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Conception et dimensionnement d'un système optimisé de traitement des effluents de l'abattoir de Saint-Cloud dans l'arrondissement d'Ebolowa II


par Sidoine Dave YAGOUE KAMENI
Université d'Ebolowa - 2iE Ouagadougou - GSGS - Master ANC 2025
  

Disponible en mode multipage

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DEPARTEMENT D'HYDRAULIQUE, SCIENCESET TECHNIQUES DE L'EAU

3e PROMOTION

CONCEPTION ET DIMENSIONNEMENT D'UN SYSTÈME OPTIMISÉ DE TRAITEMENT DES EFFLUENTS DE L'ABATTOIR DE SAINT-CLOUD DANS L'ARRONDISSEMENT D'ÉBOLOWA II

Mémoire présenté et soutenu en vue de l'obtention du diplôme de

Master International en Assainissement Non Collectif (ANC)

Par :

YAGOUE KAMENI SIDOINE DAVE

Ingénieur de Génie Sanitaire

Matricule : CMR-UEb-24ISAN0701

Encadreur Professionnel :

M.NGIEMA NGEMA Georges Debenoit

Urbaniste/Géomaticien/Msc en

Gestion et traitement des déchets liquides

Chef Service des Opérations d'urbanisme

Et du contrôle des infractions

Communauté Urbaine d'Ebolowa

Sous l'encadrement de

Encadreur Académique :

Pr Philippe KOSMA

Phytopathologiste

Professeur des universités, HDR

DIRECTEUR D'ISABEE

ANNEE ACADEMIQUE 2024/2025

TABLE DES MATIERES

CERTIFICAT D'AUTHENTICITE DU MEMOIRE i

DÉDICACES ii

REMERCIEMENTS iii

LISTE DES ABREVIATIONS iv

LISTE DES TABLEAUX v

LISTE DES FIGURES vi

RESUME vii

ABSTRACT viii

CHAPITRE I : INTRODUCTION 4

I.1. CONTEXTE ET JUSTIFICATION 4

I.2. PROBLEMATIQUE 5

I.3. OBJECTIFS DE RECHERCHE 6

I.4. IMPORTANCE DE L'ETUDE 6

I.4.1. UNE REPONSE A UNE CRISE ENVIRONNEMENTALE IMMINENTE 6

I.4.2. UN IMPERATIF DE SANTE PUBLIQUE 7

I.4.3. UNE OPTIMISATION ÉCONOMIQUE ET LA VALORISATION : ÉCONOMIE CIRCULAIRE. 7

I.4.4. UN OUTIL D'AIDE A LA DECISION ET DE BONNE GOUVERNANCE 8

CHAPITRE II : REVUE DE LITTERATURE 9

II.1. CADRES JURIDIQUE ET INSTITUTIONNEL DE LA GESTION DES DECHETS SOLIDES ET LIQUIDES AU CAMEROUN 9

II.1.1. CADRE JURIDIQUE 9

II.1.2. CADRE INSTITUTIONNEL 2

II.2. DEFINITION DES CONCEPTS 11

II.2.1. TYPOLOGIE DES ABATTOIRS 12

II.2.2. DECHETS D'ABATTOIRS 13

II.2.3. EAUX USEES 14

II.2.4. EAUX USEES DES ABATTOIRS 17

II.2.5. TRAITEMENT DES EAUX USEES D'ABATTOIR 20

II.3. REVUE DES TRAVAUX RECENTS DANS LE DOMAINE 24

CHAPTITRE III : MATERIELS ET METHODES 27

III.1. PRESENTATION DE LA ZONE D'ETUDE 27

III.2. ETAT DES LIEUX DE LA GESTION DES EAUX USEES DE L'ABATTOIR DE SAINT-CLOUD 29

III.3. COLLECTE DES DONNEES 31

III.3.1. Données secondaires 31

III.3.2. Données primaires 31

c) Détermination du TAC 32

d) Mesure du pH 32

e) Mesure de la conductivité 32

f) Mesure des TDS 33

g) Mesure de la DBO5 33

h) Mesure de l'azote total et du phosphore total 33

III.4. MESURE DE DEBIT 34

III.5. BASES ET FORMULES DE DIMENSIONNEMENT DE LA STATION DE TRAITEMENT 35

III.5.1. Bases de dimensionnement 35

III.6. VALORISATION DES BOUES ET DE L'EAU TRAITEE 40

III.6.1. Typologie des boues 40

III.6.2. Procédés de traitement des boues 40

III.6.3. Valorisation matière des boues 41

III.6.3. Valorisation de l'eau traitée 42

III.7. TRAITEMENT DES DONNEES 43

CHAPTITRE IV : RESULTATS ET DISCUSSION 44

IV.1. DESCRIPTION DE L'ETUDE DIAGNOSTIQUE DU MODE DE GESTION DES EAUX USEES DE L'ABATTOIR 44

IV.1.1. Rôle des parties prenantes dans la gestion des rejets de l'abattoir 44

IV.1.2. Identification et évaluation des impacts sur l'environnement 49

IV.1.3. Evaluation des aspects et impacts issus de la gestion anarchique des effluents d'abattoir 50

IV.2. ANALYSE DES CARACTERISTIQUES DES EAUX USEES ISSUES DE L'ABATTOIR 54

IV.2.1. Ratio DCO/DBO5 57

IV.2.2. Ratio DBO5/DCO 58

IV.3. DESCRIPTION DES SOLUTIONS D'ATTENUATION ET CONCEPTION DE LA STATION DE TRAITEMENT DES EAUX USEES DE L'ABATTOIR DIMENSIONS ET MODE DE FONCTIONNEMENT 58

IV.3.1. Planification et sélection des solutions optimales 58

IV.3.2. Mise en oeuvre des solutions retenues pour la gestion des effluents de l'abattoir 61

IV.3.3. Modélisation du système optimisé de gestion des effluents de l'abattoir de Saint-Cloud. 66

CHAPTITRE V : CONCLUSION ET PERSPECTIVES 70

RECOMMANDATIONS 2

VIS-A-VIS DU PERSONNEL ET DE L'ADMINISTRATION DE L'ABATTOIR 71

VIS-A-VIS DE LA MAIRIE DE LA VILLE 71

VIS-A-VIS DE LA SECTORIELLE MINEPDED (Délégation Départementale) 71

VIS-A-VIS DE SECTORIELLE MINEPIA (Délégation Départementale) 72

VIS-A-VIS DES POPULATIONS ENVIRONNANTES 72

VIS-A-VIS DU GROUPE Hysacam S.A 72

ANNEXES 74

ANNEXE 1 : Fiches d'enquêtes auprès des parties prenantes 74

ANNEXE 2 : Normes de rejet des effluents liquides industriels définies par types d'industries 78

ANNEXE 3 : Résultats d'analyse physico-chimique de l'effluent. 79

ANNEXE 4 : Mosaïque d'images de terrain (Source : Auteur, images de 2025) 80

ANNEXE 5 : Cibles ODD concernées par notre étude (Source : https://www.agenda-2030.fr) 2

ANNEXE 6 : Devis Quantitatif et Estimatif (DQE) de réalisation du système. 84

BIBLIOGRAPHIE 87

Ouvrages scientifiques 87

Articles scientifiques, mémoires et Thèses. 87

Webographies 89

CHAPITRE I : INTRODUCTION

I.1. CONTEXTE ET JUSTIFICATION

Dans les villes des pays en voie de développement, la population croît si rapidement que les économies locales, les services publics et les infrastructures ne peuvent suivre. Ceci engendre un développement urbain non maîtrisé et un déficit d'infrastructures d'assainissement, créant un cercle vicieux de pollution et de maladie. (Takam et al., 2023). De 2005 à 2022, la population camerounaise est passée de 17,4 à 27,4 millions d'habitants environs (INS, 2022). Paradoxalement, le « taux moyen d'accès à l'eau potable est de 45 % en milieu rural contre 77 % en milieu urbain et la population ayant accès aux services d'assainissement adéquat est estimée à 13,5 % en milieu rural contre 17 % en milieu urbain ». Ainsi, le paradoxe camerounais de l'eau se manifeste par une richesse hydrographique notablement sous-exploitée et mal gérée, conduisant à une crise d'accès à l'eau potable en milieu urbain, largement exacerbée par la pollution environnementale et les déficits chroniques d'infrastructures de potabilisation et de distribution. (Kengne, F., 2022) Couplée à cela, les pollutions accrues des cours d'eaux par les industries et le mauvais assainissement domestique compromettent de plus en plus les possibilités d'approvisionnement en eau de rivière. A titre illustratif, le système de drainage à forme dendritique qui traverse la ville d'Ebolowa, du fait des nombreux ruisseaux contributifs de la rivière Bengoqui rejoint la rivière Ebengue pour former l'exutoire qui mène au principal cours d'eau Mfiande, met en évidence les facteurs de pollution multiple le long de son parcours. En amont, la rivière Bengo borde l'unique abattoir municipal de la ville qui y déverse d'ailleurs tous ses déchets et effluents directement. Ce qui avec la pression foncière sur le lit de cette rivière et l'eutrophisation du fait de la pollution, ont contribué à l'inondation grave de la nuit du 23 Juin 2025. Par ailleurs, d'autres conséquences encore plus graves telles que les épidémies de maladies hydriques ne sont pas à négliger.Autre fait majeur c'est l'accroissement soutenu de la population d'Ebolowa qui implique corrélativement une demande croissante de produits animaux en particulier de viande et de poisson d'eaux douces pêché directement dans ces rivières. Or, à partir du moment où nous ne consommons uniquement que des portions d'animaux destinées à l'alimentation, une partie importante de ceux-ci se transforme en déchets. Le rapport entre la production et la collecte des déchets d'abattoir dans les villes d'Afrique reste encore faible et ceci constitue un épineux problème pour l'environnement et la sécurité sanitaire des populations. Afin d'assurer le succès technique et la performance économique de toute filière de traitement des eaux usées d'abattoir, la réalisation d'un diagnostic environnemental rigoureux, mesurant à la fois le volume journalier produit et la charge polluante intrinsèque (quantitatif et qualitatif), constitue le prérequis méthodologique fondamental. (Nzali et al., 2024).

Au Cameroun, la plupart des déchets des structures industrielles sont rejetées dans le milieu naturel sans un traitement préalable. Des études sur le tout premier abattoir moderne de Yaoundé inauguré en 2018 montre que les déversements injustifiés de sang et d'excréments d'animaux dans les cours d'eaux peuvent provoquer un appauvrissement en oxygène ainsi qu'un sur enrichissement en nutriments du système récepteur. (Mbog, 2013). En prenant en compte le fait que la grande majorité du bétail destiné à la consommation dans notre ville d'Ebolowa provient du septentrion, régulièrement sujet aux épidémies de maladies hydriques telles que le choléra, il y a de quoi s'inquiéter. Le rejet quotidien de cet effluent non épuré ainsi que d'autres déchets solides de l'abattoir dans le cours d'eau pourraient entraîner des dommages sur l'environnement et la santé des populations locales. (Ndzana, 2021). Il est donc plus que nécessaire d'alerter l'opinion sur les risques liés aux mauvaises pratiques identifiées, et de proposer un système intégré de traitement des effluents avant rejets dans la nature, avec en prime une valorisation des boues et une réutilisation de l'eau traitée.

I.2. PROBLEMATIQUE

Au Cameroun, la plupart des eaux usées des agglomérations et des structures industrielles sont aujourd'hui rejetées dans le milieu naturel sans un traitement préalable. (Mbog, 2013). La loi N° 98/005 du 14 avril 1998 portant régime de l'eau, stipule dans son titre II, à l'article 4 que : « sont interdits les déversements, écoulements, jets, infiltrations, enfouissements, épandages, dépôts directs ou indirects dans les eaux de toute matière solide, liquide ou gazeuse et en particulier les déchets industriels, agricoles et atomiques susceptibles d'altérer la qualité des eaux de surface ou souterraines, ou des eaux de la mer dans les limites territoriales; de porter atteinte à la santé publique ainsi qu'à la faune et à la flore aquatique ou sous-marine; de mettre en cause le développement économique et touristique des régions». Ainsi, l'absence généralisée de traitement des effluents industriels et agroalimentaires, y compris ceux des tanneries et abattoirs, constitue un manquement systémique qui dégrade irréversiblement les écosystèmes hydriques, créant une pollution chimique et organique d'une intensité telle qu'elle rend la potabilisation de l'eau insoutenable sur les plans technique et financier. (Koffi et al. 2023).Ces phénomènes affectent et modifient les milieux aquatiques dans la plupart de nos villes et particulièrement celle d'Ebolowa. En effet, l'abattoir municipal de Saint-Cloud à l'image de celles du pays constitue le type d'industrie agroalimentaire où l'eau est utilisée pour le lavage des sous-produits et l'élimination des déchets (matières fécales, débris de panse et sang...). On obtient ainsi une eau usée chargée de matière organique et même d'agents pathogènes, devenant dès lors une importante source de pollution diverse pour le milieu récepteur. (Ayo, 2012). L'abattoir d'oding étant situé dans une zone particulière du quartier Elat lieu-dit Saint-Cloud dans l'arrondissement d'Ebolowa 2e, caractérisée par un affleurement de la nappe phréatique et un tissu urbain dense, le rejet quotidien de ses effluents non épurés dans le cours d'eau Bengo pourrait entrainer un impact négatif tant sur l'environnement que sur la santé des populations. Ce qui pourrait être une menace pour la biodiversité de l'ensemble du réseau hydrographique aval qui traverse la ville d'Est en Ouest et aboutir à un problème de santé publique grave.

I.3. OBJECTIFS DE RECHERCHE

L'objectif général est de proposer une solution durable visant à atténuer ou limiter l'impact environnemental des activités de l'abattoir sur le cours d'eau.

Plus spécifiquement, il vise à :

1. Réaliser une étude diagnostique du mode actuel de gestion des eaux usées au sein de l'abattoir ;

2. Caractériser les eaux usées issues de l'abattoir ;

3. Concevoir et dimensionner une station de traitement des eaux usées d'abattoir susceptible d'apporter une amélioration durable.

I.4. IMPORTANCE DE L'ETUDE

La présente étude n'est pas une simple démarche technique, mais une nécessité stratégique qui répond à des impératifs cruciaux en matière de santé publique, de protection de l'environnement et de développement territorial durable pour la ville d'Ébolowa.

I.4.1. UNE REPONSE A UNE CRISE ENVIRONNEMENTALE IMMINENTE

L'abattoir de Saint-Cloud est une source de pollution ponctuelle intense. Le rejet direct de ses eaux usées (riches en matière organique, sang, et graisses) dans le cours d'eau Bengo pourrait engendrer des conséquences écologiques sévères. L'étude est fondamentale pour quantifier et caractériser précisément cette pollution afin d'y apporter une réponse technique adéquate.

· Destruction de la Biodiversité Aquatique : La décomposition de la haute charge organique conduit à un épuisement rapide de l'oxygène dissous, causant l'asphyxie des écosystèmes aquatiques (DBO5 élevée) (Koffi et al., 2023). L'étude garantit que la solution technique proposée sera dimensionnée avec précision pour éliminer ces polluants jusqu'à des niveaux conformes aux normes de rejet, assurant ainsi la protection effective du milieu récepteur.

· Contamination des Ressources en Eau : La pollution dégrade la qualité des eaux de surface et des nappes phréatiques, compromettant la pérennité de la ressource hydrique régionale (Ngangoum et al., 2024).

I.4.2. UN IMPERATIF DE SANTE PUBLIQUE

Le traitement des effluents est un investissement direct dans la santé de la communauté. Les rejets d'abattoir contiennent des micro-organismes pathogènes qui augmentent le risque d'épidémies dans les populations riveraines.

· Prévention des Maladies Hydriques : En éliminant les contaminants biologiques, l'étude contribue directement à la prévention des maladies d'origine hydrique (choléra, typhoïde), un objectif de santé publique prioritaire (OMS, 2022).

· Salubrité de l'Abattoir : La mise en place d'un système de gestion des eaux usées s'accompagne d'une amélioration des pratiques d'hygiène et de salubrité au sein même de l'abattoir.

I.4.3. UNE OPTIMISATION ÉCONOMIQUE ET LA VALORISATION : ÉCONOMIE CIRCULAIRE.

Notre étude vise aussi un système "optimisé" pour garantir la viabilité économique à long terme de l'installation.

· Contrôle des Coûts et Performance : Un dimensionnement précis, basé sur la caractérisation réelle, est essentiel. Un système non optimisé est coûteux (surdimensionnement) ou inefficace (sous-dimensionnement). La détermination exacte des concentrations de DCO et de MES est le prérequis méthodologique fondamental pour choisir les procédés les plus efficaces (Belkaid& El Khouakhi, 2023).

· Potentiel de Valorisation : L'optimisation passe d'une part par la récupération de l'eau traitée qui sera réinjectée dans le circuit d'approvisionnement pour pallier à la panne de système d'AEP. Les boues de vidange et les matières stercoraires seront d'autres parts utilisées comme matière première secondaire dans un processus de compostage, produisant ainsi un amendement biologique commercialisable. Ce qui transforme une dépense (traitement) en une source d'économie ou de revenu, assurant la soutenabilité du projet.

I.4.4. UN OUTIL D'AIDE A LA DECISION ET DE BONNE GOUVERNANCE

La présente étude est également un document technique et financier qui est indispensable aux autorités locales pour une gestion rationnelle.

· Planification et mobilisation de financements : Le rapport final fournit aux décideurs l'ensemble des données, des schémas techniques, et des évaluations de coûts d'investissement et d'exploitation nécessaires. C'est le fondement pour une prise de décision éclairée et pour mobiliser des fonds auprès des bailleurs de fonds (Banque Mondiale, BAD) (Banque Mondiale, 2024).

· Conformité et Exemplarité : Le projet permet à l'abattoir de Saint-Cloud d'honorer ses obligations légales et d'appliquer le principe du « pollueur-payeur ». Il établit un modèle d'ingénierie environnementale réplicable pour les autres industries de transformation alimentaire de la région du Sud.

CHAPITRE II : REVUE DE LA LITTERATURE

II.1. CADRES JURIDIQUE ET INSTITUTIONNEL DE LA GESTION DES DECHETS SOLIDES ET LIQUIDES AU CAMEROUN

Les déchets rejetés dans un environnement donné doivent respecter les normes de rejet prescrits par l'Organisation Mondiale de la Santé(OMS), dans le cadre du respect et la protection de l'environnement, afin de limiter les risques de pollution et contribuer ainsi au processus de développement durable. Ces normes de rejet au Cameroun sont définies, avec les caractéristiques physico-chimiques bien précises, suivant des lois qui régissent toutes activités anthropiques susceptibles de polluer. (Nzali et al., 2024).

II.1.1. CADRE JURIDIQUE

L'analyse montre que dans la législation Camerounaise, le pays se dote progressivement depuis quelques années d'un ensemble de lois qui garantissent santé et sécurité aux populations :

· Loi n°64/lf/23 du 13 Novembre 1964 portant protection de la santé publique ;

· Loi n°96/12 du 05 AOÜT 1996 portant loi-cadre relative à la gestion de l'environnement ;

· Loi n°98/005 du 14 avril 1998 portant régime de l'eau ;

· La loi n° 2003/003 du 21 avril 2003 portant protection phytosanitaire : Selon cette loi, seuls les produits phytosanitaires homologués ou bénéficiant d'une autorisation de vente doivent être importés, distribués ou utilisés au Cameroun.

· La loi n°2018/020 du 11 Décembre 2018 portant loi-cadre sur la sécurité sanitaire des aliments : Cette loi est la référence en matière de sécurité sanitaire des aliments au Cameroun. Cette loi s'applique aux activités de production, de fabrication, etc...

· Le décret n°99/818/PM du 09 Novembre 1999 fixant les modalités d'implantation et d'exploitation des établissements classés dangereux, insalubres et incommodes.

· Décret présidentiel n°2009/296 du 17 septembre portant création de l'ANOR qui a pour mission de contribuer à l'élaboration et à la mise en oeuvre de la politique du gouvernement dans le domaine de la normalisation et de la qualité au Cameroun.

Ces textes sont renforcés par les engagements internationaux pris par le Cameroun à travers la ratification de la majorité des conventions et des accords internationaux (Nkoum, 2011). C'est le cas de la Convention de Bâle du 23 mars 1989 sur le contrôle des mouvements transfrontaliers de déchets dangereux et de leur élimination ; de la Convention de Maputo du 11 juillet 2003 sur la conservation de la nature et des ressources naturelles. Ces textes nécessitent des acteurs spécifiques pour leur mise en application.(Nkoum, 2011)

II.1.2. CADRE INSTITUTIONNEL

II.1.2.1. Acteurs étatiques

a) Départements ministériels
Les déchets constituent plutôt un volet parmi tant d'autres dans certains ministères, ce qui rend les interventions de ces derniers inefficaces et vides dans le long terme. Ainsi, les ministères intéressés de près ou de loin par la problématique sur les déchets sont les suivants :
· Ministère de l'Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement Durable (MINEPDED).
· Ministère de l'Habitat et du Développement Urbain (MINHDU)
· Ministère de l'Eau et de l'Energie (MINEE)
· Ministère de la Santé publique (MINSANTE)
· Ministère de l'Enseignement Supérieur (MINSUP)
· Ministère de l'Administration Territoriale et de la Décentralisation (MINATD)
· Ministère du Commerce(MINCOMMERCE)
· Ministère des Domaines, du Cadastre et Affaires Foncières (MINDCAF). (PCGD-CUE, 2025)
b) Collectivités locales

Dans le cadre d'une décentralisation effective et d'un réel transfert de compétences à l'administration locale, les acteurs clés de cette administration interviennent au niveau de l'exécution des politiques élaborées par l'administration centralisée. Il s'agit entre autres des conseils régionaux, des collectivités territoriales décentralisées(Mairies des villes et d'arrondissements), et leurs partenaires institutionnels tels que le FEICOM et les sectoriels et entreprises territorialement compétentes. (PCGD-CUE, 2025)

II.1.2.2. Acteurs non étatiques

Ce sont surtout des personnes physiques ou morales qui, conformément aux lois et règlements en vigueur, participent à l'exécution des missions d'intérêt général.

