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Evaluation des impacts socioéconomiques et durabilité des pratiques agroécologiques dans la grappe de Dan Saga (Aguié)


par Abdoulaye Djigo Tanko
Université Dan Dicko Dan Koulodo de Maradi - Master 2 2023
  

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1.3.Approches agroécologiques mises en oeuvre par PPILDA

Plusieurs stratégies ont été développées avec les producteurs par la mise en place des champs de démonstration de nouvelles technologies pour l'augmentation des rendements et des revenus (Rabe et al., 2021). Ces stratégies appelées communément pratiques l'intensification agroécologique sont : le défrichement amélioré ou RNA, le labour profond pour l'ameublissement du sol, l'apport de la fumure organique ou du compost pour le redressement de la fertilité du sol, le Zaï pour limiter les pertes d'eau par ruissellement dans les champs, les biopesticides à base de graines de Neem pour la gestion des insectes ravageurs du niébé ; la lutte biologique avec les lâchers augmentant le parasitoïde de Habrobracon hebetor pour la lutte contre la mineuse de l'épi du mil, le sac PICS (Purdue Improved Cowpea Storage) pour la conservation sans pesticide du niébé et la fabrication des blocs multi nutritionnels densifiés pour la valorisation des résidus des cultures et l'amélioration de la production animale.

Ces stratégies technologiques sont transmises à travers des approches participatives faites avec et pour les producteurs cibles. Selon Neuchâtel (1995) dans Rabe et al., (2021), l'approche participative est considérée comme un élément indispensable dans l'adoption des nouvelles technologies. Il est donc possible qu'être apprenant dans un champ de démonstration (CD, CEP, ACAP ou PIP) pourrait influencer positivement la décision du producteur à adopter les technologies agricoles proposées.

1.4. Approches de transfert et de diffusion des pratiques agroécologiques

Cette partie nous permettra de faire mieux connaissance du processus méthodologique utilisé par le projet PPILDA à travers les approches PIP, CEP ou CD, ACAP et de découvrir les acteurs impliqués et leurs rôles dans le dispositif.

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1.4.1. Parcelles d'initiatives paysannes (PIP)

Les PIP sont des outils de vulgarisation qui visent la promotion et la diffusion d'initiatives et innovations paysannes, mais aussi de nouvelles technologies issues de la recherche. Elles sont caractérisées par une approche participative qui permet d'atténuer les obstacles liés au transfert de technologies en milieu paysan, notamment en ce qui concerne l'adaptabilité de celles-ci au contexte physique et socioéconomique des populations (Saminou, 2014).

Les PIP sont des dispositifs participatifs de démonstration de technologies porteuses issues de la recherche ou du milieu paysan. Elles se basent sur un partenariat entre paysans, chercheurs et agents de vulgarisation. Dans l'idéal, elles sont situées à proximité d'une grande voie de communication pour faciliter l'accès aux bénéficiaires et, plus en général, à tous les producteurs qui peuvent s'y intéresser. Ainsi, les PIP visent à améliorer les productions agricoles, animales et la gestion des ressources naturelles, à travers un renforcement des capacités techniques, opérationnelles et organisationnelles des producteurs autour de :

· L'acquisition de nouvelles technologies d'amélioration de la production agricole (semences, techniques et pratiques culturales) ;

· La valorisation des innovations locales ;

· Le transfert et la diffusion des technologies et des innovations locales et/ou externes ;

· Le partage de connaissances et d'expériences entre les producteurs et les partenaires de la recherche et de la vulgarisation ;

· Le transfert de la maîtrise d'ouvrage locale en matière de vulgarisation rurale, notamment aux groupements paysans d'appui-conseil agricole.

Leur processus de mise en place commence par un autodiagnostic villageois, et il se poursuit par l'identification des sites, des participants et par la négociation sur le dispositif de mise en oeuvre et de suivi-évaluation à mettre en place. La mise en place comprend aussi des échanges avec d'autres PIP, et se termine par une autoévaluation au niveau du village et de la grappe de villages. Des actions d'accompagnement (accès aux intrants...) sont aussi prévues, ainsi que la capitalisation et diffusion des résultats. Les PIP sont réalisés de juin à octobre (Saminou, 2014).

1.4.2. Champs de diversités ou champs écoles paysan (CD ou CEP)

Le CD est un dispositif participatif de renforcement des capacités des paysans en termes de connaissance, de conservation et de valorisation des ressources phytogénétiques agricoles (Saminou, 2014).

