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Variabilité des espaces de d'évolution chez les personnes atteintes de maladies chroniques


par Paolo Danielis
Université de Bordeaux - Master Sciences de l'éducation 2020
  

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Université de Bordeaux

Collège Sciences de l'Homme

Variabilité des espaces de

dévolution chez les personnes

atteintes de maladies

chroniques

Généricités et spécificités de l'ETP dans le cadre des maladies cardiovasculaires et des cancers

Mémoire de Master 2

Mention Sciences de l'Education

Présenté par
Paolo DANIELIS

Sous la direction de

M. le Pr. Bernard SARRAZY

2019 - 2020

Université de Bordeaux

Collège Sciences de l'Homme

Variabilité des espaces de

dévolution chez les personnes

atteintes de maladies

chroniques

Généricités et spécificités de l'ETP dans le cadre des maladies cardiovasculaires et des cancers

Mémoire de Master 2

Mention Sciences de l'Education

Présenté par
Paolo DANIELIS

Sous la direction de

M. Le Pr. Bernard SARRAZY

2019 - 2020

REMERCIEMENTS

Je tiens à remercier toutes les personnes qui ont contribué, de près ou de loin, à la construction de la présente recherche.

Dans un premier temps, je tiens à apporter une attention au Master Sciences de l'Education de Bordeaux pour m'avoir donné l'opportunité de réaliser ce travail de recherche sur deux années. Je voudrais également remercier leur équipe pédagogique qui a su me donner un soutien sans faille lorsque j'en avais besoin.

Particulièrement, je tiens à remercier Monsieur Bernard Sarrazy pour sa disponibilité et son accompagnement et sans lequel ce travail n'aurait pas pu voir le jour.

Enfin, je tiens à remercier les associations On est là et Coeur et Santé qui ont cru en cette recherche et m'ont accueilli avec enthousiasme. Je souhaite exprimer ma reconnaissance à leurs dirigeants et leurs adhérents.

SOMMAIRE

REMERCIEMENTS 11

INTRODUCTION 6

I. CADRAGE ET OBJET DE RECHERCHE 9

A. Education thérapeutique du patient 9

Détour Historique 9

Etat des lieux 10

B. Entrée dans la chronicité 12

Le malade chronique 12

Pourquoi se soigner ? 14

De la modification des habitudes à la transformation de l'habitus 16

C. Sentiment d'efficacité personnelle 18

La théorie de Bandura 18

Amorce du processus de changement 19

Les sources du sentiment d'efficacité 22

D. Dévolution 25

Théorie des situations 25

Transposition didactique 26

II. METHODOLOGIE 28

A. Les pathologies 28

Questionnements 28

Maladies cardiovasculaires 29

Maladies oncologiques 30

B. L'entretien 32

Guide d'entretien 32

Passation 34

Posture du chercheur 36

Difficultés 37

Analyse des données 38

III. ANALYSES ET RESULTATS DES ENTRETIENS 42

A. Présentation 42

Public pathologies cardiovasculaires 42

Public pathologies oncologiques 45

B. Comment se soigne-t-on ? 47

Observance médicamenteuse 47

Observance non médicamenteuse 49

C. Intervention de la situation 52

Résistances 52

Ressources 54

D. Un pouvoir d'agir relatif 59

Des patients acteurs de leur santé ? 59

Profils 62

E. Limites 64

Contexte 64

Une méthodologie restreinte 65

CONCLUSION 66

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES 69

Table des matières 72

Liste des tableaux 73

Liste des encadrés 73

Table des signes et abréviations 73

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INTRODUCTION

L'augmentation de la prévalence des maladies chroniques corrélée à celle de l'âge de la mortalité a obligé les systèmes de santé à être repensé. Un changement de paradigme s'est produit : le patient doit désormais prendre part à sa prise en charge et la guérison dépendra également de ses actions. L'une des conséquences de ce nouveau modèle est l'expansion de l'éducation thérapeutique du patient (ETP).

Ce n'est que depuis (relativement) récemment que l'ETP est inscrite dans le parcours de soin du patient, elle est décrite comme « un enseignement individuel ou collectif dispensé à un patient ou à son entourage visant à améliorer la prise en charge médicale d'une affectation de longue durée » (Hecquard, 2009, p. 2) et est inscrite dans la législation depuis 2009 en vertu de la loi « hôpital, patients, santé et territoires » (Walker, 2018, p. 182). L'ETP est donc devenu un enjeu majeur dans le domaine de la santé au moment où de plus en plus d'individus tombent dans la chronicité. Les maladies chroniques (maladies cardiovasculaires, asthme, VIH, cancers...) sont représentées comme étant « le mal du siècle » dans la thèse de Marianick Pichon (2015, p. 8) et induisent désormais que les individus se prennent en charge : « Le patient devient un sujet de droit, qui contribue à l'élaboration d'un projet de santé commun » (Walker, 2018, p. 182). L'objectif est de rendre le patient plus autonome, il doit acquérir de nouvelles compétences qui vont lui permettre de contrôler et ralentir l'évolution de sa pathologie, ainsi que d'en éviter les complications. L'ETP sous-tend deux notions : l'observance (ou compliance) médicamenteuse et celle concernant l'aspect non médicamenteux.

