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Les défis d'encadrement des petits producteurs du café dans le groupement de Lugendo en territoire de Kabare au sud-Kivu


par James BIBENTYO KAMUNGU
Institut supérieur de Développement Rural ISDR/Bukavu - Master 2023
  

Disponible en mode multipage

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République démocratique du Congo

Ministère de l'Enseignement Supérieur et Universitaire

Institut Supérieurs Techniques

Institut Supérieur de Développement Rural de Bukavu

B.P. 2849 Bukavu

LES DEFIS D'ENCADREMENT DES PRODUCTEURS DU CAFE DANS LE GROUPEMENT DE LUGENDO EN TERRITOIRE DE KABARE AU SUD-KIVU

Mémoire présenté pour l'obtention du Diplôme de Licence en Développement Rural.

Directeur : Prof. Dr. Ir. BISIMWA BASENGERE Espoir

Docteur en sciences agronomiques

Encadreur : CT. Ir .FURAHA MATENDO

Ingénieur agronome et master en sciences agronomiques 

Par : BIBENTYO KAMUNGU James

Option : Planification régionale

Niveau de technicité : A0

Année académique 2023-2024

INMEMORIAM

A nos regrettés Mère et grande soeur RUMANYA LINA Odette

 A mon cousin MURHULA RUKERA Bienvenu 

A notre Maman JULIE CIBWABWA

Il est vrai que la mort n'arrête pas l'amour je vous aime pour tout ce que vous étiez pour moi et pour d'autres ; malgré que vous soyez partis si tôt !

Daigne Dieu tout puissant accorder un repos éternel à vos âmes

Amen !!!!!

EPIGRAPHE

« « Les contemporains ne regardent pas même sens, mais gardent mêmes directions » ».

ANONYME

DEDICACE

A mon grand frère et père Afred Wasso Mukelenge ; à mes frères et soeur Kamungu Aganze simon ; N'dJiabo Mukelenge yvette, Kubota Mukelenge Kethya, Munyerekana Kamungu Noëlla christel, Kamungu Bulonza Josué et Bisimwa Mirali yannick pour votre amour à mon égard ; ce travail vous est dédié.

BIBENTYO KAMUNGU James

REMERCIEMENTS

Nos remerciements s'adressent au Professeur BISIMWA BASENGERE Espoir pour sa bravoure, son attention ainsi que ses orientations qui nous ont permis de produire le présent travail.

A mon grand frère et père Alfred WASSO MUKELENGE pour tous les sacrifices concettis à ma faveur retrouvez ici l'expression de ma profonde gratitude !

A mes parents KAMUNGU Abel et MUNYERENKANA Victorine pour l'amour et le soutien que vous m'avez apporté tout au long de mon parcours scientifique

A vous mes frères et soeurs  Kamungu aganze Simon , Kamungu Bulonza Josué , N'djiabo Mukelenge Yvette, Munyerenkana Kamungu Noella christel ,Bisimwa Mirali yannick  ,Kubota Mukelenge Kethya, Rosette Kamungu, Munguakokwa Mudekereza Gloire Benel , Mudekereza Balola Confiance ,Murhabazi Franck pour tout votre amour manifesté à mon égard , vous m'avez soutenue, orienter ,consoler , donner un coup de main et cela jour pour durant ce long parcours académique , je manquerais des mots pour vous dire combien vous comptez pour moi.

A mon ainé Roland Bahiga qui nous a fournis la première documentation sur notre sujet de recherche trouvez ici nos sincères remerciements pour cet esprit de charité

Mes remerciements à mon camarade Jean Lumière Cirimwami du département d'informatique à l'UCB qui nous a aidés dans le processus d'analyse des données empiriques

A nos ami (es) et compagnons de lutte Akonkwa Mulume Julien, Aganze Mulume Serge, Bongere Bwamusaka Fulbert, Chenda Canikire Landry, Bila Fazili Richard ainsi que Muzusa Masirika chrispin pour les moments partagés ensemble.

A vous tous qui de près ou de loin vous nous avez soutenu à fin que notre cursus académique arrive à terme retrouvez ici l'expression de notre sentiment de gratitude.

SIGLES ET ABREVIATIONS

ACP : Afrique Caraïbes Pacifique

A .I : Ad interim

CIAT : Centre Internationale d'Agriculture tropicale

COOPAC : Coopérative pour la Promotion des Actions du Café

C.R.S : Catholic Relief Services

C .T.A: Centre Technique de Coopération Agricole et rurale

C.V : Chaine des Valeurs

FIDA : Fond International pour le Développement Agricole

FC : Franc Congolais

I.S.D.R : Institut Supérieure de Développement Rural

I.A.C.O. : Inter Africain Coffee Organisation

INERA : Institut National pour l'Etude et la Recherche Agronomiques

IPAGRI : Inspection provinciale de l'Agriculture

KBYK : Kahawa Bora Ya Kivu

Kg : Kilo gramme

OXFAM : Oxford Commitee for Relief Famine

O.I.C. : Organisation Internationale du Café

O.M.C : Organisation Mondial du Commerce

ONAPAC : Office Nationale de Produits Agricoles du Congo

P.I.B : Prix Intérieur Brut

RDC : République Démocratique du Congo

SAPI : Save the People International

SOPACDI : Solidarité pour la Promotion des Actions Café et Développement Integral

SROI : Social Return On Investiment

USAID : United States Agency for Development

$ : Dollar américain

LISTE DES TABLEAUX

TABLEAU 1: SUBDIVISION DES VILLAGES ET SOUS-VILLAGES DU GROUPEMENT DE LUGENDO 1

TABLEAU 2: DONNÉES DÉMOGRAPHIQUE DU GROUPEMENT DE LUGENDO 19

TABLEAU 3: RÉPARTITION DE L'ÉCHANTILLON SELON LE SEXE 21

TABLEAU 4: RÉPARTITION DE L'ÉCHANTILLON SELON L'ÂGE 22

TABLEAU 5: RÉPARTITION DE L'ÉCHANTILLON SELON L'ETAT-CIVIL 22

TABLEAU 6: ACHETEUR DU CAFÉ 26

TABLEAU 7: QUALITÉ DU CAFÉ VENDU 26

TABLEAU 8: PRIX DU CAFÉ PAR KG 27

TABLEAU 9: AFFECTATION DU REVENU 29

TABLEAU 10: SATISFACTION DES BESOINS PAR LE REVENU 30

TABLEAU 11: PRATIQUE CULTURALES COURAMMENT EMPLOYÉES PAR LES CAFÉICULTEURS 30

TABLEAU 12: EXISTENCE D'UNE DES COOPÉRATIVES ET OU STRUCTURE D'ENCADREMENT 31

TABLEAU 13: PRINCIPAUX DIFFICULTÉS RENCONTRÉES PAR LES CAFÉICULTEURS 32

TABLEAU 14: PROPOSITION ISSUES DES CAFÉICULTEURS 33

TABLEAU 15: MATRICE D'ORIENTATION STRATÉGIQUE 53

TABLEAU 16: TABLEAU DE CHOIX DES STRATÉGIQUES 54

LISTE DES FIGURES

FIGURE 1: NOMBRE DES CAFÉIERS PAR CAFÉICULTEURS 1

FIGURE 2: DATE DE PLANTATION DES CAFÉIERS 24

FIGURE 3: PRODUCTION DU CAFÉ EN KG PAR CAMPAGNE CAFÉIÈRE 25

FIGURE 4: REVENU TOTAL PAR CAMPAGNE EN FC 28

RESUME

Cette étude porte sur « Les défis d'encadrement des petits producteurs du café dans le groupement de Lugendo en territoire de Kabare au Sud-Kivu » , elle part de la problématique selon laquelle , les paysans producteurs du café est une culture industrielle qui génère des revenus significatifs sur le marché mondial, pourtant les petits producteurs produisent près de 70% de la production nationale sont restés dans des conditions de vie difficile en dépit des multiples contraintes auxquelles ils se retrouvent confrontés .

Pour collecter les données, nous nous sommes servis d'un questionnaire d'enquête avec un échantillon obtenu par boule de neige qui nous a permis d'atteindre 100 enquêtés ; mais également d'un guide d'entretien que nous avons adresséà quelques acteurs de la chaine des valeurs du café dans la province du Sud-Kivu.

L'étude a abouti au premier volet des résultats sur les principaux défis auxquels sont confrontés les caféiculteurs du groupement de Lugendo notamment : les maladies des caféiers, le faible prix du café sur le marché local, la difficulté pour les caféiculteurs du groupement de Lugendo d'accéder au crédit, l'insuffisance d'outils nécessaires pour l'entretien des caféiers ainsi que le manque des produits phytosanitaires.

Le deuxième volet des résultats, l'étude a démontré le rôle des quelques acteurs de la chaine des valeurs du café en province, pour qui l'encadrement des caféiculteurs rentre dans leurs missions.

A partir du guide d'entretien pour lequel nous avons catégorisé les différentes questions par acteur selon leurs rôles, cela a permis de comprendre les limites aux quelles ces acteurs se heurtent également notamment : le fait que les institutions publiques agricoles sont politisés en l'occurrence l'ONAPAC , pourtant ayant le monopole du contrôle de la culture du caféier ,des achats ainsi que des d'exportation du café au Sud-Kivu et partout en RDC ; ainsi que l'insuffisance des ressources financières, matérielles, et humaines.

L'étude à proposer en ce sens, une stratégie basée sur un diagnostic de l'ONAPAC secteur de Bukavu, consistant à améliorer la qualité des prestations des brigades d'encadrement des caféiculteurs qui sont basés dans les territoires à fin d'apporter un encadrement adéquat aux petits producteurs du café du groupement de Lugendo dans le soucis d'améliorer leurs conditions de vie.

Mots clés :

- Défis

- Encadrement

- Petit producteur

- Café

- Lugendo

-Défis : un défi se définit comme une intention, individuelle ou collective, de répondre à une situation complexe pour laquelle aucune solution n'émerge à priori en proposant une démarche inhabituelle et inclusive des parties prenantes. (Le Robert 2011

- Encadrement : C'est l'action d'encadrer ; encadrer un groupe des personnes c'est assurer auprès des personnes un rôle de direction, de formation, mettre sous une autorité en constituant un ensemble hiérarchique. (Wiktionnaire disponible sous licence CC BY-SA 3.0)

-Producteur du café : sont des agriculteur qui cultivent le caféier , on les appellent les caféiculteurs (Wiktionnaire disponible sous licence CC BY-SA 3.0)

-Groupement : Le groupement est toute communauté traditionnelle organisée sur base de la coutume et érigée en circonscription administrative, sous l'autorité d'un chef désigné conformément à la coutume, reconnu par le pouvoir public. Il est subdivisé en villages (loi organique de la RDC n° 10/011 du 18 mai 2010)

ABSTRACT

This study examines «The supervision challenges of lugendo's small coffee growers in Kabare territory in the South Kivu » » aims to analyze the main challenges on which lugendo's small coffee growers are confront on.

It's gone by a problematic that the coffee a industrial culture one is generated self-important interest on the global market

However, rural's small coffee growers who produce 70% of the whole country's coffee production have been stilling in harshs living conditions cause of alot of challenges they meet

The data collection has been done by a survey instrument using snowball sampling wich gave us one hundred interwiewees . We used all so a interview guide which help to asking interwiews to others coffee's value chain in South-Kivu.

The study resulted on the first shutter on the mains challenges on which lugendo's small coffee growers are confront especially : coffee tree diseases, low price on local coffee market, difficulty accessing credit, insufficiency of maitenance's tools and phyotosanitary lack.

The second shutter of results, this study prove the role of some actors of coffee value chain in South Kivu district for whom the supervision of small coffee growers falls within their assignment.

By a interview guide which categorize differents questions for each actor that help us to understand what limit them too especially : politicization of agricultural instutions in the case of ONAPAC however it has a monopoly of control coffee culture, purchases, and coffee export.

Others limit is the insufficiency of financial resources, human resources and materiel resources.

This study suggest some strategys establisheded on a diagnose of ONAPAC /Bukavu which consist to upgrade the services of coffee grower's supervision brigades which are based in different territorys in case of to provide adequate supervision to Lugendo's small coffee growers in case to improve their living conditions.

Key words:

- Challenges

- Mentoring

- Smallholder- coffee

- Coffee

- Lugendo grouping

INTRODUCTION

1. ETAT DE LA QUESTION

Cette étude n'est pas la première à aborder cette thématique dans le cadre de la recherche scientifique. Que ce soit au niveau mondial, continental, régional, national ou local, certains chercheurs ont déjà eu à aborder des aspects liés à la culture du caféier.

A cet effet ; nous avons fait une revue des différents résultats de recherche disponible en rapport avec notre sujet de recherche. Ce ci, pour nous éclairer sur les réalisations déjà faites par d'autres auteurs ; ce qui nous a permis d'orienter notre étude en démontrant la spécificité de notre recherche par rapport à celles déjà réalisées.

L'organisation internationale du café O.I.C (2013) dans son rapport, indique qu'en 2012 ; autour de 80 % du marché mondial du café était contrôlé par sept compagnies : par ordre de taille, Nestlé (Suisse), Mondelez International, Starbucks et Cargill (États-Unis), Tchibo (Allemagne), Lavazza (Italie) et Demb1753 (Pays-Bas). L'OIC dans ce rapport, précise que ces firmes perçoivent 65 à 75 % du prix de vente alors que les petits producteurs touchent 10 à 15 %. Le pourcentage du café vendu sous le commerce équitable représente 1,6 % de la production mondiale.

L'OIC signale néanmoins que c'est dans ce contexte de quasi-monopole que se crée un espace pour les compagnies de café très spécialisées.(1)

Ces chiffres montrent à quel point, il existe encore des écarts considérables en ce qui concerne les revenus que génère le café sur le marché mondial par rapport à ce que gagneraient les petits producteurs situés aux premiers niveaux de la chaine de valeur du café.

BENOIT DAVIRON ET STEPHANE PONTEdans leurs ouvrage « Le paradoxe du café 2007 » ont fait un constat selon lequel des nouveaux modes de consommation émergent sous la forme des cafés `'durables'', et que le café devenait une boisson à la mode avec la multiplication de bars spécialisés, pendant que les producteurs perçoivent une part de plus en plus faible du prix final. Le café vendu par les producteurs agricoles est de plus en plus différent du `'café'' acheté par les consommateurs.

Ce ne sont guère des attributs matériels que les consommateurs achètent à un prix élevé mais des symboles et des services personnalisés. Pour améliorer leur situation, les producteurs doivent tenter de contrôler une partie de ces attributs immatériels sous forme, par exemple, de labels et d'indications géographiques.(2)

LUCIEN RAMAZANI KALYONGO (2018) : a mené une étude sur : « l'organisation économique des caféiculteurs congolais dans la région du Nord Kivu à KASHENDA : Analyse du poids réel des coopératives sur l'échiquier du système économique mondial ».

Dans cette étude l'auteurexplique que la libération progressive des marchés après les années 1980 a mené l'économie mondiale à un climat d'échange concurrentiel, asymétrique et instable forçant les petits producteurs des pays du Sud à traiter directement avec des acteurs économiques internationaux émanant des pays industrialisés. Il montre qu'à part l'organisation de ces paysans en filière par les États ou les compagnies d'exportation et de vente, ce contexte historique a également généré des formes diverses de développement rural. Celles-ci ont donné lieu, par ailleurs, à des regroupements associatifs indépendants, tel que le Groupement d'intérêt économique Tufaidike, dans le territoire de Masisi au Nord-Kivu sur lequel l'auteur amené sa recherche.

Cette coopérative vise l'amélioration des revenus des caféiculteurs par la mise en commun des fruits de la récolte et la mise à disposition des caféiculteurs d'une station de lavage, triage et séchage permettent aux membres de commercialiser un produit à plus forte valeur ajoutée, une forme de compétitivité et ainsi un accès au marché mondial. Traiter directement avec les acheteurs internationaux avec un produit transformé leur a permis de payer les agriculteurs plus que le double du prix initialement pratiqué sur les marchés locaux».(3)

NYAMWIRAHIRA (2015) : a mené une recherche sur la « Commercialisation du café et son impact socio - économique dans les ménages du groupement de Bushumba et Lugendo en territoire de Kabare : état des lieux et perspectives ».