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Les CD poursuivent plusieurs objectifs :

· La découverte de la diversité phytogénétique et variétale issue du milieu paysan ou des structures de recherche ;

· La caractérisation des variétés (précocité, résistance à la sécheresse, aux ennemis des cultures, niveau de rendement...) ;

· L'acquisition d'outils d'aide à la décision par rapport au choix des variétés et des ressources phytogénétiques ;

· La mise en place d'un dispositif de conservation des ressources phytogénétiques agricoles.

Les CD se basent sur un partenariat entre paysans, chercheurs et agents de vulgarisation : leur processus participatif de mise en place commence par un autodiagnostic villageois, et il se poursuit par l'identification des sites, des participants et par la négociation sur le dispositif de mise en oeuvre et de suivi-évaluation à mettre en place. La mise en place comprend aussi des échanges avec d'autres CD, et se termine par une foire de semences et autoévaluation au niveau du village et de la grappe. Des actions d'accompagnement (accès aux intrants, outils, ...) sont aussi prévues, ainsi que la capitalisation et diffusion des résultats. Les CD sont réalisés de juin à octobre (Saminou, 2014).

1.4.1. Appui Conseil Agricole Paysan (ACAP)

L'appui-conseil agricole paysan est l'un des outils de vulgarisation agricole participative mis en oeuvre par le PPILDA. En particulier, il s'agit de l'outil destiné à assurer la pérennité du dispositif de vulgarisation agricole du projet. L'ACAP agit sur plusieurs contraintes qui caractérisent la zone d'intervention du PPILDA : d'un côté des contraintes liées au milieu naturel, comme la pluviométrie aléatoire et la basse fertilité des sols ; de l'autre des contraintes sociodémographiques, dont la principale est la forte pression foncière qui limite l'accès à la terre pour les catégories les plus vulnérables : les femmes et les jeunes (Saminou, 2014).

L'ACAP mise sur des groupements de jeunes paysans (hommes et femmes) pour renforcer les capacités de production agricole des ménages paysans. Il a pour objectifs principaux :

· D'appuyer les ménages dans l'amélioration de leur niveau de production agricole par le choix de variétés végétales et l'application de technologies performantes et adaptées à leur contexte.

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De renforcer l'offre locale paysanne de services pour que les populations puissent être accompagnées dans la durée, tout en créant des emplois rémunérateurs pour les jeunes.

C'est ainsi de 2009 à 2012, le projet a testé un dispositif d'appui conseil agricole paysan en sélectionnant, à travers un test, 50 meilleurs paysans animateurs dans les CD/PIP ayant une expérience minimum de trois ans dans la conduite de ces opérations.

Chacun de ces paysans animateurs aura enrôlé et encadré 10 ménages vulnérables de son terroir sous la supervision et le contrôle techniques des agents de l'agriculture.

1.5.Présentation de la zone d'étude

1.5.1. Situation Géographique

La commune d'Aguié est située entre 07,56° - 07,85° de Longitude Est et 13,23 - 13,74° de Latitude nord dans la partie sud de la région de Maradi et au centre du département d'Aguié dont elle relève administrativement. Elle est limitée à l'Est par la commune urbaine de Gazaoua, à l'ouest par la commune rurale de Tchadoua, au Nord par celle de Sherkin Haoussa (Département de Mayahi), au Sud par la commune de Gangara (département de Gazaoua) et la République Fédérale du Nigeria. Elle couvre une superficie de 1110 Km2, soit 61,87 % du département d'Aguié (1794 Km2) et 2,65% de la région de Maradi (41796 Km2). Cette commune a été créée par la loi n°2002-14 du 11 juin 2002 portant création des communes et fixant le nom de leurs chefs-lieux. Elle compte 84 villages administratifs, 8 quartiers, 98 tributs et hameaux (Commune d'Aguié, 2020).

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Figure 1 : Localisation des villages d'étude

1.5.2. Cadre biophysique et aspects socio-économiques

Dans la commune d'Aguié, le relief est caractérisé par un vaste plateau muni de quelques buttes de sables avec de surfaces quasi planes plus importantes et de petites dépressions. L'altitude maximale est de 472 m (Commune d'Aguié. 2020). Elle a un climat du type sahélien caractérisé par trois saisons bien distinctes :

· La saison sèche et froide qui s'étale de novembre à février. La température moyenne minimale est généralement inférieure à 15 °C ;

· La saison sèche et chaude varie de mars à mai. Elle est marquée par de fortes températures entre avril et mai pouvant atteindre 40°C sous l'effet de l'Harmattan ;

· La saison pluvieuse commence généralement en juin pour prendre fin en octobre. La pluviométrie oscille entre 400 et 600 mm suivant les années.

