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Evaluation des impacts socioéconomiques et durabilité des pratiques agroécologiques dans la grappe de Dan Saga (Aguié)


par Abdoulaye Djigo Tanko
Université Dan Dicko Dan Koulodo de Maradi - Master 2 2023
  

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3.1.6.2.4. Appréciation des revenus de ménages grâce à la RNA

Grâce aux revenus découlant de la vente des produits de la RNA, la proportion des répondants sur l'ensemble de ces villages de la grappe affirmant une augmentation de revenus est de 96,62% contre ceux affirmant une diminution des revenus est de 5,05%. Ce pendant seule 0,87% affirment que rien à changer à leur économie de ménage (figure 13).

DS DA GB HI KK MA Moy.

Augmentation de revenus Diminution des revenus Rien à changer

PROPORTIONS (%)

100%

90%

80%

70%

60%

50%

40%

30%

20%

10%

0%

Figure 13 : Proportions (%) des appréciations des revenus de ménages grâce à la RNA.

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3.2.Discussion

À l'issue de cette étude, des informations sur l'impact des pratiques agroécologiques mises en oeuvre par le Projet de Promotion de l'Initiative Locale de Développement à Aguié (PPILDA) de 2005 à 2012 dans la grappe de Dan Saga ont été documentées. Notre échantillonnage est composé de 87 % des Haoussa et de 13 % de Peulhs. Ainsi, il se compose de 31,5 % de femmes et de 68,5 % d'hommes, majoritairement alphabètes. La taille moyenne des ménages est de 9,87 #177; 5,805 personnes, avec en moyenne 5,09 #177; 3,574 actifs agricoles (AA) par ménage. Cette situation s'explique par le fait que les jeunes hommes s'intéressent davantage aux activités non agricoles et laissent les exploitations aux plus âgés. En ce qui concerne les résultats liés à l'ethno-spécificité, la facilité d'adoption des pratiques agroécologiques telles que la régénération naturelle assistée (RNA) peut s'expliquer par le besoin de l'ethnie Peulh pour l'alimentation de leurs troupeaux.

On observe une prédominance des exploitations individuelles (85,5 %) par rapport à celles des exploitations collectives (14,5 %). Cela s'explique généralement par l'achat, l'acquisition et la distribution des terres d'héritage aux membres de la famille devenus chefs de ménage, notamment les hommes, afin de leur permettre de diriger l'exploitation. L'âge moyen des enquêtés est de 49,30 #177; 10,57 ans, et leur activité principale est l'agriculture (97,5 %), suivie de l'élevage (1%). Ces résultats sont supérieurs à ceux obtenus par Rabé et al. (2021), qui ont trouvé un âge moyen de 45,3 ans et une proportion de 90 % pour l'activité principale. L'analyse des ressources révèle que la superficie moyenne cultivée est de 3,33 #177; 2,99 ha, avec en moyenne 2,7 #177; 2,67 champs par ménage de l'échantillon. Ainsi, grâce au projet CALI (2010), plus de 66,5 % des terres des bénéficiaires ont été formellement sécurisées. L'acquisition des champs se fait en moyenne par héritage (96 %) et par achat (22 %) dans la grappe. La prédominance de l'héritage sur l'achat s'explique par le fait que la gestion des terres reste encore lignagère. Cette transmission se fait généralement de père en fils, selon le principe islamique. En effet, en islam, la terre se transmet par héritage suivant les proportions de 2/3 pour le garçon et 1/3 pour la fille (Lawali, 2011). Ces données sont comparables à celles obtenues par Zakari et al. (2019).

Plusieurs pratiques agroécologiques sont mises en oeuvre par le projet, dont les plus appréciées par les agriculteurs sont : la RNA (98,42 %), les systèmes de culture (en ligne et en bandes alternées) (83,72 %), le compostage (73,23 %), l'utilisation des variétés améliorées de mil (HKP) et du niébé (IT 90K 372-1-2) (69,28 %), l'utilisation des biopesticides (52,32 %), la microdose d'engrais (27,78 %) et le semis direct (sans labour) (16,48 %). Ces résultats

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s'expliquent par la facilité du point de vue économique et social, ainsi que par l'accessibilité et la disponibilité des ressources à moindre coût, ce qui contribue à confirmer la première hypothèse.

