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L'ethos dans les discours du premier ministre Manuel Valls

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par Galin GANEV
Université Paris-Est Créteil - Master 2 Littératures, Discours, Francophonies 2016
  

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INTRODUCTION

Roland Barthes définit l'ethos comme « les traits de caractère que l'orateur doit montrer à l'auditoire (peu importe sa sincérité) pour faire bonne impression : ce sont ses airs » (Amossy 1999 : 10). Effectivement, il s'agit d'un rapport visuel et cognitif entre celui qui parle et ceux qui écoutent. Le locuteur a pour objectif de capter l'attention de son auditoire et de maintenir son intérêt du début à la fin de son discours. Pour ce faire, l'énonciateur doit présenter son sujet d'une manière cohérente et intéressante, et non pas monotone. Il doit éviter les excès car ils sont mal vus et non pas acceptés par le grand public. Donc l'orateur se trouve dans la position de quelqu'un qui possède une arme magique - l'art de convaincre grâce à son discours, et selon la manière dont il s'exprime, les gestes et le ton qu'il utilise, se fait évaluer par son auditoire. Pour le locuteur, la scène politique est comme une arène où le meilleur « gladiateur » est celui qui possède un pouvoir discursif hors du commun. Gagner la confiance de l'auditoire signifie avoir le respect incontestable et la reconnaissance des gens. Les qualités personnelles de l'orateur deviennent importantes à partir du moment où il sait comment s'en servir pour mettre en évidence sa supériorité sur ses opposants. Nous devons préciser que le statut professionnel dans le domaine politique, c'est-à-dire le poste que l'homme politique occupe, a un rôle fondamental au niveau de ses relations avec les citoyens. Prenons comme exemple Manuel Valls - notre sujet d'étude. Actuellement il occupe le poste de Premier ministre, autrement dit c'est le deuxième homme le plus puissant de France après le chef de l'État. Ruth Amossy s'exprime sur ce sujet en disant que « le pouvoir des mots dérive de l'adéquation entre la fonction sociale du locuteur et son discours : un discours

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ne peut avoir d'autorité s'il n'est prononcé par la personne légitimée à le prononcer dans une situation légitime, donc devant les récepteurs légitimes » (Amossy 1999 : 128). Ainsi le discours du Chef du gouvernement possède plus du poids et de valeur que celui d'un député de l'Assemblée nationale. Nous pouvons affirmer que cette constatation est logique car Manuel Valls est celui qui donne des ordres et qui est autorisé à effectuer des réformes en faveur de l'État.

La première grande partie de notre démonstration, c'est-à-dire les chapitres 1 et 2, traite la question de l'ethos sous un angle rhétorique. Elle est composée de quatre sous-parties traitant les questions de discours, ethos, phénomène politique et identité verbale. Premièrement nous proposons nos réflexions sur la notion de discours dans l'espace politique. Nous soulignons la différence entre discours oral et discours écrit, les avantages et les inconvénients pour le locuteur qui tient un discours devant son auditoire. Par exemple à l'oral, il a la possibilité de se corriger au moment où il prend conscience d'avoir commis une erreur. Nous abordons également le point concernant le discours en tant que moyen de persuasion et d'action.

Deuxièmement, notre attention porte sur l'ethos comme image de soi. Ici, nous distinguons deux types d'ethos : préalable et discursif. Il est question de données préexistantes au discours - ce que l'auditoire sait déjà du locuteur et celles apportées par l'acte de langage lui-même. Nous parlons aussi d'une double identité du sujet parlant - sociale et discursive.

Puis, nous nous focalisons sur les ethos d'identification au sens de traits identitaires strictement personnels. Dans les discours de Manuel Valls, trois types d'ethos d'identification ont un rôle essentiel et exercent une fonction majeure dans la construction d'une image discursive globale : ethos de

« puissance », ethos de « caractère » et ethos de « chef ». Tous les trois décrivent une grande partie de l'identité discursive de notre sujet d'étude.

