CHAPITRE II : REVUE DE
LITTERATURE
2.1. Sécurité alimentaire
La sécurité alimentaire mondiale a connu une
détérioration marquée à partir de 2020,
après une période de relative stabilité entre 2014 et
2019. La pandémie de COVID-19 a exacerbé les
vulnérabilités existantes, en aggravant les effets des conflits,
des chocs climatiques et des ralentissements économiques(FAO, 2021). En
2020, entre 720 et 811 millions de personnes ont été
confrontées à la faim, soit une augmentation de 118 millions par
rapport à l'année précédente. L'Afrique est
particulièrement touchée, avec 21 % de sa population en situation
d'insécurité alimentaire. En 2022, ce chiffre est monté
à 282 millions de personnes sous-alimentées,
soit une hausse de 57 millions depuis le début de la pandémie.
Ces tendances mondiales soulignent l'urgence d'une réponse
coordonnée pour atteindre les Objectifs de Développement Durable,
notamment l'éradication de la faim d'ici 2030(FAO, 2021).
L'Afrique subsaharienne est confrontée à une
crise alimentaire sans précédent, alimentée par une
combinaison de facteurs structurels et conjoncturels. Les conflits
armés, les déplacements de populations, la variabilité
climatique, et les effets indirects de la guerre en Ukraine ont perturbé
les chaînes d'approvisionnement et augmenté le coût des
denrées alimentaires. Environ 78% de la population africaine n'a pas les
moyens de se nourrir sainement, ce qui compromet gravement la
sécurité nutritionnelle. Les femmes et les enfants sont les plus
exposés, avec des taux élevés de retard de croissance,
d'anémie et d'émaciation. Malgré les efforts des
États et des partenaires internationaux, le continent n'est pas en voie
d'atteindre les cibles de Malabo pour 2025 ni les ODD pour 2030(FAO, 2022).
Le Burkina Faso a mis en place des politiques en
matière de sécurité alimentaire et nutritionnelle dans le
cadre de la lutte contre le problème de l'insécurité
alimentaire et de malnutrition. Après la crise alimentaire de 1972-1973,
le Burkina a procédé à l'élaboration de la
Politique Nationale de Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle
(PNSAN), qui s'inscrit dans la dynamique de l'Etude Nationale Prospective
Burkina (ENPB) 2025, et la Stratégie de Croissance
Accélérée et de Développement Durable (SCADD), qui
prend en compte les orientations de la décentralisation. Environ 78% des
provinces connaissent une des formes crise alimentaire en 2022 il
déclare que 3,8 millions de personnes sont confrontés à la
sous-alimentation avec 2,2 millions de personnes en situation
d'insécurité alimentaire grave due principalement à la
crise sécuritaire (MAAH, 2022).
La situation alimentaire au Burkina Faso s'est encore
détériorée en 2023, notamment dans les régions du
nord et de l'est du pays. Selon les dernières analyses du réseau
FEWS NET, plusieurs communes comme Djibo, Arbinda, Markoye et Sebba sont
soumises à des blocus prolongés par des groupes armés non
étatiques, empêchant l'accès aux marchés et aux
sources de revenus. Ces zones sont classées en Phase 4 (Urgence) de
l'IPC, avec un risque croissant de basculement vers la Phase 5 (Famine) si
l'aide humanitaire n'est pas intensifiée. Les populations y sont
contraintes de recourir à des stratégies de survie
extrêmes, telles que la consommation d'aliments sauvages ou la
mendicité, malgré les menaces sécuritaires.Face à
cette crise multidimensionnelle, le gouvernement burkinabè a
adopté en mai 2023 un Plan de réponse et de soutien aux
populations vulnérables à l'insécurité alimentaire
et à la malnutrition (PRSPV), doté d'un budget de 215 milliards
de FCFA. Ce plan vise à améliorer l'accès à l'eau
potable, aux intrants agricoles, aux équipements de production, et
à renforcer l'alimentation du bétail. Il introduit
également des innovations en matière de résilience, en
orientant une partie des ressources vers le soutien à la production
agricole, notamment dans le cadre de la campagne humide 2023. Cette approche
intégrée cherche à réduire la dépendance
à l'aide alimentaire et à renforcer les capacités locales
de production.
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