Le premier terme désigne « le fait d'entreprendre un traitement, l'acceptation de se soumettre à un dépistage, venir aux rendez-vous, prendre les médicaments en respectant la posologie, accomplir les différentes taches du

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traitement (pour le diabète : injections d'insuline, mesure de la glycémie) » (Reach Gérard, 2005).

En ce qui concerne l'observance non-médicamenteuse, elle désigne « le changement du mode de vie (arrêt du tabac, changement des habitudes alimentaires, pratiquer une activité physique, éviter les conduites sexuelles à risques...) » (Id.).

L'inobservance est un problème majeur aujourd'hui. Des études ont montré qu'elle pouvait atteindre « 60% voir davantage lorsqu'il s'agit de mesures préventives » (Reach, 2007). « On parle de non observance lorsque le patient prend moins de 80% des médicaments prescrits, laissant ainsi une marge à la négligence et à l'oubli » (id.). Cependant, elle est parfois difficilement quantifiable, c'est notamment le cas des prescriptions non médicamenteuses. C'est spécifiquement ce type d'observance qui va nous intéresser car il induit un changement des habitudes, une transformation du mode de vie. Plus encore, il est question d'une modification de l'habitus (Bourdieu, 2000). Or, cette part d'investissement qui incombe au patient va différer selon la pathologie dont il souffre. Si nous transposons le concept du contrat didactique de Brousseau (1998), il doit prendre part à sa guérison, au même titre que les médecins. En partant du principe que le patient doit désormais être acteur de sa santé, et qu'il doit prendre en charge sa maladie au même titre que le personnel médical (et même davantage), plusieurs questions se posent alors.

En quoi la marge de manoeuvre du patient peut différer selon sa pathologie ? Quels sont les objets dévolus au patient en fonction de sa maladie ? En quoi deux pathologies distinctes vont conditionner des formes éducatives différentes ? Voici plusieurs questions auxquelles nous tenterons de répondre dans ce mémoire et qui poserons les jalons de notre problématique.

Afin de faire ressortir une grande variabilité de part de dévolution, nous avons fait le choix de prendre comme pathologies chroniques les maladies cardiovasculaires ainsi que les affections oncologiques. Les pathologies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité dans le monde et la deuxième en France, juste après les cancers. Malgré une baisse de la mortalité grâce à la

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prévention et aux progrès thérapeutiques, elles restent un problème de santé majeur. En toute logique, l'ETP a fortement investi ce domaine, ces affections étant très souvent liées à des facteurs de risque sur lesquels l'individu peut avoir une influence. En ce qui concerne les cancers, les progrès thérapeutiques conjugués aux diagnostiques de plus en plus précoces des tumeurs ont pour conséquences de réduire la mortalité mais aussi de faire basculer ces affections dans la chronicité. Depuis peu, l'ETP est mise en avant dans ces protocoles de soins. Par ailleurs, le Plan Cancer 2014-2019 en a fait une priorité.

Notre hypothèse est la suivante : la part dévolue au patient est plus grande dans le cas des pathologies cardiovasculaires. Si l'ETP est formalisée de la même manière pour toutes les maladies chroniques (appropriation de savoirs et compétences, autonomisation du patient, devenir acteur de sa prise en charge), chaque pathologie va induire des formes éducatives différentes.

Dans une première partie, nous aborderons des concepts essentiels à la compréhension de notre recherche tels que la dévolution (Brousseau, 1998), les arrière-plans de Searle (Garfinkel, 2009), l'habitus (Bourdieu, 1980), et le sentiment d'efficacité personnel (Bandura, 2012). Nous essaierons de comprendre pourquoi un patient ne se soigne pas et quelles sont les moteurs de l'observance.

Après avoir abordé ces concepts majeurs qui nous permettrons de comprendre l'ambivalence que comportent l'éducation thérapeutique et l'observance, nous expliciterons dans un second temps la méthodologie qui a été choisie pour poser le cadre de notre recherche.

En troisième et dernier lieu, nous présenterons nos résultats issus des entretiens et nous les analyserons afin de vérifier si nous pouvons confirmer notre hypothèse et répondre à notre problématique : En quoi la part dévolue au patient

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est-elle variable au regarde de deux pathologies spécifiques : les maladies cardiovasculaires et les cancers ?

I. CADRAGE ET OBJET DE RECHERCHE

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