Et démontre démontre une situation de déséquilibre entre l'offre et la demande observé sur le marché mondial ce qui a provoqué une chute historique des prix et la qualité du café marchand. En termes de réponse à cette crise, l'auteur propose une indentification des contraintes ainsi que les facteurs d'accroissement du circuit économique du café pour espérer bâtir un développement économique solide et une amélioration des activités dans le secteur du café, dans le but d'impulser une sécurité alimentaire de producteurs du café de Bushumba et Lugendo et contribuer aussi à la réduction de la pauvreté des ménages. (4)

JANOT NDARUME(2020) a mené une étude sur L' « analyse des atouts et contraintes de la production du café à BUNYAKIRI » il soulève que dans le territoire de Kalehe à Bunyakiri, l'espoir des paysans réside dans les activités agricoles entre autres la culture du café. Cependant, les agriculteurs éprouvent plusieurs difficultés parmi lesquels la difficulté d'acheminer leurs produits vers le marché faute d'impraticabilité des routes. Comme pistes des solutions  à ce problème; l'auteur propose la réhabilitation des routes des dessertes agricoles pour permettre aux agriculteurs d'acheminer leurs produits vers le marché. (5)

STEVEN RUSANGWA en menant une étude sur l' « Apport des coopératives dans la chaine des valeurs du café dans le territoire de Kalehe au Sud-Kivu » soulève que le Territoire de Kalehe est l'un de rares territoires qui, malgré les défis trouvés dans son secteur a conservé la caféiculture connaissant sa valeur ajoutée dans l'économie paysanne ; il montre qu'à Kalehe, le caféier se cultive en association avec le bananier, baptisée « Banque du Paysan) qui, avant d'être dévasté par le Wilt Bactérien constituait aussi la source permanente des revenus des plusieurs ménages. (6)

Une étude de l'ONG RIKOLTO sur « Le retour sur investissement dans La filière café en RDC ») dans son programme café mis en oeuvre par en RDC dans les provinces de l'Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu pour la période 2017- 2021, avec pour objet d'analyser l'efficacité et le rapport coût-bénéficie par le biais de calcul de la valeur du retour social sur investissement (SROI) voulait voir « Les caféiculteurs organisés en entreprises coopératives, efficientes et efficaces, accédant aux marchés principaux, reconnus et respectés par les autres parties prenantes dans la filière et par les autorités, en créant pour leurs membres les conditions pour générer à travers leurs activités durables les revenus qui leur permettent de mener une vie décente et équilibrée».

Cette étude est aboutie à des conclusions selon lesquelles ; la présence de Rikolto, en tant que garantie morale, a motivé les acheteurs (Ethiquable, Colruyt) et les prêteurs (SIDI, Root Capital, Alterfin, COOPEC le Grenier) à accorder des préfinancements et des crédits commerciaux et cela a permis d'augmenter le volume de préfinancement pour les coopératives appuyées. L'amélioration du revenu et de la marge bénéficiaire des coopératives, l'amélioration des revenus et des connaissances du personnel des coopératives dans divers domaines du café constituent aussi les avantages du programme aux coopératives.

Pour les agriculteurs, le revenu des caféiculteurs membres des coopératives, la Valeur de terres certifiées biologiques et l'amélioration des connaissances ont été notées (7)

Cette étude nous a éclairées sur l'appui apportée par Rikolto aux différents groupements d'intérêt commun avec lesquelles elle a travaillée dans le cadre de son programme café, un appui qui a eu des résultats positifs sur les revenus des petits producteurs du café regroupés au sein des coopératives , ce qui a permis d'améliorer leur conditions socio-économique car un accent étant mis sur le retour sur investissement social tel que démontré ci-haut par les résultats de l'étude. En ce sens, Rikolto à subventionner un montant total de 196 298,8 $ pour les cinq ans, pour l'achat des terrains, la construction des bâtiments des coopératives ainsi que les matériels pour la construction des micros stations de lavage café ; ainsi que 451 699,3 $ pour d'autres subventions accordées aux coopératives de 2017-2021

POLE INSTITUTE ; un institut interculturel dans la région de Grands lacs dans son rapport publié en mars 2014 intitulé « Construction de la cohésion transfrontalière par la caféiculture ? » a mené une expérience auprès des deux coopératives dont la `'coopératives pour la promotion des activités du café'' (COOPAC) du Rwanda, et la solidarité pour la promotion des actions du café et le développement intégral (SOPACDI) de Kalehe en RDC.

Cette étude dont l'objectif s'inscrit dans la le cadre de la politique de POLE INSTITUTE, celle d'initier l'émergence d'une culture de négociation contre une culture de la mort, basée sur des intérêts des uns et des autres ; voulait analyser les dynamiques des secteurs du café en RDC et au Rwanda, plus particulièrement dans les zones situées au bord du lac Kivu en démontrant les efforts considérables accomplis par ces pays pour accroitre la production du café et améliorer sa qualité , mais également analyser la manière dont la coopérative transfrontalière dans le secteur du café peut être un facteur de stabilité régionale.

Ce rapport est abouti à des conclusions selon lesquelles ; l'encadrement des exploitants du café en intrants, en pépinières, en régulation de la qualité et du prix, prérogatives de l'office des produits agricoles du Congo (ONAPAC), est quasiment inexistant.

L'étude a également démontré que l'expérience de la SOPACDI pour son ouverture non seulement à la production de café de spécialité mais aussi à l'exportation de ses produits au marché international est à la base de l'apparition d'autres coopératives.

Ce rapport montre à quel point les échanges d'expériences entre deux coopératives transfrontalières a permis aux caféiculteurs de Kalehe regroupés au sein de la SOPACDI , d'améliorer leurs conditions de vie en produisant un café de qualité qui leurs génèrent plus de revenus mais également cela a contribué à améliorer les relations entre les populations de ces deux régions transfrontalières souvent théâtre des conflits armées qui ont dégradés la cohabitation entre les deux peuples (8).

CATHOLIC RELIEF SERVICES C.R.S : Dans son rapport sur le projet « Kahawa Bora Ya Kivu, analyse de performances » montre qu'une étude menée à la fin du projet a voulu évaluer les performances réalisées dans le cadre du projet Kahawa Bora Ya Kivu financé par USAID ainsi que d'autres partenaires et mis en oeuvre dans les territoires de Kabare et Kalehe au Sud-Kivu . Ce Projet, avait pour but d'améliorer la qualité de vie des producteurs, et le rapport d'analyse indique que sur les 5759 personnes vivantes dans les ménages touchés par l'évaluation, 2179 vivaient avec moins de 1,25$ (1250fc) par jour par personne après le projet.

D'après ce rapport, les bénéficiaires ont établi une association entre l'accroissement du revenu de vente de café et l'amélioration du prix, en indiquant que le projet à ramener la présence du marché de café en précisant qu'avant, ils vendaient une mesure locale de café parche (1 ,5kg) à 500 -600fc alors qu'avec la venue du projet, les coopératives leurs achètent la même quantité de café à 1500 voir 1750 FC entre 2014 et 2015.

Les analyses de cette étude ont montrées que la participation des producteurs au projet café à augmenté le revenu de 47 ,8% des ménages ; alors que 30,4% des ménages estiment que leurs revenu est resté le même et seulement 21,8% remarquent que leurs revenu à diminué au cours des quatre dernières années.(9)

Cependant, nous nous sommes appuyés aux idées des différents auteurs cité ci-haut en voulant étudier les défis liés à l'encadrement des paysans producteurs du café dans le groupement de Lugendo en territoire de Kabare , où les caféiculteurs se retrouvent dans des conditions de vie constante malgré le fait qu'il soit les principaux producteurs de l'or vert .

Ainsi, par rapport à ce que d'autres auteurs ont écrit à ce sujet, notre étude vise à identifier, analyser à fin de comprendre les contraintes auxquels se butent les petits producteurs du café dans le groupement de Lugendo mais également à chercher à comprendre le rôle que jouent certains autres acteurs de la chaines des valeurs du café dans la province spécialement ceux dont l'encadrement des producteurs du café rentre dans leur missions.

Toutes ces études ont tentées d'apporter tant soit peu une partie de la solution aux différents défis auxquels les caféiculteurs sont confrontés, mais cela, reste encore insuffisant, car pour espérer à un développement durable du secteur café, un meilleur encadrement des caféiculteurs est très indispensable , c'est dans cette optique que s'inscrit notre étude qui débouchera sur des stratégies à mettre en place pour apporter un meilleur encadrement aux caféiculteurs du groupement de Lugendo qui font l'objet de la présente étude .

2. PROBLEMATIQUE

Le café constitue la deuxième boisson la plus populaire dans le monde après l'eau ; on estime que 1/3 de la population mondiale boit du café et représente le deuxième produit d'exportation des pays en développement, juste après le pétrole et vient avant le sucre, le coton, le cuivre ou encore le fer sur la liste des produits d'exportation.

Le café est plus qu'une boisson simple, il est le moteur économique des nombreux pays. La production africaine représente ¼ du café mondial. Selon l'organisation internationale du café OIC ; 125 millions de personnes dans le monde vivent de la culture du café. Le marché mondial du café est estimé à plus de 100 milliards de dollars américains par an, avec une consommation annuelle de près de 500 milliards des tasses de café.

Le café est produit dans cinquante pays dans le monde, par environ 100 millions des petits producteurs. L'Afrique, L'Amérique latine (Brésil, Colombie) et l'Asie (Vietnam) ; sont les principaux producteurs au niveau mondial. Les exportations mondiales de café vert en grains en 2024 ont totalisé 10 ,77 millions des sacs contre 9,34 millions des sacs au même mois de l'année précédente soit une hausse de 15, 3% c'est ce que indique l'organisation internationale du café dans son récent rapport de mai 2024 sur le marché du café. Le continent Africain est connu pour être le berceau du café ; il compte le plus grand nombre des pays producteurs de café et produit les meilleurs cafés au monde.

Les exportations de toutes les formes des café en provenance d'Afrique ont augmentés de 32,1% pour atteindre 1, 3 millions de sacs. La Côte d'Ivoire et l'Éthiopie ont été les moteurs de la croissance de la région en avril 2024, leurs exportations ayant augmenté respectivement de 202,5 % et 103,6 %, pour atteindre 0,15 million de sacs et 0,57 million de sacs, contre 0,05 million de sacs et 0,28 million de sacs en avril 2023(10)

Bien que l'Afrique soit le berceau du café elle exporte 2/3 de sa production sous forme de matières première et importe 1/3 sous forme de produits fabriqués (café solubles, café moulu). L'organisation interafricaine du café OIAC cité par l'OIC indique les petits producteurs africains ne reçoivent que moins de 5% de la valeur totale des ventes. En R.D.C ; le café représente actuellement le principal produit agricole d'exportation ; on estime que les plantations villageoises fournissent 70 % de la production totale. (11)

La caféiculture en RDC représente environ 61% des exportations contribuant largement à l'économie du pays. Alors que depuis plus d'une décennie la demande mondiale pour le café augmente de 2 % par an, l'offre mondiale à tendance à stagner. Ce décalage croissant entre l'offre et la demande explique une certaine pression à la hausse des cours mondiaux du café.(12).

Ce contexte est une opportunité unique de pouvoir générer de la richesse en zone rurale grâce à cette culture d'exportation, et permettre ainsi à des milliers des paysans congolais de sortir de manière durable de la pauvreté. (13)

Malgré cela, la production du café en RDC fait face à des sérieuses difficultés, les agriculteurs dépendent d'intermédiaires qui vendent leur café sans offrir des services en retour. Beaucoup des caféiculteurs sont exploités par ces intermédiaires qui offrent des crédits pour la récolte de café la plus récente à des tarifs extrêmement bas. Comme résultat, les agriculteurs du café sont en train de se battre pour survivre. Cette situation est presque la même dans toutes les provinces productrices du café en RDC parmi lesquelles le Sud-Kivu.

La province du Sud-Kivu à l'Est du pays étant une des grands producteurs du café en RDC ; la production du café au Sud-Kivu était estimé à 3milles tonnes de café en 2016, contre 7milles tonnes en 2022 et contre 10 milles tonnes de café produit en 2023 (ONAPAC/ Secteur de Bukavu 2022).

Le groupement de LUGENDO en territoire de Kabare , n'échappe pas à cette réalité ;Cette augmentation considérable de la production au cours du temps, est loin de satisfaire aux multiples besoins des petits producteurs du café qui sont confrontés à des multiples défis en plus de vendre leurs produits à un prix dérisoire , une situation qui contraint plusieurs caféiculteurs d'abandonner la filière pour d'autre secteur de la vie , pourtant ,elle constitue désormais la principale source de revenu ,depuis que la maladie du wilt bactérien a ravagée la quasi-totalité des bananeraies les quelles constituait jadis le moteur économique de la plupart des paysans  du groupement de Lugendo .

Les paysans producteurs du café de lugendo sont restés dans des conditions de vie déplorables malgré les multiples années qu'ils ont passés à exploiter leurs champs de caféiers. Certaines plantations des paysans ont vieillis ; avec des caféiers qui remontent à plus de 25 ans, les techniques culturales sont restées traditionnelles, avec une insuffisance d'outils oratoires et d'autres intrants agricoles nécessaires à la culture ; les maladies et ravageurs des caféiers ont pris place, ainsi que le manque des produits phytosanitaires sont autant de défis auxquels se trouvent confronté les caféiculteurs du groupement de Lugendo depuis plusieurs décennies.

Les petits producteurs n'étant pas directement connectés à un marché qui pourrait leur garantir la vente de leur café à un prix rémunérateur, ces derniers se retrouvent obligés de vendre leurs produits à des négociants ambulants dont certains en provenance du Rwanda voisin et il revient à ces dernier de fixer le prix de leurs choix au détriment des caféiculteurs.

Cette situation parait comme un paradoxe au vu de la rentabilité du café sur le marché mondial, mais cela ne parvient pas à générer des revenus significatifs aux petits producteurs se trouvant aux premiers niveaux de la chaine des valeurs du café; ces derniers se retrouvent comme abandonnés à leur propre sort.

Ceci ne permet donc pas aux petits producteurs d'améliorer leurs conditions de vie pourtant ils devraient jouir véritablement du gain tiré de ce que l'on qualifie de `'diamant vert' 'dont il est le principal producteur.

Face à cette situation nous tenterons de répondre aux questions ci-dessous que propose notre thématique tout au long de notre recherche pour à fin proposer des pistes de solution pour relever les défis liés à l'encadrement des caféiculteurs du groupement de Lugendo dans le territoire de Kabare.

3. Questions de recherche

- Quels sont les principaux défis auxquels sont confrontés les caféiculteurs du groupement de Lugendo ?

- Quelle serait la part de responsabilité (rôle) des autres acteurs de la chaine de valeur du café dans l'encadrement des petits producteurs ?

- Quelles sont les stratégies à mettre en place à fin de fournir un encadrement adéquat aux petits producteurs du café ?

4. HYPOTHESES

Au regard des questions ci-haut nous pouvons dégager les hypothèses selson lesquelles :

- Les manques des matériels nécessaires à l'entretien des caféiers, la vétusté des caféiers, les maladies des caféiers, le faible prix du café  sont les principaux défis auxquels se trouvent confrontés les caféiculteurs du groupement de Lugendo

- Les établissements publiques agricoles, l'inspection provinciale de l'agriculture ainsi que les centres de recherche sembleraient ne pas avoir suffisamment des moyens pour pouvoir assumer leurs rôles aux près des petits exploitant du café.

- La formation des caféiculteurs, l'octroi des intrants agricoles nécessaires, l'accès au marché, l'accès au crédit, seraient des stratégies efficaces à adopter pour pouvoir améliorer les revenus des petits producteurs du café dans le groupement de Lugendo.

5. OBJECTIFS DU TRAVAIL

5.1 Objectifs global

D'une façon globale, cette étude vise à contribuer à l'amélioration des conditions de vie des ménages des caféiculteurs du groupement de Lugendo.