Les activités des acteurs non étatiques sont surtout axées sur l'assainissement et la propreté des quartiers. Ceux-ci sont parfois assez organisés et prennent les formes juridiques d'Associations, de Groupes d'Initiative Commune (GIC), de groupement d'Intérêt Economiques (GIE), d'Organisations Non Gouvernementale (ONG). On peut citer pour le cas d'espèces :

· La FAO est à l'origine, en collaboration avec l'OMS de la création de Codex alimentarius, système de la normalisation internationale et matière alimentaire ;

· L'organisation Mondiale de la Santé (OMS) créée le 07 avril 1948, date à laquelle nous célébrons chaque année la journée mondiale de la santé.

L'action de l'OMS vise à ce que tous aient accès à des aliments sûrs, sains et conformes aux normes de salubrité, de manière à améliorer la sécurité sanitaire des aliments et la sécurité de la nutrition. Elle encourage l'intégration de la question de sécurité sanitaire des aliments dans les programmes portant sur la nutrition et la sécurité alimentaire.C'est d'ailleurs pour les programmes portant sur la nutrition et la sécurité alimentaire. (OMS et FAO, 2022.)

II.2. DEFINITION DES CONCEPTS

Les termes clés utilisés dans la formulation de ce sujet sont fondamentalement polysémiques, cependant, nous n'allons retenir que les sens et essences de ces mots qui nous permettrons d'en saisir la substance une fois mis en commun. Nous aurons donc à tour de rôle :

Conception : Fait de concevoir, d'élaborer intellectuellement un projet. (wikipédia, 2025).

Dimensionnement : Processus de détermination des dimensions nécessaires d'un objet ou d'une structure. Mieux encore, c'est la détermination des caractéristiques d'une installation lors de sa conception pour satisfaire à des critères préétablis et à la pratique règlementaire. (Décret N° 2003/084/PM au Cameroun)

Système optimisé : Optimiser un système, c'est améliorer ses performances, assurer sa sécurité et augmenter son efficacité. Cela permet non seulement de réduire les coûts opérationnels mais aussi d'offrir une possibilité de retour sur investissement, à travers la valorisation et l'économie circulaire. (PNUE, 2021)

Traitement : Dans la gestion des déchets (Branche de la rudologie appliquée), l'une des étapes clés c'est le traitement. Il comporte plusieurs étapes telles que le tri (essentiel pour récupérer les matériaux recyclables et réduire la quantité de déchets destinés à l'élimination) ; le recyclage et réutilisation (qui permet de redonner une seconde vie au déchets et d'en faire une matière première secondaire) ; la valorisation énergétique ou matière (convertir les déchets non recyclables en énergie, généralement sous forme de chaleur ou d'électricité ; ou le compostage par exemple, utilisé dans l'amendement biologique des sols, en substitution des engrais chimiques). (ADEME, 2020).

Effluent : L'ISO 6107-1 :2004 - Qualité de l'eau -- Vocabulaire -- Partie 1 : définit l'effluent comme l'« eau ou eau résiduaire provenant d'une enceinte fermée telle qu'une station de traitement, un complexe industriel ou un étang d'épuration ».

II.2.1. TYPOLOGIE DES ABATTOIRS

L'organisation des nations unis pour l'alimentation distingue trois (03) types d'abattoirs en fonction de la taille de l'agglomération, de la qualité du marché et du niveau de technologie mis sur pieds. On distingue : Les abattoirs traditionnels ; les abattoirs modernes ; les abattoirs industriels.

II.2.1.1. Les abattoirs traditionnels ou aires d'abattage

Ils correspondent aux abattoirs de brousse. Ils vont de la simple tuerie de gros villages, aux petits abattoirs des petites villes (200 habitants). (WCF/FAO, 2023).

Ils sont caractérisés par :

· La faiblesse et l'irrégularité des abattages (marché saisonnier restreint à faible pouvoir d'achat)

· Leur sous-équipement, en particulier l'approvisionnement en eau insuffisant et l'absence de système d'évacuation des eaux usées ;

· Maque de formation professionnelle et d'éducation sanitaire des bouches et des oeuvres d'où la consommation massive des viandes ;

· L'absence d'installation de réfrigération des viandes.

II.2.1.2. Les abattoirs modernes

Les abattoirs modernes sont des infrastructures spécialisées, équipées de technologies avancées, visant à assurer un abattage hygiénique, respectueux du bien-être animal, productif et économiquement compétitif, tout en minimisant leur impact environnemental.(FAO, 2021) Elles se distinguent par :

· L'intégration de mécanisation, robotisation, et automatisation pour optimiser les opérations d'abattage et de découpe, améliorer la productivité, et garantir la qualité des viandes ;

· Le maintien de standards stricts d'hygiène, contrôle vétérinaire rigoureux, étourdissement avant abattage, et conditions d'abattage qui limitent la souffrance animale ;

· Une organisation fonctionnelle et ergonomique : Séparation des zones propres et sales, circuits adaptés pour éviter la contamination croisée, espaces conçus pour le respect de la chaîne alimentaire et la sécurité des travailleurs ;

· Gestion durable et respect de l'environnement : Traitement et recyclage des eaux usées, valorisation des déchets organiques en engrais, réduction des émissions de gaz à effet de serre, utilisation d'énergies renouvelables. (Codex alimentarius, FAO/OMS 2021).

II.2.1.3. Les abattoirs industriels

Les abattoirs industriels alimentaires de grands marchés de consommation (grandes villes 100 000 ou plus d'habitants) et ainsi que des marché d'exportation. Leur capacité dépasse 3000 tonnes par an et peut aller jusqu'à 50 000 tonnes de viande par an. Ces abattoirs industriels peuvent être spécialisés (bovins seuls ou porcs seuls) ou polyvalents (toutes espèces) et sont dotés d'équipements ultramodernes (sophistiqués) avec des chaines d'abatage et une mécanisation poussée des diverses opérations ainsi que de chambres froides, de réfrigération et de congélation (INRS, 2003). Ainsi, le service vétérinaire y est permanent et en nombre suffisant, pour être rentable, ces abattoirs modernes et industriels doivent respecter un certain nombre de principes.

II.2.2. DECHETS D'ABATTOIRS

D'une manière générale un déchet municipal est un objet indésirable abandonné sur la voie publique, même les cadavres d'animaux, bref une réunion de résidus hétérogènes. Selon une étude menée par Nzali et al. (2024), c'est l'ensemble des matières résiduelles, solides et liquides, qui résultent de l'abattage des animaux et des opérations de préparation primaire des carcasses (saignée, éviscération, dépouille, lavage). Ces sous-produits, bien que majoritairement considérés comme des déchets en fin de chaîne, constituent des flux hétérogènes et très chargés en matière organique, en nutriments (protéines, graisses) et en eau, représentant ainsi un risque environnemental majeur si non traités, mais aussi un potentiel significatif de valorisation matière et énergétique. Ils représentent la plus grosse part des déchets d'abattoirs (environ 70% de l'ensemble). Chez les bovins, ces matières sont vertes, très pailleuses d'aspect et contiennent de fibres de 4 à 5 cm. Elles pèsent environ 45 kg par contenu de pause et 3,5 kg pour les feuillets.

Compte tenu du pourcentage récupérable de ses matières stercoraires, on peut compter sur 45 kg de matières stercoraires par bovin. Il s'agit spécifiquement de :

Ø Cornes, onglons, os, poils et petits déchets divers : Ils représentent des déchets non valorisés et exposés en général dans l'environnement immédiat des abattoirs entraînant une forte pollution. Les poils et petits déchets divers sont produits à tous les niveaux durant les activités d'abattage.

Ø Abats et viandes saisies : Ce sont des abats et viandes saisis par les services vétérinaires qui sont déclarés impropres à la consommation humaine, à la suite de l'inspection sanitaire soit pour répugnance, soit pour insalubrité. Les causes des saisies sont diverses, elles peuvent être infectieuses, parasitaires, ou non spécifiques.

Ø Les déchets biomédicaux : Ce sont des déchets issus de l'activité des cliniques, des établissements de soins, des laboratoires et services vétérinaires. Ces établissements produisent des déchets à risques : objets coupants et tranchants, cultures biologique de laboratoire, déchets anatomiques et cadavres d'animaux de laboratoires, objets contenant du sang etc.

Ø Les déchets non polluants (fumier des étables et de la salle de stabulation).

Ø Le sang : sous-produit liquide inévitable de l'abattage, représente une fraction significative du poids vif de l'animal (environ 4% à 10%), conférant aux effluents d'abattoir leur charge organique et azotée la plus élevée. La gestion optimisée et la séparation à la source de ce flux hyper-polluant sont donc des actions prioritaires pour réduire drastiquement le coût et la complexité du traitement des eaux usées. (Diallo et al., 2023)

Ø Les eaux résiduaires : Elles sont les eaux usées collectées à la sortie des industries d'abattage. Les eaux résiduaires proviennent au niveau des abattoirs des étables : purin, eau d'égouttage des fumiers, des postes de travail de la viande, eaux de lavage des locaux d'abattage (triperies), eaux pluviales, des cours d'eau, parcs, fumiers et les effluents des locaux sanitaires. Le volume des eaux usées rejetées est généralement proche en volume d'eau consommée par l'abattoir. Ce volume varie de la durée de stabulation ses animaux avant l'abattage, de la cadence d'abattage, du mode de transport des déchets, et du travail effectué en triperie etc. (PNUE, 2020). Dans la sous-partie suivant, nous traiterons en détails ces aspects d'eaux polluées.

II.2.3. EAUX USEES

II.2.3.1. Origine

Une eau est considérée comme « usée » lorsque son état et sa composition sont modifiés par les actions anthropiques, de manière à ce qu'elle soit difficilement utilisable pour tous ou pour certains usages, auxquels elle devrait servir à l'état naturel. De manière générale, une eau usée encore appelée eau résiduaire est une eau qui a subi une détérioration après usage (Cors, 2013). Suivant l'origine des substances polluantes on distingue quatre catégories d'eaux usées (Letah, 2012).

II.2.3.2. Typologie des eaux usées

c) Eaux usées domestiques

Elles sont constituées d'une part des eaux vannes encore appelées « eaux noires » issues des toilettes et chargées des matières organiques azotées, de germes fécaux, et d'autre part des eaux grises provenant des ménages (lavabo, lessiveuse, baignoire, ...) et des rejets issus essentiellement des activités ménagères. Les eaux usées domestiques (ou eaux grises et eaux vannes), provenant de l'activité résidentielle (sanitaires, douches, lessives et cuisines), constituent un flux d'effluents faiblement à moyennement concentré en matière organique biodégradable et en nutriments. Elles sont également enrichies en micro-polluants tels que les détergents, les graisses, et les résidus de produits d'hygiène, nécessitant un traitement adéquat pour prévenir la contamination microbiologique et l'eutrophisation des milieux aquatiques récepteurs.(Kouam, 2024). Les eaux usées domestiques sont riches en matières organiques biodégradables.

La composition chimique moyenne d'une eau usée domestique est présentée au tableau (I) suivant.

Tableau 1. Composition chimique moyenne d'une eau usée domestique (Banque Mondiale, 2023).

NATURE

MATIERES INORGANIQUES

MATIERES ORGANIQUES

COMPOSANTS MAJEURS

Azote, Phosphore, Potassium,

Calcium

Hydrates de Carbone,

Graisses, Matières

Protéiques

POURCENTAGE

10 à 30 %

70 à 90 %

D'après ce tableau, les eaux usées domestiques sont très riches en matières organiques (70% à 90 %) dont la dégradation par les micro-organismes donne des éléments nutritifs.

d) Eaux usées industrielles et artisanales

Les déchets industriels, comme leur nom l'indique, sont des déchets provenant des processus de fabrication, de transformation, d'utilisation, de nettoyage, d'entretien et de consommation industrielle. (Ropero, 2024). Dans l'industrie moderne, l'eau est une ressource transversale dont les usages se déploient sur quatre fonctions essentielles : elle est un composant vital du procédé de transformation (eau de processus), un agent indispensable de la salubrité et du transport des déchets (eau de lavage), un vecteur de transfert thermique (eau de refroidissement), et une source d'énergie (eau de chaudière). L'efficacité de la gestion industrielle repose sur la segmentation de ces flux d'eau, chacun générant des effluents aux caractéristiques de pollution distinctes. (OCDE., 2023). Les eaux usées industrielles au Cameroun se distinguent par une grande hétérogénéité de composition en fonction du secteur d'activité, et excèdent la simple charge organique et nutritionnelle des effluents domestiques. Au-delà des polluants classiques (matières organiques et nutriments), ces rejets sont fréquemment enrichis de substances dangereuses telles que les métaux lourds (issus des tanneries), les hydrocarbures, et divers micropolluants chimiques et solvants. Cette complexité et cette toxicité accrue rendent leur traitement particulièrement difficile et coûteux, tout en exacerbant la menace sur la santé publique et les écosystèmes aquatiques récepteurs.Les études menées sur les cours d'eau en milieu urbain au Cameroun confirment la présence significative de métaux lourds et d'hydrocarbures dans les effluents industriels, souvent à des concentrations supérieures aux limites autorisées par le Décret n° 2003/084/PM, soulignant l'insuffisance du traitement et le risque de bioaccumulation. (Ngangoumet al., 2024). Certaines d'entre elles doivent faire l'objet d'un prétraitement de la part des industriels, avant d'être rejetées dans les réseaux de collecte. Elles ne doivent être mêlées aux eaux domestiques que lorsqu'elles ne présentent plus de danger pour les réseaux de collecte et ne perturbent pas le fonctionnement des usines de dépollution (Koffi et al., 2023).

e) Eaux usées pluviales

Le ruissellement des eaux pluviales en milieu urbain, particulièrement lors d'événements orageux, est reconnu comme une source majeure de pollution diffuse des hydrosystèmes. Cette eau, initialement contaminée par les polluants atmosphériques, lessive ensuite les surfaces imperméabilisées (chaussées, toits), se chargeant ainsi en sédiments, hydrocarbures, métaux lourds et autres microplastiques. Ces rejets non contrôlés, agissant comme des débits de pointe, menacent l'intégrité écologique des cours d'eau et compliquent la gestion globale de la qualité de l'eau. (Kouam et al., 2024). En outre, lorsque le système d'assainissement est dit "unitaire", les eaux pluviales sont mêlées aux eaux usées domestiques. Lors d'épisodes de fortes précipitations, l'afflux massif et rapide des eaux de ruissellement (eaux pluviales) dans les réseaux d'assainissement non-séparatifs (ou unitaires) dépasse souvent la capacité hydraulique nominale des stations d'épuration. Pour prévenir l'endommagement irréversible de leurs infrastructures et de leurs processus biologiques, il devient alors techniquement nécessaire de procéder à des déversements d'urgence de ce mélange fortement dilué mais très pollué (composé d'eaux usées domestiques et d'eaux de ruissellement contaminées) directement dans les cours d'eau, constituant une source majeure de contamination microbiologique et physico-chimique ponctuelle des milieux récepteurs. (Baron, 2024). Les déchets liquides peuvent être aussi classés selon leur nature. Dans ce contexte, on distingue les déchets organiques, issues d'organismes vivants végétaux ou animaux ; les déchets inertes, constitués d'éléments minéraux qui n'évoluent pas dans le temps et qui ne contiennent pas de substances dangereuses ; et les déchets dangereux, composés des éléments nocifs impliquant des précautions particulières d'élimination. (Ngahane et al., 2020)

f) Boues de vidange

Les boues de vidange sont produites par des technologies d'assainissement à la parcelle, c'est-à-dire qu'elles n'ont pas été transportées par les égouts. Elles peuvent être brutes ou partiellement digérées, sous forme de pâte ou semi-solides, et provenir de la collecte et du stockage/traitement des excréments ou des eaux noires, avec ou sans eaux grises. (Compendium, P10). Elles renferment des substances azotées et des germes fécaux en abondance (Ngnikam et al., 2017). Ces éléments sont dangereux, car ils causent des pollutions organiques.

II.2.4. EAUX USEES DES ABATTOIRS

La pollution rejetée dépend directement :

- Du taux de récupération du sang ;

- Du mode d'évacuation des matières stercoraires ;

- De l'importance de la triperie boyauderie ;

- Des ateliers annexes (salaison, conserverie...).

Ces établissements consomment beaucoup d'eau potable pour assurer l'hygiène de ces locaux et du produit de l'abattage. La consommation d'eau entraîne la formation d'un effluent qui devrait subir une épuration avant d'être rejeté dans le milieu extérieur (Peiffer, 2003). Ainsi les abattoirs figurent parmi les industries les plus polluantes en raison des grandes quantités de déchets générés (Labioui et al., 2007).

II.2.4.1. Pollution par les effluents des abattoirs

La nature organique des effluents des abattoirs implique que, dans une situation dégradée où il serait mal pris en charge par la filière de traitement, il peut perturber le milieu récepteur dans lequel il est rejeté. Ces effluents constituent une source de nutriments qui va déstabiliser les réseaux trophiques du milieu, favorisant la croissance de la population d'espèces saprophytes qui vont dominer les autres espèces, amenant l'écosystème concerné à une réduction de sa biodiversité (Peiffer, 2003). Ainsi dans la classification des générateurs des polluants, les industries alimentaires (abattoirs inclus) sont considérées comme les principales sources des polluants organiques. La saignée d'un bovin de poids moyen (environ 300 kg) libère un flux sanguin hautement concentré. L'estimation de 210 grammes de matière organique par bovin abattu confirme que, bien que le sang puisse représenter seulement 4% à 10% du poids vif, il est proportionnellement le principal contributeur à la pollution. La contribution moyenne de la saignée à la charge organique totale des effluents d'abattoir est estimée entre 35% et 50%, la matière organique libérée par bovin étant directement corrélée à la richesse protéique du sang, soulignant l'impératif technique de la collecte intégrale pour le contrôle de la pollution en sortie de ligne d'abattage. (Nzali et al., 2024). Cette charge polluante équivaut à la quantité de la matière organique produite par 39 habitants en un jour. La pollution engendrée en moyenne par un litre de sang correspond à celle provoquée par deux habitants et par jour. Les eaux usées des abattoirs présentent en moyenne un ratio DCO/DBO5 variant de 0,63mg/L à 1,70mg/L conforme avec celui des eaux usées urbaines à dominance domestique présentant un rapport DCO/DBO5 inférieur à 3. Donc, on peut conclure que même si les eaux usées des rejets urbains présentent une charge organique élevée, elles sont facilement biodégradables. L'examen de ce rapport souligne bien le caractère biodégradable des eaux usées des abattoirs (Gannoun et al., 2015).

II.2.4.2. Eaux résiduaires d'abattoir

a) Généralités

Les abattoirs produisent des eaux résiduaires issues des opérations de lavage du hall d'abattage contenant du sang, des eaux de lavage de la triperie-boyauderie et les contenus digestifs, des eaux de lavage des stabulations, des eaux de lavage des aires et des camions, ainsi que celles des appareils et des installations divers (Gannoun et al., 2015). Ces effluents ont, le plus souvent, un aspect rougeâtre et présentent une importante charge en fragments de viandes, des graisses, des excréments, le contenu de panses, des débris de parage, des caillots de sang, des morceaux de cornes et d'onglons, des matières stercoraires, des fèces et des pailles. Le volume des eaux résiduaires rapporté au nombre d'animaux abattus varie significativement, il dépend de l'importance de l'abattoir, du mode d'exploitation et surtout de la nature de bêtes égorgées (Belghyti et al., 2013).

b) Caractérisation du rejet d'abattoir
Composition physico-chimique

Le rejet d'abattoir possède un pH proche de la neutralité. En effet, le sang présent dans ce type d'effluent renferme majoritairement des complexes protéiques (fibrogène, protéine de coagulation, anticorps, etc...) actives à pH neutre.

Le rejet d'abattoir se caractérise par une haute alcalinité, une demande chimique en oxygène importante, une grande teneur en matières volatiles, une teneur élevée en ammonium et en phosphore.

Cet effluent renferme une fraction de DCO soluble nettement inférieure à la DCO totale. Cette différence est principalement due à la teneur élevée en matière organique en suspension comprenant essentiellement la matière grasse. Ces lipides représentent 40% de la DCO totale de l'effluent issu de l'abattement des bovins. Ces constituants représentent moins de 1% de la DCO soluble mais plus que 67% de la DCO insoluble du rejet d'abattoir. La fraction insoluble représente entre 30% et 75% de la charge polluante globale du rejet d'abattoir (Belghyti et al., 2013).

En effet, la partie organique soluble est égale à 45% et 55% respectivement de la DCO totale et de la DBO5 totale. Ceci confirme la biodégradabilité modérée de la charge organique totale qui se caractérise par un rapport DBO5/DCO de l'ordre de 0,49 ; en comparaison avec un rapport de 0,61 pour la biodégradabilité de la fraction soluble. Enfin, le rejet d'abattoir présente un rapport C/N remarquablement élevé égal à 10 mg DCO /mg TKN, un rapport permettant une activité biologique satisfaisante (Belghyti et al., 2013).

