Cette partie nous permettra de faire mieux connaissance du
processus méthodologique utilisé par le projet PPILDA à
travers les approches PIP, CEP ou CD, ACAP et de découvrir les acteurs
impliqués et leurs rôles dans le dispositif.
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1.4.1. Parcelles d'initiatives paysannes
(PIP)
Les PIP sont des outils de vulgarisation qui visent la
promotion et la diffusion d'initiatives et innovations paysannes, mais aussi de
nouvelles technologies issues de la recherche. Elles sont
caractérisées par une approche participative qui permet
d'atténuer les obstacles liés au transfert de technologies en
milieu paysan, notamment en ce qui concerne l'adaptabilité de celles-ci
au contexte physique et socioéconomique des populations (Saminou,
2014).
Les PIP sont des dispositifs participatifs de
démonstration de technologies porteuses issues de la recherche ou du
milieu paysan. Elles se basent sur un partenariat entre paysans, chercheurs et
agents de vulgarisation. Dans l'idéal, elles sont situées
à proximité d'une grande voie de communication pour faciliter
l'accès aux bénéficiaires et, plus en
général, à tous les producteurs qui peuvent s'y
intéresser. Ainsi, les PIP visent à améliorer les
productions agricoles, animales et la gestion des ressources naturelles,
à travers un renforcement des capacités techniques,
opérationnelles et organisationnelles des producteurs autour de :
· L'acquisition de nouvelles technologies
d'amélioration de la production agricole (semences, techniques et
pratiques culturales) ;
· La valorisation des innovations locales ;
· Le transfert et la diffusion des technologies et des
innovations locales et/ou externes ;
· Le partage de connaissances et d'expériences
entre les producteurs et les partenaires de la recherche et de la vulgarisation
;
· Le transfert de la maîtrise d'ouvrage locale en
matière de vulgarisation rurale, notamment aux groupements paysans
d'appui-conseil agricole.
Leur processus de mise en place commence par un
autodiagnostic villageois, et il se poursuit par l'identification des sites,
des participants et par la négociation sur le dispositif de mise en
oeuvre et de suivi-évaluation à mettre en place. La mise en place
comprend aussi des échanges avec d'autres PIP, et se termine par une
autoévaluation au niveau du village et de la grappe de villages. Des
actions d'accompagnement (accès aux intrants...) sont aussi
prévues, ainsi que la capitalisation et diffusion des résultats.
Les PIP sont réalisés de juin à octobre (Saminou,
2014).
1.4.2. Champs de diversités ou champs
écoles paysan (CD ou CEP)
Le CD est un dispositif participatif de renforcement des
capacités des paysans en termes de connaissance, de conservation et de
valorisation des ressources phytogénétiques agricoles (Saminou,
2014).
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Les CD poursuivent plusieurs objectifs :
· La découverte de la diversité
phytogénétique et variétale issue du milieu paysan ou des
structures de recherche ;
· La caractérisation des variétés
(précocité, résistance à la sécheresse, aux
ennemis des cultures, niveau de rendement...) ;
· L'acquisition d'outils d'aide à la
décision par rapport au choix des variétés et des
ressources phytogénétiques ;
· La mise en place d'un dispositif de conservation des
ressources phytogénétiques agricoles.
Les CD se basent sur un partenariat entre paysans, chercheurs
et agents de vulgarisation : leur processus participatif de mise en place
commence par un autodiagnostic villageois, et il se poursuit par
l'identification des sites, des participants et par la négociation sur
le dispositif de mise en oeuvre et de suivi-évaluation à mettre
en place. La mise en place comprend aussi des échanges avec d'autres CD,
et se termine par une foire de semences et autoévaluation au niveau du
village et de la grappe. Des actions d'accompagnement (accès aux
intrants, outils, ...) sont aussi prévues, ainsi que la capitalisation
et diffusion des résultats. Les CD sont réalisés de juin
à octobre (Saminou, 2014).