5.2 Objectifs spécifiques

De manière plus particulière l'étude cherche à :

- Identifier les contraintes majeures auxquelles sont confrontés les caféiculteurs du groupement de Lugendo

- Comprendre le rôle ainsi que la responsabilité des autres acteurs de la chaine des valeurs du café dans l'encadrement des petits producteurs 

- Proposer des stratégies à mettre en place pour apporter un encadrement adéquat aux petits producteurs du café à fin d'augmenter significativement leurs revenus.

5.3. Objectif d'analyse

Cette étude se veut de faire un diagnostic de la situation d'encadrement des petits producteurs du café dans le groupement de Lugendo.

6. CADRE THEORIQUE ET CONCEPTUEL

6. 1. Définition de concepts clés :

-Défis : un défi se définit comme une intention, individuelle ou collective, de répondre à une situation complexe pour laquelle aucune solution n'émerge à priori en proposant une démarche inhabituelle et inclusive des parties prenantes. (Le Robert 2011)

- Encadrement : C'est l'action d'encadrer ; encadrer un groupe des personnes c'est assurer auprès des personnes un rôle de direction, de formation, mettre sous une autorité en constituant un ensemble hiérarchique. (Wiktionnaire disponible sous licence CC BY-SA 3.0)

-Petit producteur : un petit producteur est un producteur dont la structure ne dépend pas de main-d'oeuvre salariée permanente et qui gère ses activités de production à l'aide d'une main d'oeuvre essentiellement familiale. La majeure partie des heures du travail est consacrée à des activités agricoles, artisanales dans sa propre exploitation (Organisation mondiale du commerce citée par FLOCRT 2020)

- Chaine de valeur : une chaine de valeur est un ensemble d'acteurs interconnectés pour produire et fournir des biens et des services aux consommateurs par une suite d'activités bien coordonnées qui ajoutent de la valeur au produit ou au service à chaque étapes (14)

- Caféier : Le caféier est un arbuste à feuillage persistant de la famille de rubiacées pouvant atteindre 30 à 40 m de hauteur. Le fruit on l'appelle drupe ou cerise. (Cours de Pyrotechnie spéciale inédit L1 ISDR 2023)

-Groupement : Le groupement est toute communauté traditionnelle organisée sur base de la coutume et érigée en circonscription administrative, sous l'autorité d'un chef désigné conformément à la coutume, reconnu par le pouvoir public. Il est subdivisé en villages (loi organique de la RDC n° 10/011 du 18 mai 2010)

6.2. Cadre théorique

Pour bien comprendre et expliquer notre travail, nous avons fondé notre réflexion sur la théorie de croissance économique Walt Whitman ROSTOW un économiste et théoricien politique américain ; sa théorie du développement et de la croissance économique a marqué les années soixante. ROSTOW ; met en avant l'ensemble des étapes nécessaires à franchir pour passer de la situation de société traditionnelle à la situation de pays développé (5 étapes), de l'économie de subsistance vers le marché de consommation.

Les étapes de la croissance économiques ont été théorisées par Walt Whitman ROSTOW (1960) « the process of economic growth » traduit en français : les étapes de la croissance économique chez seuil en 1963.

1ère étape:La société traditionnelle : Production limitée et surtout agricole, échange rares, une économie stagnante.

Dans cette étape, l'agriculture est l'activité principale, 75% le minimum de la population active est engagé dans l'agriculture, la prédominance de l'agriculture impose une structure sociale fondée sur la propriété foncière.

Dans cette société, les techniques de productions étaient primitives et orienté vers les subsistances.

2ème étape : Les conditions préalables au démarrage : L'agriculture permet de dégager un profit, évolution des mentalités, les individus cherchent à s'enrichir.

Cette étape se caractérise par des profondes mutations dans 3secteurs non industrielles à savoir le transport, l'agriculture, et le commerce extérieur. Elle se caractérise aussi par la mise en pratique des structures favorables au développement.

Selon ROSTOW 1960, le secteur agricole joue un rôle moteur dans cette étape à travers les gains de productivité qui permettent de nourrir une population croissante, d'assurer les exportations nécessaires.

3ème étape : Le décollage (ou take off) : Taux d'investissement élevé, industries pivots avec comme piliers, (le textile ou la sidérurgie), permettant une forte croissance, accroissement des inégalités sociales. Les interventions se nouent entre le secteur primaire et le secteur secondaire ; les progrès dans l'industrie se transposent dans le domaine agricole. Pendant le décollage, les nouvelles industries voient le jour rapidement, ces nouvelles industries à leurs tours vont créer des nouvelles installations industrielles, finalement les zones industrielles vont naître, avec elles, une demande accrue d'ouvriers, ce processus va engendrer une augmentation de la consommation et à terme une augmentation de revenu.

4ème étape : Marche vers la maturité : Diffusion du progrès techniques et sociaux dans tous les secteurs de l'économie et des nombreuses couches sociales en profitent.

5ème étape : La société de masse : Niveau de vie élevé, la consommation de masse apparaît, développement des services, plus grande intervention de l'État au niveau économique et social. (15)

Cette théorie nous a aidé dans le cadre de notre travail pour analyser et comprendre l'évolution de la production du café dans la province du Sud-Kivu en général et dans le groupement de Lugendo en particulier ou les méthodes de culture et de traitement du café restent inappropriées chez la plupart des petits caféiculteurs, ou la quasi-totalité des petits producteurs ne tiennent presque pas compte des exigences du marché international ce qui le rend de plus en plus non compétitif sur le marché ; il faudra apporter à ce derniers un encadrements adéquat qui consiste à le organiser en des coopératives pour que celles-ci deviennent des grandes entreprises coopératives dotés des infrastructures modernes, de traitement poste récolte(Stations de lavage ; séchage) qui favoriseront le décollage dans de la filière café marqué non seulement par l'amélioration de la qualité du café très compétitif mais également la hausse du volume des exportation sur le marché international .

Cela fera en sorte que le café du groupement de Lugendo soit orienté vers le marché de consommation internationale et présenté dans des grands salons et magasins du monde sous différents labels, ainsi qu'au niveau local dans des Supers Marchés et grandes alimentations ; à la grande satisfaction des consommateurs. Cette situation permettra la diffusion des progrès techniques et sociaux surtout dans la filière café à fin que tous les caféiculteurs profitent véritablement des revenus que génère le café tel que stipule la quatrième étape de la croissance économique de ROSTOW.

Cela permettra à ce que le niveau de vie des petits producteurs du café soit amélioré, provoquant ainsi une consommation des masses dans la province du Sud-Kivu en général et dans le groupement de Lugendo en particulier ce qui aurait un impact positif sur la croissance du PIB du pays et permettre ainsi de passer à une société de consommation tel qu'associée à la cinquième étape de croissance économique de ROSTOW.

7. CHOIX ET INTERET DU SUJET

7.1. Choix du sujet

Le choix de notre sujet se justifie par la vulnérabilité à laquelle font face les paysans caféiculteurs du groupement de Lugendo malgré la rentabilité économique que présente le café sur le marché mondial pourtant ils sont les principaux producteurs ; d'où le souci de fournir un accompagnement adéquat à ces derniers à fin qu'ils tirent des véritables bénéfices équitables de l'exploitation du café.

7 .2. Intérêt du sujet

Sur le plan personnel : Entant que technicien en développement rural, ce sujet nous est pertinent du fait que si l'on améliorait les performances des petits producteurs du café cela augmenterait significativement les revenus des ménages des communautés rurales auprès de quels nous sommes appelés à oeuvrer pour booster le niveau de développement.

Sur le plan scientifique : cette étude constitue une source de documentation et des données pour les chercheurs et toutes autres personnes qui s'intéresseraient à cette thématique. Cette étude vient apporter un avis, une lumière sur l'un des grands défis que connait la filière café en RDC, celle d'encadrement des caféiculteurs.

Sur le plan politique : ce travail est un outil de planification qui servirait aux décideurs politiques tant au niveau local, provincial que national dans toutes les démarches qui viseraient la réforme de la filière café, un produit d'exportation qui rapporterait plus que d'habitude à la province du Sud-Kivu en particulier et au pays en général si l'on parviendrait à relever les différents défis qui gangrènent le secteur. Les stratégies proposées dans ce travail fournissent des propositions des pistes de solutions adaptées au contexte local de la filière café en province du Sud-Kivu.

8. METHODOLOGIES ET TECHNIQUES

La méthodologie un ensemble des méthodes appliquées à un domaine particulier de la science ; au niveau de ce point nous allons décrire les différentes méthodes et techniques

auxquelles nous avons fait recours pour la récolte des données. Dans le cadre de la présente étude nous avons recourus aux méthodes et techniques ci- après :

8.1. Méthodes

Une méthode une voie principale pour atteindre un but ou un résultat, ils renseignent sur la manière dont les données seront collectées et analysées. Voici ci, ci-dessous, les méthodes dont nous nous sommes servis pour récolter les données dans le cadre de notre étude.

8.1. Méthodes

Méthode historico-comparative : elle nous a permis de remonter dans le temps à fin d'apprécier l'historique et l'évolution de la culture du café dans le groupement de Lugendo pour la décennie dernière 

8.2. Techniques

Les techniques sont des procédés exploités par le chercheur dans la phase de collecte des données qui intéressent son étude. Les techniques suivantes nous ont été d'usage dans le cadre de cette étude.

· Technique d'analyse documentaire : Depuis le mois de janvier 2024 nous avons consultés différents documents ayant trait avec notre sujet de recherche tels que des ouvrages, des journaux, des rapports des ONG , des articles, des magazines ainsi qu'aux notes de cours qui cadrent avec notre thématique ; cela nous a édifiés d'avantage sur la problématique de l'encadrement des petits producteurs de café dans la province du Sud-Kivu en général et dans le territoire de Kabare en particulier.

· Technique d'observation : Notre curiosité de regarder l'état des caféiers lors des visites de terrain, notre attention aux discours des caféiculteurs, des négociant nous ont permis de comprendre les différentes formes des contraintes majeures auxquelles sont confrontés les caféiculteurs de Lugendo.

· Technique d'interview : cette technique nous a permis de faire des échanges avec différent acteurs impliqués dans la chaine des valeurs du café dans la province ; surtout auprès des structures publiques chargé de l'encadrement des caféiculteurs dont l'office nationale des produits agricoles du Congo(ONAPAC) ainsi que le centre de recherche en l'occurrence de l'institut nationale pour l'étude et la recherche agronomique (INERA) ,ceci pour permettre de comprendre respectivement leurs rôles dans l'encadrement des paysans caféiculteurs ainsi que dans la recherche . Ceci grâce à un guide d'entretien que nous avons élaboré, en catégorisant au préalable les questions selon les acteurs concernés.

Technique de boule de neige : La technique de boule de neige est une technique d'échantillonnage qui permet à un chercheur de tirer un échantillon représentatif dans une univers d'étude non définie. Elle consiste à identifier un enquêté, le quel pourait vous orienter vers d'autres enquêtés et ainsi de suite jusqu'à atteindre un échantillon représentatif des résultats. C'est de cette technique que nous nous sommes servis pour déterminer l'échantillon, étant donné le fait que nous n'avions pas pu accéder aux données relatives aux nombres total des caféiculteurs présent dans le groupement de Lugendo vu l'absence des agronomes du groupement.

· C'est ainsi que nous avons atteint 100 caféiculteurs, qui nous ont fournis autant des données que nous avons jugées suffisante pour étudier les défis d'encadrements des petits producteurs du café de ce groupement.

· Technique audio-visuelle : celle-ci nous permettra de récolter les données via le téléphone mobile dont nous nous avons servi pour enregistrer les sons lors des entretiens avec nos enquêtés ainsi que la prise des quelques images durant notre séjour de terrain ainsi pour recueillir les données qualitatives aux près des autres acteurs de la chaine des valeurs du café qui ont un rôle à jouer dans l'encadrement des petits producteurs.

· Le questionnaire d'enquête et l'échantillonnage : Il nous permettra de recueillir de façon logique et structurée des informations auprès des caféiculteurs

Elaborer à partir du logiciel de collecte et de traitement des données sphinx ; ce questionnaire comprend au total treize questions que nous avions adressées aux caféiculteurs qui ne sont pas membres des coopératives après avoir constatés qu'il n'existait aucune coopérative des caféiculteurs dans le groupement de Lugendo, et que la société Virunga coffee présente dans le milieu n'était qu'un simple acheteur du café

Le questionnaire comprend dix question ouvertes et trois question fermées ; nous avons préférés un questionnaire à majorité avec des questions ouvertes pour permette aux enquêtés de s'exprimer librement plutôt que de leur proposer des réponses probables ainsi pour éviter une quelconque subjectivité. (16)

Nous avions collectés les données par un questionnaire sur papier, que nous avions encodé dans une base des données avec le Microsoft Excel, que nous avions ensuite importer à partir du logiciel statistique SPSS à fin de le analyser.

9. Difficultés rencontrées

Tout au long de nos recherche nous avons eu à faire face à divers contraintes parmi lesquels l'insuffisance des moyens financiers ce qui ne nous permettaient pas d'accéder à la connexion internet à temps voulu ; lors de notre séjour de terrain nous avions étés contraints de parcourir des très longues distances à pied sous un soleil accablant du mois d'Aout cela à défaut de moyen financier pour se payer le moyen de transport ; nous avions également eu du mal à se faire accepter par certains membres de la communauté sous prétexte d'être des ennuyeux qui passent d'année en années pour récolter des problèmes auxquels nous ne trouvons jamais solutions . La collecte des données à était une lourde tache étant donné que nous utilisions le questionnaire sur papier à défaut de ne pas avoir de l'énergie permanente dans le groupement de lugendo pour prétendre utiliser un quelconque outil mobile de collecte des données qui nous faciliterait la tâche.

Nous avions sollicités à maintes reprises des entretiens avec les responsables du service de production et protection des végétaux de l'inspection provinciale de l'agriculture hélas que nos efforts ont étés vains. Nous avions pris contact avec l'inspecteur agricole du territoire de Kabare qui nous à son tour donner rendez-vous pour un entretien mais sans aucune suite favorable.

Nous avions étaient victime d'un vol du téléphone portable ce qui nous a rendu la tâche difficile pour retrouver les images que nous avions prises lors de notre séjour de terrain. Malgré toutes ces difficultés nous avons essayé de trouver des mesures de contournement de différents obstacles à fin d'arriver au bout de notre recherche.

10. Délimitation spatio-temporelle

10.1. Etude physique

Dans l'espace, notre recherche concerne le groupement de Lugendo; l'un des quatorze groupements que compte la chefferie de Kabare dans le territoire qui porte le même nom, dans la province du Sud-Kivu à l'Est de la République Démocratique du Congo. Ce groupement est subdivisé en 5 villages dont : Lugendo centre (chef-lieu du groupement) ; Cishugi ; Kashimbi, Irambira- nord et Irambira- Sud. Il est limité :

- Au Nord par le groupement d'Ishungu

- Au Sud par le groupement de Bushumba

- A l'Est par le lac Kivu

- A l'Ouest par le lac Kivu et le groupement de luhihi

Il s'étend sur une superficie de 13km2 et se situe à une altitude moyenne de 1500 à 2430m avec une température moyenne annuelle de 19 ,1° C.

Le groupement de Lugendo jouit d'un climat tropical humide avec 2 saisons ; une saison pluvieuse qui va de septembre à mai et une saison sèche qui va de juin jusqu'en septembre.

Jadis, cela faisait respectivement 8à 9 mois de pluie et de 2 à 3 mois de saison sèche. Actuellement avec la perturbation climatique, on constante de plus en plus que la saison sèche débute désormais dans le mois de mai, jusque vers la fin du mois de septembre soit 5mois de saison sèche et 7mois de saison pluvieuse.