Composition microbiologique

Grâce à sa composition riche en éléments nutritifs (N, C, P, sels minéraux, etc...) plusieurs micro-organismes coexistent dans le rejet d'abattoir. La caractérisation microbiologique des eaux usées d'abattoir révèle la persistance de pathogènes zoonotiques en concentrations élevées. Ces rejets, lorsqu'ils contaminent les eaux de surface utilisées à des fins domestiques ou agricoles, deviennent des vecteurs épidémiques majeurs en milieu urbain et périurbain. (Koffi et al.2023). :

· Les bactéries lactiques qui forment un groupe très hétérogène incluant Lactococcusgravieae, Lactobacillus reuteri, Lactobacillus murin, Enterococcusraffinosus ;

· Les bactéries du genre Bacillus qui sont producteurs d'enzymes différentes. Certaines souches possèdent une activité protéolytique tels que B. subtilis, B. licheniformis et B. circulans. Dans des conditions définies et optimisées, B. circulans, B. subtilis et B.coagulans sont capables de produire des lipases. Bacillus cereus ayant deux propriétés importantes qui sont l'aptitude à sporuler et à produire des toxines thermo-tolérantes responsables de l'empoisonnement des produits alimentaires. Ce germe est principalement issu du sol, de la peau de l'animal, des équipements et aussi du personnel et se trouve par la suite dans l'effluent de l'abattoir (Belghyti et al., 2013).;

· Les enterobacteriaceae qui incluse les espèces Escherichia coli, Shigellassp,

· Edwardsiellassp, Proteus ssp, Salmonella ssp, Citrobacterssp, Klebsiellassp, Enterobacter

· ssp, Serratiassp, Morganellassp, Providenciassp, et Yersinia ssp ;

· Staphylococcus aureus principal germe de la dépouille des animaux ;

· Pseudomonas ssp psychrophile, cette bactérie est le micro-organisme sporulant le plus dominant dans les conditions aérobies

· Listeria monocytogenes et Campylobacter qui proviennent essentiellement de l'environnement. Comme pour toute eau résiduaire, les virus présentent un risque certain pour l'homme. Parmi les virus rencontrés dans les eaux usées, on cite les Entérovirus, les Adénovirus, les Rotavirus et le virus d'Hépatite E.

· Cet effluent contient également des Naegleriasp ; Acanthamoebasp et Giardia sp qui sont présents au niveau des effluents traités, mais leur importance épidémiologique à ce niveau est difficile à apprécier. Parmi les métazoaires se rencontre Ascaris sp, Taeniasaginada et les différents oeufs de nématodes gastro-intestinaux provenant des déchets de l'abattoir (Koffi et al.2023).

II.2.5. TRAITEMENT DES EAUX USEES D'ABATTOIR

Les effluents des abattoirs et des entreprises de transformation de la viande sont évalués à l'aide de nombreux paramètres en raison de leur large éventail de charges polluantes. Ces paramètres sont les suivants : Demande biologique en oxygène (DBO), Demande chimique en oxygène (DCO), Carbone organique total (COT), Azote total (AT), Phosphore total (PT), Matières en suspension totales (MES), et d'autres paramètres tels que : pH, toxicité, détergents, etc. (Celia Ibañez, 2023).

II.2.5.1. Prétraitement

Une étape nécessaire du prétraitement des eaux usées des abattoirs est le dégrillage mécanique, qui élimine les impuretés trop importantes pour les empêcher d'entrer dans la station d'épuration. Sans dégrillage, le système peut se boucher et les équipements électromécaniques peuvent tomber en panne, ce qui peut entraîner des problèmes opérationnels et une détérioration à court terme des performances du processus.

II.2.5.2. Traitement physico-chimique

Le rejet contient une quantité importante de matières organiques colloïdales et dissoutes de faible densité. C'est le cas des graisses, des débris de tissus et du sang. L'une des méthodes de traitement primaire les plus pratiques pour les eaux usées des abattoirs est la flottation à l'air dissous (DAF) qui réduit considérablement ces polluants.

a) Coagulation-floculation

Toutefois, avant la flottation, un traitement de coagulation/floculation doit être effectué. Dans le processus de coagulation, les particules colloïdales présentes dans les eaux usées d'abattoir sont regroupées en particules plus grandes appelées coagulats. Les particules colloïdales présentes dans les eaux usées d'abattoirs ont une charge négative prédominante, ce qui les rend stables et résistantes à l'agrégation. C'est pourquoi des coagulants contenant des ions chargés positivement sont ajoutés pour déstabiliser les particules colloïdales et faciliter ainsi le processus de séparation. Les coagulants les plus utilisés sont les coagulants inorganiques à base de métaux, tels que le sulfate d'aluminium, le chlorhydrate d'aluminium, le chlorure ferrique, le sulfate ferrique et le polychlorure d'aluminium. Selon le coagulant choisi, un ajustement du pH sera nécessaire pour qu'il fonctionne dans des conditions appropriées ; ainsi, par exemple, le PAC (polychlorure d'aluminium), outre sa faible toxicité, peut fonctionner correctement sur un large spectre de pH et contribue à la formation de flocs pelucheux qui peuvent être facilement séparés par flottation.

Après la coagulation, le processus de floculation est réalisé par le dosage d'un polymère à longue chaîne qui rassemble les caillots présents dans l'effluent pour former de plus gros blocs appelés flocs. Selon le type de floculant utilisé (cationique / anionique / non ionique), un ajustement supplémentaire du pH peut être nécessaire. Dans le processus de floculation, une agitation lente à l'aide d'hélices appropriées est nécessaire pour éviter de briser les floculus formés. Le temps de contact est d'environ 10 minutes. (Tchobnoglous et al. 2014)

b) Flottation à l'air dissous

Les eaux usées contenant les flocs formés entrent dans l'équipement de flottation pour la séparation des polluants. Le principe de base de la flottation à l'air dissous implique l'introduction de microbulles d'air dans l'eau qui adhèrent aux flocs, réduisant ainsi leur densité apparente et les faisant flotter. De cette manière, les graisses, les huiles et les solides en suspension se déplacent vers la surface du système DAF (Dissolved Air Flotation), créant une couche de boue, qui est continuellement enlevée par les lames de raclage. Le système de flottation fonctionne automatiquement et s'adapte au débit des eaux usées de l'abattoir. La flottation à l'air dissous offre des performances élevées pour les eaux usées des abattoirs et des usines de transformation de la viande, en éliminant les substances en suspension des eaux usées avec une efficacité élevée allant jusqu'à 99 %. (Tchobnoglous et al. 2014)

II.2.5.3. Traitement biologique

Le traitement primaire et les procédés physico-chimiques ne sont généralement pas suffisants pour ramener les eaux usées dans les limites de rejet, de sorte qu'un traitement secondaire est nécessaire pour éliminer les composés organiques solubles et ceux qui restent après le traitement primaire. Le traitement biologique des eaux usées des abattoirs est un processus naturel qui ne nécessite pas l'utilisation de produits chimiques, à l'exception de certains nutriments dans certains cas. (Mekonnen et al., 2022).

Les eaux usées des abattoirs ont une forte teneur en matières organiques biodégradables, qui peuvent être décomposées par le développement de micro-organismes et l'ajout contrôlé d'oxygène. Un traitement biologique bien optimisé peut atteindre une efficacité d'élimination des matières organiques de plus de 90 %. D'une manière générale, les traitements biologiques peuvent être classés en différents types de processus aérobies et anaérobies, avec l'alternative supplémentaire des zones humides artificielles. (Mekonnen et al., 2022).

a) Traitement anaérobie

La digestion anaérobie est le procédé biologique le plus utilisé pour ce type de déchets, en raison de son efficacité dans le traitement des effluents industriels biodégradables très concentrés. Les composés organiques sont dégradés par des bactéries anaérobies en l'absence d'oxygène, produisant un mélange gazeux de CO2 et de CH4 (biogaz).

Les systèmes anaérobies présentent l'avantage d'une faible production de boues, d'une faible consommation d'énergie avec la possibilité de récupérer les ressources (énergie du biogaz) et d'une forte élimination de la DCO.

Les procédés anaérobies typiques pour le traitement des effluents de la transformation de la viande peuvent être : le réacteur anaérobie à cloison, le digesteur anaérobie, le filtre anaérobie, la lagune anaérobie, les fosses septiques et le réacteur à boues anaérobies à flux ascendant (UASB). Malgré ses performances élevées, le traitement anaérobie ne permet généralement pas d'atteindre les limites de rejet requises, en raison de la forte concentration de matières organiques dans les eaux usées des abattoirs, et réduit à peine le NTK de l'effluent. Par conséquent, une étape supplémentaire de traitement biologique aérobie est recommandée pour éliminer les composés organiques restants jusqu'à ce que les limites admissibles soient atteintes. (Ouedraogo et al., 2017).

b) Traitement aérobie

L'utilisation de procédés aérobies pour le traitement des eaux usées présente de nombreux avantages, notamment une faible production d'odeurs, un taux de croissance biologique rapide et la capacité de s'adapter rapidement aux changements de température et de charge.

Les procédés aérobies sont généralement utilisés pour l'élimination des matières organiques biodégradables de niveau moyen (jusqu'à environ 3 - 4 g/l de DCO). (Tchobnoglous et al. 2014)

Dans les abattoirs et les industries de transformation de la viande, ils ne sont généralement pas utilisés comme traitement direct après le processus physico-chimique pour deux raisons :

· Coûts d'exploitation élevés en raison de la forte consommation d'oxygène nécessaire

· L'importance de la production de boues, qui est directement liée à la charge de polluants à éliminer.

En outre, la taille des plantes est beaucoup plus importante en raison de la teneur élevée en matières organiques et du temps de contact nécessaire. Il convient donc de les installer après le traitement anaérobie.

Il existe différents systèmes aérobies utilisés pour le traitement des eaux d'abattoir, tels que les systèmes de boues activées aérobies, les disques biologiques rotatifs et les réacteurs discontinus séquentiels (SBR).(Mekonnen et al., 2022).

c) Zones humides construites

Les zones humides artificielles imitent les mécanismes de dégradation des zones humides naturelles pour la décontamination de l'eau, en intégrant des processus biologiques et physico-chimiques par l'interaction de la végétation, du sol, des micro-organismes et de l'atmosphère pour l'adsorption, la biodégradation, la filtration, la photo-oxydation et la sédimentation des composés organiques et des nutriments.

Les zones humides construites ont montré leur efficacité dans l'élimination des composés organiques et des nutriments pour différentes végétations, avec des éliminations maximales de 99%, 97%, 85% et 78% pour la DBO, la DCO, la SSV et le NTK, respectivement. Il s'agit de méthodes simples dont les coûts d'exploitation et d'entretien sont faibles et dont l'impact sur l'environnement est limité, mais dont la mise en oeuvre nécessite de vastes espaces. (Vymazal et al., 2020).

d) Processus FBR

Le procédé FBR ("bioréacteur à flottation") combine trois technologies :

Ø Réacteur biologique dans lequel un traitement biologique est effectué en présence d'oxygène, qui peut être précédé de phases anaérobies et/ou anoxiques.

Ø Un système de clarification DAF qui produit une eau parfaitement clarifiée qui peut être versée.

Ø Pour que les processus de séparation ultérieurs donnent les résultats escomptés, un polyélectrolyte ayant un effet floculant doit être dosé dans un système de floculation. En option, un coagulant peut-être ajouté pour réduire les valeurs telles que la turbidité et la précipitation du phosphore.

Il s'agit d'un nouveau système qui utilise la flottation à l'air dissous comme clarification secondaire pour améliorer les performances des systèmes traditionnels.

e) Système biologique à lit fixe

Les eaux usées des abattoirs sont souvent caractérisées par un rapport N (azote) / DCO (demande chimique en oxygène) élevé après prétraitement. Par conséquent, les processus de traitement biologique avec nitrification et dénitrification sont particulièrement appropriés. Des agents supplémentaires pour la dénitrification ne sont généralement pas nécessaires, à condition qu'il n'y ait pas de dégradation préalable des composés carbonés. (Tchobnoglous et al. 2014)

Un réacteur biologique à lit fixe en cascade est un processus fiable et robuste qui peut supporter des surcharges et des sous-charges sans problème. C'est un système qui a été testé avec succès dans des usines de transformation de la viande et qui donne des résultats exceptionnels pour l'élimination de la DCO, de la DBO5, du phosphore, de l'azote et de l'ammoniac des eaux usées des abattoirs. (Tchobnoglous et al. 2014)

II.3. REVUE DES TRAVAUX RECENTS DANS LE DOMAINE

Tout récemment en 2024, des jeunes chercheurs en génie sanitaire ont publié le résultat de leurs travaux de fin d'études. Il s'agit deAWONO MBEGA et al., (2024) qui ont montré que la pollution de l'eau (25%) et de l'air (20%) sont les principales préoccupations, suivies par la pollution du sol (15%), sonore (10%), olfactive (10%), thermique (5%), biologique (5%), chimique (5%), et par les plastiques (5%). Ces pollutions entraînent divers impacts sur la santé, allant des maladies hydriques et respiratoires aux intoxications chimiques et perturbations endocriniennes.Ces résultats sont similaires à ceux observés dans d'autres études, où les impacts sur la santé des pollutions liées aux abattoirs sont souvent significatifs (EPA, 2020) et parallèlement une étude a été faite en 2015 dans les abattoirs celle-ci a mis en exergue les différents types d'agent pathogènes qui sont renfermés dans les déchets d'abattoir. Il s'agit entre autresde charbon bactéridien (Brucellose, Salmonellose, Tuberculose) pouvant causer des maladies gastroentériques et des et des infections pulmonaires (Leila, 2015). Elle a conclu son travail en insistant sur le fait que la gestion des déchets à l'abattoir de Biyem nécessite des améliorations significatives pour minimiser les impacts environnementaux et sanitaires. Les mesures actuelles de gestion des déchets sont insuffisantes et nécessitent une sensibilisation et une formation accrues du personnel. Les différentes formes de pollution qu'elle y a identifié soulignent l'importance de mettre en place des mesures de gestion adéquates pour protéger la santé publique et l'environnement de Biyem par Ayos.

KAMEGNE KAMTOH et al. (2020) ont constaté à l'issue d'une étude similaire portant sur le traitement des eaux usées brassicoles, que les différents résultats montrent une forte variation des caractéristiques physicochimiques de l'eau au fil du temps, ce qui implique la nécessité d'un bassin tampon dans la conception de la station de traitement.Ils ont également conclu leurs travaux en indiquant que la station de traitement (à sept (07) unités) conçue pour un traitement poussé permettant de recycler près de 676 m3 d'eau non potable par heure garanti un taux de réutilisation de 100%. Son coût d'investissement calculé par la méthode empirique est de 370 000 000 F cfa Hors taxes. Par contre, les taxes d'assainissement à payer pour la même charge polluante s'élèvent à 1 128 100 000 Fcfa. La mise en place de telles stations de traitement des eaux usées à des fins de réutilisation pour les usages mineurs en entreprise constitue une solution durable pour la gestion de la ressource en entreprise avec un impact important sur la rentabilité économique de l'entreprise.

BISIMWA KAYEYE, (2014)a indiqué à l'issue de ses recherches que les eaux usées de l'abattoir municipal de la ville de Bukavu présentent des valeurs desparamètres physico-chimiques majeurs de pollution qui dépassent relativement lesvaleurs limites générales des rejets directs et indirects dans le milieu récepteur, ce qui représente un risque de pollution environnementale pour cedernier d'où la nécessité d'un traitement de ces eaux usées brutes.Au terme de l'évaluation de degré de pollution organique, il a constaté quel'ensemble des paramètres étudiés (en particulier avec la DBO5, la DCO et les MES)situent les eaux usées analysées dans la tranche à concentration moyenne à élever. Par ailleurs, selon la classification des effluents urbains réalisée par l'OfficeNational de l'Eau Potable, ces eaux usées sont 5 à 7 fois plus chargées en matière organique. En plus de la matière organique,elles contiennent les quantités adéquates d'azote organique pour subvenir aux besoinsdes microorganismes épurateurs des systèmes biologiques, cependant, lesortho phosphates avec des concentrations faibles peuvent présenter un problème pour le traitement biologique. Il a ensuite conclu que les eaux usées de ce rejet sont facilement biodégradables même si les rapports DBO5/DCO et MES/DBO5 sont élevés.L'examen du rapport DCO/DBO5 souligne bien le caractère biodégradable des eaux uséesde l'abattoir auxquelles un traitement biologique paraît tout à fait convenable.Le traitement de ces eaux usées est nécessaire afin de produire un effluent qui respecteles normes de rejets directs et indirects selon le Ministère de l'Environnement (Bisimwa et al., 2014). L'abattoir ELAKAT génère une eau usée qui convient au traitement biologique entermes de DBO5, MES, et substances nutritives (nitrates, nitrites et orthophosphates).Cependant, il faut tenir compte les caractéristiques physico-chimiques etmicrobiologiques des eaux usées domestiques mélangées avec les effluents de l'abattoir.

La pollution environnementale représente toute altération significative et d'origine humaine de l'état naturel d'un milieu (air, eau, sol), que cette altération résulte d'une modification des concentrations des éléments chimiques naturels (matières organiques, gaz à effet de serre), de l'introduction de substances synthétiques (pesticides, micropolluants), ou d'une perturbation des équilibres physiques et biologiques (changement des flux thermiques, rayonnement, ou introduction d'espèces invasives). Elle se traduit par une dégradation fonctionnelle de l'écosystème.(Schwarzenbach et al., 2022).

Les déchets qui polluent l'environnement peuvent se présenter à l'état gazeux (produits de combustion, produits volatils, composés chimiques dissipés dans l'air par évaporation), à l'état liquide (eaux usées, eaux pluviales et de ruissellement urbain, eaux de ruissellement des Zones agricoles) ou à l'état solide (ordures ménagères, résidus divers). La présente étude porte sur les rejets liquides et elle s'intéresse préférentiellement aux eaux usées.

CHAPTITRE III : MATERIELS ET METHODES

III.1. PRESENTATION DE LA ZONE D'ETUDE

Ebolowa est une communauté urbaine du Cameroun1, située au coeur de la forêt équatoriale. C'est le chef-lieu de la région du Sud et du département de la Mvila. Sur le plan géographique, elle est située à 158 km au sud de Yaoundé, la capitale politique du Cameroun. Elle lui est reliée, via Mbalmayo (chef-lieu du département du Nyong-et-So'o) par un axe routier bitumé, la route nationale RN2. Elle est par ailleurs reliée aux frontières gabonaise et équato-guinéenne par un axe de 120 km, et à Kribi (sur l'océan Atlantique) par deux axes non revêtus, l'un de 160 km via Akom II et l'autre de 180 km via Lolodorf. Elle comptait environ 250.000 habitants en 2019, pour une densité de population évaluée à 4 464 hab./km2 (CUE), et depuis trois ans, elle fait l'objet d'une croissance démographique galopante. Administrativement, la ville est subdivisée en deux (02) arrondissements qui, se trouvent dans le bassin versant de la rivière Mvila qui compte d'ailleurs des dizaines d'affluents qui arrosent ces 02 collectivités territoriales décentralisées (PDU CUE, 2020). Le relief est très peu accidenté, à l'exception de quelques perturbations topographiques mineures, l'altitude moyenne variant entre 500 à 700 mètres. Les sols se distinguent essentiellement en deux (02) types :


· Les sols ferralitiques typiques caractérisés par l'individualisation des oxydes ou hydroxydes de fer et d'alumine, de nature jaune, dérivés des roches métamorphiques diverses. Ils sont issus des roches mères composées de gneiss ou de migmatites, ou de granites à pyroxène du socle métamorphique.


· Les sols hydro morphes appartenant aux groupes de sols à accumulation de matière organique divisés en sol de marais et sols marécageux.

Le niveau de la nappe phréatique est le plus souvent très élevé toute l'année : le sol ne sèche jamais et la transformation des produits végétaux et autres déchets humains enfouis est fortement inhibée.

Des caractéristiques géomorphologiques et hydrographiques qui lorsqu'elles sont couplées à une politique inaboutie en matière d'assainissement, peuvent conduire à de graves problèmes de santé publique comme c'est encore le cas ces dix dernières années.

?Décret no 2008/025 du 17 janvier 2008 portant création de la communauté urbaine d'Ebolowa, in Cameroon Tribune, no 9018 du vendredi 18 janvier 2008, p. 5

ABATTOIR DE SAINT-CLOUD

L'abattoir d'Ebolowa se trouve au quartier Oding lieu-dit `'Saint-Cloud'', dans l'arrondissement d'Ebolowa 2e(Voire fond de carte ci-dessous), département de la Mvila, Région du Sud Cameroun.

Figure 1 : Localisation de la zone d'étude

Depuis 2003, la communauté urbaine à régime spécial avait initié ce projet d'abattoir qui est resté inachevé. Onze années après, la commune d'arrondissement d'Ebolowa II a investi 10 millions de Fcfa pour rénover totalement l'ouvrage. Bâtiment dont la capacité est de 15 boeufs par jour, avec un sol bétonné, des murs entièrement carrelés. Un treuil manuel permet de soulever l'animal abattu pour son habillage, le bâtiment est connecté au réseau de la Camerounaise des eaux, avec une citerne de réserve d'une capacité de 6000 litres, don du MINEPIA. (Seh, 2014).

L'étude a été basée sur la méthode quantitative transversale à visée descriptive, dans et autour de l'abattoir de saint-cloud à Oding. Cetteapproche nous a permis de collecter des données à un moment précis pour décrire lescaractéristiques actuelles de la gestion des déchets à l'abattoir.Des photographies et de brèves enquêtes auprès du voisinage et/ou des propriétaires ont été effectuées en total respect des règles d'éthique et de respect de l'intimité des répondants.