1.4.1. Appui Conseil Agricole Paysan (ACAP)
L'appui-conseil agricole paysan est l'un des outils de
vulgarisation agricole participative mis en oeuvre par le PPILDA. En
particulier, il s'agit de l'outil destiné à assurer la
pérennité du dispositif de vulgarisation agricole du projet.
L'ACAP agit sur plusieurs contraintes qui caractérisent la zone
d'intervention du PPILDA : d'un côté des contraintes liées
au milieu naturel, comme la pluviométrie aléatoire et la basse
fertilité des sols ; de l'autre des contraintes
sociodémographiques, dont la principale est la forte pression
foncière qui limite l'accès à la terre pour les
catégories les plus vulnérables : les femmes et les jeunes
(Saminou, 2014).
L'ACAP mise sur des groupements de jeunes paysans (hommes et
femmes) pour renforcer les capacités de production agricole des
ménages paysans. Il a pour objectifs principaux :
· D'appuyer les ménages dans
l'amélioration de leur niveau de production agricole par le choix de
variétés végétales et l'application de technologies
performantes et adaptées à leur contexte.
·
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De renforcer l'offre locale paysanne de services pour que les
populations puissent être accompagnées dans la durée, tout
en créant des emplois rémunérateurs pour les jeunes.
C'est ainsi de 2009 à 2012, le projet a testé
un dispositif d'appui conseil agricole paysan en sélectionnant, à
travers un test, 50 meilleurs paysans animateurs dans les CD/PIP ayant une
expérience minimum de trois ans dans la conduite de ces
opérations.
Chacun de ces paysans animateurs aura enrôlé et
encadré 10 ménages vulnérables de son terroir sous la
supervision et le contrôle techniques des agents de l'agriculture.
1.5.Présentation de la zone
d'étude
1.5.1. Situation Géographique
La commune d'Aguié est située entre 07,56°
- 07,85° de Longitude Est et 13,23 - 13,74° de Latitude nord dans la
partie sud de la région de Maradi et au centre du département
d'Aguié dont elle relève administrativement. Elle est
limitée à l'Est par la commune urbaine de Gazaoua, à
l'ouest par la commune rurale de Tchadoua, au Nord par celle de Sherkin Haoussa
(Département de Mayahi), au Sud par la commune de Gangara
(département de Gazaoua) et la République Fédérale
du Nigeria. Elle couvre une superficie de 1110 Km2, soit 61,87 % du
département d'Aguié (1794 Km2) et 2,65% de la
région de Maradi (41796 Km2). Cette commune a
été créée par la loi n°2002-14 du 11 juin 2002
portant création des communes et fixant le nom de leurs chefs-lieux.
Elle compte 84 villages administratifs, 8 quartiers, 98 tributs et hameaux
(Commune d'Aguié, 2020).

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Figure 1 : Localisation des villages d'étude
1.5.2. Cadre biophysique et aspects
socio-économiques
Dans la commune d'Aguié, le relief est
caractérisé par un vaste plateau muni de quelques buttes de
sables avec de surfaces quasi planes plus importantes et de petites
dépressions. L'altitude maximale est de 472 m (Commune d'Aguié.
2020). Elle a un climat du type sahélien caractérisé par
trois saisons bien distinctes :
· La saison sèche et froide qui s'étale de
novembre à février. La température moyenne minimale est
généralement inférieure à 15 °C ;
· La saison sèche et chaude varie de mars
à mai. Elle est marquée par de fortes températures entre
avril et mai pouvant atteindre 40°C sous l'effet de l'Harmattan ;
· La saison pluvieuse commence
généralement en juin pour prendre fin en octobre. La
pluviométrie oscille entre 400 et 600 mm suivant les années.
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La pluviométrie moyenne calculée sur les cinq
(5) dernières années est de 468,2 mm (Commune d'Aguié.