Tableau n°1 : Subdivision des villages et sous villages du groupement de Lugendo

VILLAGES

SOUS-VILLAGES

1

LUGENDO CENTRE

CIRUNGA, KAMALENDE, MULEHE, BUDERHE, BUNUMBU, BURHALANGE, MUDUSA

2

CISHUGI

CEGERA, BUSHANDWA, MULANGANE1, MULANGANE 2, MUHARHO1, MUHARHO 2

3

IRAMBIRA NORD

BUTAGOMWA, MUSHWIRA

4

IRAMBIRA SUD

KAZINZI, CIHARHA

5

KASHIMBI

BURHALE, KARHALE, BWERANVURA, KASHIMBI CENTRE

Tableau 1: Subdivision des villages et sous-villages du groupement de Lugendo 2024

10.2. Etude économique

L'agriculture constitue la principale activité économique de la population du groupement de Lugendo. Environ 90% de la population active pratique l'agriculture ; une agriculture qui reste encore celle de subsistances ; il peine encore à satisfaire aux besoins des plusieurs des ménages dépendante du secteur agricole au vu de la baisse de la production agricole. Les cultures pratiquées dans le groupement de Lugendo sont essentiellement les cultures vivrières ainsi que celles de rente ou des cultures pérennes. Les principales cultures vivrières pratiqués sont les haricots, le Soja, le sorgho, le maïs, la patate, l'arachide, l'igname ainsi que le taro. S'agissant des cultures pérennes  cultivées à Lugendo, nous pouvons citer : le café, la canne à sucre, le bananier, le quinquina, les arbres fruitiers (avocatier, manguier, goyavier).

Parmi les causes majeures de la baisse drastique de la production agricole dans cette contrée, nous pouvons noter la dégradation du sol, les pratiques culturales non adaptés, des outils rudimentaires, des semences agricoles vétustes, la non accès à la terre par certains paysans ainsi que les maladies des plantes sont autant des causes qui expliquerait la baisse de la production agricole dans le groupement de Lugendo.

10.3. Etude humaine

Tableau N°2 : Données démographiques du groupement de Lugendo

VILLAGE

HOMMES

FEMMES

TOTAL

LUGENDO CENTRE

4390

5832

10222

CISHUGI

1566

1530

3096

KASHIMBI

1807

2047

3854

IRAMBIRA NORD

1036

1249

2285

IRAMBIRA SUD

930

1055

1985

TOT.GEN

9729

11713

21442

Tableau 2: Données démographique du groupement de Lugendo

Source : Bureau de l'Etat-civil du groupement de Lugendo 2023

Commentaire : Il ressort de ce tableau que le village de Lugendo centre est celui ayant plus d'habitants soit 47% de toute la population du groupement de Lugendo ceci s'explique par le fait que c'est le village qui abrite tous les bureaux administratifs du groupement. ; viens en suite le village de Kashimbi qui regorge 17% de la population du groupement, suivi du village de Cishugi avec 14% de la population du groupement, suivi des villages de Irambira nord et sud qui regorgent respectivement 10 et 9% de la population du groupement de Lugendo.

11. Subdivision du travail

A Part la patrie introductive, la discussion des résultats du travail, les axes stratégiques ainsi que la conclusion ; ce travail comporte trois chapitre repartis répartis de la manière suivante :

Le premier chapitre porte sur les principaux défis auxquels sont confrontés les caféiculteurs du groupement de Lugendo ou nous présentons au premier point les résultats des enquêtes réalisées auprès des caféiculteurs et au deuxième point nous présenterons les résultats des entretiens que nous avons pu réaliser auprès des autres acteurs de la chaine des valeurs du café au Sud-Kivu.

Le deuxième chapitre va porter sur la discussion des résultats de notre recherche ;

Le troisième chapitre porte sur les stratégies à mettre en place pour apporter un encadrement adéquat aux petits exploitants du café.

CHAP I. LES PRINCIPAUX DEFIS AUX QUELS SONT CONFRONTES LES CAFEICLTEURS DU GROUPEMENT DE LUGENDO

Dans ce chapitre, nous allons présenter les différents défis auxquels sont confrontés les petits producteurs du café du groupement de Lugendo, ceci passe par la présentation des résultats des résultats des données collectées sur terrain aux près des caféiculteurs que nous allons présenter au premier point du présent chapitre, et au deuxième point nous présenterons les résultats des entretiens que nous avons réalisées aux certains autres acteurs des valeurs du café en province du Sud-Kivu.

I.1.PRESENTATION DES RESULTATS ISSUS DES CAFEICULTEURS

Ici , nous présentons les résultats de l'ensemble des réponses obtenus aux près des caféiculteurs enquêtés auxquels nous avons soumis douze questions ;mais, nous ne traiterons que de onze questions relatives aux principaux défis auxquels sont confrontés les caféiculteurs quant à la douzième question celle qui a trait aux propositions qu'ont donnés les caféiculteurs , elle sera traité aux troisième chapitre du présent travail relatif aux stratégies à mettre en place pour fournir un encadrement adéquat aux petits producteurs du Café.

Tableau n°3 : Répartition de l'échantillon selon le sexe

sexe

Effectifs

Pourcentage

 

F

26

26,0

M

74

74,0

Total

100

100,0

Tableau 3: Répartition de l'échantillon selon le Sexe

Source : Résultats des données recueillies sur terrain auprès de caféiculteurs

Commentaire : Il ressort de ce tableau que la majorité des caféiculteurs enquêtés sont des hommes soit 74% contre 26% des femmes .Ceci s'expliquerait par le fait que dans la culture de Bashi c'est l'homme qui est le propriétaire des champs des caféiers les quelques femmes rencontrées étaient soit veuves ; ou de mariées auprès de qui nous nous sommes renseignés en l'absence du mari chef de ménage.

Tableau n°4 : Répartition de l'échantillon selon l'âge.

Tranche d'âge

Effectifs

Pourcentage

 

18-25 ans

2

2,0

25-35 ans

10

10,0

35-45 ans

20

20,0

45-55 ans

25

25,0

55-65 ans

20

20,0

65 ans et plus

23

23,0

Total

100

100,0

Tableau 4: Répartition de l'échantillon selon l'âge

Commentaire : Il ressort de ce tableau que la plupart des caféiculteurs enquêtés ont l'âge variant entre 45 et 55ans soit 25% contre 23% ayant l'âge variant entre 65ans et plus ; 20% des caféiculteurs ayant l'âge variant 55 et 65 ans ; contre 20% avec l'âge variant entre 35et 45ans ; pendant que 10% des caféiculteurs ont l'âge variant entre 25 et 35ans contre 2% des enquêtés ayant l'âge variant entre 18-25ans.

Ceci s'expliquerait par le fait que c'est le chef du ménage qui est propriétaire des exploitations de café.

Tableau n°5 : Répartition de l'échantillon selon l'Etat civil

Etat-civil

Effectifs

Pourcentage

 

célibataire

4

4,0

Marié

85

85,0

Veuf (ve)

11

11,0

Total

100

100,0

Tableau 5: Répartition de l'échantillon selon l'Etat-civil

Commentaire : Il ressort du tableau ci-haut que 85% des caféiculteurs enquêtés sont de marié(es) ; contre 11% des veuf (ves) et que 4% des célibataires sur un total de 100 caféiculteurs enquêtés. Ceci s'explique par le fait c'est sont les maris chef de ménage, ou généralement les parents responsables qui sont les propriétaires des champs des caféiers ; à l'exception de quelques jeunes gens célibataire qui pratique la caféiculture soit parce qu'ils ont hérités des leurs parents des exploitations ; ou soit pour d'autres raisons.

Figure n° 1 : Combien des caféiers disposez-vous dans votre exploitation ?

Figure 1: Nombre des caféiers par caféiculteurs

Commentaire : Il ressort de ce graphique que sur 100 caféiculteurs que nous avions pu enquêter, la majorité dispose de 100 pieds des caféiers dans leurs exploitations soit 10% ; suivi de ceux disposant de 300 pieds de caféiers, qui représentent 9% , suivi de ceux disposant de 50 et 150 pieds des caféiers représentant 8% ; viens les caféiculteurs disposant de 70 pieds des caféiers dans leurs champs soit 7% 

Ceux disposant de 250 et 500 pieds représentent 6% ; ceux disposant entre 20 ;40 ;90 ;180 ; 380 ;400 ;2000 ; 30 ;1000 et 1200 pieds des caféiers représentent 3% ; pendant que ceux qui disposent entre 20 ;40 ;90 ;180 ;380 ;400 ;2000 ; 30 ;1000 et 1200 pieds des caféiers ne représentent que 2%.

Figure 2 : A quand date la plantation de vos caféiers ?

Figure 2: Date de plantation des caféiers

Commentaire : Il ressort de ce graphique que la majorité des caféiculteurs que nous avons rencontrés indiquent que la plantation de leurs caféiers remonte de l'an 2000 et représentent 16% de notre échantillon, ceux dont leurs caféiers date de 2020 représentent 7% ; suivi de ceux dont les caféiers datent de 1998 ; 2006 et 2010 représentent 6% pendant que ceux dont les caféiers remontent de 2005 représentent 5% de notre échantillon ;ceux ayant plantés leurs caféiers dans les années 2004 ;2014 ;2019 représentent 4% ;viens ensuite ceux dont les caféiers remontent des années 2008 ;2011 ;2013 ;2015 ; représentent 3% ; ceux dont la plantation date des années 2009 ;2012 ;2016 ;2017 ;2018 ;2021 représentent 2% en fin ; ceux dont les caféiers remontent des années 2001 ;2002 ;2003 ;2002 ne représentent que 1%

Le constant est tel que la plupart des caféiculteurs disposent des caféiers qui datent de plus des 20 ans ; cette vétusté des caféiers est la base de la faible production.

Figure n° 3. : Quelle quantité de café en kg produisez-vous par saison ?

Figure 3: Production du café en kg par campagne caféière

Commentaire : Il ressort de ce graphique que la majorité des caféiculteurs enquêtés produisent 100kg de café soit 21% de notre échantillon ;16% des caféiculteurs rencontrés produisent 200kg de café ;13% indiquent qu'ils produisent 50kg de café ;10% indiquent qu'ils produisent 150kg ; 6% produisent 300kg de café ; 4% produisent 1000kg de café ; 3% produisent entre 60 ;80 et 500kg de café ; 2% produisent entre 400 ;280 et 40kg ;pendant que 1% des caféiculteurs produisent entre 9 ;18 ;20 ;35 ;70 ;90 ;170 ;190 ;700 ;750 ;900 ;2000 ;2500et 5000kg de café.

Nous constatons que seul 3% des caféiculteurs pourraient atteindre une demi tonne de café par saison et que seul 1% des caféiculteurs pourraient atteindre une tonne et plus.la plupart des caféiculteurs n'atteignent que 100 ; 200 et ou 300 kg de café par Campagne ; ce qui explique un faible rendement du café dans le groupement de lugendo.

Tableau n° 6: A qui vendez-vous votre café ?

Acheteurs

Effectifs

Pourcentage

1

Négociant ambulants

57

57 ,1

3

Négociants locaux

4

4,0

4

Virunga coffee

39

39,4

 

Total

99

100,0

Tableau 6: Acheteur du café

Commentaire : Il ressort de ce tableau que la plupart des caféiculteurs que nous avons enquêtés vendent leurs café aux négociants ambulants qui passent de porte à porte pour acheter du café et représentent 57% de nos enquêtés ; contre 39% qui vendent leurs production à la société Virunga coffee présente dans le milieu et qui s'occupe de l'achat et du lavage du café ;4% des caféiculteurs enquêtés ont également indiqués qu'ils vendent leurs café à d'autres négociants locaux bien connu dans le milieu . Le constat est que Virunga coffee ainsi que les négociants ambulants sont les principaux acheteurs.

Tableau n°7 : Sous quelle forme vendez-vous votre café ?

Qualité de café

Effectifs

Pourcentage

 

Cérises

64

64,7

café parche normal

34

34,3

Total

99

100,0

Tableau 7: Qualité du café vendu

Commentaire : Il ressort de ce tableau que la majorité de caféiculteurs du groupement de Lugendo vendent leurs cafés en cérises et représentent 64% de l'effectif total contre 39% des caféiculteurs qui vendent du café parche. Ceci est relatif au fait que le café en cérises exige moins de travail par le fait qu'il peut être cueillie et être vendu le même jour, contrairement au café parche qui exige d'être déparcher et sécher avant d'être vendu ; ce qui fait que bon nombre des caféiculteurs préfèrent vendre en cérises étant donné la précarité de la vie, mais également le manque de dépulcheurs pour certains.

Tableau n°8 : A combien avez-vous vendu le kilo de café cette saison ?

Prix par Kg en FC

Effectifs

Pourcentage

1

500

1

1,0

2

1000

53

54,5

3

1100

7

7,1

4

1200

3

3,0

5

4000

1

1,0

6

5000

16

16,2

7

6000

7

7,1

8

6500

9

9,1

9

7000

1

1,0

10

7500

1

1,0

Total

Total

99

100,0

Tableau 8: Prix du café par Kg

Commentaire : Il est issu de ce tableau que la majorité des caféiculteurs du groupement de Lugendo ont vendu à 1000 franc congolais le kilo du café cérises la campagne caféière écoulée et représentent 54% de l'effectif total ;viens ensuite les caféiculteurs ayant vendu à 5000Fc la mesure de café  cérises soit 16% de l'effectif total ; suivi de ceux ayant vendu à 6500fc la mesure du café parche soit 9% de l'effectif total  ; ceux ayant vendu à 6000fc la mesure du café parche et 1100 FC le kilo de café cérises représentent 7% de l'effectif total ; ceux ayant vendu à 1200 FC le kilo de café cérises représentent 3% ; pendant que ceux ayant vendu à  4000 ;7000 ;et 7500 FC la mesure du café parche ne représentent que 1% .

Le constat fait sur terrain est tel que ; généralement le café vendu en kilogramme s'agit du café en cérises ; et ceux qui vendent du café parche se servent des mesures conventionnelles à partir des assiettes en aluminium dont une mesure pèse 1,5kg selon les expérimentations que nous avions faites lors de notre séjour de terrain.

Figure n°4 : Quel est le revenu que vous rapporte cette production en FC ?

Figure 4: Revenu total par campagne en FC

Commentaire : Il ressort de ce graphique que le café rapporte un revenu de 100.000FC pour la majorité des caféiculteurs du groupement de Lugendo soit 16% de notre effectif ;suivi de caféiculteurs qui ont un revenu de plus de 500 .000FC soit 8% de l'effectif total ;viens ensuite les caféiculteurs qui réalisent un revenu de 200.000FC soit 7% ; ceux ayant un revenu de 50.000FC représentent 6% ; ceux qui réalisent les revenus de 150.000 et 300.000 FC représentent 4% ; ceux qui réalisent un revenu de 333.000 représentent 3% ; les caféiculteurs réalisant les revenus de 21 .000 ;

40 .000 ;555 .000 ;60 .000 ;250 .000 ;280 .000 ;665 .000 ;80 .000  et 1.000.000FC représentent 2% ;les caféiculteurs réalisant les revenu compris entre 18.000 ;35.000 ;42.000 ;66.000 ;80.000 ;96.000 ;160.000 ;170.000 ;190.000 ;220.000 ;266.000 ;330.000 ;336.000 ;390 .000 ;429.000 ;432.000 ;433.000 ;480.000 ;666.000 ;700.000 ;750.0000 ;825.000 ;866.000 ;900.000 jusqu'à 2 .500 .000FC ne représentent que 1% de notre effectif.

Notre constant est que la majorité des caféiculteurs du groupement de lugendo ont difficile à réaliser un revenu équivalent en franc congolais de 100$ la saison, soit 295.000 FC au taux de change actuel de 2950FC l'équivalent de 1$.

Tableau n°9 : Comment affectez-vous ce revenu ?

Affectation du revenu

Effectifs

Pourcentage

1

Alimentation

23

23,2

2

Scolarisation

21

21,3

3

 Soins médicaux

16

16,25

4

Achat bétail

18

18,35

5

Achat matériel de pêche

9

9,25

6

Mains d'oeuvre agricole

3

10,25

7

Amélioration de l'habitat

10

1,0

TOTAL

100

100

Tableau 9: Affectation du revenu

Commentaire : Il ressort de ce tableau que, la majorité des caféiculteurs du groupement de Lugendo affecte uniquement à l'alimentation de leurs ménages le revenu qu'ils obtiennent du café soit 23% de notre effectif total ; contre 21% des caféiculteurs qui affectent le revenu tiré du café à l'alimentation mais également à la scolarisation de leurs enfants  ; d'autres caféiculteurs affectent leurs revenu à l'alimentation mais également à l'achat du bétail et représentent 18% de notre échantillon ; 10% des caféiculteurs enquêtés affectent leurs revenu à l'amélioration de leurs logement ; 9% des caféiculteurs enquêtés affectent leurs revenu à l'achat des matériaux de pêche ;et seul 3% des caféiculteurs affectent leurs revenu à la main d'oeuvre pour l'agriculture .