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La pluviométrie moyenne calculée sur les cinq (5) dernières années est de 468,2 mm (Commune d'Aguié. 2020). Dans cette zone on distingue deux types de sol :

· Les sols dunaires (Jigawa) de structure sablonneuse sont les plus dominants. Ils sont très sensibles à l'érosion éolienne. Ils sont faciles à travailler mais leur production est faible à cause de la baisse constante de la fertilité et de faible capacité de rétention en eau ;

· Les sols ferrugineux tropicaux (Guéza) de structure limoneuse qui se rencontrent au autour du chef-lieu de la Commune.

La commune d'Aguié dispose d'un potentiel en ligneux et en herbacés riche et varié. Les sécheresses cycliques et les pressions anthropiques de ces trois dernières décennies ont complètement façonné la physionomie des écosystèmes. Son massif forestier est constitué principalement de trois forêts classées ; Guidan Malam Bakabé (7000 ha), Dan Kada (6880 ha) et Dan Gado (2700 ha). Ces forêts sont aujourd'hui dans un état de dégradation très avancé et les principales espèces ligneuses qu'on y rencontre fréquemment sont : Sclerocarya birrea, Commiphora africana, Guiera senegalensis, Combretum micranthum, Combretum glutinosum; des reliques de Diospyros mespiliformis et des Anogeissus leiocarpus existent à l'état disséminé. Au niveau du parc agro forestier, on rencontre Ziziphus mauritiana, Ziziphus spina-christi, Balanites aegyptiaca, Adansonia digitata, Tamarindus indica, Sclerocarya birrea, Prosopis africana, Piliostigma reticulatum, Hyphaene thebaica, etc. Le tapis herbacé est essentiellement composé de : Eragrostis tremula, Cenchrus biflorus, Brachiaria distichophylla (Commune d'Aguié. 2020).

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CHAPITRE 2 : MATERIEL ET METHODES 2.1.Matériel

Pour mener cette étude d'évaluation, les matériels utilisés sont :

· Des documents décrivant le Projet PPILDA pour avoir une idée générale sur les activités mener

· Une fiche d'enquête individuelle

· Un ordinateur laptop avec une connexion internet pour la digitalisation de la fiche d'enquête, la réception des données et le téléchargement sur le serveur kobotoolbox. Cette même machine a permis d'effectuer le nettoyage et les analyses des données à travers le tableur Excel.

· Un bloc note permettant de prendre des notes supplémentaires sur le terrain

· Un smartphone avec l'application KoboCollect intégrée pour mener les enquêtes et prendre des photos pour les illustrations terrains.

2.2.Méthodes

2.2.1. Evaluation d'impacts

Les données de l'enquête ont permis, dans un premier temps, d'obtenir la situation de référence des 200 répondants, mais aussi l'évolution de leur situation au fil des années après l'adoption des pratiques agroécologiques dans le temps et dans l'espace. Cela a permis de dresser une comparaison grâce aux impacts oraux et visuels sur le plan socioéconomique et environnemental de la grappe en général. Cette comparaison s'est basée sur les pratiques d'intensification agricole, les pratiques agroécologiques ainsi que les différentes activités génératrices de revenus (AGR) telles que la formation professionnelle, la promotion du petit élevage et les productions maraîchères marchandes, découlant de l'intervention du projet.

Pour mesurer les impacts induits, les indicateurs suivis sont les chiffres d'affaires des groupements (femmes transformateurs de Balanites aegyptiaca, des apiculteurs et exploitants de bois), le nombre de pratiquants et la fréquence annuelle de la pratique de l'agriculture de conservation, le nombre de formateurs issus des initiatives de développement agricole, le nombre d'emplois créés, le nombre d'agendas d'affaires entre les fournisseurs d'intrants et les producteurs à travers les commandes groupées, ainsi que le coefficient multiplicateur du compte d'exploitation agricole écologique. Enfin, la comparaison a été effectuée à travers une estimation de leurs indicateurs de départ et après l'intervention du projet.

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