconnaît comme la Physique. A cet effet, M. Crubellier affirme lui aussi que la « connaissance du premier terme de la série est censée de contribuer à la connaissance des termes suivants »45(*) ; de même, le Premier moteur en tant que fondement de toutes choses, permet de les connaître.

En outre, l'étude du mouvement en général et du Premier moteur en particulier a permis à Aristote et à ses successeurs d'éviter la régression à l'infini. Puisque, sans ce Principe premier, éternel et immobile, il y aurait « principe de principe à l'infini »46(*). Cependant, avec Plotin, la grande partie des considérations de la métaphysique d'Aristote sera mise en cause. En effet, Plotin tentera de dépasser la conception du Premier moteur en proposant un autre principe, l'Un qui, pour lui, est au-delà de l'intelligible et de l'intelligence (Pensée de la pensée) d'Aristote.

* 35 Ibid., Ê, 3, 1060 b 31.

* 36 Ibid., A, 2, 982 a 9 - 10.

* 37 Ibid., 1, 982 a 2 - 3.

* 38 Ibid., 2, 982 b, 1 - 4.

* 39 P. AUBENQUE in Dictionnaire des philosophes, Op. cit., p. 90.

* 40 ARISTOTE, Métaphysique Ë, 9, 1074 b 26 - 28.

* 41 Encyclopédie philosophique universelle : Les notions philosophiques. T. 1 &2. Philosophie occidentale (Sous la dir. S. AUROUX), Paris, PUF, 1990, p.6.

* 42 Idem.

* 43 ARISTOTE, Métaphysique Ë, 8, 1075 a 23.

* 44 Cf. S. ROUX, Op. cit., p. 155.

* 45 Citée par Idem.

* 46 ARISTOTE, Métaphysique Ë, 10, 1075 b 26 - 27.

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