Le constat est tel que, le revenu tiré de la caféiculture n'aide les caféiculture qu'à trouver de quoi nourrir leurs ménages à priori ; avant de penser à acheter du bétail, du matériel de pêche ; de la scolarité ou encore de soins médicaux ; de la main d'oeuvre agricole ou de l'amélioration de leurs logements.

Tableau n° 10: Ce revenu couvre-t-il les dépenses de votre ménage ? Si oui ; comment pouvez-vous le résumer ?

Satisfaction

Effectifs

Pourcentage

1

Satisfaisant

0

00,0

2

Non satisfaisant

99

100,0

Tableau 10: Satisfaction des besoins par le revenu

Commentaire : Ce tableau indique que 100% des caféiculteurs du groupement de Lugendo ne parviennent jamais à couvrir les dépenses de leurs ménages grâce aux revenus tirés de la caféiculture. Notre constat est que ; la caféiculture peine encore à satisfaire aux multiples dépenses des ménages de caféiculteurs à cause des revenus insuffisants.

Tableau n°11 : Quels sont les pratiques que vous utilisez couramment dans la culture de vos caféiers ?

Pépinière et ou achat des plantules à la pépinière

Pratique

Effectifs

Pourcentage

1

Oui

38

38,4

2

Non

61

61,6

 

Total

99

100,0

Tableau 11: Pratique culturales couramment employées par les caféiculteurs

Il ressort de ce tableau que 61% des caféiculteurs du groupement de Lugendo ne procèdent pas à l'établissement d'une pépinière lorsqu'ils veulent planter le caféier ; contre 38% des caféiculteurs qui établissent des pépinières et ou achètent des plantules à un pépiniériste du milieu lorsqu'ils veulent planter les caféiers.

Paillage

Pratiques

Effectifs

Pourcentage

1

 

OUI

52

52,5

2

 

NON

47

47,5

 
 

Total

99

100,0

Il ressort de ce tableau que 52% des caféiculteurs du groupement de Lugendo pratiquent le paillage dans leurs champs des caféiers contre 47% qui ont indiqués qu'ils ne pratiquaient pas cette technique. Notre constat est que la majorité des caféiculteurs maitrisent la pratique du paillage et sont conscient de l'avantage que leur offre celle-ci, notamment celui de conserver l'humidité du sol qui est indispensable à la culture du caféier.

Taillage

Pratiques

Effectifs

Pourcentage

1

OUI

40

40,4

2

NON

58

58,6

Total

 

99

100,0

Il ressort de ce tableau que 58% des caféiculteurs du groupement de Lugendo ne procèdent pas au taillage de leurs caféiers ; contre 40% de notre effectif total qui en pratique. Le constant est que même ceux qui en pratique le font difficilement ou abusivement à défaut d'outils appropriés, pourtant la taille étant un élément très important pour la fructification du caféier ainsi que pour son rajeunissement.

Tableau n°12 : Connaissez-vous des structures ou des coopératives qui encadrent les caféiculteurs dans le groupement de Lugendo ?

Existence des coopératives

Effectifs

Pourcentage

Pourcentage valide

Pourcentage cumulé

 

Non

99

100,0

100,0

100,0

Tableau 12: Existence d'une des coopératives et ou structure d'encadrement

Il ressort de ce tableau que tous les caféiculteurs du groupement de Lugendo ne reconnaissent aucune coopérative des caféiculteurs présent dans le milieu. Le constant est tel que l'encadrement de ces derniers est quasi nul.

Tableau n°13 : Entant que caféiculteurs, quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans votre travail ?

Maladies des caféiers

Difficulté

Effectifs

Pourcentage

1

OUI

75

75 ,8

2

NON

24

24,2

 

Total

99

100,0

Tableau 13: Principaux difficultés rencontrées par les caféiculteurs

Ce tableau indique que la plupart des caféiculteurs du groupement de Lugendo sont confrontés au problème des maladies de caféiers soit 75% de notre effectif total contre seulement 24% des caféiculteurs qui ne connaissent pas les maladies des caféiers.

Insuffisance d'outil pour l'entretien et la récolte des caféiers

Difficulté

Effectifs

Pourcentage

 

1

OUI

70

70,7

 

2

NON

28

28,3

Total

 

99

100,0

Ce tableau démontre que 70% des caféiculteurs du groupement de lugendo sont confrontés à l'insuffisance d'outils nécessaires pour l'entretien des caféiers contre 28% de notre effectif total qui ne connait pas cette difficulté.

Difficulté d'accès au crédit

Difficulté

Effectifs

Pourcentage

1

 

OUI

57

57,6

2

 

NON

41

41,4

Total

 

99

100,0

Il ressort de ce tableau que 57% contre 41% des caféiculteurs du groupement de Lugendo éprouvent des difficultés d'accéder à un crédit. Cette situation s'explique par le fait que les caféiculteurs ne sont pas organiser en des groupements d'intérêt commun qui pourraient leur permettre cela ; tel que nous le verrons au deuxième chapitre ou nous discuterons de ces résultats.

Faible prix du café

Difficulté

Effectifs

Pourcentage

1

 

OUI

78

78,8

2

 

NON

20

20,2

 
 

Total

99

100,0

Il ressort de ce tableau que 78% des caféiculteurs du groupement de Lugendo sont confrontés au problème de faible prix auquel le café est acheté sur le marché local ; contre seulement 20% des caféiculteurs n'ayant pas évoqué ce problème.

Tableau n° 14 : Que proposeriez-vous à fin de trouver des solutions durables à ce problème ?

Organisation des caféiculteurs en coopératives

Réponses

Effectifs

Pourcentage

1

 

OUI

55

55,6

2

 

NON

44

44,4

 
 

Total

99

100,0

Tableau 14: Proposition issues des caféiculteurs

Faciliter aux caféiculteurs l'accès au crédit

Réponses

Effectifs

Pourcentage

1

OUI

77

77,8

2

NON

21

21,2

 

Total

99

100,0

Fourniture des produits phyto sanitaires

Réponses

Effectifs

Pourcentage

1

OUI

69

69,7

2

NON

29

29,3

 

Total

99

100,0

Fournitures d'outils nécessaires pour l'entretien

Réponses

Effectifs

Pourcentage

1

OUI

67

67,7

2

NON

30

30,3

 

Total

99

100,0

Accès à un marché rémunérateur

Réponses

Effectifs

Pourcentage

1

 

OUI

81

81,8

2

 

NON

18

18,2

 
 

Total

99

100,0

Commentaire : Ces quatre tableaux ci-haut ; reprennent les différentes propositions que les caféiculteurs du groupement de Lugendo ont donné ; la plupart souhaite voir les caféiculteurs être organisés en coopératives ce qui leur faciliterait l'accès au crédit mais également l'achat de leurs produits à un prix rémunérateur ; d'autres ont proposés la fourniture des outils nécessaires pour l'entretien de leurs caféiers mais également la fourniture en produits phytosanitaires pour faire face aux problèmes des maladies des caféiers.

I.2. PRESENTATION DES RESULTATS ISSUS DES CERTAINS AUTRES ACTEURS DE LA CHAINE DES VALEURS DU CAFE EN PROVINCE

DU SUD-KIVU

Après avoir présenté les résultats de nos enquêtes réalisées aux près des caféiculteurs au premier point de ce chapitre; nous présentons à ce point les résultats des entretiens que nous avions pu réaliser au près des certains autres acteurs de la chaine des valeurs du café qui ont des responsabilités dans l'encadrement des caféiculteurs notamment l'ONAPAC, l'inspection provinciale de l'agriculture ainsi que l'institut nationale pour l'étude et la recherche agronomique à fin de comprendre à fonds la question liée aux défis auxquels sont confrontés les caféiculteurs du groupement de Lugendo en territoire de Kabare.

A l'Office Nationale des Produits Agricoles du Congo ONAPAC ou nous avions eu des entretiens préliminaires avec certains agents commis dans différents services au mois de janvier 2023 lors de notre stage professionnel au sein de ladite institution ; il a fallu attendre au mois de septembre pour y revenir dans le soucis de comprendre la manière dont cette institution publique agricole agit dans l'encadrement des caféiculteurs qui est l'une de ses attributions ; après avoir été au près des caféiculteurs du groupement de Lugendo aux près de quels nous avons palpés la réalité de leur vécu.

Voulant savoir quelles sont les politiques et ou mesures qui existeraient au sein de l'ONAPAC secteur de Bukavu ; par rapport à l'encadrement des caféiculteurs ; l'Ir chef de services agronomiques ad intérim nous a fait savoir que l'ONAPAC ; disposerait d'une brigade composée d'un chef de brigade à sa tête, d'un agronome superviseur, d'un agronome vulgarisateur, ainsi que des moniteurs agricoles dans chaque territoire de la province du Sud-Kivu ou le café est produit.

Cette brigade a pour mission d'encadrer les caféiculteurs en leurs fournissant des intrants ; des outils aratoires mais également en leur formant sur les bonnes techniques culturales du caféier ajoute le chef de services agronomiques a .i ; avant de préciser que leurs brigades ne travaillent qu'avec des coopératives des caféiculteurs et que seul le caféiculteur membres d'une coopérative ne peut bénéficiers de cet accompagnement. Il souligne également que les intrants et outils qu'ils octroient sont souvent les dons des certains partenaires tel que sustainable avec qui l'ONAPAC travaille.

Quant à la question de savoir pourquoi est-ce qu'il y a persistances des différentes contraintes chez les caféiculteurs malgré la présence de cette série des mesures d'encadrement des caféiculteurs ; notre source a indiquer: « « Les paysans font toujours les contraires..... Ils associent les caféiers avec des cultures compétitives en nutriments ainsi que celles attracteuses des maladies pourtant nuisibles aux caféiers... » »

Pourtant ; la présence des brigades d'encadrement de l'ONAPAC dans les territoires ne semble pas produire des résultats palpables au vues des multiples difficultés auxquelles sont confrontés les caféiculteurs ; le cas échéant est celui des petits producteurs du groupement de Lugendo ou les actions menées par l'ONAPAC en ce sens  sont quasi méconnues par plus d'un caféiculteur de cette partie du territoire de Kabare. La présence des brigades d'encadrement n'étant qu'une affaire des certains partenaires qui accompagnent les coopératives dans certains coins dans les territoires  à travers l'ONAPAC qui leur achètent également du café ;il est loin de répondre aux multiples difficultés des caféiculteurs du fait que les brigades ne couvrent pas l'ensemble des groupements ou est produit le café dans plusieurs territoires ;mais également ces différentes brigade n'agissent que s'il y a accompagnement d'un partenaire extérieure selon le constat que nous avons fait sur terrain.

Réagissant à la question de savoir quelles seraient des solutions envisageables au regard des défis d'encadrement des petits producteurs du café ; le chef de service a.i de l'ONAPAC/BKV n'est pas resté pessimiste ,en reconnaissant l'insuffisance des moyens au sein de l'office ; proposant ainsi de disposer à l'office nationale des produits agricoles du Congo les ressources humaines et financières nécessaires pour assurer son rôle aux près des caféiculteurs des territoires de la province du Sud-Kivu à fin d'améliorer leurs conditions de vie.

S'adressant aux responsables de la filière café de l'INERA au centre de recherche de Mulungu Situé dans le territoire de Kabare ; voulant savoir quelles sont les mesures qui existent au niveau du centre par rapport à la question liée à la culture du café, au regard des difficultés auxquelles sont confrontés les paysans caféiculteurs ; nous avons eu pas mal des renseignements par rapport au travail réalisé par les chercheurs du centre quand à ce.

Les activités de recherche que le centre organise dans sa filière café, sont pour la plupart des activités qui visent à produire des fiches techniques pour chaque variété de caféier, des fiches qui décrivent l'apparence, la nature, les caractéristiques agronomiques pour chaque variétés dans le but de fournir de la semence ; a fait savoir, la chercheuse au sein du programme café au centre de recherche de l'INERA/Mulungu avec qui nous nous sommes entretenu.

Elle a rajouté que, les variétés hybrides développées au niveau du centre, sont dérivés des deux variétés des caféiers le plus courantes notamment les variétés arabica et celle robusta. Ces nouvelles variétés sont de plus en plus résistantes aux maladies et plus productives en l'occurrence de la variété BM 71 qui produirait jusque à 7kg de café par pieds des caféiers renchérit-elle.

Développer dans le programme recherche et développement de l'INERA, ces nouvelles variétés pourtant plus résistantes et productives restent quasi inaccessibles aux petits producteurs parce qu'ils ne sont pas suffisamment informés estime-t-elle : « « Nous disposons de plus de cinquante variétés hybrides ; que nous vendons à ceux qui le désirent, mais pour la plupart, sont des grands producteurs qui passent souvent la commande » » 

Néanmoins ; le centre aurait établi des champs expérimentaux dans certains villages à Kavumu ainsi qu'à Katana dans le territoire de Kabare dans le souci de vulgariser les nouvelles variétés au près des caféiculteurs à en croire notre source.

Malgré toutes ces mesures, le constat fait sur terrain est tel que les caféiculteurs qui disposeraient de ces nouvelles variétés sont tel qu'une goutte d'eau dans l'océan ; la plupart d'entre eux disposent toujours des caféiers dont la semence date de plus d'une décennie.

En ce qui concerne la persistance des maladies du caféier qui guettent la majorité des champs des caféiers que nous avons pu visiter dans le groupement de Lugendo en particulier et dans tout le territoire de Kabare en général ou nous avons eu également visité des exploitations des caféiers à Mulungu ainsi qu'à Kavumu ;les variétés hybrides développées au niveau du centre sont une alternative pour atténuer les problèmes des maladies des caféiers ; car ces dernières sont plus résistantes aux maladies dont les plus dans le territoire de Kabare sont : la rouille des caféiers ,l'anthracnose des baies ainsi que les nématodes.

Pour d'autres ravageurs tels que les insectes le centre de recherche de l'INERA/Mulungu recommande aux caféiculteurs la solution du mancozeb pour lutter contre les maladies ainsi que du thiodan pour lutter contre les insectes, c'est sont le deux produits phytosanitaires que les chercheurs du centre emploient très souvent.

Parmi les variétés des caféiers améliorés que l'on retrouve actuellement à l'INER/Mulungu, nous pouvons citer : BM 71 ; SL 28 ; MULUNGU ; KABARE 16 ; GEISHA ; CATIMAR ; BATIAN ; RUIRU II ; et c ...

En analysant le rôle de ces différents acteurs de la chaine des valeurs du café cité ci-haut, nous appuyons notre réflexion à celui du révérend père Georges DEFOUR, dans son ouvrage « « Le développement rural en Afrique central » » dans lequel il insiste sur le rôle des acteurs dans la dynamique du changement.

Les acteurs, dans le développement, sont les personnes qui prennent une part déterminante à son action, soit comme acteurs de base (au niveau local), soit comme dotés d'un statut plus général (au niveau régional, national, international) : Quant à leurs rôles, il comporte surtout deux volets complémentaires : action et formation.

Par exemple pour la formation, donner la priorité aux acteurs (l'homme est le pivot du développement) sur les facteurs (qui n'en sont que des éléments matériels)...

Organiser des contacts réguliers et une formation continue, suivant pas à pas les intérêts et les besoins, visant une réelle compétence et une perception objective de chaque situation (17)

CONCLUSION PARTIELLE

Ce chapitre à porter sur la présentation des différents résultats de notre recherche, ou nous avons présentés au premier point les résultats issus des enquêtes réalisées auprès des caféiculteurs du groupement de Lugendo ou nous avons analysés chacune des réponses reçues pour les treize questions que nous leur avons adressés , ce qui nous a permis d'atteindre notre premier objectif opérationnel que nous nous sommes fixé celui d'identifier les principaux défis auxquels sont confrontés les caféiculteurs du groupement de Lugendo entre autre les maladies des caféiers, le faible prix du café sur le marché local, l'insuffisance d'outil nécessaires pour l'entretien des caféiers, la difficulté pour les caféiculteurs d'accéder au crédit ainsi que le manque des produits phytosanitaires pour lutter contre les maladies.

