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Evaluation qualitative des eaux meteoriques de la zone industrielle de Douala-Bassa et risques sanitaires lies a leur consommationpar Sidoine Dave YAGOUE KAMENI Ecole des Infirmiers, Techniciens Médico-Sanitaire et du Génie Sanitaire de Yaoundé - Technicien du Génie Sanitaire 2012 |
SURLES COURS ET LES PLANS D'EAU, ET DONC SUR LA VIE AQUATIQUE ANIMALEBeaucoup d'organismes aquatiques sont très sensibles aux eaux acides; c'est pourquoi les milieux aquatiques ont été les premiers à présenter des signes perceptibles de l'impact des pluies acides. La plupart d'espèces d'amphibiens sont très sensibles aux eaux acides, qui causent une forte mortalité des oeufs. Les effets néfastes se font sentir à un pH de moins de 6,5. Plusieurs espèces de poissons commencent à disparaître lorsque le pH est inférieur à 6. On observe des changements dans la chimie sanguine des poissons, de même qu'un retard dans le développement des oeufs.Les précipitations acides entraînent également une augmentation du taux d'acidité des lacs et des cours d'eau. Or, en dessous d'un pH de 4,5, aucun poisson n'est susceptible de survivre. Cependant, ce n'est pas l'acidité elle-même qui est responsable de la mort des organismes, comme on l'a longtemps pensé, mais une diminution du pH s'accompagne la plupart du temps d'une augmentation de la concentration en métaux toxiques tels que l'aluminium et le mercure, qui causent un certain stress respiratoire chez les poissons. De plus, la baisse du pH est à l'origine de difficultés de reproduction chez l'ensemble des populations aquatiques. Enfin, les coquilles des crustacés et des mollusques ne se forment plus normalement. Seules, dans certains lacs, des mousses blanches appelées Sphaignes parviennent à survivre sur le fond ainsi que des insectes peu sensibles et certaines espèces de plancton. Les populations amphibiennes sont particulièrement atteintes par les pluies acides. En effet, un grand nombre d'espèces de grenouilles vivent dans des étangs provisoires, souvent petits et peu profonds, et donc facilement affectés par l'acidité des précipitations.[5] ? En dehors des conséquences directes sur la vie aquatique, il existe un autre effet néfaste des précipitations riches en NOx : elles augmentent considérablement la concentration en ions nitrates NO3- des plans d'eau et des zones maritimes, favorisant alors le processus d'eutrophisation de ces derniers. Ce phénomène peut se décomposer en plusieurs étapes : la quantité importante de nitrates, qui favorisent la croissance des végétaux, permet la multiplication rapide de ceux-ci et peut, dans les cas les plus graves, aboutir à une prolifération importante d'algues. Or, le stock de dioxygène étant très limité dans l'eau (environ 30 fois inférieur que dans un même volume d'air), il est rapidement épuisé lors des périodes pendant lesquelles la respiration des organismes aquatiques (activité mitochondriale consistant en l'absorption de dioxygène et de glucose pour former de l'énergie et du dioxyde de carbone) excède la production par photosynthèse (activité chloroplastique qui utilise le dioxyde de carbone et l'énergie produits par la respiration cellulaire pour former du dioxygène et du glucose), d'autant plus que cette photosynthèse est largement réduite puisque le passage de la lumière du soleil est grandement affecté par le développement d'algues à la surface de l'eau. Le milieu devient alors anoxique, c'est-à-dire dépourvu d'oxygène, ce qui est favorable à l'apparition de gaz nocifs comme le méthane par exemple. Il en résulte alors la mort d'organismes aquatiques, dont la décomposition, consommatrice d'oxygène, amplifie le phénomène. C'est un cercle vicieux...Notons que les lacs où l'acidité est la plus poussée ont des eaux plus claires, permettant une meilleure pénétration des rayons ultraviolets de type B,qui ont la propriété de freiner la photosynthèse : [5] ?Source : http://environnement.ecoles.free.fr, lu le 14 Avril 2012 On retrouve alors le caractère anoxique des plans d'eau, l'apparition de gaz délétères, conduisant à la mort des organismes aquatiques.
Fig. 1- Représentation schématique du phénomène d'eutrophisation d'un plan d'eau source: http://environnement.ecoles.free.fr Plus loin, des études ont montré que l'infiltration de ces eaux pluviales riches en acides, apparait comme l'un des principaux facteurs contribuant à la détérioration des eaux souterraines (Bernard-Valette, 2000). Les métaux lourds, plus particulièrement le plomb, le cuivre, le zinc et le cadmium rencontrés généralement dans les eaux pluviales (Malmquist et Svenson, 1977; Pitt et al., 1999; Datry, 2003), sont considérés comme des polluants susceptibles d'avoir des impacts considérables sur le milieu souterrain. Certains auteurs ont souligné que les dangers liés aux métaux lourds se posent donc à la fois en terme derisque de dégradation de la qualité des sols (Asami et al., 1995; Wasay et al., 1998; Février, 2001), mais également en terme de risque pour la ressource en eau souterraine (Chlopecka et al., 1996). Lassabatère (2002) a souligné également que le transfert des métaux lourds sous forme dissoute ou particulaire peut constituer un élément majeur de contamination des sols et des eaux souterraines. Ils peuvent toutefois migrer dans les eaux souterraines, s'accumuler dans la chaîne alimentaire et présenter par la suite des risques pour la santé humaine (Jourdan et al., 2005). |