2020). Dans cette zone on distingue deux types de sol :
· Les sols dunaires (Jigawa) de structure sablonneuse
sont les plus dominants. Ils sont très sensibles à
l'érosion éolienne. Ils sont faciles à travailler mais
leur production est faible à cause de la baisse constante de la
fertilité et de faible capacité de rétention en eau ;
· Les sols ferrugineux tropicaux (Guéza) de
structure limoneuse qui se rencontrent au autour du chef-lieu de la Commune.
La commune d'Aguié dispose d'un potentiel en ligneux
et en herbacés riche et varié. Les sécheresses cycliques
et les pressions anthropiques de ces trois dernières décennies
ont complètement façonné la physionomie des
écosystèmes. Son massif forestier est constitué
principalement de trois forêts classées ; Guidan Malam
Bakabé (7000 ha), Dan Kada (6880 ha) et Dan Gado (2700 ha). Ces
forêts sont aujourd'hui dans un état de dégradation
très avancé et les principales espèces ligneuses qu'on y
rencontre fréquemment sont : Sclerocarya birrea, Commiphora
africana, Guiera senegalensis, Combretum micranthum, Combretum glutinosum;
des reliques de Diospyros mespiliformis et des Anogeissus
leiocarpus existent à l'état disséminé. Au
niveau du parc agro forestier, on rencontre Ziziphus mauritiana, Ziziphus
spina-christi, Balanites aegyptiaca, Adansonia digitata, Tamarindus indica,
Sclerocarya birrea, Prosopis africana, Piliostigma reticulatum, Hyphaene
thebaica, etc. Le tapis herbacé est essentiellement composé
de : Eragrostis tremula, Cenchrus biflorus, Brachiaria distichophylla
(Commune d'Aguié. 2020).
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CHAPITRE 2 : MATERIEL ET METHODES
2.1.Matériel
Pour mener cette étude d'évaluation, les
matériels utilisés sont :
· Des documents décrivant le Projet PPILDA pour
avoir une idée générale sur les activités mener
· Une fiche d'enquête individuelle
· Un ordinateur laptop avec une connexion internet pour la
digitalisation de la fiche d'enquête, la réception des
données et le téléchargement sur le serveur kobotoolbox.
Cette même machine a permis d'effectuer le nettoyage et les analyses des
données à travers le tableur Excel.
· Un bloc note permettant de prendre des notes
supplémentaires sur le terrain
· Un smartphone avec l'application KoboCollect
intégrée pour mener les enquêtes et prendre des photos pour
les illustrations terrains.
2.2.Méthodes
2.2.1. Evaluation d'impacts
Les données de l'enquête ont permis, dans un
premier temps, d'obtenir la situation de référence des 200
répondants, mais aussi l'évolution de leur situation au fil des
années après l'adoption des pratiques agroécologiques dans
le temps et dans l'espace. Cela a permis de dresser une comparaison grâce
aux impacts oraux et visuels sur le plan socioéconomique et
environnemental de la grappe en général. Cette comparaison s'est
basée sur les pratiques d'intensification agricole, les pratiques
agroécologiques ainsi que les différentes activités
génératrices de revenus (AGR) telles que la formation
professionnelle, la promotion du petit élevage et les productions
maraîchères marchandes, découlant de l'intervention du
projet.
Pour mesurer les impacts induits, les indicateurs suivis sont
les chiffres d'affaires des groupements (femmes transformateurs de
Balanites aegyptiaca, des apiculteurs et exploitants de bois), le
nombre de pratiquants et la fréquence annuelle de la pratique de
l'agriculture de conservation, le nombre de formateurs issus des initiatives de
développement agricole, le nombre d'emplois créés, le
nombre d'agendas d'affaires entre les fournisseurs d'intrants et les
producteurs à travers les commandes groupées, ainsi que le
coefficient multiplicateur du compte d'exploitation agricole écologique.
Enfin, la comparaison a été effectuée à travers une
estimation de leurs indicateurs de départ et après l'intervention
du projet.