III.2. ETAT DES LIEUX DE LA GESTION DES EAUX USEES DE L'ABATTOIR DE SAINT-CLOUD

Dans le processus d'enquête interne, en vue de l'établissement d'un diagnosticdu mode actuel de gestion des effluents au sein de l'abattoir, nous avons élaboré et fait valider un guide d'entretien, puis administré aux opérateurs de l'abattoir. Les informations collectées sur site ont été consignées sur la matrice de description du module A de la méthode MOSAR représenté dans le tableau composite N°2 suivant.

Tableau 2. Extrait des matrices de description et d'analyse multicritère suivant la méthode MOSAR

Matrice de description fonctionnelle

DESIGNATION

TYPE (DIB,DIS,DEEE,DAOM)

VOLUME mensuel/Annuel moyen

Installation génératrice / SS / Poste de travail

Procédé générateur

MODE DE GESTION

 

Collecte

Traitement

Rejet direct (Nature)

Observation

 

..........................

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Matrice d'analyse des parties prenantes

PARTIE PRENANTE

TYPE (Organisation/Institution)

RÔLES (Actions à mener dans la gestion des effluents)

RESPONSABILITES (Missions, Obligations, Job description)

Niveau de réalisation des objectifs (%)

ECARTS (%)

CONTRAINTES

EVALUATION GLOBALE (%)

 
 

..........................

 

 

 

 

 

 

 

 
 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Matrice du flux des matières (Identification des aspects et impacts environnementaux)

SERVICES

ACTIVITES

ASPECTS

IMPACTS

 
 
 
 

.......................

INPUT

PROCESS

OUTPUT

 

 

 
 
 
 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Matrice d'analyse multicritères par pondération

ASPECTS

IMPACTS

NUMERO

NATURE

INTENSITE

ETENDUE

DUREE

REVERSIBILITE

EVALUATION ABSOLUE

EVALUATION GLOBALE

..........................

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Grille de cotation multicritère

 

Côte

Intensité

Etendue

Durée

Réversibilité

Fréquence

 
 
 

Nature

1

Faible

Ponctuelle

Limitée

Réversible

Rare

 
 
 

-

2

Moyenne

Zonale

A-longue

Persistant

A-fréquent

 
 
 

+

3

Forte

Locale

T-longue

Irréversible

Permanant

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Planification des solutions endogènes et exogènes

Numéro

Parties prenantes

Secteur d'activité

Problèmes identifiés

Causes pertinentes

Solutions endogènes

Solutions exogènes

 
 
 

.......................

 

 

 

 

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Outil d'analyse multicritère par choix

Critères

Poids

SOLUTIONS

 
 
 
 

S1

S2

S3

S4

 
 
 
 

C1

A

e) A*e

i) A*i

m) A*m

q) A*q

 
 
 
 
 

B

f) B*f

j) B*j

n) B*n

r) B*r

 
 
 
 

C3

C

g) C*g

k) C*k

o) C*o

s) C*s

 
 
 
 

C4

D

h) D*h

l) D*l

p) D*l

t) D*t

 
 
 
 

Note Pondérée

Note 1

Note 2

Note 3

Note 4

 
 
 
 

EG = E+NRO/2

EG : Evaluation Globale

E : Ecart

NRO : Niveau de Réalisation des Objectifs

EA = I*E*R

EG : Evaluation Globale

EA : Evaluation Absolue

E : Etendue

: Intensité

: Réversibilité

: Fréquence

EG = EA*F

S = Po*Ct

S : Solution

Po : Poids

Ct : Cotation de la solution

Np : Note pondérée

Co : Coût

: Faisabilité

: Temps

E : Efficacité

Np = Co*T*F*E

Tableau 2.1. Légende du tableau 2.

III.3. COLLECTE DES DONNEES

III.3.1. Données secondaires

La collecte des données de sources secondaires s'est faite principalement à travers la recherche documentaire, c'est-à-dire la revue de littérature dans le domaine de la gestion, traitement et même la valorisation soit matière soit énergétique des eaux usées industrielles et plus spécifiquement d'abattoirs. Il s'agit entre autres :

· Des thèses et mémoires, des articles, des livres, des revues, des documents des sites web, des rapports des projets, portant sur ce domaine, et dont certains ont été repris au sous-titre II.3 du présent mémoire ;

· Des documents portant sur la législation, la réglementation applicable en matière de gestion des déchets liquides industriels ;

La liste de ces documents est consultable dans la partie bibliographie de cette étude.

III.3.2. Données primaires

III.3.2.1. Prélèvements, échantillonnage et analyses des eaux usées

Les prélèvements et échantillonnages ont été réalisés dans des conditions définies par la norme ISO 5667/2 et le guide des techniques d'échantillonnage. En effet, nos prélèvements ont été fait derrière le bâtiment de l'abattoir, au sortir des canalisations externes pour les eaux usées brutes, pendant quelques jours consécutifs sur le même point. Nous avons prélevé trois(03) échantillons pour mesurer des paramètres physicochimiques généraux, à l'aide des bouteilles en PEBD et en verre de 0,5 ml adaptées pour les mesures de DBO5 et de DCO.

La conservation des échantillons a été faite à 4°C dans une glacière remplie de glaçons depuis le terrain jusqu'au laboratoire. Le transport des échantillons s'est fait par pick-up jusqu'au laboratoire, dans le cas d'échantillonnage indirect. De manière plus spécifique, nous présenterons la méthode d'analyse de chaque paramètre ainsi que le mode opératoire utilisé. (ISO 5667-1 :2020)

a) Détermination du TH

Le T.H indique la qualité douce ou dure d'une eau. La douceur d'une eau est à l'origine du phénomène de corrosion sur les conduites. Il est important de le mesurer aussi bien pour l'entretien de la station que pour un traitement adéquat. (KamegneKamtoh et al., 2020). Il a été déterminé par la méthode titrimétrique. Cette méthode consiste à utiliser une solution de titre connu pour déterminer la concentration/titre de la solution à analyser.

b) Détermination du TA

Le T.A précisé dans la norme par la dénomination "bicarbonates" est un paramètre d'une importance majeur pour éviter l'entartrage des conduites mais aussi pour respecter les paramètres organoleptiques de l'eau (incolore). Nous l'avons déterminé par la méthode titrimétrique. (Degrémont, 2020).

c) Détermination du TAC

Le T.A.C précisé dans la norme par la même dénomination que le T.A, est également un paramètre d'une importance majeur pour éviter l'entartrage des conduites mais aussi pour respecter les paramètres organoleptiques de l'eau (incolore). Il a été déterminé par la méthode titrimétrique en continuant le dosage du T.A. (Degrémont, 2020).

d) Mesure du pH

Le pH est un paramètre incontournable pour le traitement de l'eau : il conditionne une grande partie des procédés des traitements physico-chimiques et biologiques. La mesure du pH a été faite selon la méthode électrochimique à l'aide d'un multimètre (oxymètre et pH-mètre). (ISO 10523:2008)

e) Mesure de la conductivité

La conductivité donne des indices sur la minéralisation d'une eau ou sa charge en ions. Nous l'avons déterminé par la méthode électrochimique à l'aide d'un conductimètre. (NF EN 27888)

f) Mesure des TDS

Les sels totaux dissous donnent des indices sur la charge en ions salins d'une eau. En absence d'ions alcalins et d'autres ions, ils se réfèrent à la conductivité. Nous l'avons obtenu par la méthode électrochimique à l'aide d'un TDS-testeur. (Degrémont, 2020).

g) Mesure de la DBO5

La demande biologique en oxygène est un paramètre capital pour le traitement d'une eau. Il caractérise la respiration des microorganismes pendant 5 jours à 20 °C. Elle a été déterminée par la méthode électrochimique à l'aide d'un multimètre (oxymètre et pH-mètre) selon le mode opératoire suivant :Après mesure directe de la teneur en oxygène dissous dans le rejet, nous avons prélevé un échantillon d'eau usée dans une bouteille en verre DBO5 de 350 ml de contenance de façon à remplir la bouteille. Après incubation pendant 5 jours dans une étuve à 20 °C, nous avons déterminé une fois de plus la teneur en oxygène dissous. La différence de mesure entre l'oxygène dissous initial et l'oxygène dissous après 5 jours est la DBO5 obtenue. (ISO 5815-1:2018)

h) Mesure de l'azote total et du phosphore total

Le phosphore et l'azote sont des éléments responsables de l'eutrophisation des milieux aquatiques. Leur dosage permet de déterminer avec précision la charge polluante de l'eau à éliminer. L'azote présent dans l'eau usée peut avoir un caractère organique ou minéral.

L'azote organique est principalement un constituant des protéines, des polypeptides, des acides aminés et de l'urée. L'azote minéral qui comprend l'ammonium (NH4+), les Nitrites (NO2-) et les Nitrates (NO3-) constitue la majeure partie de l'azote total. Nous avons déterminé leurs teneurs par la méthode colorimétrique à l'aide d'un spectrophotomètre avec pour réactifs du molybdate d'Ammonium avec des flacons d'échantillonnage en verre. (Metcalf et al., 2014)

III.3.2.2. Enquêtes internes et externes

Bien que l'étude soit basée sur la méthode quantitative transversale à visée descriptive, le recours aux interviews des principaux groupes d'acteurs (Employés de l'abattoir, population riveraines et formations sanitaires alentours) était indispensable, avec l'aide de l'échantillonnage probabiliste, et plus précisément l'échantillonnage aléatoire simple pour chaque groupe. Ne disposant pas d'une liste numérotée et complète des individus (unité statistique) de la population mère, cette démarche a d'ailleurs permis de minimiser le coût et le temps d'enquête. Pour l'enquête auprès des ménages alentours à l'abattoir, après avoir identifié les maisons dans la zone d'étude, seuls les chefs de famille (père ou mère) et volontaires d'échanger avec les enquêteurs ont été interviewés sous anonymat. C'est ainsi que nous avons pu enquêter trente-six personnes (employés d'abattoir, riverains et responsables de formations sanitaires environnantes), à l'aide d'un questionnaire annexé au présent mémoire. L'instrument de collecte a été validé par les encadreurs et le pré-test effectué sur site à Saint-Cloud. Pour ce qui est du SIG, un GPS mono fréquence, un drone DGI Phantom 4 Pro ; des logiciels ArcGis Pro, Adobe et ArchiCad 26 ont été mis à contribution.

III.4. MESURE DE DEBIT

Pour estimer le débit, nous avons utilisé la méthode du jaugeage au flotteur. Cette méthode ne prend en compte que les vitesses dans la tranche superficielle de l'écoulement, soit environ les 20 premiers centimètres. Le déplacement horizontal d'un flotteur durant un temps t permet de déterminer la vitesse de l'écoulement de surface. L'estimation du débit est obtenue par calcul :

Avec Q en m3/s ; Vmax en m/s = vitesse maximale de surface L (m) = largeur utile (coulante). Pm (m) est la profondeur moyenne. La profondeur moyenne est obtenue à l'aide d'un limnimètre par mesure à différentes profondeurs de la section considérée.

Le débit de pointe par temps sec (Qpts

- Si Qmoy.h = 2,8L/s

- Si Qmoy.h = 2,8L/s

Le débit de pointe en temps de pluie (Qptp)

L'équivalent habitant EH

Cr = Coefficient de rejet = 80%

D = dotation (L/Hab/J). L'habitant ici c'est la bête à saigner.

III.5. BASES ET FORMULES DE DIMENSIONNEMENT DE LA STATION DE TRAITEMENT

Cette partie présentera les formules utilisées pour le dimensionnement de la station de traitement ainsi que les bases de dimensionnement utilisées.

III.5.1. Bases de dimensionnement

Les charges polluantes

La charge de différents polluants est donnée par la relation suivante :La charge en matière polluante = C * Qj (kg/j)

C : La concentration de La matière polluante dans l'eau à épurée en (mg/L)Qj: Le débit total journalier entré à la STEP

a) La charge moyenne journalière en DBO5 (L0)L0 = CDBO5 * Qjb

b) La charge moyenne journalière en DCO (DCO0)DCO0 = CDCO * Qj (kg/j)

c) La charge moyenne journalière en MES (MES0)MES0 = CMES * Qj (kg/j)

d) La charge moyenne journalière en azote (N)N = CN * Qj (kg/j)

e) La charge moyenne journalière en Phosphore (P)P = CP * Qj(kg/j)

Prétraitement

Ø Dégrillage

Pour le calcul des paramètres de la grille, on utilise la méthode de KIRSCHMER

a) Largeur de la grilleLa largeur de la grille est donnée par l'expression suivante :

L : Largeur de la grille (m)S : Surface de passage de l'effluent (m2)á: Angle d'inclinaison de la grille par rapport { l'horizontal (60° à 80°)Hmax: Hauteur maximum admissible de l'eau sur une grille, Hmax = (0,15 à 1,5m).â: Fraction de surface occupée par les barreaux.

d: Epaisseur des barreaux (cm)e: Espacement des barreaux (cm).

PARAMETRE

GRILLE GROSSIERE

GRILLE FINE

d(cm)

2

1

e(cm)

5

2

Tableau 3. Espacement et épaisseur des barreaux

ó: Coefficient de colmatage de grille.

Ø Pour une grille manuelle, ó = (0,1 à 0,3)

Ø Pour une grille mécanique, ó = (0,4 à 0,5).

b) Surface de passage de l'effluent

Qpts : Débit de pointe en temps sec (m3/s)

V : Vitesse de passage à travers la grille (m/s)

· Pour un réseau séparatif, v = (0,3 à 1 m/s)

· Pour un réseau unitaire, v = (1,2 m/s).

c) Calcul des pertes de charge

KIRSCHMER a établi une relation entre la perte de charge et le coefficient de forme des barreaux et l'angle de la grille avec l'horizontale.

Avec :ÄH : La perte de charge (m)F : Le coefficient de forme des barreauxg : Accélération de la pesanteur (9,81 m/s2)d/e: Épaisseur des barreaux / espacement entre les barreaux (cm)V : vitesse d'écoulement dans la grille (0,8 m/s)á : Angle d'inclinaison de la grille avec l'horizontal ( = 60°)

d) Dimensionnement des bassins de dessableur-déshuileur

Pour la décantation des particules il faut vérifier la condition suivante :

L : Longueur du bassin (m)H : Profondeur du bassin (H = 1 à 3 m)Ve : La vitesse horizontale (vitesse d'écoulement est Ve = 0,2 à 0,5 m/s)Vs : La vitesse de sédimentation (la vitesse Vs = 10 à 15 m/h pour le débit de pointe en temps sec et Ve = 40 à 70 m/h pour le débit de pointe en temps de pluie)L/H : varier de 10 à 15T : Le temps de séjour et compris entre 3 à 10 minute au débit de pointe.

Le volume du bassin (V) :

La surface horizontale (Sh) :

La longueur (L) :

La largeur (l) :

Le volume d'air à insuffler dans le dessableur varie de 1 à 1,5 m3 d'air /m3 d'eau.

V : Volume d'air à injecter (m3), on prend V = 1,5 m3Qpts : débit de pointe en temps sec (m3/s)

Traitement secondaire et biologique

a) Choix du dispositif

Le procédé proposé est basé sur le marais artificiel à écoulement surfacique.

Figure 2 : Schéma descriptif d'un marais artificiel à écoulement surfacique

Source : (Eawag, 2016)

Un marais artificiel à écoulement surfacique vise à répliquer les processus naturels d'un marais ou d'un marécage naturel. Lorsque l'eau transite lentement à travers le marais, les particules se déposent, les agents pathogènes sont détruits et les organismes et les plantes consomment les nutriments. Ce type de marais artificiel est choisi en raison de l'affleurement de la nappe phréatique et la forte proximité avec la rivière BENGO.

Contrairement au filtre planté, le marais artificiel à écoulement surfacique permet à l'eau de s'écouler au-dessus du sol, exposée à l'atmosphère et à la lumière directe du soleil. Lorsque l'eau transite lentement à travers le marais, les processus physiques, chimiques et biologiques qui s'opèrent simultanément filtrent les matières solides, dégradent les matières organiques et éliminent les nutriments des eaux usées.

Les eaux noires brutes doivent être préalablement traitées pour empêcher une accumulation excessive de matières solides et d'ordures. Une fois dans le bassin, les particules les plus grossières se déposent, ce qui retient également les nutriments qui y sont fixés. Les plantes et les colonies de microorganismes qu'elles abritent (sur les tiges et les racines) prélèvent des nutriments comme l'azote et le phosphore. Des réactions chimiques peuvent entraîner une séparation d'autres éléments des eaux usées par précipitation. Les agents pathogènes sont éliminés de l'eau par un processus de dégradation naturelle, par la prédation par d'autres organismes, par la décantation et le rayonnement UV.

Bien que la couche de sol sous l'eau soit anaérobie, les racines des plantes dégagent (libèrent) de l'oxygène dans la zone immédiatement autour des rhizomes, créant ainsi un environnement favorable à activité biologique et chimique complexe.

b) Éléments à prendre en compte pour la conception

Le canal ou le bassin sera revêtu d'un revêtement imperméable (argile ou géotextile) recouverte de roches, de gravier et de sol et où des plantes indigènes sont plantées (pour notre projet, nous utiliserons Phragmites australis, une graminée vivace qui pousse dans les zones humides polluées et les abords de cours d'eau). (Eawag, 2016)

Les eaux usées baignent le marais jusqu'à une profondeur de 10 à 45 cm au-dessus du niveau du sol. Le marais est compartimenté en au moins deux voies d'écoulement indépendantes. Le nombre de compartiments en série dépend de l'objectif de traitement. L'efficacité du marais artificiel à écoulement surfacique dépend également de la bonne distribution d'eau au niveau de l'entrée. Les eaux usées peuvent être introduites dans le marais à l'aide de déversoirs ou en perçant des trous dans une conduite d'alimentation, afin d'assurer une distribution homogène à intervalles réguliers.

c) Rendement d'élimination

= Concentration de DBO5

d) Dimensions du bassin

- Le volume total du bassin

Cv : La charge volumique en (kg DBO5/ j/m3)Lo : La charge en DBO5 à l'entrée du bassin d'aération en (kg DBO5/j)V : Le volume du bassin en (m3)

- Le volume pour un bassin Vu = V/2

- La hauteur du bassin : Elle est généralement prise entre 3 et 5m. Soit H=4m.

- La surface horizontale du bassin

- La surface utile pour un bassin Shu = Sh/2

- Les longueur et largeur du bassin

Si on prend : L=2l,

- Le temps de séjour

, V = volume du bassin (en m3) et Q = le débit d'entrée dans ledit bassin (en m3/s)

Tout au long de l'étude, il a été évaluée la quantité d'eau moyenne pour traiter une carcasse à cinquante litres (50L). En partant sur la base de dix (10) têtes par jour, on obtient environ 500L (500 cm3) d'EU produites, et dont 1000L (1m3) d'eaux usées tous les deux jours qui rentreront dans le système. C'est-à-dire qu'il faudra environ soixante (60) jours pour que le bassin de stockage se remplisse. Or, dans la phase de prétraitement, on a :

Avec S : Surface de passage de l'effluent (m2) ; Q : Débit de pointe (m3/s), Vmax: Vitesse maximale de passage de l'effluent (m/s). Pour un réseau séparatif, car l'eau de pluie ne va pas influer sur le système on prendra Vmax = 1 m/s. Alors

e) Les charges

La charge en DBO5 à la sortie du bassin. Selon les normes, Ls = Ss * Qj

La charge polluante en DBO5 éliminée. Le = Lo - Ls

La masse de boues dans le bassin. Xa= Lo/Cm

Concentration de boues dans le bassin. [Xa] = Xa/V

III.6. VALORISATION DES BOUES ET DE L'EAU TRAITEE

III.6.1. Typologie des boues

Les boues des stations d'épuration sont les principaux déchets produits par une station d'épuration à partir des effluents liquides. On distingue les différentes boues suivantes :

III.6.1.1. Boues primaires

Elles sont issues du traitement primaire et sont produites par simple décantation, en tête de station d'épuration. Ces boues sont fraîches, c'est-à-dire non stabilisées. De par la nature des nouvelles installations, elles tendent à disparaître. (Gilot et al., 2018)

III.6.1.2. Boues secondaires

Qui résultent de l'activité vitale des micro-organismes, les boues ont une structure floculée et sont séparées dans des décanteurs secondaires ; dans les filtres biologiques (lits bactériens). Il s'agit de boues des lits bactériens prélevées dans les décanteurs secondaires dans les bassins de boues activées. La plus grande partie est recerclée dans les bassins comme boues de retour et seules les boues en excès sont évacuées(Metcalf et al., 2014).

III.6.1.3. Boues mixtes

Le mélange de boues primaires et secondaires conduit à l'obtention des boues mixtes, leur composition est dépendante de quantité de boues primaires et secondaires qui sont mélangés(ANDRIANONY, 2012).

Les boues physico-chimiques sont une variante de ce type de boue. Ici, les matières organiques particulaires ou colloïdales contenues dans les eaux usées sont agglomérées par addition d'un réactif coagulant (sels de fer ou d'aluminium) ; 90% de MES peuvent ainsi être captées. Séparées par décantation, les boues obtenues renferment une partie importante de sels minéraux issus des eaux brutes et de l'agent coagulant. (Amorce, 2012).

III.6.2. Procédés de traitement des boues

À la sortie des filières de traitement des eaux, les boues contiennent environ 95-99% d'eau. Dans le cadre de notre étude, nous envisageons utiliser comme technique complémentaire de traitement le séchage. Le séchage est une opération unitaire du traitement des boues consistant à évaporer de l'eau libre et liée. Plusieurs techniques de séchage sont ainsi envisageables :

Ø Lit de séchage :

· Séchage solaire

· Lit de sable

· Lagune de séchage

· Lit planté des macrophytes

Ø Séchage thermique

· Séchage direct

· Séchage indirect

Compte tenu des réalités topographiques de la zone d'étude, nous choisirons le lit de séchage, plus explicitement le lit de sable.

