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Evaluation des impacts socioéconomiques et durabilité des pratiques agroécologiques dans la grappe de Dan Saga (Aguié)


par Abdoulaye Djigo Tanko
Université Dan Dicko Dan Koulodo de Maradi - Master 2 2023
  

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Introduction

Le Niger est un pays sahélien au climat semi-aride de l'Afrique de l'Ouest, limité au nord par l'Algérie et la Libye, à l'est par le Tchad, au sud par le Nigeria et le Bénin, à l'ouest par le Burkina Faso et le Mali. Il a une superficie de 1 267 000 km2 avec une population estimée en 2020 à 23 196 002 habitants (INS, 2020). Sa densité est de 18,5 habitants au km2 avec un taux d'accroissance annuel encore élevée de 3,9% (INS, 2020). Par ailleurs, la population du Niger est extrêmement jeune : les moins de 15 ans représentaient 52 % en 2015.

L'économie du pays est dépendante de l'agriculture et contribue à 40 % au PIB (BM, 2023). Le système de production est dominé par des petites exploitations agricoles végétales et d'élevage (Zakari et al, 2016). La situation environnementale présente des écosystèmes terrestres en dégradation qui se traduit par une réduction de la superficie couverte et/ou la baisse de la richesse spécifique du recouvrement végétal (CNEDD, 2009). L'agriculture nigérienne se trouve confrontée à plusieurs contraintes dont la faible utilisation des variétés améliorée (Ibro & Bokar, 2001 ; Sani & Bagna, 2007) ; la pression croissante des insectes ravageurs ; la pauvreté des sols qui est l'une des plus importantes contraintes qui limitent le potentiel de l'agriculture (Serme et al., 2015) et le faible encadrement des producteurs et l'inaccessibilité aux innovations agricoles (MAG-SDR. 2010). Les caractéristiques majeures de l'agriculture nigérienne sont : La persistance des systèmes de production traditionnels extensifs, la baisse progressive des rendements, les coûts élevés des moyens de production et le faible niveau des prix aux producteurs (FAO, 2016). La fertilité des sols qui répondent aux besoins quotidiens des paysans sont en état de dégradation avancée sous les effets conjugués des actions anthropiques et des changements climatiques. Ces dernières décennies sont marquées par une instabilité climatique illustrée par une baisse significative des pluviométries annuelles et par une augmentation de la variabilité interannuelle des précipitations (Yamba, 2004). Cette contrainte climatique affecte l'agriculture et l'élevage. L'insécurité alimentaire à laquelle font face les populations est chronique. En effet, des groupes de populations connaissent chaque année, une insécurité alimentaire et nutritionnelle suite notamment à des mauvaises récoltes et/ou à une insuffisance de revenus pour accéder convenablement à l'alimentation (CISAN, 2011).

La région de Maradi (Niger) avec une population de 3 404 645 habitants en 2012, était confrontée à d'énormes difficultés qui accentuent le niveau de vulnérabilité des populations, le chômage et la migration. Située dans la région de Maradi à environ 75 Km à l'est du chef-lieu de la région, la commune d'Aguié couvre une superficie de 1100 Km2 et compte 84 villages. Cette zone à vocation agro-sylvo-pastorale ne fait pas exception aux phénomènes de

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dégradation des ressources naturelles dus surtout à la pauvreté en milieu rural (Abdou, 2016). Pour contribuer à la réduction de la vulnérabilité des populations, la commune d'Aguié a bénéficié des interventions de plusieurs projets dont le Projet de Promotion de l'Initiative Locale pour le Développement d'Aguié (PPILDA) et le Projet d'Appui à la Sécurité Alimentaire et au Développement de Maradi (PASADEM) dans le but d'amener les paysans à prendre conscience de la nécessité de s'organiser pour résoudre les problèmes communs que sont la baisse de la production agricole, la pauvreté, la dégradation de l'environnement, etc. (Saminou, 2014 ). Cette dynamique organisationnelle conduit à la création des organisations à l'échelle villageoise et inter-villageoise remplissant des fonctions d'autorité de gestion appelée "grappe". La grappe de Dan Saga regroupe cinq (5) villages à savoir : Dan Saga, Dogaraoua, Guidan Bakoye, Hardo Illia, Kokai, et Mallamawa. C'est dans ce contexte que plusieurs pratiques agroécologiques tels que le compostage, l'utilisation des biopesticides, la mise en place des banques d'intrants, céréalière et le petit élevage ont été élaboré et mis en oeuvre par le projet de développement tel que le Projet de Promotion de l'Initiative Locale de Développement à Aguié (PPILDA) région de Maradi, financement de FIDA pour une durée allant de 2005 à 2012.