Et enfin, nous nous interrogeons sur les ethos de crédibilité et leur place dans les discours de Manuel Valls. Trois ethos caractérisent son identité discursive : ethos de sérieux, ethos de vertu et ethos de compétence. La crédibilité doit être capable de répondre à trois conditions pour prouver que le locuteur possède le pouvoir de faire et se montrer crédible : condition de sincérité, de performance et d'efficacité.

Dans la deuxième grande partie de notre travail de recherche, incluant les chapitres 3 et 4, nous traitons la question de l'ethos en nous appuyant sur des théories et éléments proprement linguistiques. Notre troisième chapitre est entièrement consacré à la subjectivité dans les discours de Manuel Valls. D'abord nous démontrons la présence de différents types de déictiques tels que : pronoms personnels, démonstratifs, désinences verbales, adverbes et locutions adverbiales. Cette analyse a pour objectif de mettre en lumière la dominance ou le suremploi de certains éléments par rapport à d'autres. Par exemple nous pourrions supposer que les pronoms personnels « je » et « nous » seraient davantage utilisés par le sujet parlant. Tout simplement parce que dans la plupart des cas « je » représente le Premier ministre et « nous » représente le Chef du gouvernement et ses ministres/la majorité.

Dans ce chapitre nous nous intéressons également aux subjectivèmes et leur influence dans les discours de notre sujet d'étude. Et plus précisément nous nous focalisons sur des substantifs, adjectifs affectifs, adjectifs évaluatifs axiologiques et adjectifs évaluatifs non axiologiques, verbes occasionnellement subjectifs et verbes intrinsèquement subjectifs, adverbes subjectifs. D'un point de vue linguistique cette étude nous permettra de

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constater à quel point le locuteur se sert de termes subjectifs, donc ceux qui appartiennent au sujet parlant, afin de transmettre son message à l'auditoire. Le côté émotif de ses propos pourrait s'avérer un avantage dans le but d'attirer l'attention du public.

Dans le quatrième chapitre, nous essayons d'examiner les types de phrase utilisés dans les discours du Premier ministre, ainsi que l'argumentation et ses connecteurs argumentatifs. Il est question de trois types de phrases : déclaratif, exclamatif et impératif. Notre mission sera de mettre en exergue l'emploi et la fréquence de ces phrases afin de démontrer leur importance. En ce qui concerne l'argumentation, nous aurions pour tâche d'analyser les connecteurs argumentatifs exprimant : la cause, la conséquence, le but, l'opposition et l'hypothèse. Cette analyse nous donnera la possibilité de découvrir minutieusement les arguments dont le sujet d'énonciation se sert lors de ses allocutions.

Cette étude a pour objectif de répondre à plusieurs questions afin de nous aider à découvrir le vrai visage de Manuel Valls. Les questions sont les suivantes : Est-ce que Manuel Valls est vraiment autoritaire et allons-nous ressentir dans ses discours cette position sévère qu'il adopte lors de ses interventions et débats politiques ? Pour Manuel Valls être Premier ministre est-il vraiment un privilège et même une mission à accomplir ? Est-ce que notre sujet d'étude est prêt à tout pour protéger son peuple et son pays ? Allons-nous découvrir la puissance d'un « je » affirmatif ? Le tempérament colérique de Manuel Valls a-t-il une position centrale dans la construction de son ethos ? Se sert-il d'arguments vraisemblables afin de défendre sa position lors d'une discussion ? Sait-il comment manipuler la foule dans l'intention de tirer des bénéfices ?

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Emploie-t-il souvent des propos affectifs pour toucher davantage le public auquel il s'adresse ? Paraît-il crédible aux yeux de ses électeurs et aux yeux des députés de la majorité ? Suffit-il d'être un bon orateur pour faire une carrière remarquable dans le domaine de la politique ? Arrive-t-il à résister aux attaques permanentes des députés de l'opposition ? Téméraire et têtu ou plutôt positif et ambitieux concernant les réformes qu'il mène ?

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