III.6.2.1. Lit de sable

Ce procédé est basé sur la simple propriété filtrante des sables. Pour éviter toute contamination des sols, le lieu et les modalités d'épandage des boues sur ces lits font l'objet d'une surveillance rigoureuse.

Le procédé consiste à épandre les boues (d'environ 30cm d'épaisseur) sur un lit de sable (étalé sur des couches de granulométrie plus importante comportant un réseau de drainage) pour permettre l'absorption de l'eau interstitielle par le sable. Ensuite intervient une évaporation qui augmente la siccité des boues, jusqu'à 60% dans les conditions les plus favorables.

III.6.3. Valorisation matière des boues

Après l'étape de déshydratation, les boues doivent subir deux étapes transitoires avant la valorisation, il s'agit de la stabilisation et de l'hygiénisation.

La stabilisation consiste à réduire au maximum l'activité biologique de dégradation des boues et plus particulièrement leur fermentation. Elle réduit fortement la nuisance olfactive, les émissions de méthane, les risques de lixiviation, les populations bactériennes et la Demande Biologique en Oxygène (DBO5).

L'hygiénisation est, quant à elle, destinée à réduire la présence d'agents pathogènes dans les boues afin d'éviter une contamination éventuelle dans le cas d'une utilisation pour la valorisation d'un écosystème (épandage ou revégétalisation par exemple). Ces deux étapes peuvent être assurées de manière biologique, chimique ou physique.(Metcalf et al., 2014).

III.6.3.1. Le compostage

Le compostage est une dégradation par voie aérobie des éléments organiques fermentescibles des boues. Ce procédé conduit à la formation d'un produit, appelé compost riche en matières humiques, mais également à des dégagements de gaz carbonique, d'ammoniaque, d'eau, d'azote et de chaleur. Il nécessite un apport en oxygène, en eau et en matières organiques, sources de carbone et d'azote, pour assurer une croissance suffisante des bactéries aérobies. Les matières organiques sont dégradées en phases successives, ce qui permet de déterminer le degré de maturation du produit.

Le compostage présente deux principaux avantages, celui de stabiliser mais aussi celui d'hygiéniser un « déchet » pour en faire un « produit » conforme à la norme NFU 44-095. 5 (Astee, 2020).

III.6.3.2. Le Co-compostage

Les boues ne sont pas « auto-compostables » à cause de leur humidité trop élevée (malgré l'épaississement et la déshydratation préalables), de l'absence d'élément structurant et d'un rapport carbone / azote (C/N) trop faible. Il faut donc mélanger les boues avec un support structurant carboné apportant une source supplémentaire de carbone et facilitant l'aération. Puisque dans le voisinage immédiat nous avons une scierie et des unités artisanales de fabrication du charbon, nous envisageons dans le cadre de cette étude, utiliser des écorces, des copeaux, des déchets verts, des rafles de maïs ou de la paille.

A la fin du cycle de compostage, le support structurant est souvent criblé afin de le recycler, ce qui permet une diminution des approvisionnements. Par exemple, lors de l'utilisation d'écorces, le criblage peut être effectué après la phase de fermentation du compost et avant la phase de maturation. Cela permet le recyclage du substrat grossier et un meilleur contrôle de la granulométrie du compost. (ADEME, 2024).

Après le processus de fermentation aérobie, d'affinage et de maturation du produit qui complèteront le cycle à une centaine de jours, le compost pourra être conditionné et vendu aux agriculteurs, mettant ainsi en évidence un exemple d'import-substitution tel que prôné par le gouvernement.

III.6.3. Valorisation de l'eau traitée

La consommation d'eau de ville varie considérablement dans le secteur, mais dans tous les cas, un abattoir typique génère une grande quantité d'eaux usées provenant du processus d'abattage et du nettoyage des installations. C'est pourquoi la réutilisation de l'eau et la récupération de sous-produits de valeur à partir des effluents de la transformation de la viande sont une tendance croissante dans le secteur agroalimentaire. (Celia Ibañez, 2023).

Les eaux usées traitées provenant de l'abattoir pourront être réutilisées à diverses fins, en fonction de la qualité de l'eau traitée et des exigences spécifiques :

- Irrigation agricole : l'eau traitée pourra être utilisée pour l'irrigation des cultures agricoles, à condition qu'elle réponde aux normes de qualité et aux exigences réglementaires établies pour la protection de la santé humaine et de l'environnement.

- Utilisation industrielle : dans le cas d'espèce, pour pallier au déficit observé dans l'approvisionnement en eau de l'abattoir de Saint-Cloud, l'eau traitée pourra être récupérée et stockée dans des futs de couleurs sombres et disposés dans le bâtiment pour le nettoyage, le lavage des équipements, les chasses d'eau ou d'autres utilisations non potables qui ne nécessitent pas une eau de qualité potable.Par ailleurs, une autre solution automatisée est proposée pour un transport direct de l'eau traitée du cubitenair (installé au sortir du système) vers le bâtiment à l'aide d'une pompe alimentée à l'énergie solaire. La canalisation sera raccordée à un robinet pour servir comme source d'approvisionnement secondaire en eau.

III.7. TRAITEMENT DES DONNEES

L'ensemble des données primaires recueillies par catégories dans notre étude, a subi différentes étapes de traitement. En effet, pour ce qui est de l'enquête auprès des ménages, employés et usagers de l'abattoir, les questionnaires ont été administrés grâce à l'outil KoboCollect APK (pour android) et les données traitées par les progiciels gratuits d'exploration des données : Tanagra et Excel 2019. Ces mêmes outils nous ont également permis de traiter les données reçues du laboratoire. Pour finir, les informations collectées sur site ont été consignées sur la matrice de description du module A de la méthode MOSAR, qui est une Méthode Organisée Systémique d'Analyse des Risques. Elle consiste en la décomposition du système à étudier en sous-systèmes (ou sous-unités), à étudier chaque sous-système indépendamment ainsi que les interactions possibles entre ceux-ci.

CHAPTITRE IV : RESULTATS ET DISCUSSION

IV.1. DESCRIPTION DE L'ETUDE DIAGNOSTIQUE DU MODE DE GESTION DES EAUX USEES DE L'ABATTOIR

Pour atteindre cet objectif spécifique, deux examens systématiques préalables ont été retenu : l'Audit Environnemental du bâtiment et de ses installations et l'Etude d'Impact Environnemental et Social du système optimisé proposé. Il y a été question de mettre en évidence les impacts des activités sur les écosystèmes voisins de l'abattoir de Saint-Cloud, aux travers d'interview direct des employés de la structure, des ménages et formations sanitaires dans le voisinage. Pour ce fait, la matrice descriptive du module A de MOSAR (Tableau 3) qui présente de façon détaillée ; le poste de travail, les modes de gestion des déchets, les types et quantités produits dans l'abattoir a permis d'identifier les différents effluents solides et liquides générés lors du processus d'abattage des bovins au sein de l'abattoir de Saint-Cloud.

IV.1.1. Rôle des parties prenantes dans la gestion des rejets de l'abattoir

Tableau 4. Matrice d'analyse des parties prenantes dans la gestion des effluents de l'abattoir.

PARTIE PRENANTE

TYPE (D'ORGANISATION OU INSTITUTION)

RÔLES (ACTIONS A MENER DANS LA GESTION DES DECHETS)

RESPONSABILITES

NIVEAU DE REALISATION DES OBJECTIFS (%)

ECART (%)

CONTRAINTES DANS LA REALISATION DES OBJECTIFS

EVALUATION GLOBALE DANS LA GESTION DES DECHETS D'ABATTOIR (%)

Personnel de l'abattoir

Privé

Garant du cycle de gestion des déchets dans leurs différents procédés d'abattage

Promotion et commercialisation de la viande de boeuf

12%

88%

Abattoir traditionnel; pas de matériel; système d'approvisionnement en eau en panne; pas de système de collecte; de traitement et de valorisation des déchets (25%)

35%

CUE

Etablissement public de coopération intercommunale

Garant du suivi de l'hygiène et de la salubrité de l'espace urbain et ses environs

Développement et aménagement économique social et culturel de l'espace communautaire; Protection et mise en valeur de l'environnement et de politique du cadre de vie; Promouvoir le bien-être sur le plan économique, sanitaire, culturel,social

10%

90%

Insuffisance d'expertise (30%)

35%

DD/MINEPDED

Publique

Elle est chargée de réaliser les audits, contrôles, inspections, sanctions, surveillance, suivi de toutes les installations qui peuvent nuire à la commodité environnemental et sociale.

Elaboration, mise en oeuvre et suivi de la politique nationale en matière d'environnement; Planification de la gestion durable des ressources naturelles; Proposition des mesures correctives pour les milieux contaminés; Elle doit faire le suivi de la mise en oeuvre des PGES et NIE dans la Mvila

30%

70%

Contraintes politique, financière, humaine (15%)

42,50%

DD/MINEPIA

Publique

Elle est en charge entre autres du contrôle et inspection sanitaire vétérinaire, du suivi des activités des organisations professionnelles et interprofessionnelles du secteur, et de la distribution du matériel technique et médicament.

Développement des productions et des industries animales, des pâturages et des hydrauliques pastoraux ; Encadrement et appui des activités des organisations professionnelles et interprofessionnelles du secteur de l'élevage, des pêches ; et l'industrie animale.

50%

50%

Contraintes politique, financière, humaine (20%)

35%

Population environnante

Publique

Obligation de signaler tout désagrément d'incommodité auprès des institutions agrées

Doit se rassurer du suivi des conditions d'assainissement au sein de leur agglomérations; Gestion appropriée de leurs ordures ménagères ; approvisionnement en eau et pratique de pêche dans la rivière Bengo ; latrines à fosses.

35%

65%

Insuffisance d'information; laxisme; manque d'implication ; mauvaise pratique HSE (40%)

30%

Groupe Hysacam S.A

Privé

Elle assure la propreté intégrale au sein de la ville

Collecte quotidienne porte àporte et à point fixe, nettoiement des chaussées revêtues, places publiques et marchés, traitement et valorisation (Hysacam). Gestion des eaux usées et curage + aménagement des cours d'eaux (SECA)

70%

30%

Contraintes financières,insuffisance d'information etde sensibilisation (10%)

20%

De cette matrice, six (06) parties prenantes interviennent dans la gestion des déchets de l'abattoir municipal d'Ebolowa, à savoir : l'ensemble du personnel ; la Mairie ; les Sectorielles du MINEPDED et du MINEPIA ; les populations environnantes et le groupe Hysacam S.A.

Pour chaque partie prenante, les rôles et responsabilités ont été déterminés. Mais fort est de constater qu'il existe des écarts considérables entre ce qui est prévu et ce qui est fait pour atteindre les objectifs. Le diagramme représenté à la figure 3 présente le niveau de réalisation desdits objectifs, de même que les écarts et évaluation globale de gestion des déchets issus de l'abattoir de Saint-Cloud pour chaque PP. Suivant les données de cette matrice, nous pouvons déduire que ces déchets sont regroupés en deux grandes catégories :

Ø Les déchets industriels spéciaux (DIS) tels qu'eaux de lavage, sang souillé, abats et viande saisie, exsudats et autres matières stercoraires...

Ø Les déchets industriels banaux (DIB) à savoir papier et plastique usagés, os, cornes, fèces...

Les représentations graphiques suivantes indiquent les différentes proportions produites quotidiennement sur site.

Figure 3 : Représentations graphiques des proportions des déchets produits.

A l'analyse, les proportions les plus importantes des déchets et effluents produits sur le site sont les eaux résiduaires (80,76%). Malheureusement, aucun dispositif ou mécanisme n'est prévu pour le traitement avant rejet dans le cours d'eau adjacent Bengo. Il en est d'ailleurs de même pour les matières stercoraires (65,57%), car aucun mode gestion écologique et durable n'a été prévu. En rappel, l'outil utilisé pour récolter et traiter ces informations sur site est un extrait de la grille de description des installations selon le module A de MOSAR, qui comporte d'ailleurs quelques limites sur le plan structurel, car la seule rubrique exploitée étant la description de l'installation en postes de travail au sein de l'abattoir.

De cette matrice ; il ressort donc que chaque procédé d'abattage génère un type de déchet spécial pour neuf autres identifiés avec des volumes bien précis. Il est également à constater qu'il n'existe aucun mécanisme ou système de collecte et/ou traitement de ces déchets ; car majoritairement disposés du bâtiment pour les déchets solides, ou dans le cours d'eau directement pour les effluents liquides, polluant ainsi grandement les différents milieux récepteurs.

Les résultats obtenus sur le type des déchets et le mode de traitement sont quasi similaires à ceux obtenus par Kamdom (2019) et Watchang (2021) où les eaux résiduaires représentent la plus grande part des effluents produits à l'abattoir (60%) et 40% des matières stercoraires. D'ailleurs, la différence observée s'explique par le fait que l'abattoir de Saint-Cloud ne dispose pas de système efficace de gestion des déchets solides produits après abattage, ce qui entraine une utilisation abondante d'eau pour le nettoyage des zones de travail.

Les résultats obtenus sur l'état de salubrité de l'abattoir se rapprochent de ceux rapportés par Watchang (2021) et Reounodji (2015) où la gestion des abattoirs fait face à de grandes difficultés. En effet il y a été identifié des aspects rendant la structure et ses environs insalubres. Le déversement anarchique et l'accumulation des eaux usées issues de l'abattoir dans le milieu récepteur voisin provoquent la dégradation de l'aspect esthétique du paysage. Les matières stercoraires et eaux usées non traitées dégagent après quelques jours d'accumulation des odeurs pestilentielles, dégradant ainsi la qualité de l'air respirée par le personnel et le voisinage, non sans attirer plusieurs espèces d'insectes et arthropodes vecteurs de maladies.

Les eaux résiduaires contenant du sang ruissellent vers la rivière Bengo, affectant ainsi la flore et la faune aquatique. Des résultats qui peuvent être croisés aux rôles des parties prenantes dans cette gestion des rejets, comme l'indique la figure 4 suivante.

Figure 4 : Représentations graphiques des rôles et responsabilités des différentes PP.

Il ressort du diagramme des rôles et responsabilités entre les différentes parties prenantes (figure 4) que celles-ci ont du mal à réaliser leurs objectifs. Le personnel de l'abattoir (37,5%) ; la CUE (35%) et la délégation départementale de l'élevage (35%) ; Les populations environnantes (30%) ; la délégation départementale de l'environnement (42,5%) et le groupe Hysacam 20%. Cela se traduit par le fait que les enquêtes auprès de de chaque PP a permis de déterminer les contraintes empêchant l'atteinte des différents objectifs. A cet effet, les écarts suivants ont été recensés:

· Insuffisance d'information et de sensibilisation verticale et horizontale ;

· La mauvaise politique de l'administration qui élabore le règlement intérieur et le budget de l'abattoir qui n'accorde pas du prix à la gestion des déchets en parlant de l'insuffisance de ressources financières ;

· Insuffisance de matériel adéquat pour la gestion des déchets d'abattoir ;

· Insuffisance dans l'organisation pour la gestion des déchets solides ;

· L'absence de contrat et de prestataire local sérieux pour la gestion des effluents liquides.

Les résultats obtenus sur l'état des lieux des parties prenantes se rapprochent de ceux de Ze(2020) qui a pu identifier sept(07) acteurs intervenant dans la mise en oeuvre de la politique de gestion des déchets solides urbains dans la ville d'Ebolowa.Parmi ces acteurs, ce dernier a identifié : l'état,collectivité territorial décentralisé, les ONG,les organisations de la société civile, les parlementaires,les médias ; et le privé.Il ressort clairement les différentes relations qui existent entre chaque acteur (unilatéral et bilatéral) afin de montrer le niveau d'implication de chaque acteur.

Ainsi, conformément à la réglementation en vigueur au Cameroun (Décret N° 2005/0577/PM du 23 février 2005), tout projet soumis à une évaluation environnementale doit intégrer dans sa mise en oeuvre les attentes et préoccupations de toutes les parties prenantes particulièrement celles des populations riveraines.

IV.1.2. Identification et évaluation des impacts sur l'environnement

Tableau 5. Matrice du flux des matières.

Services/Unités

Input

Procédé

Output

Aspects

Impacts

Réception

Comptage des espèces

RH

Echange avec les parties prenantes

Conclusion d'information

Malentendu

Conflits

Transfert de l'information sur la disponibilité du cheptel

RH, quantité du cheptel

Information

Validation, approbation

Consignation de l'information

Organisations des autres opérations

Saignée

Coupure des bovins

Bovin;Matériels de coupure, RH

Dépiéçage; Vidage du sang de l'animal

Animaux morts; Matériels souillés; Rejet de sang souillé

Déversement anarchique du sang souillé; Exploitation des boeufs morts pour la commercialisation de la viande

Risque d'accident majeur; Pollution du sol; Nuisance olfactive; Gain financier pour la valorisation de la viande

Coupe des pattes et dépouille

Dépouille de bovin, RH, petit matériel

Enlèvement des pattes et des cornes

Immondice de pattes, de cornes; Dépouille de bovin dépourvu de cornes et de pattes

Rejet anarchique des cornes; Valorisation des pattes et dépouille de bovin

Dégradation du paysage; Gain financier des produits dérivés et des dépouilles de bovin

Eviscération

Déshabillage de la dépouille

Dépouille de bovin, RH, petit matériel

Nettoyage de la dépouille

Excrétât souillé, carcasse, abats de viande, matières stercoraires

Dépôt anarchique des excrétât et une infime partie des matières stercoraire; Valorisation de la carcasse et une infime partie des matières stercoraire

Pollution du sol, pollution du cour d'eau, nuisance olfactive, prolifération des agents vecteurs de maladies; Gène pour la commodité des communautés environnantes, gain financier pour la valorisation des dépouilles de bovin

Lavage des carcasses et autre élément

Nettoyage à eau

Carcasse, RH, eau, petit matériel

Lavage des carcasses et matière stercoraires et autres

Carcasse propre et matières stercoraire

Valorisation commercial des carcasses et certaines matières stercoraires

Pollution immédiate par les eaux usées; Gain financier pour la commercialisation

Pesée

Calcul des masses

Carcasse, balance, RH

Mesure des calibres

Carcasse avec des poids connus; Balance usager ou en panne

Valorisation des mesures de poids pour les carcasses; Dégradation des conditions de santé du personnel

Risque d'accident de travail pour le personnel qui fait la manutention; Gain financier en rapport avec les mesures de masse

Service d'entretien

Nettoyage à l'eau du sol du bâtiment

Bâtiment, eau, RH, petit matériel

Lavage du sol

Sol, propre, eaux usées

Propreté de l'abattoir (20%); Transport des eaux inappropriés vers le cours d'eau Bengo

Limitation des nuisances sanitaire; Exposition aux agents vecteurs de maladies; Détérioration du cadre esthétique; Emanation des odeurs nauséabondes; Pollution des eaux

Cette matrice montre clairement les différentes étapes ou activités d'abattage, les aspects de chaque activité et son impact potentiel. Il ressort que chaque service peut avoir des activités différentes, des aspects différents mais des impacts similaires.

Ces résultats sont similaires à ceux proposés par EC (2011) qui a identifié ses impacts grâce à la matrice de Léopold en croisant les composantes du milieu récepteur avec les activités du projet. Ce qui a permis de mettre en évidence les interactions entre ces activités et les composantes pertinentes du milieu susceptible d'être affectées par l'activité concernée. Cette matrice présente des limites par rapport à celle de Hoshing du fait qu'elle ne présente que les activités, les différents milieux concernés et les phases du projet.

IV.1.3. Evaluation des aspects et impacts issus de la gestion anarchique des effluents d'abattoir

Tableau 6. Matrice d'analyse multicritère d'impacts.

ASPECTS

IMPACTS

NATURE

INTENSITE

ETENDUE

DUREE

REVERSIBILITE

EVALUATION ABSOLUE

FREQUENCE

EVALUATION GLOBALE (E*F)

Comptage des espèces

Malentendu

Conflits

1

-

1

1

1

1

1

2

2

Consignation de l'information

Organisation des autres opérations

2

-

1

2

1

1

2

2

4

Coupure des bovins

Déversement anarchique du sang souillé

Risque d'accident majeur

3

-

1

1

2

1

2

1

2

Pollution du sol; nuisance olfactive

4

-

3

2

3

2

36

3

108

Exploitation des boeufs morts pour la commercialisation de la viande

Gain financier pour la valorisation de la viande

5

+

2

2

2

1

8

3

24

Coupe des pattes et dépouille

Rejet anarchique des cornes

Dégradation du paysage

6

-

2

1

2

2

11

3

33

Valorisation des pattes et dépouille de bovin

Gain financier des produits dérivés et des dépouilles de bovin

7

+

1

1

1

1

1

2

2

Déshabillage de la dépouille

Dépôt anarchique des excrétât et une infime partie des matières stercoraires

Pollution du sol

8

-

3

2

2

2

30

3

90

Gène pour la commodité des communautés environnantes

9

-

2

1

3

2

12

3

36

Pollution du cour d'eau

10

-

3

3

3

3

81

3

243

Prolifération des agents vecteurs de maladies

11

-

2

2

3

3

36

3

108

Nuisance olfactive

12

-

3

2

3

2

36

3

108

Valorisation de la carcasse et une infime partie des matières stercoraires

Gain financier pour la valorisation des dépouilles de bovin

13

+

2

2

2

1

8

3

24

Nettoyage à eau

Valorisation commercial des carcasses et certaines matières stercoraires

Pollution immédiate par les eaux usées

14

-

2

2

2

1

8

3

24

Gain financier pour la commercialisation

15

+

2

2

3

1

12

2

24

Calcul des masses

Valorisation des mesure de poids pour les carcasses

Gain financier en rapport avec les mesures de masse

16

+

2

2

1

1

4

1

4

Dégradation des conditions de santé du personnel

Risque d'accident de travail pour le personnel qui fait la manutention

17

-

2

1

1

2

4

1

4

Nettoyage à l'eau du sol du bâtiment

Propreté de l'abattoir

Amélioration du cadre de travail

18

+

1

1

1

1

1

1

1

Transport des eaux inappropriées vers le cours d'eau Bengo

Exposition aux agents vecteurs de maladies

19

-

3

2

3

2

36

3

108

Détérioration du cadre esthétique

20

-

3

2

2

2

32

3

96

Emanation des odeurs nauséabondes

21

-

3

2

3

2

36

3

108

Pollution des eaux

22

-

3

3

3

3

84

3

252

Calcul du seuil d'impact

S = (3x3x3x3x3)/10

Seuil = 24

Figure 5 : Diagramme de répartition des impacts significatifs de l'abattoir de Saint-Cloud.