Bien que le terme « agroécologie » n'apparaisse que dans les années 1920, les exploitations agricoles appliquent, à plus ou moins grande échelle, des pratiques et des systèmes qui peuvent être considérés comme agroécologiques, c'est-à-dire qui permettent la reproduction de l'écosystème cultivé et la protection de l'environnement, tout en étant économiquement viables et socialement acceptables (Levard Laurent, 2023). Les activités socio-économiques des populations rurales d'Afrique sahélienne reposent essentiellement sur l'agriculture et l'exploitation des ressources naturelles (Clavel et al., 2008 ; Dan Guimbo, 2011). L'exploitation écologiques de ces ressources en milieu rural constitue pour les populations une source de revenus d'où un moyen de lutter contre la pauvreté, de rehausser leur pouvoir économique et d'améliorer leurs conditions de vie (SINA et al, 2019). Elle a des impacts positifs sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle ainsi que sur les conditions économiques des ménages à faible revenu (Kpadenou et al., 2019).

Selon Camara et al., (2017), les pratiques agroécologiques ont d'importante effets socio-économique Telles que : la réduction du coût et la dose d'engrais utilisée, la source d'alimentation bétail, de pharmacopée, supplément de bois de feu et aussi l'utilisation des tiges coupées dans la confection de clôtures ou de greniers. Ces pratiques offrent également la proximité des marchés et des services urbains et ont des avantages intéressants pour les

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producteurs qui peuvent écouler leur marchandise hautement périssable sur les marchés urbains et s'approvisionner en intrants dans les commerces et les industries urbaines (Gravel, 2016). L'agriculture écologique peut offrir plusieurs bénéfices importants pour les ménages qui s'y adonnent (Biaou et al., 2016).

Au Niger, l'adoption des nouvelles technologies par les producteurs est l'une des voies du développement de l'agriculture pluviale (Issoufou et al., 2017). Les facteurs déterminant l'adoption des pratiques agroécologiques introduite en milieu rural sont liés non seulement à la technologie mais aussi aux conditions socioéconomiques et démographiques du producteur (Yabi et al., 2016). Ces pratiques visent l'accroissement de la productivité des principales cultures vivrières et du fait de leur importance pour la sécurité alimentaire et la lutte contre la pauvreté (Ouédraogo, 2010). L'adoption de ces pratiques pourrait favoriser une meilleure gestion des ressources naturelles et asseoir les fondements d'un développement économique et social durable (Kohio et al., 2017 in Saka et al., 2023). Les avantages des pratiques agroécologiques sont nombreux et variés, la grappe de Dan Saga est un cas illustratif des pratiques Agroécologiques (Abdou, 2016). Dans ce terroir, les pratiques agroécologiques sont devenus une fierté pour toute la population car les impacts sont perceptibles.

Au regard de tout ce qui précède, le besoin d'informations quantitatives et qualitatives est ressenti afin de mieux percevoir les impacts induits. C'est pourquoi, il est important de caractériser, de mesurer l'impact socioéconomique, la durabilité, et le niveau d'adoption de ces pratiques agroécologiques dans cette grappe. Ces problématiques sont à la base de cette étude, intitulée : « Evaluation des impacts socioéconomiques et durabilité des pratiques agroécologiques dans la grappe de Dan Saga (Aguié) ».

Questions de recherche

· Quelles sont les différentes pratiques agroécologiques utilisées par les producteurs ?

· Quel est le taux d'adoption des pratiques agroécologiques vulgarisées ?

· Quels sont les impacts socio-économiques et environnementaux de l'utilisation des pratiques agroécologiques ?

· Quels sont les aspects de durabilité des pratiques agroécologiques mise en oeuvre ?

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Objectifs et hypothèses de recherche

Objectif général : Evaluer la contribution et la durabilité des pratiques agroécologiques mises en oeuvre par PPILDA dans le graphe de Dan Saga.

Objectifs spécifiques :

· Identifier les pratiques agroécologiques développées dans la zone d'étude ;

· Déterminer le taux d'adoption de ces pratiques agroécologiques ;

· Evaluer les impacts socio-économiques et environnementaux induits par les pratiques agroécologiques ;

· Analyser la durabilité des pratiques agroécologiques mise en oeuvre.

Hypothèses de recherche

y' H1 : Les pratiques agroécologiques sont diversifiées et présentent des caractéristiques appréciées par les agriculteurs.

y' H2 : Le taux d'adoption des pratiques agroécologiques est significatif dans la graffe de Dan saga en raison de diverses contraintes.

y' H3 : Les pratiques agroécologiques améliorent les indicateurs socioéconomiques et l'environnement au ménage.

y' H4 : Les pratiques agroécologiques développées sont durables malgré les contraintes techniques, socioéconomiques et environnementales.

Le présent document est structuré en trois chapitres, dont la première traite des généralités et de la revue bibliographique, la deuxième traite du matériel et des méthodes, et le troisième présente les résultats et la discussion.

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