Au deuxième point de ce chapitre, nous avons présentés les résultats des entretiens que nous avons réalisées aux près des autre acteurs de la chaine des valeurs du café en province ; ce qui nous a permis de comprendre que ces derniers ne parviennent pas à jouer correctement leurs rôles auprès de caféiculteurs à causes de l'insuffisance des ressources financières, matérielles et humaines, mais aussi ,l'influence des décisions politiques qui pensent sur certains d'entre eux en l'occurrence de l'ONAPAC . Ces résultats nous permettent de vérifier les deux premières hypothèses que nous avions émues pour cette étude.

CHAP II. DISCUSSIONS DES RESULTATS DE RECHERCHE

Alors que le premier chapitre présente les données empiriques qui élucident les principaux

Défis auxquels sont confrontés les petits producteurs du café dans le groupement de Lugendo ;mais également le rôle que joue les autres acteurs de la chaine des valeurs du café au Sud-Kivu dans l'encadrement des caféiculteurs , ce chapitre présente la discussion de nos résultats de recherche ,en le comparant avec d'autres recherches , soit pour le soutenir, ou pour le contredire.

II .1. LES PRINCIPAUX DEFIS AUX QUELLES SONT CONFRONTES LES CAFEICULTEURS DU GROUPEMENT DE LUENDO

II.1.1. Nombres des pieds des caféiers dont dispose chaque caféiculteurs

Les résultats de nos enquêtes de terrain ont relevés à la figure n° 1 que, la majorité des caféiculteurs du groupement de Lugendo dispose de 100 pieds des caféiers dans leurs exploitations soit 10% de notre effectif total, viens ensuite ceux disposant de 300 pieds de caféiers, soit 9% , suivi de ceux disposant entre 50 et 150 pieds des caféiers représentant 8% ; viennent les caféiculteurs disposant de 70 pieds des caféiers soit 7% ; ceux disposant de 250 et 500 pieds de caféiers représentent 6% ; ceux disposant entre 130 et 200 pieds des caféiers représentent 5% ; ceux qui disposent entre 380 jusqu'à 1500 pieds ne présentent que 4%

Ceci s'expliquerait par le fait que bon nombre des petits producteurs ne dispose pas des grandes superficie de terre , c'est d'ailleurs la raison pour laquelle nous avions préférés de le questionner en demandant les nombres des pieds des caféiers qu'ils disposeraient dans leurs exploitation , plutôt que de le leur demandé en terme de superficie exploitée, considérant que très rare sont ceux qui disposeraient des champs ou seuls les caféiers y sont plantés ; la plupart , pratiquent la caféiculture en association avec d'autres cultures vivrières tel que le haricot, le soja , le mais etc. ...

II.1.2. Année de plantation des caféiers

Nos enquêtes de terrain ont relevées à la figure n° 2 que, la majorité des caféiculteurs que nous avons rencontrés indiquent que la plantation de leurs caféiers remonte aux années 1998, 2000, 2002, 2003, 2004, 2005, 2006, 2009 jusqu'en 2010 représentent 31% de notre échantillon, ceux dont leurs caféiers remontent aux années 2011 ,2012 ,2013 ,2014 ,2015 jusqu'en 2022 représentent 14% 

Ceci s'explique par le fait que, la plupart des paysans caféiculteurs du groupement de Lugendo, sont restés depuis plus d'une décennie avec les mêmes variétés des caféiers, certains d'entre eux les ayant de leurs parents, d'autres non, ces derniers voient leur rendement diminuer de campagne en campagne à cause de la vétusté des caféiers.

II.1.3. Quantité de café produite par campagne

Les résultats de nos enquêtés ont démontrés à la figure n° 3 que, la majorité des caféiculteurs enquêtés produisent 100kg de café par campagne soit 21% de notre échantillon ;16% des caféiculteurs rencontrés produisent 200kg de café ;13% indiquent qu'ils produisent 50kg de café ;10% indiquent qu'ils produisent 150kg ; 6% produisent 300kg de café ; 4% produisent 1000kg de café ; 3% produisent entre 60 ;80 et 500kg de café ; 2% produisent entre ; 40 ,280, et 400 kg   ;pendant que 1% des caféiculteurs produisent entre 9 ;18 ;20 ;35 ;70 ;90 ;170 ;190 ;700 ;750 ;900 ;2000 ;2500et 5000kg de café par campagne.

Cette faible production constatée chez la plupart des caféiculteurs de lugendo, est la conséquence de la vétusté des caféiers que nous évoquons au précèdent point, il est également causé par les maladies qui attaquent les caféiers que nous évoquerons dans le point suivant de cette discussion, mais également elle serait due aux mauvaises techniques agricoles de la part des caféiculteurs qui favoriseraient la propagation des maladies comme nous aurons à le voir également dans les points qui suivront.

En comparant les nombres des pieds des caféiers dont dispose différents caféiculteurs par rapport à la production que réalisent ces derniers, tel que repris à la figure n° 2, l'on constate que plusieurs d'entre eux disposent de 100 pieds , mais ne réalisent que 100kg de café cérises par campagne ce qui explique une faible productivité .

II.1.4. Les acheteurs du café.

Nos investigations de terrain relèvent au tableau n° 6 que, la plupart des caféiculteurs que nous avons enquêtés vendent leurs café aux négociants ambulants ce qui représentent 57% de nos enquêtés ; contre 39% qui vendent leur production à la société Virunga coffee présente dans le milieu ; 4% des caféiculteurs enquêtés ont également indiqués qu'ils vendent leur café à d'autres négociants locaux bien connu dans le milieu 

Cette situation s'explique par le fait, les négociants ambulants qui viendraient du Rwanda voisin, achètent du café au près des caféiculteurs du groupement de Lugendo en leur proposant un prix supérieur à celui du prix local, ce qui contraints la plupart des caféiculteurs à leur vendre du café ; car ces derniers, donneraient également du crédit à leurs clients ce qui n'est pas de coutume pour les acheteurs locaux à en croire certains de nos enquêtés qui c'est sont confiés à nous. Cette situation fait perdre des recettes à la province car même certains commerçants locaux qui achètent du café le revendraient à leurs clients rwandais faisant d'eux des intermédiaires selon les informations recueillis auprès des certaines sources pour lesquelles nous préférons garder l'anonymat.

II.1.5. Forme du café vendu

Nos enquêtes de terrain ont relevées au tableau n° 7 que, la majorité de caféiculteurs du groupement de Lugendo vendent leurs cafés en cérises et représentent 64% de l'effectif total contre 39% des caféiculteurs qui vendent du café parche.

Ce s'expliquerait par le fait la plupart des caféiculteurs par manques de mains d'oeuvre, de temps, ou par manque d'une dépulcheuse, préfèrent vendre leurs productions en cérises dans le but de réduire les dépenses liées cela. Pourtant, les pulpes du café constituent une bonne matière organique nécessaire pour la fertilisation du sol.

Le prix varie en fonction de la qualité ce qui fait que, ceux qui prennent soin de déparcher leur café profitent de résidus de pulpes avec le quelles ils font le compost, mais également d'un prix différent, car le prix d'achat est fonction de la qualité du café tel que nous le verrons au point suivant. Ces résultats sont soutenus par MAISHA CIRIMWAMI dans son mémoire intitulé « Analyse de l'impact socio-économique de la culture du café sur le revenu des caféiculteurs dans le territoire de Kabare le cas du groupement de Lugendo » » dans lequel l'auteur démontrent que la majorité des caféiculteurs de Lugendo vendent leurs cafés en cérises.(18)

II.1.6. Prix d'un kilogramme de café en FC

Les résultats que nous avions obtenus du terrain relèvent, tel que repris au tableau n° 8 que ; la majorité des caféiculteurs du groupement de Lugendo ont vendu à 1000 franc congolais le kilo de café cérises au cours de la campagne caféière écoulée ce qui représente 54% de l'effectif total ;viens ensuite les caféiculteurs ayant vendu à 5000Fc la mesure du café parche soit 16% de l'effectif total ; suivi de ceux ayant vendu à 6500fc la mesure du café parche soit 9% de l'effectif total  ; ceux ayant vendu à 6000fc la mesure du café parche représentent 7% de l'effectif total ; ceux ayant vendu à 110 et 1200 FC le kilo de café cérises représentent 3% ; pendant que ceux ayant vendus à 7500 FC la mesure du café parche ne représentent que 1% .

Ces résultats sont relatifs au fait que, la plupart des caféiculteurs ont vendu leurs cafés en cérises auprès de la société Virunga coffee qui en achète un kilogramme à 100fc, d'autres ayant vendu du café parche sec ont vendu à 5000 ; 6000 ; 7000 ; voir 7500 FC la mesure du café parche estimer à 1,5 kg. Cette variation de prix dépendait d'un acheteur à un autre, mais également de la période de la récolte pendant laquelle on a vendu son café car, les caféiculteurs ayant vendu vers la fin de la campagne vers le mois de mai pendant que le café devenait de plus en plus rare, ont vu vendre leurs productions entre 6500 et 7500 FC la mesure du café parche. A cet effet, l'on peut constater une forte disparité des prix due au fait que les caféiculteurs n'étant pas organisés en coopérative ou ils pourraient vendre leurs production à un même, cela laisse la place à plusieurs intermédiaires dont chacun a tendance à proposer le prix en fonction de ses intérêts.

II.1.7. Revenu total généré en Francs congolais

Nos enquêtes de terrain démontrent à la figure n°4 que le café rapporte un revenu de 100.000FC pour la majorité des caféiculteurs du groupement de Lugendo soit 16% de notre effectif ;suivi de caféiculteurs qui réalisent un revenu de plus de 500 .000FC soit 8% de l'effectif total ;viens ensuite les caféiculteurs qui réalisent un revenu de 200.000FC soit 7% ; ceux ayant un revenu de 50.000FC représentent 6% ; ceux qui réalisent les revenus compris entre 150.000 et 300.000 FC représentent 4% ; ceux qui réalisent un revenu de 333.000 représentent 3% ; les caféiculteurs réalisant les revenus compris entre 21 .000 ; 40 .000 ;555 .000 ;60 .000 ;250 .000 ;280 .000 ;665 .000 ;80 .000  jusqu'à 1.000.000FC représentent 2% ; pendant que ceux qui réalisent les revenu compris entre 18.000 ;35.000 ;42.000 ;66.000 ;80.000 ;96.000 ;160.000 ;170.000 ;190.000 ;220.000 ;266.000 ;330.000 ;336.000 ;390 .000 ;429.000 ;432.000 ;433.000 ;480.000 ;666.000 ;700.000 ;750.0000 ;825.000 ;866.000 ;900.000 jusqu'à 2 .500 .000FC ne représentent que 1% de notre effectif.

Ceci s'explique par le fait que la majorité des caféiculteurs indiquaient qu'ils réalisent 100 kg de café par campagne, et que, ils les ont vendu en majorité en cérises au prix de 1000FC le kilo de parche, ce qui leur génère des revenus fixés à 100.000FC pour la plupart d'entre eux. D'autres qui vendent en parche ont réalisés des revenus équivalents à 500milles francs congolais et c...

En comparant les différentes revenues réalisées par ces derniers, nous nous rendons compte que la plupart a du mal à générer 500.000FC de la caféiculture soit 169,49 $ au taux de change actuel de 2950 francs congolais l'équivalent de 1dollar américain.

La majorité ne réalisant que 100.000FC l'équivalent de 33,89$ ; les caféiculteurs du groupement de Lugendo éprouvent d'énormes difficulté à nouer les deux bout de la campagne, pourtant, le caféier est une plante annuelle. Cette situation fait que certains caféiculteurs sont souvent obligés de contracter des crédits pour répondre à certains besoins urgents en contre partie de leurs exploitations et cela à un prix dérisoire.

Pourtant, la croissance se caractérise par une augmentation des agrégats économique soit la production, la consommation, l'épargne et l'investissement. Il s'agit d'un mouvement durable et irréversible.

II.1.8. Affectation du revenu obtenu de la caféiculture

Nos résultats de terrain révèlent tel qu'indiqué au tableau n° 9 que , la majorité des caféiculteurs du groupement de Lugendo affecte uniquement à l'alimentation de leurs ménages le revenu qu'ils obtiennent de la vente du café soit 23% de notre effectif total ; contre 21% des caféiculteurs qui affectent le revenu tiré du café à l'alimentation mais également à la scolarisation de leurs enfants  ; d'autres caféiculteurs affectent leurs revenus à l'alimentation mais également à l'achat du bétail et représentent 18% de notre échantillon ; par ailleurs 10% des caféiculteurs enquêtés affectent leurs revenus à l'amélioration de leurs logement ; 9% des caféiculteurs enquêtés affectent leurs revenus à l'achat des matériaux de pêche ;et seul 3% des caféiculteurs affectent leurs revenus à la main d'oeuvre pour l'agriculture .

L'affectation des revenus issues de la caféicultures explique la précarité de la vie à la quelle font face les petits exploitants du café dans le groupement de Lugendo. Le café étant une culture industriel, elle devrait générer des surplus qui permettraient aux petits exploitants d'investir dans des activités qui pourraient leurs garantir la sécurité alimentaire et ou l'achat d'un équipement en attendant la prochaine récolte. C'est à défaut de cela que la caféiculture se limite à répondre aux besoins primaires des ménages au même titre que les cultures vivrières.

Dans certains pays africains le développement de l'industrie passe même par une expansion de la production vivrière au dépend de certaines cultures spéculatives (cacao, arachides, café).

L'agriculture peut être aussi un fournisseur de matières premières ou justifier une industrie alimentaire. Bien plus, dans un pays où une grande partie de la population est agricole, le développement de l'agriculture et l'élévation du niveau de vie de masses rurales permettent une expansion du marché de l'industrie.(20)

II.1.9. Satisfaction des besoins des ménages des caféiculteurs par leurs revenus

Nos enquêtes de terrain révèlent au tableau n° 10 que, 100% de caféiculteurs du groupement de Lugendo ne parviennent jamais à couvrir les dépenses de leurs ménages à partir des revenus qu'ils obtiennent de la caféiculture. Cette situation est relatif à une faible production d'une part, et d'une autre part d'un faible prix du café tel que nous le verrons aux points suivants.

II.1.10. Pratiques culturales fréquemment employées

Par rapport aux pratiques souvent employées par les caféiculteurs, nous avons analysés les réponses des enquêtés pour chaque pratique pris séparément tel que repris au tableau n° 11

Par rapport à l'établissement d'une pépinière, 61% de caféiculteurs du groupement de Lugendo ne procèdent pas à l'établissement d'une pépinière lorsqu'ils veulent planter des nouveaux caféiers ; contre 38% des caféiculteurs qui établissent des pépinières et ou achètent des plantules à un pépiniériste du milieu lorsqu'ils veulent le faire.

Ceci s'explique par le fait que la plupart de caféiculteurs préfèrent ramasser des plantules qui ont poussés dans leurs champs des caféiers ; pourtant cette pratique est inappropriée car, ces plantules pourraient transmettre des maladies étant donné qu'ils n'ont pas subi de suivi depuis leur germination.

Quant au paillage, 52% des caféiculteurs du groupement de lugendo pratiquent le paillage dans leurs champs des caféiers contre 47% qui ont indiqués qu'ils ne pratiquaient pas cette technique. Le paillage est fréquemment pratiqué par bon nombre de caféiculteurs car, elle conserve non seulement l'humidité du sol, mais également, lorsque la paille se décompose, elle fertilise le sol.

En ce qui concerne le taillage des caféiers, 58% des caféiculteurs du groupement de Lugendo ne procèdent pas au taillage de leurs caféiers ; contre 40% de notre effectif total qui en pratique

Ceci s'explique par le fait plusieurs caféiculteurs éprouvent l'insuffisance d'outils nécessaires pour faire le taillage tel que le scie, le sécateur et c...malgré le fait qu'ils soient conscient de l'importance du taillage pour le caféier. Cette situation fait que les caféiers développent énormément des feuilles qui constituent de l'ombrage, ce qui donne place à des maladies propices à l'humidité telle que la rouille du caféier.

