DU
SUD-KIVU
Après avoir présenté les résultats
de nos enquêtes réalisées aux près des
caféiculteurs au premier point de ce chapitre; nous présentons
à ce point les résultats des entretiens que nous avions pu
réaliser au près des certains autres acteurs de la chaine des
valeurs du café qui ont des responsabilités dans l'encadrement
des caféiculteurs notamment l'ONAPAC, l'inspection provinciale de
l'agriculture ainsi que l'institut nationale pour l'étude et la
recherche agronomique à fin de comprendre à fonds la question
liée aux défis auxquels sont confrontés les
caféiculteurs du groupement de Lugendo en territoire de Kabare.
A l'Office Nationale des Produits Agricoles du
Congo ONAPAC ou nous avions eu des entretiens préliminaires
avec certains agents commis dans différents services au mois de janvier
2023 lors de notre stage professionnel au sein de ladite institution ; il
a fallu attendre au mois de septembre pour y revenir dans le soucis de
comprendre la manière dont cette institution publique agricole agit dans
l'encadrement des caféiculteurs qui est l'une de ses attributions ;
après avoir été au près des caféiculteurs du
groupement de Lugendo aux près de quels nous avons palpés la
réalité de leur vécu.
Voulant savoir quelles sont les politiques et ou mesures qui
existeraient au sein de l'ONAPAC secteur de Bukavu ; par rapport à
l'encadrement des caféiculteurs ; l'Ir chef de services
agronomiques ad intérim nous a fait savoir que l'ONAPAC ;
disposerait d'une brigade composée d'un chef de brigade à sa
tête, d'un agronome superviseur, d'un agronome vulgarisateur, ainsi que
des moniteurs agricoles dans chaque territoire de la province du Sud-Kivu ou le
café est produit.
Cette brigade a pour mission d'encadrer les
caféiculteurs en leurs fournissant des intrants ; des outils
aratoires mais également en leur formant sur les bonnes techniques
culturales du caféier ajoute le chef de services agronomiques a .i
; avant de préciser que leurs brigades ne travaillent qu'avec des
coopératives des caféiculteurs et que seul le caféiculteur
membres d'une coopérative ne peut bénéficiers de cet
accompagnement. Il souligne également que les intrants et outils qu'ils
octroient sont souvent les dons des certains partenaires tel que sustainable
avec qui l'ONAPAC travaille.
Quant à la question de savoir pourquoi est-ce qu'il y a
persistances des différentes contraintes chez les caféiculteurs
malgré la présence de cette série des mesures
d'encadrement des caféiculteurs ; notre source a indiquer:
« « Les paysans font toujours les contraires..... Ils
associent les caféiers avec des cultures compétitives en
nutriments ainsi que celles attracteuses des maladies pourtant nuisibles aux
caféiers... » »
Pourtant ; la présence des brigades d'encadrement
de l'ONAPAC dans les territoires ne semble pas produire des résultats
palpables au vues des multiples difficultés auxquelles sont
confrontés les caféiculteurs ; le cas échéant
est celui des petits producteurs du groupement de Lugendo ou les actions
menées par l'ONAPAC en ce sens sont quasi méconnues par
plus d'un caféiculteur de cette partie du territoire de Kabare. La
présence des brigades d'encadrement n'étant qu'une affaire des
certains partenaires qui accompagnent les coopératives dans certains
coins dans les territoires à travers l'ONAPAC qui leur
achètent également du café ;il est loin de
répondre aux multiples difficultés des caféiculteurs du
fait que les brigades ne couvrent pas l'ensemble des groupements ou est produit
le café dans plusieurs territoires ;mais également ces
différentes brigade n'agissent que s'il y a accompagnement d'un
partenaire extérieure selon le constat que nous avons fait sur
terrain.
Réagissant à la question de savoir quelles
seraient des solutions envisageables au regard des défis d'encadrement
des petits producteurs du café ; le chef de service a.i de
l'ONAPAC/BKV n'est pas resté pessimiste ,en reconnaissant
l'insuffisance des moyens au sein de l'office ; proposant ainsi de
disposer à l'office nationale des produits agricoles du Congo les
ressources humaines et financières nécessaires pour assurer son
rôle aux près des caféiculteurs des territoires de la
province du Sud-Kivu à fin d'améliorer leurs conditions de
vie.
