WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Contribution à  l'étude de la niche écologique de la Cigogne blanche Ciconia ciconia L. , 1758 (Aves, Ciconiidae ) et du Héron garde- boeufs Bubulcus ibis L. , 1758 (Aves, Ardeidae ) dans la région de Batna


par Naoual BOUKHTACHE
Université El Hadj Lakhdar Batna Algérie - Magister en agronomie 2008
  

précédent sommaire suivant

6- Migration et hivernage en Afrique

6.1- Migration

Le phénomène grandiose et passionnant de la migration s'effectue chaque année entre la fin du mois de juillet et la deuxième décade du mois d'août, où les cigognes quittent leur lieu de reproduction et se rendent en Afrique pour y passer l'hiver (SCHIERER, 1963 ; GORIUP et SCHULZ, 1991 ; ISENMANN et MOALI, 2000 ; JONSSON et al., 2006).

Cependant, METZMACHER (1979), DUQUET (1990) et SKOV (1991a) signalent que quelques individus s'attardent jusqu'à la mi-octobre. SKOV (1991a), signale encore qu'il y a des cas très rares de cigognes qui ne migrent pas et passent l'hiver sur les lieux de reproduction et supportent même des températures de -25 °C au Danemark, c'est la cas d'une cigogne mâle observée pendant les hivers 1985-86, 1986-87 et 1987-88.

Les cigognes blanches d'Europe se scindent en deux parties bien distinctes pour migrer (Fig. 2), l'une suivant une voie orientale passant par le Bosphore, la Turquie et la Palestine pour rejoindre l'Est africain (les plateaux de l'Ouganda), l'autre emprunte une voie occidentale passant par la France, l'Espagne, le détroit de Gibraltar survole le Maroc, puis la Mauritanie pour qu'elle aboutit et se dissémine entre le Cameroun et le Sénégal (DORST, 1962 ; SCHÜZ, 1962 ; THOMAS et al., 1975 ; GRASSE, 1977 ; GEROUDET, 1978 ; WHITFIELD et WALKER, 1999). Une zone de démarcation qui traverse les Pays-Bas et l'Allemagne occidentale, sépare les deux courants migratoires et au milieu de laquelle passe une ligne virtuelle où le partage se fait à 50 % (DORST, 1962).

Le départ des lieux de reproduction vers les aires d'hivernage a lieu au Maroc et en Algérie au début d'août, époque semblable à celle observée en Europe centrale (HEIM DE BALSAC et MAYAUD, 1962).

La migration des cigognes d'Algérie semble se faire sur un large front à travers le Sahara, bien qu'il se dégage une voie privilégiée empruntant l'est de l'Algérie par El Goléa, Ain Salah, Arak et Tamanrasset pour rejoindre le Sahel (ISENMANN et MOALI, 2000). L'espèce a aussi été signalée, parfois avec des effectifs importants, dans l'ouest du Sahara algérien, notamment à Tindouf (HEIM DE BALSAC et MAYAUD, 1962).

Après un séjour de quelques mois sur le continent africain, l'instinct rappelle peu à peu les cigognes vers le Nord et la migration reprend. Les voies de retour sont sensiblement les mêmes que celles de l'automne que ce soit à l'Est ou à l'Ouest (GEROUDET, 1978).

Ces différentes voies de migration sont constatées dans les premières études par les méthodes basées sur le baguage. Les études récentes utilisent le suivi satellitaire et arrivent à des résultats beaucoup plus détaillés. Par exemple, BOSSCHE et al. (2002), signalent que la période de vol varie de 8 à 10 heures par jour séparées par des périodes de repos de 14 à 16 heures.

La région d'Israël-Palestine est une importante voie de migration des oiseaux de l'Europe vers l'Afrique (Cigognes, Pélicans...). A cet effet, les Israéliens ont développé différents systèmes tels les radars pour la prédiction des différentes altitudes des vols des

oiseaux migrateurs. Le plus récent "The convection model ALPTHERM" est développé pour éviter les éventuels accidents aériens avec les avions militaires qui sont en permanence dans cette région. "The convection model ALPTHERM", basé sur les conditions climatiques et les données de la topographie, montre que la Cigogne blanche, lors de sa migration, atteint des altitudes variant entre 488 m et 1.615 m (SHAMOUN-BARANES et al., 2003).

En Espagne, GORDO et al. (2007), ont essayé de modéliser la migration de cette espèce tout en reliant ce phénomène aux conditions de l'environnement, aux conditions géographiques et notamment aux comportements sociaux de l'espèce, mais leurs résultats restent encore embryonnaires.

précédent sommaire suivant