A l'issue de l'audit environnemental, grâce à la matrice d'analyse multicritère d'impacts, le constat qui précède est sans appel : près de 42% d'impact majeur sur les écosystèmes environnants.

Tableau 7. Liste des aspects et impacts significatifs.

Aspect d'impacts significatifs

Impacts significatifs

1

Déversement anarchique de sang souillé

Pollution du sol - Nuisance olfactive

2

Dépôts anarchiques d'excrétas et une partie de matières stercoraires

Gènes visuelles et incommodité des communautés environnantes

Pollution du cours d'eau et eutrophisation

Prolifération des agents vecteurs de maladies

3

Transport des eaux inappropriées vers le cours d'eau

Exposition aux agents vecteurs de maladies

Tableau 8. Recueil statistique global 2024 des principaux motifs de consultations liés à l'assainissement, dans la clinique Saint-Cloud.

ANNEE 2024

Paludisme

Plasmodium falciparum

44

55,70%

Fièvre typhoïde

Salmonella typhi / paratyphi

15

18,99%

Dysenterie amibienne

Entamoebahistolytica

6

7,59%

Gastro-entérites

Helicobacter pylori / E-coli

12

15,19%

Furonculose

Staphylococcus aureus

2

2,53%

Standing social Moyen

9

15,25%

Standing social Bas

50

84,74%

Lors de l'interview, le directeur de la formation sanitaire a également insisté sur les aspects de comorbidité entre les pathologies liées au défaut d'assainissement et d'autres maladies enregistrées comme motif principal de consultation.

Figure 6 : Diagramme de répartition des proportions des principaux motifs de consultations liés à l'assainissement, dans le voisinage de l'abattoir.

Le tableau 6 de l'évaluation et de la hiérarchisation ci- dessus présente les niveaux d'impacts environnementaux qui résultent de la gestion des déchets issus de l'abattage de bovin à l'abattoir municipal d'Ebolawa. A cet effet, l'abattoir génère un totale de 22 impacts significatifs dont 09 impacts majeurs,02 impacts moyens et 11 impacts mineurs. La figure 4 présente la synthèse de l'évaluation et de la hiérarchisation des impacts environnementaux identifiés au sein de l'abattoir liés à la gestion des déchets. Cette gestion dénombre 41,8% d'impacts majeurs ; 9% d'impacts moyens et 49,1% des impacts mineurs.

En complément d'enquêtes, il ressort de l'interview effectué auprès de l'unique formation sanitaire la plus proche du site, croisé aux standings des cinquante-neuf (59) ménages également enquêtés, que les maladies liées à un défaut d'assainissement représentent au moins la moitié des motifs de consultation en 2024. En tenant compte des comorbidités, les maladies parasitaires sont malheureusement les plus courantes.

De même, « l'existence de bactérie de la flore intestinale des ruminants (entérobactérie, coliformes totaux, coliformes thermo-tolérants et E. coli) » (Loukidias,2007) constitue un risque majeur pouvant se traduire par les résultats d'enquêtes qui précèdent. Car dans un contexte de très faible desserte en eau, ces ménages ont recours soit directement ou indirectement aux eaux de la rivière Bengo au travers des puits qui ne respectent pas très souvent les normes de construction. Non sans ignorer leurs pratiques culturales et de pêche artisanale le long de la rive et surtout en aval de l'abattoir de Saint-Cloud.

IV.2. ANALYSE DES CARACTERISTIQUES DES EAUX USEES ISSUES DE L'ABATTOIR

Pour atteindre le deuxième objectif spécifique de la présente étude, c'est-à-dire caractériser les eaux usées issues de l'abattoir, des prélèvements d'effluents ont été effectués directement à l'exutoire pour une séried'analyses physico-chimiques. Il en ressort la série de résultats consignés dans le tableau N°9 et les interprétations à suivre.

Tableau 9. Paramètres physico-chimiques des effluents liquides de l'abattoir de Saint-Cloud

Sources : Laboratoire LEAUCLEAN commandité par l'auteur.

ECHANTILLON

PARAMETRES

METHODE

D'ANALYSE

RESULTATS

NORMES PNUD & PNUE 1998

UNITE

Abattoir de Saint-Cloud EBOLOWA

4°03'28.9"N 9°42'50.7"E

ORGANOLEPTIQUES

Couleur

ISO 7887 : 2011

327

0

mg/l échelle Pt/Co

Turbidité

ISO 7027-2 : 2019

356

0

NTU

NATURELS

pH

ISO 10523 : 2008

7,34

6 à 9

USI

Température

ISO 7888 : 1995

23,1

= 3°C

°C

Conductivité

ISO 7888 : 1995 ,

2711,8

850 à 900

uS/cm-1 à 25°C

Chlorures

ISO 7888 : 1995

236,9

0,03

mg/l Cl

TDS

ISO 7888 : 1995

582,5

? 35

mg/l

INDESIRABLES

Nitrates

ISO 6777 : 1984

5,74

? 20

mg/l NO3

Nitrites

ISO 10304-1 : 2007

0,03

0

mg/l NO2

Phosphates

ISO 15681-2 : 2003

14,45

? 3

mg/l PO4

DCO

ISO 5815-1:2019

307,2

? 250

Mg d'O2/l

DBO5

ISO 5815-1:2019

220,5

? 50

Mg d'O2/l

Rapport DCO/DBO5

ISO 5815-1:2019

1,39

---

---

ALCALINITE

Alcalinité totale

ISO 9963-1 : 1994

241

0,70

mg/l CaCO3

L'évaluation de la pollution d'une eau usée brute se fait d'après la détermination d'un certain nombre de paramètres physico-chimiques caractérisant cette eau usée. Les caractéristiques physico-chimiques des eaux usées de l'abattoir de Saint-Cloud à Ebolowa sont regroupées dans le tableau N° 8 précédent.

Deux paramètres organoleptiques ont été retenus pour la présente étude : la couleur et la turbidité. Suivant la norme ISO 7887 : 2011, la méthode la plus couramment utilisée pour l'évaluation de la couleur de l'eau dans les installations agro-industrielles, les études limnologiques, etc. est basée sur l'échelle de couleur à l'hexachloroplatinate. Notre échantillon prélevé au niveau de l'exutoire donne un résultat de 327 mg/L Pt/CO et traduit une eau de couleur pourpre. Ce qui d'ailleurs se confirme par le degré de turbidité évalué à plus de 356 NTU, suivant la méthode d'analyse ISO 7027-2 : 2019.

La valeur de la température de l'échantillon prise in situ, est inférieure à 30°C et donc considérée comme valeur limite de rejet direct dans le milieu récepteur. De même, cette valeurest inférieure à 35°C, et donc considérée comme valeur limite indicative pour les eaux destinées à l'irrigation.

Le pH, indique l'alcalinité des eaux usées, son rôle est capital pour la croissance des microorganismes qui ont généralement un pH optimum variant de 6,5 à 7,5. Lorsque le pH est inférieur à 5 ou supérieur à 8,5, la croissance des microorganismes est directement affectée. En outre, le pH est un élément important pour l'interprétation de la corrosion dans les canalisations des installations de l'épuration. La valeur de pH mesuréeest de 7,34. « Elle est comparable à celles trouvées ailleurs pour les eaux usées d'abattoirs qui présentent généralement un pH neutre à légèrement basique »(M. Chennaoui, 2002).

La conductivité électrique est probablement l'une des plus simples et des plus importantes pour le contrôle de la qualité des eaux usées. Elle traduit le degré de minéralisation globale, elle nous renseigne sur le taux de salinité. C'est une expression numérique de la capacité de l'eau à conduire un courant électrique mesurée en millisiemens par centimètre. Le résultat obtenu met en évidence une importante minéralisation liée au rejet des déchets d'abattoir municipal fortement minéralisés. La comparaison de cette valeur de la conductivité électrique au niveau de l'exutoire avec les normes de qualité des eaux destinées à l'irrigation permet de déduire que ces eaux usées ne sont pas acceptables pour un rejet direct sans traitement.

Les valeurs de Chlorures dans l'échantillon d'eaux usées issues de l'abattoir se situe autour de 236,9 mg/L de Cl. Des niveaux excessifs de chlorure pouvant perturber considérablement les processus de traitement biologique, réduire les taux d'élimination de la DCO et même conduire à une défaillance complète du système proposé.

Le TDS signifie total des solides dissouts et représente la concentration totale des substances dissoutes dans l'eau. Il est composé de sels inorganiques et de quelques matières organiques. Les sels inorganiques communs trouvés dans l'eau incluent le calcium, le magnésium, le potassium et le sodium qui sont tous des cations et des carbonates, nitrates, bicarbonates, chlorures et sulfates qui sont tous des anions. Cette forte concentration de TDS indique que des polluants nuisibles comme le fer, le manganèse, le sulfate, le bromure et l'arsenic peuvent être présent dans l'eau. C'est particulièrement vrai lorsque des quantités de solides dissous sont ajoutées à l'eau comme par la pollution ici mise en évidence. (M. Asselin, 2005). Son effet sur le système de traitement proposé est certain, notamment au niveau du type de canalisations à utiliser car rendant l'eau calcareuse, il y a un fort risque de corrosion.

L'azote présent dans l'eau usée peut avoir un caractère organique ou minéral. L'azote organique est principalement un constituant des protéines, des polypeptides, des acides aminés et de l'urée.

L'azote minéral qui comprend l'ammonium (NH4+), les Nitrites (NO2-) et les Nitrates (NO3-) constitue la majeure partie de l'azote total. Des valeurs très élevées de l'azote total (Nt) ont été enregistrées dans les eaux usées d'abattoirs du Brésil entre 133 et 179g/L(Miranda et al. 2005) et une teneur moyenne en NH4+ de 163,7 mg/L (V. Reginatto, 2003). La teneur en nitrates au niveau de l'abattoir d'Ebolowa est de 5,74 mg/L. Pour les Nitrites, qui constituent une étape importante dans la métabolisation des composés azotés, ils s'insèrent aussi dans le cycle d'azote entre l'ammonium et les nitrates. Les Nitrites proviennent généralement soit d'une dégradation incomplète d'Ammoniac soit d'une réduction des Nitrates, ils ne représentent qu'un stade CaCO3(s) + CO2(g)+ H2O(l)?Ca2++ 2HCO3-intermédiaire et facilement oxydés en nitrates (par voie chimique ou bactérienne).Les faibles concentrations en Nitrites rencontrées au niveau des eaux usées del'effluent étudié, pourraient être expliquées par le fait que l'ion Nitrite (NO2-) est uncomposé intermédiaire, instable en présence del'oxygène.

Les composés phosphorés existent dans les eaux naturelles et les eaux usées sous différentes formes à savoir les ortho-phosphates solubles, les phosphateshydrosolubles et les dérivés organophosphorés (J. Rodier ; 1996.). La valeur enregistréeà Saint-Cloud est de 14,45mg/L. Chennaoui et al., en2002 ontrapporté une teneur moyenne en Ortho-phosphate de l'ordre de 1,8g/L. Au niveau deseaux usées d'abattoir de Canada, Massé et al., en 2005 ont trouvé des valeurscomprises entre 25 et 42 mg/L.D'une manière générale, la MES intervient dans la composition de l'eau par son effetd'échanges d'ions ou d'absorption aussi bien sur les éléments chimiques à l'état detraces que sur les microorganismes. Par ailleurs, ces valeurs moyennes en MES dans les eaux uséesanalysées sont supérieures à la valeur fixée par certaines normes environnementales.Dans les réseaux d'assainissement des eaux usées, sa disparitioncomplète s'accompagne généralement de l'apparition d'H2S dans l'air, provenant dela réduction des composés soufrés présents dans les effluents, et corrélativement duphénomène d'attaque acide du béton des canalisations (O. Thomas, 1995). Par contre sa présenceinhibe les activités dénitrifiantesde la flore spécialisée. La comparaison de la valeur en oxygène dissous dans notre échantillon d'eaux usées analysées avec la grille dequalité des eaux de surface permet de déduire que ces eaux usées sont de qualitémoyenne très mauvaise.

Les valeurs élevées de la DBO5, pourraient être expliqué par l'abondance de lamatière organique (débris de panse), et par la concentration de cet effluent par le sang des rejets de l'abattoir municipal drainés. Pour la DCO, la valeur sont moinsfaibles que celles des eaux urbaines. Ces valeursmoyennes globales (DBO5 et DCO) sont inférieures à 500 mg/L, considérée comme valeur limite de rejet direct. Par ailleurs, ces eaux usées sont classées comme de très mauvaisequalité selon les normes de qualité des eaux de surface. La charge polluante des eaux usées, telle que mesurée par sa DCO,estun des plus importants critères utilisés dans la conception d'un système de traitement deseaux usées afin de déterminer le degré de traitement nécessaire. La charge à traiterest la DCO des eaux usées qui y sont amenées. En outre, ces valeurs sont moinsélevées et ne concordent pas avec celles reportées par Sachon en France en 1986 ; deTritt et Shuchard en Allemagne en 1992 ; de Gnagne et al. Au Burkina Faso en 2002 et 2003 ; et les travaux de Miranda et al., en 2005.

Pour une meilleure appréciation de l'origine des eaux usées de ces effluents étudiésde l'abattoir, le calcul des rapportsDCO/DBO5, DBO5/DCO, et TDS/DBO5.

Tableau 10. Ratios des eaux usées de l'abattoir de Saint-Cloud

Ratios

Valeurs en mg/L

DCO/DBO5

1,39

DBO5/DCO

0,72

L'utilisation de ces paramètres de caractérisation constitue un bon moyen pourdonner une image du degré de pollution des effluents bruts d'abattoir et aussi pouroptimiser les paramètres physico-chimiques de ces eaux usées afin de proposer unmode de traitement convenable.

IV.2.1. Ratio DCO/DBO5

Ce rapport permet de déduire si les eaux usées rejetées directement dansle milieu récepteur ont des caractéristiques des eaux usées domestiques (rapportDCO/DBO5 inférieur à 3) (ONEP et GTZ. Rabat, 1998). Les résultats de ce rapport constituent une indication del'importance des matières polluantes peu ou pas biodégradables. Les eauxusées de l'abattoir municipal d'Ebolowa présentent un ratio DCO/DBO5 de 1,39mg/L (Tableau 9) conforme avec celui des eaux usées urbaines à dominancedomestique. On peut donc conclure que même si les eaux usées de ce rejet urbain présentent une chargeorganique élevée, elles sont facilement biodégradables. L'examen de ce rapportsouligne bien le caractère biodégradable des eaux usées mélangées de l'abattoirmunicipal auxquelles un traitement biologique paraît tout à fait convenable. Cesrésultats concordent avec ceux reportés par Gnagne et Brissauden Décembre 2023 et Zerhouni en 2003.

IV.2.2. Ratio DBO5/DCO

Pour caractériser une pollution industrielle, on considère souvent le rapportDBO5/DCO, qui donne des indications très intéressantes sur l'origine d'une pollutiondes eaux usées et ses possibilités de traitement. Pour notre étude, ce rapport estrelativement élevé de l'ordre de 0,72 (Tableau 9). C'est le cas général pour lesrejets chargés en matière organique. Cettecharge organique rend ces eaux uséesassez instables, c'est à dire qu'elles évolueront vite vers des formes "digérées"avec le risque de dégagement d'odeurs. En effet, les eaux usées de cette structure sontà dominante organique.

IV.3. DESCRIPTION DES SOLUTIONS D'ATTENUATION ET CONCEPTION DE LA STATION DE TRAITEMENT DES EAUX USEES DE L'ABATTOIR : DIMENSIONS ET MODE DE FONCTIONNEMENT

IV.3.1. Planification et sélection des solutions optimales

Le tableau 10 présente les différentes parties prenantes de la gestion des déchets de l'abattoir, les problèmes identifiés, les facteurs de risques et les solutions envisagées à la résolution de chaque problème. Cette matrice (Tableau 10) prend en compte l'avis des différentes parties prenantes pour la gestion des déchets de l'abattoir de Saint-Cloud afin de diversifier les solutions pour ne retenir que les plus optimales. Par ailleurs, l'analyse multicritère (Tableau 6) par choix ne saurait être la seule démarche pour prioriser les solutions optimales. Il existe également pour cet exercice le vote pondéré, le vote simple, les consultations publiques, etc...

Tableau 11. Planification des solutions endogènes et exogènes issus des avis des parties prenantes

PARTIE PRENANTE

SECTEUR D'ACTIVITE

PROBLEMES IDENTIFIES

CAUSES PERTINENTES

SOLUTIONS ENDOGENES

SOLUTIONS EXOGENES

1

Personnel de l'abattoir

Gestion des déchets produits dans l'abattoir

Pas de coordination en termes de management environnemental et de gestion opérationnelle de l'abattoir

- Insuffisance d'expertise et de compétences ;

- Insuffisance criarde d'information et de communication

- Formation / recyclage aux bonnes pratiques de gestion interne des déchets (PTA, PDCA, EPI...) ;

- Organisation de la conteneurisation et de la précollecte des déchetspuis acheminement vers les points de collecte

- Travail en synergie avec la CUE et ses prestataires dans le domaine de la gestion des déchets solides et assimilés ;

- Affectation des récipients de collecte et intégration de la structure dans le calendrier de collecte porte à porte quotidienne

2

CUE

Management environnemental et social

Retard et insuffisance budgétaire (Droits d'accises, CAC)

- Retard dans la transmission du PCGD ;

- Tensions de trésorerie

- Expression des besoins financiers à temps adossée au projet de réalisation d'une station de traitement et valorisation des déchets produits sur site.

- Construction d'un plus grand abattoir moderne en périphérie de la ville.

Conception - Dimensionnement et réalisation d'une station de traitement et de valorisation des déchets et eaux usées de l'abattoir existant et du prochain en cours de finition.

3

DD/MINEPDED

Gouvernance

Budget, effectif et logistique insuffisants ;

Niveau de préoccupation managériale pour le suivi de la mise en oeuvre des PGES et NIE

- Mobiliser les ressources humaines (même stagiaires) ;

- Mobiliser les ressources financières et la mobilité pour la cause.

- Plaidoyer en direction de l'administration locale et nationale pour la mobilisation de toutes ces ressources afin de garantir l'atteinte des objectifs définis.

4

DD/MINEPIA

Gouvernance

Budget, effectif et logistique insuffisants ;

Niveau de préoccupation managériale pour le suivi et la mise en oeuvre des activités des organisations professionnelles et interprofessionnelles du secteur de l'élevage, des pêches ; et l'industrie animale.

- Mobiliser les ressources humaines (même stagiaires) ;

Mobiliser les ressources financières et la mobilité pour la cause.

- Plaidoyer en direction de l'administration locale et nationale pour la mobilisation de toutes ces ressources afin de garantir l'atteinte des objectifs définis.

5

Population environnante

Management communautaire

Non maîtrise des risques et dangers liés à la vie dans le voisinage de l'abattoir ;

- Ignorance ou laxisme dans la mise en oeuvre des mesures de lutte contre les nuisibles et vecteurs de maladies issus de l'abattoir ;

- Insuffisance criarde d'information et de communication

- Détruire toutes gîtes larvaires autour des habitations ;

- Eviter de se ravitailler en eau directement à la rivière et/ou de l'utiliser comme dépotoir ou latrine

- Proscrire la pêche dans ces eaux aux enfants

- Construire des puits en amont et à bonne distance des latrines

- Rat proofing et grilles anti-insecte sur les fenêtres

- Education populaire sur les bonnes pratiques d'hygiène et d'assainissement communautaire : Information - Education et Communication (IEC) et Communication pour le Changement de Comportement (CCC) vis-à-vis des populations vivantes autour de l'abattoir ;

- Campagne trimestrielle de lutte anti-vectorielle dans un rayon de 50 mètres et distribution des MILDA

- Construction/Réparation du Forage + forages communautaires pour le voisinage

6

Groupe Hysacam S.A

Prestataire multisectoriel de l'Etat et des CTD

Faible taux de desserte de cette zone par la collecte porte à porte des déchets produits, idem pour la gestion des eaux usées.

Incivisme notoire des populations d'Elat Saint-Cloud en général (Destruction des récipients par les flammes). Absence de contrat de vidange des fosses avec les usagers et l'abattoir.

Hysacam en collaboration avec la CUE : Curer et élargir le lit de la rivière aux abords de l'abattoir ; Intensifier l'opération de soutien aux ménages et structures d'Etat à travers les dons en récipients de collecte (Poubelles plastiques de capacités variables) ;

Seca doit prospecter auprès des ménages et structures pour la gestion de leurs eaux usées.