II.1.11. Existences des coopératives ou des structures d'encadrement des caféiculteurs

Les résultats de nos investigations de terrain révèlent au tableau n° 12 que tous les caféiculteurs du groupement de Lugendo ne reconnaissent aucune coopérative des caféiculteurs présent dans le milieu soit 100% de notre effectif.

Sur terrain, nous avions rencontrés une station de lavage, triage, et séchage du café appartenant à la société Virunga coffee qui malheureusement pour les caféiculteurs rencontrés, elle ne s'occupe que de l'achat du café à un prix qui est loin de satisfaire aux attentes des caféiculteurs tel que nous l'avions démontrés précédemment .

Néanmoins, cette société de droit congolais, à organiser des sessions de formation à l'intention des certains caféiculteurs du groupement de Lugendo, sur les bonnes pratiques agronomiques du café, l'équité genre et les espaces surs ; et, la nutrition des ménages de juillet 2022 à mars 2024.

Cette formation s'inscrivait dans le cadre du projet de l'alliance du café gorille GCA de l'USAID avec ses différents partenaires.

Ces caféiculteurs ayant obtenus des certificats d'achèvement de leur formation, semble avoir accueilli des connaissances théoriques sur les bonnes pratiques agricoles, malgré le fait que leurs partenaires ne le a pas accompagné dans le sens de le organiser en coopérative, ou encore de leur fournir des intrants et d'autres outils nécessaires .

II.1.12. Difficultés rencontrés par les caféiculteurs

De la manière que nous avons analysés les différentes pratiques au point précédent, c'est de la même façon que nous allons procéder pour discuter les résultats qui cadrent avec les difficultés tel que repris au tableau n° 13 du premier chapitre.

En ce qui concerne la difficulté liée aux maladies des caféiers, les résultats de nos enquêtes révèlent que 75% des caféiculteurs de Lugendo connaissent des problèmes de maladies dans leurs champs ; contre 24% des caféiculteurs qui ont indiqués ne pas connaitre ce problème.

Ceci s'explique par un manque d'entretien des caféiers notamment le taillage ; les mauvaises pratiques tel que le ramassage des plantules non saines qui disséminent les maladies, l'association des caféiers avec des cultures compétitives en nutriments telles que les tubercules sont autant de causes qui expliquent la persistances des maladies des caféiers dans le groupement de Lugendo dont les plus courantes sont : la rouille du caféier, l'anthracnose des baies, ainsi que les nématodes .

Quant à la difficulté d'insuffisance d'outils, nos résultats d'enquêtes prouvent que, 70% des caféiculteurs du groupement de Lugendo sont confrontés à l'insuffisance d'outils nécessaires pour l'entretien des caféiers contre 28% qui indiquent ne pas connaitre cette difficulté.

Ceci s'explique par le fait que bon nombres des caféiculteurs ont du mal à accéder aux outils appropriés pour le taillage du café ; insuffisance d'outil pour le séchage tel des bâches ou des claies de séchage. A défaut de disposer de ces outils, bon nombre des caféiculteurs utilise des outils inappropriés tels que la machette pour faire le taillage, le séchage du café en même le sol par manque des claies de séchage, ce qui pourrait altérer la qualité du café.

Pour la difficulté d'accéder au crédit nos résultats de terrain indiquent que 57% de caféiculteurs de Lugendo éprouvent des difficultés d'accéder au crédit.

Cette situation s'expliquerait par le fait que les caféiculteurs ne sont pas organisés en des coopératives qui pourraient leur permettre de trouver du crédit qu'ils peuvent rembourser après récolte. Faute de ça, plusieurs caféiculteurs se retrouvent parfois obligés de vendre leurs caféiers avant même qu'ils ne fleurissent et cela à moindre prix.

Concernant la difficulté liée au faible prix du café, les résultats de nos enquêtes indiquent que 78% des caféiculteurs du groupement de Lugendo sont confrontés au problème de faible prix auquel le café est acheté sur le marché local. Cette situation s'explique par le fait que les caféiculteurs n'ont aucune information sur le marché du café à quelque niveau que ce soit, ces derniers n'ont pas d'autres choix que de vendre au prix offert par le marché local. Tel que nous l'avons indiqués au quatrième point de ce chapitre où nous discutons des résultats qui cadrent avec la question liée aux acheteurs au près des quels les caféiculteurs du groupement de Lugendo vendent leurs cafés ; ou nous avons montrés que c'est parce que les négociants en provenance du Rwanda proposent un meilleur prix par rapport à celui du marché local que plusieurs caféiculteurs leur vendent du café.

Ces résultats sont contredit par Marie Esprit Léon WALRAS dans son ouvrage « « Eléments d'économie politique pure » » ou il imagine un monde économique dans lequel d'un côté on a un grand nombre de petits producteurs, tous identiques et disposant de la même technologie de production. Sur l'autre versant, celui de la demande, il y a des consommateurs avec des ressources et des préférences identiques et données. Ces producteurs et ces consommateurs cherchent à maximiser leurs objectifs respectifs de profit et de satisfaction (ou utilité) compte tenu des prix et des ressources.

Le profit des producteurs dépend de leurs ventes. Les ventes dépendent de la demande des consommateurs. La demande des consommateurs dépend de leurs revenus. Leurs revenus dépendent de la vente de leurs ressources (travail, compétences, terrains, etc.) aux producteurs. Ainsi, on le voit, tous les consommateurs et les producteurs d'un équilibre général sont interdépendants. La prouesse de WALRAS 1874 réside dans le fait que dans ce système complexe le nombre d'équations est suffisant pour déterminer l'ensemble des inconnues, c'est-à-dire les prix qui, sur chaque marché, équilibrent l'offre et la demande.

Un équilibre général de production et d'échange peut alors être défini. Cet équilibre est caractérisé par le fait que la demande égale l'offre sur chaque marché, aussi bien la demande et l'offre des différents services productifs que la demande et l'offre des divers produits. En outre, cet équilibre est caractérisé par l'égalité entre le prix de chaque produit et son coût de production (la somme du coût des services productifs entrant dans sa fabrication)(21)

CONCLUSION PARTIELLE

Ce chapitre a été consacré à la discussion des résultats de nos enquêtes, ou nous avons passé en revue résultat par résultat en démontrant les facteurs explicatifs de chacun d'entre d'eux ; mais également nous le avons confronter à d'autres études déjà réalisées ce qui nous a permis de comprendre en profondeur les défis auxquels sont confrontés les petits producteurs du café dans le groupement de Lugendo que nous avons présentés au premier chapitre du présent travail.

Eu égard à ce qui précède, nous allons devoir proposer au chapitre suivant du présent travail, des stratégies à mettre en place à fin de relever les défis d'encadrement des petits producteurs du café dans le groupement de Lugendo en particulier et dans le territoire de Kabare en général.

CHAP III. AXES STRATEGIQUES

Alors que le chapitre précèdent à porter sur la discussion des résultats, ce chapitre est consacrer à présenter les axes stratégiques pour fournir un encadrement adéquat aux petits producteurs du café dans le groupement ; ceci à partir de la matrice d'analyse organisationnel, qui nous permettra d'analyser les forces, les faiblesses, les opportunités, ainsi que les menaces de l'ONAPAC secteur de Bukavu qui est un acteur clé dans la filière café, en province du Sud-Kivu. C'est à partir de cette analyse que nous allons ressortir les stratégies qui pourraient être mis en place pour relever les défis d'encadrement de caféiculteurs, car cette analyse approfondie permettrait à cet acteur de prendre des décisions éclairées pour améliorer la situation des caféiculteurs sur le terrain.

III.1. Analyse FFOM

L'outil d'analyse FFOM ou SWOT en anglais, est un outil d'analyse des capacités des organisations qui consiste à identifier quatre aspects essentiel de l'organisation à savoir ; les forces (strengh), les faiblesses (weaknesses), les opportunités (opportunity), menaces (Threat) d'où le sigle FFOM en français et SWOT en anglais.

Environnement interne

Environnement externe

Forces

Opportunités

1. Présence d'un laboratoire d'analyse et de dégustation du café

2. Présence d'une usine de déparchage du café au sein de l'ONAPAC/Bukavu

3. Présence d'une usine de torréfaction du café

4. Monopole de l'octroi de certificats d'exportation du café

5. Présence des agronomes

6. Présence des claies de séchage du café

7. Existence des brigades d'encadrement

8. Monopole d'octroi des cartes pour acheteur

9. Existence d'une concession propre à l'ONAPAC

10. Prestation des services d'usinage du café au particulier

11. Transformation et vente du café local

1. Présence du centre recherche de l'INERA /Mulungu

2. Présence des variétés de café améliorées à l'INERA

3. Accès facile aux produits phytosanitaires

4. Présence des partenaires oeuvrant dans la filière café au Sud-Kivu

5. Rentabilité du café sur le marché mondial

Faiblesses

Menaces

1. Insuffisance en ressources humaines

2. Dépendance vis à vis de la direction générale de Kinshasa

3. Dépendance aux décisions politiques

4. Manques de matériels roulants

5. Insuffisance des moyens financiers

1. La fraude du café

2. La concurrence déloyale

3. Le climat politique en fréquente mutation

4. Politisation des institutions publiques

5. Spoliation de la concession de l'ONAPAC

6. Maladies des caféiers

7. Faible prix du café sur le marché local

 

Opportunités (opportunities)

 

Menaces (Threats)

Points

Légende 

score 0 : Aucun lien

Score 1 : Un lien leger entre les facteurs

Score 2 : Un lien moyen entre les facteurs

Score 3 : Lien fort ou forte influence entre les facteurs

Force (strengths)

Présence du centre recherche de l'INERA /Mulungu

Présence des variétés de café améliorées à l'INERA

Accès facile aux produits phytosanitaires

Présence des partenaires oeuvrant dans la filière café au Sud-Kivu

Rentabilité du café sur le marché mondial

La fraude du café

La concurrence déloyale

un climat politique en fréquente mutation

Politisation des institutions publiques

Spoliation de la concession de l'ONAPAC

Maladies des caféiers

Faible prix du café sur le marché local

 

1

Présence d'un laboratoire d'analyse et de dégustation du café

3

3

0

3

3

0

3

0

0

0

2

2

19

2

Présence d'une usine de déparchage du café au sein de l'ONAPAC/Bukavu

0

0

0

3

3

0

2

0

0

0

0

2

10

3

Présence d'une usine de torréfaction du café

0

0

0

3

2

0

2

0

0

0

0

2

9

4

Monopole de l'octroi de certificats d'exportation du café

0

1

0

3

2

3

3

0

0

0

0

2

14

5

Présence des ir agronomes

2

3

3

3

1

0

2

0

0

0

3

1

18

6

Présence des claies de séchage du café

0

0

0

1

2

0

2

0

0

0

0

0

5

7

Existence des brigades d'encadrements

2

3

3

2

2

2

2

0

0

0

3

2

21

8

Monopole d'octroi des cartes pour acheteur

0

0

0

3

1

3

3

0

0

0

0

2

12

9

Existence d'une concession propre à l'ONAPAC

0

0

0

3

0

0

2

2

2

3

0

0

12

10

Prestation des services d'usinage du café au particulier

0

0

0

3

2

0

3

0

0

0

0

2

10

11

Transformation et vente du café local

0

1

0

3

2

1

3

0

0

0

0

3

13

Faiblesses/weaknesses

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1

Insuffisance en ressources humaines

0

0

0

0

0

3

2

0

3

0

1

0

9

2

Forte dépendance vis à vis de la direction générale de kinshasa

0

0

2

2

0

0

1

3

3

0

0

0

11

3

Dépendance aux décisions politiques

0

1

1

3

2

0

2

3

3

3

0

2

20

4

Manques de matériels roulants

0

0

1

2

0

2

2

2

2

0

0

0

11

5

Insuffisance des moyens financiers

0

0

0

3

0

0

2

2

2

0

2

1

12

Tableau 15: Matrice d'orientation stratégique

III.3. Choix des stratégies

A partir de la matrice de choix de stratégie représentée à la précédente page, nous allons devoir dégager les principales stratégies, en fonction du score attribué à chacune des composantes lors de l'analyse SWOT.

STRATEGIES

Enoncé de principales stratégies

SCORE

1

S1

Renforcement des performances de brigades d'encadrement

21

2

S2

Stratégie de dépolitisation de l'ONAPAC

20

3

S3

Renforcement des activités du laboratoire d'analyse et de dégustation du café

19

4

S4

Renforcement des capacités du personnel du service agronomique

18

5

S5

Suivie et renforcements des mesure d'exportations du café

14

Tableau 16: Tableau de choix des stratégiques

III.4 Axes Stratégies

III.4.1.  Renforcement des performances des brigades d'encadrement

Cette  stratégie est la plus prioritaire de toutes, au vu du score qui lui a été attribuée lors de l'analyse ; et que, sa mise en oeuvre effective amènerait des changements quant aux multiples défis auxquels sont confrontés les caféiculteurs du groupement de Lugendo.

Cela étant, nous analyserons uniquement celle-ci en profondeur étant donné que c'est elle qui cadre beaucoup plus avec notre problématique.

III.4.2.Pertinence de la stratégie.

Le renforcement des performances des brigades d'encadrement de l'ONAPAC se veut pertinent, car leur présence permanente dans tous les groupements du territoire de Kabare permet de s'enquérir de la situation des exploitations des petits producteurs du café et intervenir de toute urgence lorsque qu'il le faut. C'est grâce à la permanence des équipes des agronomes présente sur le terrain qu'ils peuvent surveiller les différentes maladies et ravageurs du caféier qui attaqueront les plantations paysannes, d'organiser les caféiculteurs en groupement d'intérêt commun et faire leur suivie, de récolter les besoins des caféiculteurs et leur apporter de l'aide en terme des fournitures en outils aratoires et autre intrants agricoles nécessaires pour la culture du caféier ; mais ,également leur former en permanence sur les bonnes pratiques culturales du caféier et autre.

III.4.3. Vision, objectifs, résultats et cibles de la stratégie.

1) Vision

Cette stratégie vise à améliorer les conditions de vie des caféiculteurs du groupement de Lugendo en particulier et ceux du territoire de Kabare en général à travers une caféiculture génératrice des revenu significatifs aux ménages des petits producteurs.

2) Objectifs

- Contribuer au développement économique des caféiculteurs du territoire de Kabare en général et du groupement de Lugendo en particulier

- Augmenter la production du café dans le groupement de Lugendo

- Améliorer la qualité du café produite dans le territoire de Kabare

3) Résultats.

Une fois cette stratégie est mise en oeuvre, elle donnerait des résultats ci-après :

- L'augmentation des revenus des petits producteurs du café

- L'augmentation de la production du café

- L'organisation des caféiculteurs en coopératives

- L'accès des caféiculteurs au crédit

- L'augmentation du prix d'achat du café sur le marché local

4) Cibles de la stratégie.

La stratégie a pour cible ; les caféiculteurs du groupement de Lugendo en particulier et ceux de tout le territoire de Kabare en général.

III.4.4. Piliers stratégiques.

De manière plus concrète, la vision poursuivis par notre stratégie, sera mis en oeuvre au travers trois piliers stratégiques majeurs à savoir :

Pilier 1. Mis en place des coopératives des caféiculteurs dans le groupement de Lugendo
Pilier 2. Vulgarisation des variétés améliorées de caféier.
Pilier 3. Appuie aux caféiculteurs

III.4.1.1. Mis en place des coopératives des caféiculteurs dans le groupement de Lugendo

Ce pilier vise à organiser les caféiculteurs du groupement de Lugendo en groupement d'intérêt commun (coopératives) dans le soucis de permettre aux petits producteurs de vendre leurs productions à un meilleur prix ,mais également cela leur permet d'accéder au crédit pour investir, soit pour couvrir les charges d'exploitation, avec l'espoir de rembourser lors de la prochaine récolte avec des taux d'intérêt fixés en tenant compte de la production qu'il sont capables de réaliser. Ce pilier vise également à produire un café de qualité à fin de générer des revenus significatifs.

La mise en oeuvre de ce pilier soulagerait significativement les caféiculteurs du groupement de Lugendo qui souvent, sont contraints à vendre à faire louer leurs exploitations à très faible prix à causes des difficultés financières.