S'adressant aux responsables de la filière café
de l'INERA au centre de recherche de Mulungu Situé dans le
territoire de Kabare ; voulant savoir quelles sont les mesures qui
existent au niveau du centre par rapport à la question liée
à la culture du café, au regard des difficultés auxquelles
sont confrontés les paysans caféiculteurs ; nous avons eu
pas mal des renseignements par rapport au travail réalisé par les
chercheurs du centre quand à ce.
Les activités de recherche que le centre organise dans
sa filière café, sont pour la plupart des activités qui
visent à produire des fiches techniques pour chaque
variété de caféier, des fiches qui décrivent
l'apparence, la nature, les caractéristiques agronomiques pour chaque
variétés dans le but de fournir de la semence ; a fait
savoir, la chercheuse au sein du programme café au centre de recherche
de l'INERA/Mulungu avec qui nous nous sommes entretenu.
Elle a rajouté que, les variétés hybrides
développées au niveau du centre, sont dérivés des
deux variétés des caféiers le plus courantes notamment les
variétés arabica et celle robusta. Ces nouvelles
variétés sont de plus en plus résistantes aux
maladies et plus productives en l'occurrence de la variété
BM 71 qui produirait jusque à 7kg de café par pieds des
caféiers renchérit-elle.
Développer dans le programme recherche et
développement de l'INERA, ces nouvelles variétés pourtant
plus résistantes et productives restent quasi inaccessibles aux petits
producteurs parce qu'ils ne sont pas suffisamment informés
estime-t-elle : « « Nous disposons de plus de
cinquante variétés hybrides ; que nous vendons à ceux
qui le désirent, mais pour la plupart, sont des grands producteurs qui
passent souvent la commande » »
Néanmoins ; le centre aurait établi des
champs expérimentaux dans certains villages à Kavumu ainsi
qu'à Katana dans le territoire de Kabare dans le souci de vulgariser les
nouvelles variétés au près des caféiculteurs
à en croire notre source.
Malgré toutes ces mesures, le constat fait sur terrain
est tel que les caféiculteurs qui disposeraient de ces nouvelles
variétés sont tel qu'une goutte d'eau dans l'océan ;
la plupart d'entre eux disposent toujours des caféiers dont la semence
date de plus d'une décennie.
En ce qui concerne la persistance des maladies du
caféier qui guettent la majorité des champs des caféiers
que nous avons pu visiter dans le groupement de Lugendo en particulier et dans
tout le territoire de Kabare en général ou nous avons eu
également visité des exploitations des caféiers à
Mulungu ainsi qu'à Kavumu ;les variétés hybrides
développées au niveau du centre sont une alternative pour
atténuer les problèmes des maladies des caféiers ;
car ces dernières sont plus résistantes aux maladies dont les
plus dans le territoire de Kabare sont : la rouille des
caféiers ,l'anthracnose des baies ainsi que les
nématodes.
Pour d'autres ravageurs tels que les insectes le centre de
recherche de l'INERA/Mulungu recommande aux caféiculteurs la solution du
mancozeb pour lutter contre les maladies ainsi que du thiodan pour lutter
contre les insectes, c'est sont le deux produits phytosanitaires que les
chercheurs du centre emploient très souvent.
Parmi les variétés des caféiers
améliorés que l'on retrouve actuellement à l'INER/Mulungu,
nous pouvons citer : BM 71 ; SL 28 ; MULUNGU ; KABARE
16 ; GEISHA ; CATIMAR ; BATIAN ; RUIRU II ; et
c ...
En analysant le rôle de ces différents acteurs de
la chaine des valeurs du café cité ci-haut, nous appuyons notre
réflexion à celui du révérend père Georges
DEFOUR, dans son ouvrage « « Le développement rural
en Afrique central » » dans lequel il insiste sur le
rôle des acteurs dans la dynamique du changement.
Les acteurs, dans le développement, sont les personnes
qui prennent une part déterminante à son action, soit comme
acteurs de base (au niveau local), soit comme dotés d'un statut plus
général (au niveau régional, national,
international) : Quant à leurs rôles, il comporte surtout
deux volets complémentaires : action et formation.
Par exemple pour la formation, donner la priorité aux
acteurs (l'homme est le pivot du développement) sur les facteurs (qui
n'en sont que des éléments matériels)...
Organiser des contacts réguliers et une formation
continue, suivant pas à pas les intérêts et les besoins,
visant une réelle compétence et une perception objective de
chaque situation (17)
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