- Plaidoyer en direction de l'administration locale et du Maître d'Ouvrage pour la construction d'un refuge à déchets assimilables aux ordures ménagères provenant de l'abattoir (Hysacam);

- Dès appels d'offre, soumission d'une offre pour la gestion des déchets liquides issus de l'abattoir ou la vidange des fosses septiques des ménages environnants. (SECA)

Tableau 12. Matrice d'analyse multicritères par cotation pour la sélection des solutions optimales

CRITERES

POIDS

GAMMES DE SOLUTIONS

S1 = IEC/CCCélargies + EPI au personnel

S2 = Station de T3 eaux usées

S3 = Nouvel abattoir moderne

S4 = Unité de compostage

S5 = Conteneurisation des déchets (Bacs & refuges)

S6 = Lutte Anti-vectorielle + MILDA

S7 = AEP & forages communautaires

S8 = Création d'un Comité élargi de Gestion

Coût

2

2 || 4

3 || 6

2 || 4

1|| 2

1 || 2

2 || 4

2 || 4

1|| 2

Temps

3

3 || 9

3 || 9

3 || 9

2 || 6

1 || 3

1 || 3

3 || 9

2 || 6

Faisabilité

2

2 || 4

3 || 6

2 || 4

3 || 6

2 || 4

2 || 4

2 || 4

2||4

Efficacité

3

2 || 6

3 || 9

2 || 6

2 || 6

2 || 6

2 || 6

3||9

2 || 6

NOTE PONDEREE

Note1 = 23

Note 2 =30

Note 3 =23

Note 4 =20

Note 5 =15

Note 6 =17

Note 7 =26

Note 8 =18

Le tableau 11 présente les huit (08) gammes de solutions identifiées pour la gestion des déchets de l'abattoir municipal d'Ebolowa. Solutions évaluées en fonction de quatre (04) critères tels que le coût, le temps de réalisation, la faisabilité et l'efficacité. Les solutions optimales retenues à l'issu de l'analyse multicritère concerne la conception, le dimensionnement et la réalisation d'une station d'épuration pour le traitement des eaux usées et leur valorisation et réutilisation, afin de pallier au déficit en eau sur le site. Pour empêcher les ménages alentours de recourir à l'eau de la rivière, la solution N°7 a également été plébiscitée à savoir la réparation du système principal d'approvisionnement en eau de l'abattoir et la construction de forages communautaires à motricité humaine. Les autres solutions N° 1 et 4 pourront être greffées au projet global de réalisation d'une station d'épuration, dans ce sens où le contenu des panses de bovin qui représente plus de 65% des déchets solides produits sur site, pourra être associé aux boues de vidange de la station et constituer au final un excellent compost qui pourra soit être commercialisé et favoriser l'import-substitution. De même, pour pallier aux écarts constatés dans la structure, ces ressources contribueront par exemple à renouveler régulièrement les équipements de protection individuelle au personnel. Afin d'optimiser le futur abattoir municipal et moderne de la ville, toutes ces solutions pourront être intégrées et adaptées à l'ouvrage.

IV.3.2. Mise en oeuvre des solutions retenues pour la gestion des effluents de l'abattoir

Grâce à l'analyse des données collectées sur le terrain, plusieurs actions potentielles ont été sélectionnées suivant l'importance de la problématique des déchets surtout liquide de l'abattoir. Ensuite ils ont été réunis en un plan d'action cohérent.

IV.3.2.1. Gestion des eaux usées de l'abattoir

Au regard de la typologie des effluents à traiter, un système composite comportant plusieurs ouvrages spécialisés et cohérents les uns avec les autres est ainsi proposé. Ainsi, à l'issue d'un dimensionnement minutieux et rigoureux, le tableau 12 présente les caractéristiques de base des ouvrages qui constituent le système optimisé de gestion des effluents de l'abattoir de Saint-Cloud.

Tableau 13. Caractéristiques des ouvrages du système de traitement des effluents de l'abattoir d'Ebolowa.

TYPE D'OUVRAGE

MATERIAUX

FORMES

VOLUME (m3)

LONGUEUR (m)

LARGEUR (m)

HAUTEUR (m)

AUTRES

1

Dégrilleur

Fer inoxydable

Rectangulaire

0,50

1,4

0,6

0,6

Conception locale

2

Dégraisseur

Fer inoxydable

Rectangulaire

0,54

1,8

0,6

0,5

3

Regards

Béton

Rectangulaire

0,36

0,9

0,8

0,5

 

4

Bassin de stockage et de décantation

Béton

Rectangulaire

28,52

4,6

3,1

2

02 compartiments + une pompe

5

Déversoir

Béton

Rectangulaire

0,45

1,5

0,6

0,5

 

6

Marais artificiel (MAES)

Revêtement

imperméable (géotextile)

Rectangulaire

60

5

3

4

 

7

Réservoir d'eau

Béton

Cylindrique

3,07

2

1,4

---

Enfouis + une pompe

8

Lit de séchage

Béton

Rectangulaire

---

1,8

1,3

1

Sur pilotis

9

Unité de compostage

Béton

Rectangulaire

13

2,5

2

2,6

Cabane

Le système ainsi conçu sera un tout petit peu similaire à celui proposé par Konda en 2007 pour le traitement des eaux usées de l'abattoir de la ville d'Ouahigouva au Nord-Ouest du Burkina Faso. Seulement, il a été optimisé en utilisant d'une part, un sous-système adapté pour le traitement de ce type d'eau usée : le marais artificiel à écoulement surfacique, dont le but est de répliquer les processus naturels du marécage naturel alentour afin de ne pas modifier l'équilibre de l'écosystème alentour.D'autres parts, son optimisation repose sur la réutilisation de l'eau traitée pompée et canalisée vers le bâtiment principal de l'abattoir, mais aussi la valorisation des boues issues non seulement du bassin de stockage et de décantation, mais également du marais artificiel, dans un processus de Co-compostage à l'unité dédiée pour la cause, qui prendra naturellement en compte les déchets biologiques produits au sein de l'abattoir.

L'écoulement dans le système sera laminaire, c'est-à-dire caractérisé par une diffusion de la quantité de mouvement élevée et une convection globalement faible, à l'exception du passage par le déversoir qui favorisera une ré oxygénation avant l'entrée dans le MAES. En effet, l'angle d'inclinaison dans une station dépend essentiellement du composant spécifique. Au niveau du dégrilleur, il sera disposé deux (02) grillages en escalier en fer inoxydable suivant une inclinaison à 55%. Pour le reste, il s'agira de respecter les normes d'évacuation des eaux usées qui imposent une pente minimale de 1%. Pour gérer la dénivelée importante et s'assurer du fonctionnement automatisé du système qui fonctionnera en circuit fermé, il faudra disposer de deux (02) pompes immergées verticales dont l'une dans le bassin de décantation et l'autre dans le réservoir d'eau traitée. Les têtes de pompage seront suspendues dans le liquide et les moteurs d'entraînement installés à sec au-dessus, le tout pourvu de flotteur pour actionner ce dernier dès que les niveaux d'eau atteint la limite de refoulement. Le choix des caractéristiques de ces pompes submersibles se fera en prenant en compte le degré de turbidité de l'eau moyennement polluée (surnageant) du bassin de décantation et de l'eau clarifiée du réservoir d'eau traitée.

Pour ce qui est du temps de séjour, il dépend du processus de traitement choisi dans le système suivant la formule de dimensionnement utilisée au chapitre III, et en application numérique, on obtient les résultats suivants consignés dans le tableau N° 14.

Tableau 14. Evaluation du temps séjour maximumde l'effluent dans chaque composant du système.

COMPOSANT

FORMES

VOLUME (m3)

LONGUEUR (m)

LARGEUR (m)

VITESSE (m/s)

Temps de séjour (s)

1

Dégrilleur

Rectangulaire

0,50

1,4

0,6

0,3

1984

2

Dégraisseur

Rectangulaire

0,54

1,8

0,6

0,3

1667

3

Regard

Rectangulaire

0,36

0,9

0,8

0,3

1667

4

Bassin de stockage et de décantation

Rectangulaire

28,52

4,6

3,1

0,3

6667

5

Déversoir

Rectangulaire

0,45

1,5

0,6

0,3

1667

6

Regard

Rectangulaire

0,36

0,9

0,8

0,3

1 667

7

Marais artificiel (MAES)

Rectangulaire

60

5

3

0,3

13 333

SOMME TEMPS DE SEJOUR MAXIMUM EN SECONDE

28651

Le temps de séjour global maximal sera de 08 heures 00 minutes exactement, pour une vitesse d'écoulement de l'effluent prise à 0,3m/s. Par ailleurs, en considérant une vitesse maximale plus grande, soit 1m/s dans ce réseau séparatif, nous aurons un temps de séjour global minimalTs= 2 heures et 24 minutes exactement.

Désinfection de l'eau traitée.

Dans le système optimisé qui est proposé, il est prévu un cycle de réutilisation de l'eau traitée pour les mêmes tâches identifiées à savoir la stabulation, l'abattage, le lavage des équipements et zones de travail et le traitement des sous-produits (Os, Viscères, etc...). Or, à partir du moment où l'abattoir de Saint-Cloud a vocation de fournir des produits alimentaires sûres et de qualité, il serait fortement recommandé de désinfecter l'eau claire du réservoir d'eau avant pompage et redistribution vers le bâtiment. D'où le recours à un processus simple appelé chloration, c'est-à-dire utiliser un produit chloré (eau de Javel etc...) dans un produit ou un substrat et parfois même un aliment, dans le but de limiter tout risque de maladies hydriques après consommation, le chlore étant ici utilisé pour ses propriétés superoxydantes et rémanentes qui en font un biocide bien adapté à la désinfection d'un réseau de distribution d'eau ou d'une réserve d'eau (si elle est confinée dans une enceinte étanche).Dans le cadre de l'étude, il s'agira de procéder à la désinfection de l'eau claire issue du marais et stockée dans le réservoir étanche d'une capacité de 3,07 m3.

Mais avant cela, pour connaître le volume d'eau de Javel à ajouter pour atteindre la concentration souhaitée, il faut connaître son degré chlorométrique, qui tourne autour de 9° pour l'eau de Javel commercialisée librement au Cameroun. Un degré chlorométrique correspond à 3,17 grammes de chlore actif par litre d'eau de Javel. Par conséquent, si l'eau de Javel dont on dispose est à 9° et si l'on souhaite obtenir une concentration C de chlore actif dans l'eau à traiter (comprise entre 5 et 20mg/L, selon les cas), le volume d'eau de Javel à ajouter peut-être facilement calculé à l'aide de la formule suivante :

Veau de Javel = C x Veau à traiter / (9 x 3,17).

AN : Pour C = 5mg/L par exemple, et dès que l'eau traitée atteint le flotteur situé au ¾ du réservoir, on aura Veau de Javel = 5 x ¾ (3,07*103) / (9 x 3,17) Alors Veau de Javel = 403,52 millilitres.

Le résultat obtenu est en ml car la concentration a été exprimée en mg/L.

A titre indicatif ou de rappel, le volume d'une goutte est d'environ 0,2mL et 1ml = 0,001 litre.

A partir du moment où un tel exercice couplé à une chloration manuelle s'avèrent périlleuse, risquée et fortement demanderesse d'un personnel spécialisé, l'on recommander plutôt l'intégration d'une pompeuse doseuse de chlore au système. Des deux types de pompes doseuses qui existent sur le marché (pompes péristaltiques et pompes doseuses à membrane ou à solénoïde), choisir la pompe doseuse automatique car le dosage «automatique» est une méthode dans laquelle la pompe doseuse injecte du chlore liquide dans le réservoir uniquement lorsque cela est nécessaire.Pour ce faire, le niveau de chlore libre dans l'eau du réservoir est mesuré en temps réel, à l'aide d'une sonde ampérométrique (ou potentiostatique) intégrée, de sorte que l'hypochlorite de sodium n'est injecté que lorsque le niveau de chlore tombe en dessous du point de consigne.

IV.3.2.2. Unité de valorisation matière des déchets solides biodégradables.

L'unité de valorisation sera constituée d'un lit de séchage extérieur au bâtiment de stockage, aménagé sur pilotis pour permettre que les eaux qui percolent (Lixiviat) soient recueillies et renvoyées vers le bassin de décantation. A proximité de là nous auront le bâtiment qui servira de :

· Broyage des briques de boues et du contenu des panses d'animaux préalablement séchés ;

· Criblage et mise en andains après mélange successif puis maturation ;

· Ensachage et stockage des sacs de compost prêt à la commercialisation.

La dimension de l'espace dépendra bien entendu desquantités de substrats à traiter. L'unité et tout le système en général seront protégés par uneclôture pour que les animaux errants et les curieux ne viennent pas y divaguer, s'alimenter ou même se servir.Ladite unité sera elle aussi optimisée dans le sens où pendant l'entretien du marais artificiel et des espaces vers au sein de l'abattoir, les déchets verts seront intégrés après la phase de biodégradation aérobie.

Dimensionnement de l'unité de Compostage.

Il est fait en considérant les postulats suivants : 1m3=> 1000L ; 1L => 1Kg et 1m3=> 1000 Kg soit 1 tonne (T). Le contenu moyen d'une panse de boeuf abattu est de 30Kg et le ratio moyen d'abattage quotidien à Saint-Cloud sur la période d'étude est de 10 têtes. Ainsi, la production quotidienne en matières stercoraires est de 300Kg par jour. En considérant également une production moyenne des boues du système dans son fonctionnement optimal à environ 60 Kg par jour, on obtient une quantité globale de matières à composter égale à 360Kg. On aura donc besoin d'un bac en bois de 16m3divisé en 02 compartiments d'égales dimensions. Selon les normes d'assainissement, le taux de remplissage du bac ne doit pas excéder les 75%. De ce fait, chaque compartiment mettra environ deux semaines (16 jours) pour se remplir au ¾, soit environ six (06) tonnes de matières. En considérant également que dans le bâtiment de l'unité on aurades conditions moins optimales que celles requises pour la maturation du produit, c'est-à-dire :

- Un apport en oxygène de 0,1m3 d'air par minute et par tonne de matière ;

- 20° à 30°C contre 80°C de température règlementaire ;

- Et un pH proche de 7 ;

Au bout de 45 jours, on obtiendra environ 4,5 Tonnes de compost mûr et sec (3/4 de la quantité lorsqu'humide). Soit une production annuelle estimée à trente-six (36) Tonnes.

Autonomie énergétique.

Pour garantir un fonctionnement permanent du système, eux égards les nombreuses perturbations dans l'approvisionnement en électricité dans la ville, il sera question de combiner l'énergie solaire photovoltaïque à la fourniture en électricité par le prestataire ENEO. Cela implique l'installation de panneaux solaires sur le toit du bâtiment principal, le tout raccordé à deux batteries au Lithium de 200AH, d'un onduleur et d'un inverseur électrique automatique qui jouera le rôle de commutateur entre la fourniture du réseau ENEO et celle du dispositif solaire en cas de délestage ou suspension temporaire. Le stockage d'énergie dans les batteries permettra au système de fonctionner sans interruption pendant les périodes de faible ensoleillement ou la nuit.Les seuls appareils qui seront alimentés par cette solution alternative seront les deux pompes immergées, la pompe doseuse de chlore et l'éclairage total du site. En plus, à partir du moment où le temps de séjour global maximal sera de 08 heures 00 minutes exactement, pour une vitesse d'écoulement de l'effluent prise à 0,3m/s il sera recommander de faire le check up du système trois fois par jour en moyenne.

IV.3.2.3. Dimensionnement Quantitatif et Estimatif

En s'appuyant sur la mercuriale en vigueur et les prix pratiqués localement pour les intrants disponibles dans les environs du site du projet, on a pu dimensionner et produire un devis global pour la réalisation du système. Il est consigné dans le tableau en annexeN° 6. Le coût global de réalisation de l'ouvrage est de 46.811.848 FCFA amortissable en quatre années entières.

IV.3.3. Modélisation du système optimisé de gestion des effluents de l'abattoir de Saint-Cloud.

La modélisation est le processus de création d'une représentation mathématique tridimensionnelle d'un objet, une forme ou un système à l'aide de logiciels spécialisés. Celui-ci permet dans de nombreux secteurs comme l'architecture et l'ingénierie en général de visualiser, simuler ou créer des structures physiques avant leur construction, garantissant ainsi une maîtrise des coûts et une limitation des erreurs. Dans le cadre de l'étude, il a été choisi le logiciel d'architecture Archicad 26 (dernière version). Ce logiciel créé par la société hongroise Graphisoft se présente aujourd'hui comme le leader mondial de la conception architecturale et le dessin technique. Les figures 7, 8, 9 et 10 illustreront un plan côté et de rendus à l'issu d'un long travail de conception et de dimensionnement du système proposé.

Figure 7 : Plan côté général du système optimisé.

Figure 8 : Rendu 3D illustrant l'ensemble du système raccordé au bâtiment de l'abattoir (Vue aérienne)

Figure 9 : Rendu 3D illustrant l'ensemble du système à l'arrière de l'abattoir (Vue de dessus)

Figure 10 : Rendus 3D illustrant le lit de séchage et une partie du MAES + Réservoir de stockage

CHAPTITRE V : CONCLUSION ET PERSPECTIVES

Au terme de cette étude, on peut conclure que les eaux usées rejetées par l'abattoir de Saint-Cloud peuvent nuire à l'écosystème immédiat d'Oding et de toutes ses composantes. Grâce à la matrice descriptive du module A de MOSAR, l'audit environnemental du bâtiment existant et l'étude d'impact environnemental et social du système proposé, ont révélé de fortes proportions de déchets industriels banaux et spéciaux. De même, les entretiens avec cinquante-neuf ménages, le personnel de la formation sanitaire voisine et le personnel de l'abattoir nous ont permis de faire l'inventaire des risques environnementaux et sanitaires liés. Outre son mauvais état, les résultats des paramètres physiques et chimiques étudiés ont montré que le DBO5, DCO, MES, TDS, Alcalinité totale, le Nitrite, l'ortho phosphate, la turbidité, l'alcalinité, le chlorure, la couleur et la turbidité en général ne sont pas conformes aux normes PNUD/PNUE de 1998. On constate donc que l'effluent brut de l'abattoir est dense. Chargées d'indicateurs de polluants vitaux, ces eaux ont besoin de beaucoup d'oxygène pour oxyder et même dégrader biologiquement la matière organique. Les valeurs dépassent largement les normes d'élimination des déchets d'abattoir dans les milieux récepteurs. Une concertation avec les différentes parties prenantes a permis d'hiérarchiser les pistes de solutions aux différents problèmes connexes identifiés. Ainsi, le système optimisé de traitement des effluents de l'abattoir a été hautement plébiscité à moyen terme et comme livrable, on soumet dans cette étude ce projet intégral comportant une modélisation 3D de l'ensemble du système, des plans de coupes de chaque compartiment (Dégrilleur, Dégraisseur, Regards, Bassin de stockage et de décantation, Déversoir, Marais artificiel à écoulement surfacique et le réservoir de stockage de l'eau traitée), un devis quantitatif et estimatif et un mode de fonctionnement. Ce système est dit optimisé car en plus de son autonomie énergétique, il propose une valorisation matière de l'eau usée traitée et des boues et matières stercoraires en compost biologique commercialisable.

L'étude a donc permis de mettre en lumière les risques de pollution de la rivière Bengo, et après investigation et dialogue communautaire, de choisir ensemble les solutions les plus adaptées au contexte actuel, en vue de résoudre définitivement à court, moyen et long terme tous les problèmes environnementaux qui puissent y exister. En clair, le livrable est un projet qui répondra à coup sûr aux préoccupations des cibles 3 ; 6 ; 11 ; 12 ; 13 et 14 des objectifs de développement durable (ODD) d'ailleurs d'actualités dans cette partie du pays en ce moment.

RECOMMANDATIONS

VIS-A-VIS DU PERSONNEL ET DE L'ADMINISTRATION DE L'ABATTOIR

- Procéder aux formations / recyclages aux bonnes pratiques de gestion interne des déchets et doter régulièrement le personnel en EPI et guide d'hygiène et de sécurité ;

- Organiser la conteneurisation et la précollecte des déchets assimilables aux ordures ménagères produits sur site puis acheminer vers les points de collecte ;

- Travailler en synergie avec la CUE et ses prestataires dans le domaine de la gestion des déchets solides et assimilés : Pendant la période de stage, nous avons improvisé un travail communautaire le long de la rive du cours d'eau, et obtenu de la CUE une affectation des récipients de collecte en plastique et munis de roues et couvercles, qui seront vidés régulièrement par les camions de collecte porte à porte ;

VIS-A-VIS DE LA MAIRIE DE LA VILLE

Eu égard le retard dans la transmission du plan communal de gestion de déchets (PCGD), la CUE devra :

- Finaliser ledit document et exprimer des besoins financiers à temps à la session budgétaire et au Feicom, adossés au projet de réalisation d'une station de traitement et valorisation des déchets produits sur des sites industrialo-communautaires après maturation ;

- Education populaire sur les bonnes pratiques d'hygiène et d'assainissement communautaire : Information - Education et Communication (IEC) et Communication pour le Changement de Comportement (CCC) vis-à-vis des populations vivantes autour de l'abattoir ;

- Mener des campagnes trimestrielles de lutte anti-vectorielle dans un rayon de 50 mètres et distribution des MILDA ;

- Construction/Réparation du forage de l'abattoir + forages communautaires pour le voisinage de l'abattoir ;

- Construireet équiper un plus grand abattoir moderne en périphérie de la ville.