L'exécution de ce pilier se fera autour des quatre principaux axes à savoir :

- L'installation d'une usine de lavage, triage et du séchage du café

- Construction d'un entrepôt

- Création et dénomination d'une coopérative des caféiculteurs

- Octroie du crédit aux caféiculteurs (au travers un partenariat des coopératives avec les institutions de micro finances)

III.4.1.2. Vulgarisation des variétés améliorées de caféier.

Ce pilier vise à renouveler les plantations paysannes de caféiers pour les petits producteurs du groupement de Lugendo dans le but d'augmenter la productivité, au regard d'une faible productivité due à la vétusté des caféiers de la majorité des caféiculteurs de cette contrée de la province du Sud-Kivu.

Ce pilier s'exécutera au tour des principaux axes notamment :

- Sélection des variétés à diffuser

- Expérimentation en station de recherche

- Expérimentation dans des champs écoles dans le groupement de Lugendo

- Appuyer l'installation des pépinières des nouvelles variétés

- Diffusion des nouvelles variétés (distribution des plantules)

III.4.1.3. Formation des caféiculteurs

Ce pilier vise à apporter un appui technique, logistique, et financier aux caféiculteurs du groupement de Lugendo en particulier et ceux du territoire de Kabare en général dans le souci de le rendre compétitifs sur le marché du café, mais également améliorer le niveau de vie des ménages des petits producteurs du café.

Ce pilier sera exécuté au tour des trois principaux :

- Formation permanente des caféiculteurs sur les bonnes pratiques agronomiques du caféier (Fertilisation, systèmes de culture, agroforesterie)

- Formation des caféiculteurs sur la lutte contre les ennemies du caféier

- Formation des caféiculteurs sur les normes du marché mondial du café

- Fourniture d'outils pour l'entretien et des produits phytosanitaires

- Mis en place d'une équipe de surveillance et d'alerte.

CONCLUSION GENERALE

La présente étude est partie du constat selon lequel, le café est la deuxième boisson la plus populaire au monde et qu'elle constituait un produit d'exportation des pays en voie de développement.

Malgré les revenus que génère ce produit sur le marché international, les petits producteurs se trouvant aux premiers niveaux de la chaine des valeurs du café, leurs conditions de vie sont restées le même pourtant ils produisent ce que l'on qualifie de l'or vert.

C'est ainsi que nous avions émus trois principales hypothèse pour cette problématique, que nous avions vérifiés en fonction des résultats des enquêtes réalisées sur terrain.

Les résultats des enquêtes menées auprès des caféiculteurs que nous avons présentés au premier chapitre du présent travail, nous ont permis de confirmer la première hypothèse selon laquelle les principaux défis auxquels sont confrontés les caféiculteurs du groupement de Lugendo sont entre autres les maladies des caféiers, la non accès au crédit, l'insuffisance d'outil nécessaire pour l'entretien des caféiers ainsi que le faible prix du café.

Les résultats de recherche ont respectivement démontrés que 75% des caféiculteurs ont évoqués qu'ils sont confrontés au problème des maladies des leurs caféiers dont les plus courantes sont l'anthracnose des baies ,la rouille du caféier ainsi que les nématodes ; 70% des caféiculteurs du groupement de Lugendo sont confrontés à l'insuffisance d'outils nécessaires pour l'entretien des caféiers ; 57% éprouvent le besoin de trouver du crédit pour couvrir leurs charges mais qu'ils n'y accédaient pas ; pendant que, 78% sont confrontés au problème de faible prix auquel le café est acheté sur le marché local .

Au deuxième du premier chapitre, nous avons présentés les résultats des entretiens que nous avons réalisés aux près quelques acteurs de la chaine des valeurs du café dans la province du Sud-Kivu qui ont des rôles clés à jouer dans l'encadrement des petits producteurs.

Les résultats de ces entretien ont démontrés que les entreprises publiques agricoles ayant le monopole du secteur du café en province du Sud-Kivu en l'occurrence de l'ONAPAC , ne disposent pas suffisamment des moyens de leur politique à fin de pouvoir assurer un encadrement adéquat aux caféiculteurs dans les territoires de la province ou le café est produite .

Ces résultats nous ont donc permis de vérifier notre deuxième hypothèse selon laquelle les entreprises publiques agricoles, l'inspection provinciale de l'agriculture ainsi que les centres des recherches sembleraient ne pas avoir suffisamment des moyens pour pouvoir assumer leurs rôles aux près des petits exploitant du café.

Ainsi, pour relever les multiples défis d'encadrement des caféiculteurs du groupement de Lugendo nous avons proposés au troisième du présent travail, un paquet des mesures pouvant permettre de fournir un encadrement adéquat aux caféiculteurs du groupement de Lugendo ; ceci, grâce à un outil d'analyse organisationnel qui nous aidé à analyser les différentes forces ; faiblesses ; opportunité et menaces de l'ONAPAC secteur de Bukavu ayant le monopole du secteur du café en province du Sud-Kivu.

Ainsi donc, nous ne prétendons pas avoir abordés tous les paramètres liées à la problématique d'encadrement des petits producteurs du café , voilà pourquoi ; nous suggérons à tous ceux qui s'intéresserons ultérieurement à cette problématique de pouvoir nous compléter .

BIBLIOGRAPHIE

I. OUVRAGES

Daviron, B. & Ponte, (2007). Le paradoxe du café, Paris,Quae INRAESS

DEFOUR, G. (1994). Le développment rural en Afrique Centrale. Le développement rural en Afrique Centrale, 101;102. Bukavu, Kivu:edition BANDARI.

KALYONGO, L. R. (2018). L'organisation économique des caféiculteurs congolais dans la région du Nord-Kivu à KASHENDA : Paris ,edition l'Harmattan

Rostow, W. W. (1960). Histoire ,économie et société, Paris , edition du seuil

walras, L. (1874). Eléments d'économie politique pure, Paris edition,kessigner

II. RAPPORTS

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Rikolto RDC. (2021). Etude de retour sur investissement dans la filière café.

Pole Institute. (2014). Construction de la cohénsion transfrontalière par la caféiculture? Goma.

III. INEDITS (MEMOIRES, NOTES DES COURS)

cirimwami, M. (2017). Analyse de l'impact socio-économique de la culture du café sur le revenu des caféiculteurs du territoire de Kabare groupement de lugendo

Gustave, N. (2023). Phytotechie spéciale

Mugangu, S. (2023). Analyses des politiques de développement.

NDARUME, J. (2020). Analye des atouts et contraintes de la production du café à Bunyakiri.

Nyamwirahira. (2015). Commercialisation du café et son impact socio-économique dans les menages des groupement de Bushumba et Lugendo en territoire de Kabare :" Etat de lieux et perspectives".

RUSANGWA, S. (2020). Apport des coopératives dans la chaine de valeur du café dans le territoire de Kalehe au Sud -Kivu.

Wakenge, I. (2022). Méthode de recherche en sciences sociales.

III. WEBOGRAPHIE

OIC. (s.d.). Consulté le 18/06,2024 sur www.ico.org

OIC. (2013). Consulté le 18/06, 2024, sur https:/www.ico.org.

OIC. (2022). Consulté le 18/06, 2024, sur www.ico.org.

OIC. (2024). Rapport sur le marché du café mai 2024. Consulté le 19 /06, 2024 sur www.ico.org

OXFAM. (2012, Septembre). https:/oxfammagasinedumonde.be/le-café-paysan-du-kivu. Consulté le 18/ 06, 2024

ANNNEXES 1. Questionnaire d'enquête

25

. A combien avez-vous vendu le kilo

de café cette saison?

. Quel est le révenu que vous

26

rapporte cette production en FC?

. Comment affectez-vous ce revenu?

27

28

. Ce revenu couvre-t-il les dépenses de votre ménage?

. OUI

1

2

. NON

Si oui comment pouvez -vous le résumer?

29

. Quels sont les pratiques que vous utilisez courament dans

la culture et l'entretien des vos caféirs?

30

. Connaissez-vous des structures ou des coopératives qui

encadrent les caféiculteurs dans le groupement de

Lugendo?

1

. OUI

2

. NON

Si oui, quelles sont les raisons qui expliqueraient votre non adhésion à

ces coopératives?

. Entatnt que caféiculteur, quelles sont les difficultés que

31

vous recontrez dans votre travail?

32

. Que proseriez-vous pour à fin de trouver des solutions

durables à ces problèmes?

ANNEXE 2. GUIDE D'ENTRETIEN

Bonjour Mme, Mr ; Mme ; Je suisBIBENTYO KAMUNGU James finaliste de deuxième année de licence ancien système dans le département de planification régional à l'institut supérieur de développement ISDR /BKV

Dans le cadre de notre mémoire de fin d'étude, nous menons une étude sur les défis auxquels sont confrontés les petits producteurs du café dans le groupement de Lugendo en territoire de Kabare.Nous adressons ce guide à différents acteurs de la chaine des valeurs du café au Sud-Kivu qui auraient un ou plusieurs rôles dans à l'encadrement des petits producteurs du café ; dans le but de recueillir leurs avis en ce qui concerne les défis auxquels sont confrontés les producteurs du café dans la les territoires de la province du Sud-Kivu en général et dans le groupement de Lugendo ou nous menons nos recherches.

I. Questions adressées aux responsables de l'ONAPAC secteur de Bukavu

1. Quels sont les mesures qui existent au sein de l'ONAPAC dans par rapport à la question liée à l'encadrement des caféiculteurs dans les territoires de la province ?

.........................................................................................................................................................................................................................................................................................................

2. Qu'est ce qui expliquerait la persistance des multiples difficultés auxquels sont confrontés les caféiculteurs (maladies des caféiers, faible prix, insuffisance d'outils et c.) dans les territoires ; le cas des caféiculteurs du groupement de Lugendo dans le territoire de Kabare.

.......................................................................................................................................................................................................................................................................................

3. Au regard de cela, quelles sont les solutions envisageables ?

..........................................................................................................................................................................................

II. Questions adressées aux responsables de l'inspection provinciale de l'agriculture

1. Quelles sont les politiques qui existent au niveau de l'inspection provincial dans la filière café par rapport à l'encadrement des caféiculteurs dans la province ?

.......................................................................................................................................................................................................................................................................................

2. Qu'est ce qui expliquerait la persistance des multiples difficultés auxquels sont confrontés les caféiculteurs (maladies des caféiers, faible prix, insuffisance d'outils et c.) dans les territoires le cas des caféiculteurs du groupement de Lugendo dans le territoire de Kabare.

.......................................................................................................................................................................................................................................................................................

3. Au regard de cela quelles sont les solutions envisageables ?

.......................................................................................................................................................................................................................................................................................

III. Questions adressées aux responsables de l'INERA/filière café

1. Quels sont les mesures qui existent au sein de l'INERA par rapport à la question liée à l'encadrement des caféiculteurs dans les territoires de la province ?...........................................................................................................................................................................................................................................................................................

2. Qu'est ce qui expliquerait la persistance des multiples difficultés auxquels sont confrontés les caféiculteurs parmi lesquels les maladies de caféiers dans les territoires de la province ; le cas des caféiculteurs du groupement de Lugendo dans le territoire de Kabare..........................................................................................................................................................................................................................................................................

3. Existe-t-il des innovations que le centre à apporter dans la filière café durant les cinq dernières années ?........................................................................................................................................................................................................................................................................

4. Au regard des difficultés auxquelles sont confrontés les caféiculteurs quelles seraient des solutions envisageables ?

ANNEXE 3. QUELQUES MALADIES COURANTES DU CAFEIR

Rouille du caféier

Source : Image prise dans un champ de caféier dans le village de Cishugi/goupement de lugendo

Anthracnose des baies

Source : Image prise dans un champ des caféiers dans le village de Lugendo-centre/Groupement de Lugendo

ANNEXE 3: Rapport de l'O.I.C. sur le marché du café Avril 2024

Source : www .cio.org

ANNEXE 4 : ATTESTATION DE RECHERCHE

ANNEXE 5 : Certificat octroyé par la société Virunga coffee aux caféiculteurs du groupement de Lugendo.

TABLES DES MATIERES

INTRODUCTION 1

1. ETAT DE LA QUESTION 1

2. PROBLEMATIQUE 6

3. Questions de recherche 9

4. HYPOTHESES 9

5. OBJECTIFS DU TRAVAIL 9

5.1 Objectifs global 9

5.2 Objectifs spécifiques 10

5.3. Objectif d'analyse 10

6. CADRE THEORIQUE ET CONCEPTUEL 10

6. 1. Définition de concepts clés : 10

6.2. Cadre théorique 11

7. CHOIX ET INTERET DU SUJET 13

7.1. Choix du sujet 13

7 .2. Intérêt du sujet 13

8. METHODOLOGIES ET TECHNIQUES 14

8.1. Méthodes............................... 14

8.1. Méthodes 14

8.2. Techniques 14

9. Difficultés rencontrées 16

10. Délimitation spatio-temporelle 17

10.1. Etude physique 17

10.2. Etude économique 18

10.3. Etude humaine 19

11. Subdivision du travail 19

CHAP I. LES PRINCIPAUX DEFIS AUX QUELS SONT CONFRONTES LES CAFEICLTEURS DU GROUPEMENT DE LUGENDO 21

I.1.PRESENTATION DES RESULTATS ISSUS DES CAFEICULTEURS 21

I.2. PRESENTATION DES RESULTATS ISSUS DES CERTAINS AUTRES ACTEURS DE LA CHAINE DES VALEURS DU CAFE EN PROVINCE 35

DU SUD-KIVU 35

CONCLUSION PARTIELLE 39

CHAP II. DISCUSSIONS DES RESULTATS DE RECHERCHE 40

II .1. LES PRINCIPAUX DEFIS AUX QUELLES SONT CONFRONTES LES CAFEICULTEURS DU GROUPEMENT DE LUENDO 40

II.1.1. Nombres des pieds des caféiers dont dispose chaque caféiculteurs 40

II.1.2. Année de plantation des caféiers 40

II.1.3. Quantité de café produite par campagne 41

II.1.4. Les acheteurs du café. 41

II.1.5. Qualité du café vendu 42

II.1.6. Prix d'un kilogramme de café en FC 43

II.1.7. Revenu total généré en Francs congolais 43

II.1.8. Affectation du revenu obtenu de la caféiculture 44

II.1.9. Satisfaction des besoins des ménages des caféiculteurs par leurs revenus 45

II.1.10. Pratiques culturales fréquemment employées 45

II.1.11. Existences des coopératives ou des structures d'encadrement des caféiculteurs 46

II.1.12. Difficultés rencontrés par les caféiculteurs 47

CONCLUSION PARTIELLE 49

CHAP III. AXES STRATEGIQUES 50

III.1. Analyse FFOM 50

III.3. Choix des stratégies 54

III.4 Axes Stratégies 54

III.4.1.  Renforcement des performances des brigades d'encadrement 54

III.4.2.Pertinence de la stratégie. 54

III.4.3. Vision, objectifs, résultats et cibles de la stratégie. 55

III.4.4. Piliers stratégiques. 55

Pilier 1. Mis en place des coopératives des caféiculteurs dans le groupement de Lugendo 56

Pilier 2. Vulgarisation des variétés améliorées de caféier. 56

Pilier 3. Appuie aux caféiculteurs 56

III.4.1.1. Mis en place des coopératives des caféiculteurs dans le groupement de Lugendo 56

III.4.1.2. Vulgarisation des variétés améliorées de caféier. 56

III.4.1.3. Formation des caféiculteurs 57

CONCLUSION GENERALE 58

BIBLIOGRAPHIE 60

ANNNEXES 1. Questionnaire d'enquête 62

ANNEXE 2. GUIDE D'ENTRETIEN 64

ANNEXE 3. QUELQUES MALADIES COURANTES DU CAFEIR 66

Rouille du caféier 66

Anthracnose des baies 67

ANNEXE 3: Rapport de l'O.I.C. sur le marché du café Avril 2024 68

ANNEXE 4 : ATTESTATIONS DE RECHERCHE 69

ANNEXE 5 : Certificat octroyé par la société Virunga coffee aux caféiculteurs du groupement de Lugendo. 73






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