En ce qui concerne le niveau d'adoption des pratiques agroécologiques, la régénération naturelle assistée est la plus adoptée en termes de technique de fertilisation et de réduction de l'érosion des sols, avec une moyenne de 84,37 %. Elle est suivie par l'application du compost (71,48 %) et la microdose d'engrais chimique (60,4 %). Cette adoption peut s'expliquer par le fait que la plupart des sols ayant une pauvreté naturelle réagissent positivement aux différentes pratiques d'amélioration de la fertilité (Ouattara, 2007). Ces améliorations ont engendré une bonne nutrition des plantes, d'où l'augmentation des rendements. Concernant la microdose, sa performance serait liée à la concentration des nutriments au niveau des systèmes racinaires, ce qui améliorerait l'accessibilité et l'efficience d'utilisation (Muehlig-Versen et al., 2003). Ce résultat est supérieur à celui obtenu par Sigue et al. (2018), qui ont trouvé un taux d'adoption de 36 %. S'agissant de l'utilisation des variétés améliorées du mil (HKP) et du niébé (IT 90K 372-1-2), le taux moyen d'adoption est de 60,88 %. Il est bien constaté que le taux d'adoption de la variété améliorée du niébé est largement inférieur à celui enregistré par Rabé et al. (2021), qui ont trouvé un taux d'adoption de la variété IT 90K 372-1-2 de 90 % chez les producteurs ayant participé aux CEP. Le taux d'adoption des variétés améliorées peut aussi s'expliquer par le potentiel de rendement de ces variétés (Saidou, 2011). Tout cela contribue à confirmer la deuxième hypothèse.

Les pratiques agroécologiques génèrent des activités génératrices de revenus, telles que la vente de bois, de produits non ligneux et de produits issus de la transformation des PFs. Ces activités contribuent à soutenir l'économie des ménages de producteurs grâce aux revenus qu'elles génèrent. Du point de vue économique et organisationnel, la commercialisation des graines de Balanites aegyptiaca transformées génère plus de 4 416 000 FCFA/an pour le groupement féminin « Muci morial itacé » de Dan Saga. Quant aux apiculteurs enquêtés, leur revenu moyen est de 2 825 000 F CFA par an. Ces résultats sont supérieurs à ceux obtenus par Abdou (2016), qui a trouvé un chiffre d'affaires annuel de 4 152 000 F CFA pour le GIE et 1 176 250 F CFA pour le miel. Les femmes vendent les fruits, le savon et l'huile, tandis que les hommes se spécialisent dans la vente du miel et du bois. Globalement, la vente des produits non ligneux a favorisé l'émergence d'activités génératrices de revenus dans les différents ménages de la grappe. Les pratiques agroécologiques représentent un outil efficace de lutte contre la vulnérabilité chez les producteurs et exploitants du bois. En ce qui concerne la réduction du

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coût de production, la microdose permet de réduire les coûts des engrais, favorisant ainsi une augmentation du revenu des producteurs (Taonda et al., 2008). Tout cela contribue à confirmer la troisième hypothèse, qui stipule que les pratiques agroécologiques améliorent les indicateurs socioéconomiques et l'environnement au sein des ménages.

En ce qui concerne la durabilité, les pratiques telles que la Régénération naturelle assistée, l'utilisation de variétés améliorées, le compostage, les biopesticides et la microdose d'engrais sont celles qui peuvent être qualifiées de durables. Elles s'adaptent au mieux à leur contexte économique, socioculturel et environnemental, et constituent la base de leur production. En effet, elles sont mises en oeuvre dans le but d'accroître la fertilité de manière durable et de limiter l'utilisation excessive de produits chimiques, tout en étant économiquement viables et socialement acceptables (Laurent, 2023). Ces pratiques sont appliquées depuis plus de 8,9 ans, malgré certaines difficultés peu significatives dans leur mise en oeuvre, telles que la cherté des variétés améliorées, la perte de tiges de céréales et la difficulté de germination de certaines espèces forestières. Ainsi, l'hypothèse selon laquelle les pratiques agroécologiques développées sont durables, malgré les contraintes techniques, socioéconomiques et environnementales, est confirmée.

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