VIS-A-VIS DE LA SECTORIELLE MINEPDED (Délégation Départementale)

Eu égard le faible niveau de préoccupation managériale pour le suivi de la mise en oeuvre des PGES et NIE, cette sectorielle devra :

- Mobiliser les ressources humaines (même stagiaires) ;

- Mobiliser les ressources financières et la mobilité pour la cause.

- Plaidoyer en direction de l'administration locale et nationale pour la mobilisation de toutes ces ressources afin de garantir l'atteinte des objectifs définis en matière de suivi de la mise en oeuvre des PGES et Audits Environnementaux dans la Mvila.

VIS-A-VIS DE SECTORIELLE MINEPIA (Délégation Départementale)

En raison du très faible niveau de préoccupation managériale pour le suivi et la mise en oeuvre des activités des organisations professionnelles et interprofessionnelles du secteur de l'élevage, des pêches ; et l'industrie animale dans le département de la Mvila, cette sectorielle devra :

- Mobiliser les ressources humaines (même stagiaires) ;

- Mobiliser les ressources financières et la mobilité pour la cause.

- Plaidoyer en direction de l'administration locale et nationale pour la mobilisation de toutes ces ressources afin de garantir l'atteinte des objectifs définis dans leur domaine de compétence.

VIS-A-VIS DES POPULATIONS ENVIRONNANTES

En raison de l'ignorance ou du laxisme dans la mise en oeuvre des mesures de lutte contre les nuisibles et vecteurs de maladies issus de l'abattoir, de l'insuffisance criarde d'information et de communication, les populations voisines devront :

Détruire toutes gîtes larvaires autour de leurs habitations ;

Eviter de se ravitailler en eau directement à la rivière et/ou de l'utiliser comme dépotoir ou latrine ;

Proscrire la pêche dans ces eaux aux enfants ;

Construire des puits en amont et à bonne distance des latrines ;

Effectuer le Rat proofing et faire poser des grilles anti-insecte sur les fenêtres ;

VIS-A-VIS DU GROUPE Hysacam S.A

A partir des constats effectués sur site et environs notamment l'incivisme notoire des populations d'Elat Saint-Cloud en général (Destruction et/ou vol des récipients de collecte par les flammes), l'absence de contrat de vidange des fosses avec les usagers, le groupe Hysacam, en collaboration avec son maître d'ouvrage(CUE)devra :

- Accélérer l'opération de soutien aux ménages et structures d'Etat à travers les dons en récipients de collecte (Poubelles plastiques de capacités variables munis de couvercles et roues) ;

- Curer et élargir le lit de la rivière aux abords de l'abattoir ;

- La filiale Seca du groupe devra prospecter auprès des ménages et structures pour la gestion de leurs eaux usées domestiques et industrielles ;

- Plaidoyer en direction de l'administration locale et du Maître d'Ouvrage pour la construction d'un refuge à déchets assimilables aux ordures ménagères provenant de l'abattoir et des habitations voisines difficiles d'accès aux camions de collecte porte à porte.

ANNEXES

REPUBLIQUE DU CAMEROUN

Paix - Travail - Patrie

****

MINISTERE DE L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR

****

UNIVERSITÉ D'EBOLOWA

****

INSTITUT SUPERIEUR D'AGRICULTURE, DU

BOIS, DE L'EAU, ET DE L'ENVIRONNEMENT

(ISABEE)

****

DIVISION DE LA FORMATION CONTINUE ET A

DISTANCE

****

www.univ-Ebolowa-isabee.com

Email: isabee@gmail.com

BP : 118Ebolowa (Cameroun)

Tél./Fax : (237) 222 28 42 32/673740885 / 656750184

ANNEXE 1 : Fiches d'enquêtes auprès des parties prenantes

REPUBLIC OF CAMEROON

Peace - Work - Fatherland

****

MINISTRY OF HIGHER EDUCATION

****

UNIVERSITY OF EBOLOWA

****

HIGHER INSTITUTE OF AGRICULTURE,

FORESTRY, WATER AND ENVIRONMENT

(HIAFWE)

****

DIVISION OF CONTINUOUS AND DISTANCE

EDUCATION

****

www.univ-Ebolowa-isabee.com

Email: isabee@gmail.com

PO.BOX: 118Ebolowa (Cameroun)

Phone./Fax : (237) 222 28 42 32/673740885 / 656750184

Selon la loi N° 91/1023 du 16 Décembre 1991 portant réglementation sur les recensements et enquêtes statistiques, les informations recueillies au cours de cette enquête sont strictement confidentielles et ne peuvent en aucun cas être utilisées à des fins de contrôle ou de répression économique.

Etude sous le thème :

CONCEPTION ET DIMENSIONNEMENT D'UN SYSTÈME OPTIMISÉ DE TRAITEMENT DES EFFLUENTS DE L'ABATTOIR DE SAINT-CLOUD DANS L'ARRONDISSEMENT D'ÉBOLOWA II

Nom de l'enquêteur : M. YAGOUE KAMENI Sidoine Dave

I. QUESTIONNAIRE AUPRES DU PERSONNEL D'ABATTOIR

Date :

Genre : Masculin ? Féminin ?

Age : 15-25 ans? ; 25-45 ans? ; 45 et plus?

Poste au sein de l'abattoir : _____________________________________________________

1. Depuis combien d'années travaillez-vous au sein de l'abattoir ? __________________

2. En quelle année fût créé l'abattoir ? ________________________________________

3. Combien de têtes de bovin pouvez-vous abattre par jour ? ______________________

4. Quel était le mode de gestion des eaux usées de l'abattoir dans les années de création de l'abattoir ? _________________________________________________________

5. Qu'est-ce qu'une eau usée ? ______________________________________________

6. Que représente-t-elle pour vous ? __________________________________________

Une matière première? ; un risque? ; rien?

7. Quels sont les déchets liquides générés au sein de l'abattoir ? _____________________________________________________________________

8. A quelle fréquence sont-ils produits ?

Journalière? ; hebdomadaire? ; mensuelle ?

9. Pouvez-vous évaluer la quantité de ces effluents issus de l'abattage d'un bovin ? ____

10. Quel est le mode de gestion actuel des effluents produits ? ______________________

11. Connaissez-vous les risques auxquels sommes-nous exposés lorsque les déchets de bovin ne sont pas traités ou sont déversé dans l'environnement ? _________________

Si oui lesquels ? ________________________________________________________

12. L'abattoir dispose-t-il un système de collecte des eaux usées ?

Oui? ; Non?

13. Selon vous existe-il des méthodes de traitement de ceseffluents d'abattoir ?

Oui? ; Non?

Si oui lesquels ? ________________________________________________________

14. Avez-vous déjà entendu parler du recyclage ?

Oui? ; Non?

Si oui définissez-la : ____________________________________________________

15. Quel est votre ambition pour changer la façon de traiter ce type de déchets ? _____________________________________________________________________

16. Que faite vous des déchets provenant de votre poste de travail ?

Rejet dans la nature? ; stockage dans les récipients ? ; transfère auprès des prestataires agréés ?

17. Quelles solutions proposez-vous face à tous les problèmes ici identifiés ?

_____________________________________________________________________

II. QUESTIONNAIRE POUR LES PERSONNES RIVERAINES

Date :

Genre : Masculin ? Féminin ?

Age : 15-25 ans? ; 25-45 ans? ; 45 et plus?

1. Vivez-vous proche de l'abattoir ?

Oui ?; Non?

2. Si oui, depuis combien de temps vivez-vous à cet endroit ? ______________________

3. Avez-vous des enfants ?

Oui? ; Non?

Si oui, de quelle tranche d'âge ? 0-5ans? ; 5-10ans? ; 10 ans et plus?

4. Les eaux usées sont-elles bien gérées dans cet abattoir ?

Oui ?; Non?

5. Quels sont les problèmes auxquels vous êtes confrontés depuis que vous êtes voisins avec l'abattoir ? ________________________________________________________

6. Êtes-vous perturbés par les déversements de cet abattoir ?

Oui? ; Non?

7. Utilisez-vous l'eau de la rivière Bengo ?

Oui? ; Non?

Si oui à quelle fin ? Lessive? ; vaisselle ?; bain? ; autres (précisez)?____________

8. Êtes-vous régulièrement exposé à des maladies hydriques ?

Oui? ; Non?

Si oui lesquels ? Paludisme? ; typhoïde? ; choléra? ; dysenterie amibienne?

9. Dans quel hôpital vous rendez-vous habituellement pour ces cas de maladies ? _____________________________________________________________________

10. Quelles solutions proposez-vous face à tous les problèmes que vous rencontrez ici ?

________________________________________________________________________

III. QUESTIONNAIRE POUR LES FORMATIONS SANITAIRES ENVIRONNANTES

Date :

Genre : Masculin ? Féminin ?

Age : 25-45 ans ? ; 45 et plus ?

Poste au sein de la formation hospitalière : _________________________________________

1. En quelle année fût créée votre formation sanitaire ? ___________________________

2. Quels services disposez-vous ?

Médecine Générale ? ; Urgences ?; Maternité ? ; Pédiatrie ? ; Chirurgie ? ; Laboratoire ? ; Radiographie ? ; Pharmacie ? ; autres (précisez)?_______________

3. Quelle est votre capacité d'accueil ? 10 lits ? ; 20 lits ? ; Plus de 30 lits ?

4. Quelle proportion représente (en pourcentage) les motifs de consultation pour maladies hydriques (Paludisme, Typhoïde, dysenterie amibienne, choléra, etc...) ?

En 2005 ? _____ En 2015 ? _____ En 2025 ? _____

5. Quelles solutions proposez-vous face à tous les problèmes ici identifiés ?

ANNEXE 2 : Normes de rejet des effluents liquides industriels définies par types d'industries

TYPE D'INDUSTRIE

POLLUANTS

CONCENTRATION MAXIMALE ACCEPTABLE

Agriculture

Matières en suspension

Phosphate (PO4)

Fluor (F)

pH

Ammonium (NH4)

Arsenic (As)

Nitrate (NO3)

Pesticide Total

15

3

1

6-9

0,1

0,1

20

0,1

Agro-alimentaire

Matières en suspension

Phosphore total

Azote total (NH4-N)

pH

Huile et Graisse

DBO5

DCO

Elévation max de température

Bactérie coliformes

50

2

10

6-9

10

50

250

=3°C

400 MPN3 / 100 mL

Source:Compendium of environmental laws of African countries. Volume VII, pages 248-255 (UNDP and UNEP, 1998); World Bank Guidelines.

ANNEXE 3 : Résultats d'analyse physico-chimique de l'effluent.ANNEXE 4 : Mosaïque d'images de terrain (Source : images de terrain, 2025)

 
 

Photo 1 : Saignée et dépeçage à même le sol nu et sans EPI

Photo 2 : Dimensionnement

 
 

Photo 3 : Employés de l'abattoir se confondent aux bouchers et clients qui viennent se ravitailler à la source, en tenue de ville (sans EPI), ni pédiluve à l'entrée du bâtiment, sous le regard impassible du vétérinaire (DD/MINEPIA).

Photo 4 : Effets visibles de la pollution de l'écosystème aquatique en aval de l'abattoir : l'eutrophisation.

 
 

Photo 5 - 6 - 7 - 8 : Sang - exsudats et autres matières stercoraires sont directement canalisés vers le cours d'eau Bengo sans aucune forme de traitement. Et les déchets solides mal gérés

 
 
 
 

Photo 9 : Résultats des activités à fort impact social et communautaire menées pendant notre stage en compagnie de CUE - Hysacam - Employés de l'abattoir et les riverains : Travail à faire = Désherbage des abords de l'abattoir et rives du cours d'eau.

Photo 10 : Il s'est aussi agi de : Curer tous les caniveaux qui communiquent avec la rivière Bengo. (venant de samba, Oding et des agences).

ANNEXE 5 : Cibles ODD concernées par notre étude (Source : https://www.agenda-2030.fr)

Les Objectifs de Développement Durable (ODD) définis par l'ONU comportent plusieurs cibles qui traitent de l'hygiène, de l'eau et de l'assainissement. Au-delà de l'ODD N°6 qui traite spécifiquement de l'eau potable et de l'assainissement, nous avons également plusieurs autres cibles appartenant aux autres objectifs de développement durable.

Nous avons donc principalement :

- ODD 6. Eau potable et assainissement : Cet objectif vise à garantir l'accès à l'eau potable, à l'assainissement et à l'hygiène pour tous, tout en assurant une gestion durable des ressources en eau.

· 6.1 : Assurer l'accès universel et équitable à l'eau potable, à un coût abordable.

· 6.2 : Assurer l'accès à des services d'assainissement et d'hygiène adéquats et équitables pour tous, et mettre fin à la défécation en plein air.

· 6.3 : Améliorer la qualité de l'eau en réduisant la pollution et en minimisant le rejet de produits chimiques et de déchets dangereux.

· 6.4 : Accroître l'efficacité de l'utilisation de l'eau et assurer une gestion durable des ressources en eau.

· 6.5 : Mettre en oeuvre la gestion intégrée des ressources en eau.

· 6.6 : Protéger et restaurer les écosystèmes liés à l'eau (rivières, lacs, zones humides).

· 6.a : Accroître la coopération internationale et le renforcement des capacités pour améliorer la gestion de l'eau et de l'assainissement.

· 6.b : Encourager la participation des communautés locales à l'amélioration de la gestion de l'eau et de l'assainissement.

Les autres ODD liés à l'hygiène, l'eau et l'assainissement

- ODD 3. Bonne santé et bien-être :

· 3.3 : Lutter contre les maladies liées à une mauvaise qualité de l'eau et à un mauvais assainissement (ex. maladies hydriques comme le choléra).

· 3.9 : Réduire les maladies et décès dus à la pollution de l'eau et de l'air.

- ODD 11. Villes et communautés durables

· 11.5 : Réduire l'impact des catastrophes naturelles, notamment les inondations, qui affectent l'accès à l'eau et à l'assainissement.

· 11.6 : Réduire l'empreinte écologique des villes, notamment en améliorant la gestion des déchets et des eaux usées.

- ODD 12. Consommation et production responsables :

· 12.4 : Réduire la pollution liée aux déchets chimiques et dangereux, y compris ceux qui contaminent l'eau.

- ODD 13. Lutte contre le changement climatique :

· 13.1 : Renforcer la résilience des populations face aux impacts du changement climatique, y compris ceux affectant l'eau et l'assainissement.

ODD 14. Vie aquatique :

· 14.1 : Réduire la pollution marine, notamment due aux eaux usées non traitées.

Ces cibles montrent l'importance de l'eau, de l'assainissement et de l'hygiène dans le développement durable et leur lien avec d'autres enjeux globaux comme la santé, l'urbanisation et le climat.

ANNEXE 6 : Devis Quantitatif et Estimatif (DQE) de réalisation du système.

DEVIS QUANTITATIF, ESTIMATIF ET EXTRAIT DES MATERIAUX

DESIGNATION

UNITE

QNTE

P.U (FCFA)

MONTANT (FCFA)

0

FONDATION DES DIFFERENTS OUVRAGES ET PERIPHERIQUES

A

TRAVAUX DE TERRASSEMENT

 1

Fouilles en puit pour Marais

m3

60

13?800

828?000

 2

Fouilles en puit pour autres fosses

m3

30,73

13 800

424 074

3

Remblais d'apport en Bloc latéritique pour sous bassement y/c le nivelage et compactage

m3

15

43?550

653 250

 

SOUS TOTAL 0-A

 

 

 

1 905 324

B

TRAVAUX DE FONDATIONS

 

Béton de propreté

m3

5,4

 

 

 1

Ciment

T

1,35

120?000

162?000

 2

Sable

m3

2,16

100?500

217?080

 3

Granite

m3

4,32

201?000

868?320

 

Souches de poteaux en BA

m3

6,4

 

-

 1

Ciment

T

2,24

120?000

268 800

 2

sable

m3

2,56

100?500

257?280

 3

Granite

m3

5,12

201?000

1?029?120

 4

Fer 12 et 14

T

0,576

628?000

361 728

5

Fer 6

T

0,364

312?000

113 568

 6

Fils d'attache de 5kg

R

2,304

5 500

12?672

 7

Planche de coffrage

U

10

4?200

42?000

 8

Bois ronds

U

5

3?350

16?750

 9

Chevrons

U

5

13?400

67?000

 10

Pointes ordinaires

Kg

2

5?040

10?080

 

Bétons de soubassement

m2

180

 

-

 1

Ciment

T

2,34

120?000

2?80?800

 2

Sable

m3

4,5

100?500

452?250

 3

agglos 20 plein

U

520

700

364?000

 

Longrines en B A

m3

28

 

-

 1

Ciment

T

9,8

120?000

1?176 000

 2

Sable

m3

11,2

100?500

1?125?600

 3

Granite

m3

22,4

201?000

4?502?400

 4

Fer 12

T

1,68

628?000

1 055 040

 5

Fer 6

T

1,12

312?000

349 440

 6

Fils d'attache de 5kg

R

6,72

5 500

36 960

 7

Planche de coffrage

U

40

4?200

1?68?000

 8

Chevrons

U

40

3?350

134?000

 9

Pointes ordinaires

Kg

40

13?400

536?000

 10

Pointes acier

Paquet

10

3?350

33?500

 

Béton de sol armé ép*8cm

m2

482

 

-

 1

sous couche de sable ép*5cm

m3

7,71

100?500

774?855

 2

Ciment

T

14,46

120?000

1 735 200

 3

Sable

m3

19,28

100?500

1?937?640

 4

Granite

m3

38,56

201?000

7?750?560

 5

Slm polyane

r

1

84?000

84?000

 6

Fer a béton

Kg

157

4?690

736 330

 

TRAVAUX DE PLOMBERIE

 

 

 

 

 1

Réservation pour évacuation

ens

1

PM

PM

 

TRAVAUX D'ELECTRICITE

 

 

 

 

 1

Réservation pour la mise à la terre

ens

1

PM

PM

 

SOUS-TOTAL 0-B

 

 

 

20 377 107

 

MAIN d'oeuvre

%

25%

5 094 277

TOTAL GENERAL TERRASSEMENT ET FONDATION

25 471 383

C

TRAVAUX CONNEXES - EQUIPEMENTS ET FINITIONS

 

ELEVATION

 

 

 

-

 

Poteaux + poutres de chainage en B A

m3

46,5

 

-

 1

Ciment

T

16,3

120?000

1 956 000

 2

Sable

m3

16

100?500

1?608?000

 3

Granite

m3

7,2

201?000

1?477?200

 4

Fer 12

T

4,185

628?000

2?628?180

5

Fer 6

T

2,79

312?000

870?480

 6

Fils d'attache de 5Kg

R

16,74

5 500

92?070

 7

Planches de coffrage

U

72

4?200

302?400

 8

Chevrons

U

45

13?400

603 000

9

Bois ronds

U

50

3350

167 500

 10

Pointes ordinaires

Kg

75,89

5?040

382 486

 

Maçonnerie en agglos creux 15

m2

1132

 

-

 1

Pose agglos creux 15x20x10

P

1528

2?345

3 583 160

 2

Ciment

T

11,89

120?000

1 426?800

 3

Sable

m3

24,9

100?500

2?502?450

 

Linteaux en B A

m3

5

 

-

 1

Ciment

T

1,75

120?000

210?000

 2

Sable

m3

2

100?500

201?000

 3

Granite

m3

4

201?000

804?000

 4

Fer 10

t

0,3

628?000

188?400

 5

Fer 6

t

0,25

312?000

78?000

 6

Fils d'attache de 5Kg

R

12

5 500

66?000

 7

Bois ronds

U

80

3?350

268?000

 8

Chevrons

U

100

13?400

1?340?000

 9

Pointes ordinaires

Kg

60

5 040

302?400

 

SOUS-TOTAL C-I

 

 

 

12?938?580

D

REVETEMENT SOL ET MURS

 

 

 

 

 

Enduit sur murs int.et ext.

m2

2284

 

-

 1

Ciment

T

19,02

120?000

2 282 400

 2

Sable

m3

32,07

100?500

3 223 035

 

SOUS TOTAL D

 

 

 

5 505 435

E

TRAVAUX DE MENUISERIE

 

 

 

 

 1

Porte métalliques

m2

16

8?000

128?000

 2

Anti vole pour baie vitrée sur surfaces

m2

9

20?000

180?000

 4

Porte en bois

U

2

37?000

74?000

 5

Baies vitrée sur surfaces

m2

14

5?500

70 700

 

SOUS TOTAL E

 

 

 

452 700

F

TRAVAUX DE PLOMBERIE ET ELECTRICITE

 

 
 
 

1

Acquisition pompes verticales immergées 2HP slim de 1500W

U

2

200 000

400 000

2

Groupe électrogène 3KVA

U

1

199 000

199 000

3

Fourniture de canalisation, filerie, appareillage d'éclairage et de commande

U

1

180?000

180?000

4

F/P armoire TGBT

U

1

90?000

90?000

5

F/P projecteur IP 56 LED

U

4

14?000

56?000

6

F/P projecteur LED light sous auvent

U

2

15?000

30 000

7

KIT complet Energie solaire cpt 200AH

U

1

1 250 000

1 250 000

8

PLOMBERIE

Ens

1

PM

-

9

MO

%

25%

 

238 750

 

SOUS TOTAL F

 

 

 

2 443 750

 

TOTAL GENERAL TRAVAUX CONNEXES

21 340 465

TOTAL GLOBAL

46 811 848

BIBLIOGRAPHIE

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Webographies

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[W2] Celia ibañez« Traitement des eaux usées des abattoirs et de la transformation de la viande » https://sigmadafclarifiers.com/fr/aguas-residuales-de-matadero, 10 juillet 2023. (Consulté le : 21 septembre 2025.)

[W3] https://www.google.com, (Consulté le : 01 Octobre 2025).






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Ligue des droits de l'homme