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De l'art de gouverner par les lois et par la force d'après Nicolas Machiavel

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par Julien Bukonod
Université Saint Augustin de Kinshasa - Gradué en philosophie 2009
  

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II.1.3. Le Post machiavélisme ou machiavélisme après Machiavel

II.1.3.1. Otto Von Bismarck (1815-1898)95(*)

S'il est un homme à qui l'on peut sans conteste appliquer l'expression allemande Menschen, die Geschichte machen (« les hommes qui font l'histoire »), c'est bien le prince de Bismarck. Sa forte personnalité a marqué profondément l'histoire de son temps, qu'il s'agisse de l'Allemagne ou de l'Europe tout entière. Il s'applique à consolider le Reich bismarckien en luttant contre ses ennemis - catholiques (Kulturkampf), socialistes, minorités ethniques - en le dotant d'institutions communes et surtout d'une armée puissante, une initiative que Machiavel recommande avec insistance au prince. Doté d'une vision politique forte et autoritaire, il entend réunifier l' Allemagne par «  le fer et le sang » et confier à la Prusse le rôle principal de cette unification. Fin politicien, il s'allie à l' Autriche pour conquérir le Schleswig-Holstein, puis renie son alliée et entre en guerre contre elle. Selon lui, la politique n'est pas une science exacte comme se l'imaginent beaucoup de professeurs, mais un art. Sa politique tant intérieure qu'extérieure « sent » du machiavélisme pur. Il doit, sans aucun doute, faire partie de ceux qui ont fait de Le Prince leur livre de chevet.

II.1. 3.2. Adolf Hitler (1889-1945)96(*)

L'homme qui, à la tête de l'Allemagne nationale-socialiste, fit trembler le monde avant de se donner la mort le 30 avril 1945, à 56 ans, était destiné à laisser dans l'histoire un long sillage d'horreur. Après le traumatisme de la défaite allemande aggravée de la révolution « rouge », lorsque, devenu conscient de ses dons d'agitateur et d'orateur, Hitler s'atèle, comme Machiavel, à la rédaction de l'ouvrage de sa vie, l'indigeste et explosif Mein Kampf (Mon Combat, 1924-1925) qui est une bible, la bible d'un racisme grossier (a satanic bible, diront les anglophones), mais d'autant plus efficace le jour où les circonstances et les rapports de forces lui seront favorables : « Mein Kampf n'est pas un traité idéologique : c'est un guide d'action »97(*). Hitler est visiblement un démagogue prodigieux. Même s'il dessinait, peignait et vendait ses dessins et ses peintures à huile, sa vraie passion, son obsession était la politique. En 1932 son parti98(*) devint le premier parti d'Allemagne grâce à sa démagogie, sa violence, grâce aussi à sa propagande, qui trouve un large écho dans l'opinion publique.

Ce qui frappe chez Hitler, depuis 1934 où il prît le pouvoir, c'est son sens de l'action politique et sa démagogie. Il fut, d'après Alan Ballock, le plus grand démagogue de l'histoire, un de ces dirigeants qui portèrent le machiavélisme à un extrême que Machiavel lui-même n'aurait jamais pensé. Mais il eut d'autres maîtres que Machiavel : son idée du grand Reich allemand fut empruntée aux pangermanistes ; celle de la superiorité de la race germanique vient de Gobineau, Chamberlain et Nietzche ; l'apologie de la guerre, de la violence et le culte de la force lui viennent sans doute de E. Moritz Arendt et de Hegel. D'après Hitler, la volonté et la force sont les deux clefs qui ouvrent la porte de la foule (le peuple). On voit bien là une silhouette péjorative de l'aphorisme machiavélien, « gouverner par les lois et par la force ».

* 95 M. EUDE, Bismarck Otto Von, in http://www.universalis.fr/encyclopedie/otto-von-bismarck/, visité le 14 mars 2010.

* 96 J. J. CHEVALLIER, Hitler Adolph, in Encyclopaedia Universalis, Corpus II, Paris, 1992, p. 5943-5945.

* 97 Ibid., p. 5944

* 98 « Parti ouvrier allemand, anticapitaliste et antisémite », rebaptisé « Parti national-socialiste » (nazi) par Hitler.

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