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De l'art de gouverner par les lois et par la force d'après Nicolas Machiavel

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par Julien Bukonod
Université Saint Augustin de Kinshasa - Gradué en philosophie 2009
  

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II. 5. La combinaison des passions : gage du maintien au pouvoir

Amitié, admiration, estime, mépris, crainte, sont les mots à travers lesquels, dans les chapitres consacrés à la réputation et à sa critique des forteresses (15 à 21), Machiavel appréhende la puissance d'un prince, au-delà des ressources matérielles dont il dispose. Prince nouveau et prince par hérédité sont d'ailleurs à égalité à ce propos. Bien que le chapitre 2 semble suggérer que la tâche du second est très facile, le chapitre 24 vient contredire cette affirmation. D'abord, parce que de hauts faits donnent au prince nouveau une grande réputation et qu'il peut se donner les apparences d'un prince ancien ; ensuite, parce qu'un prince paresseux et peu clairvoyant, si établi soit-il, perd ses possessions comme le montrent les défaits des princes d'Italie. Contre la haine du peuple et des grands il faut chercher l'amitié. Telle est la recommandation que fait Machiavel au niveau le plus général. Mais il est nécessaire d'analyser la relation du prince aux grands et au peuple de manière plus spécifique. Ainsi, à trop rechercher l'amour par de généreuses et pitoyables actions, le prince nuit à lui-même : la crainte crée une obligation plus forte en cas d'adversité que l'amour. Par conséquent, le prince doit de préférence cultiver un sentiment de crainte dans ses sujets, mais de telle sorte qu'il ne s'accompagne pas de haine. Le chapitre 17 se conclut ainsi sur la définition de la combinaison des passions les plus susceptibles de favoriser le maintien au pouvoir : la crainte sans haine. « Je conclus donc que, concernant le fait d'être craint et aimé, les hommes aimant à leur guise et craignant à la guise du prince, un prince sage doit se fonder sur ce qui est sien, non sur ce qui est à autrui ; il doit seulement s'ingénier à fuir la haine, comme il est dit »58(*).

II. 6. Comment le prince doit procéder pour avoir le succès

Machiavel envisage pour le prince une nécessité particulière qui n'est pas toujours en accord avec les circonstances auxquelles il dit faire face. Ainsi, lit-on au chapitre 19, que Marc et Pertinax ont partagé avec Alexandre, la modestie, l'amour de la justice, la bienveillance et l'humanité. Or, Marc a connu une vie et une fin heureuse parce que, pour ses nombreuses vertus, il a hérité de l'empire et n'en était donc pas redevable ni au peuple, ni aux soldats, tandis que Pertinax fut malheureux car il fut fait empereur contre la volonté des soldats accoutumés à une vie licencieuse depuis Commode et fut mépris à cause de son âge. A travers cette comparaison, Machiavel indique qu'une des conditions du succès pour un prince est de se comporter d'une manière adaptée à son contexte d'action. Quoiqu'il conçoive une certaine capacité d'adaptation, Machiavel reconnaît que certains princes sont nés dans des temps où ils n'étaient pas faits pour rencontrer le succès.

* 58 N. MACHIAVEL, op. cit., p. 127.

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