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Analyse du rôle des portefeuilles mobiles dans le développement de la digitalisation et de la modernisation de la circulation monétaire en Haà¯ti: le cas de Moncash (2018-2025)


par Sebastien DUVERSEAU
Université INUKA - Licence en sciences économiques 2026
  

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2.2.2. Concentration géographique et oligopolistique

Le secteur bancaire haïtien présente une double concentration structurelle. La concentration géographique se manifeste d'abord par la distribution inégale des agences bancaires. La majorité de ces agences se trouve dans l'aire métropolitaine de Port-au-Prince, alors que les zones rurales et plusieurs villes moyennes demeurent sous-desservies. Cette distribution reflète une logique d'optimisation économique. Les banques privilégient les zones où la densité démographique et le niveau d'activité économique justifient l'investissement dans des infrastructures physiques coûteuses.

La concentration oligopolistique caractérise ensuite la structure du marché bancaire. Les trois principales institutions bancaires dont la Unibank, la Sogebank et la Banque Nationale de Crédit contrôlent approximativement 80 % des actifs totaux du secteur bancaire, soit environ 325 milliards de gourdes (4 milliards de dollars américains) (U.S. Department of State, 2025). Les données de la Banque mondiale confirment cette concentration, en 2021, les trois plus grandes banques commerciales détenaient 85,62 % des actifs bancaires totaux, en hausse par rapport à 81 % en 2020 (TheGlobalEconomy.com, 2021). Cette proportion dépasse largement la moyenne mondiale de 67,43 % calculée sur 135 pays. Historiquement, la concentration bancaire dans le pays a oscillé entre 79,89 % (minimum atteint en 2016) et 100 % (maximum enregistré en 2003), avec une moyenne de 89,89 % sur la période 2003-2021 (TheGlobalEconomy.com, 2021).

2.2.3. Faiblesse de l'intermédiation financière

Malgré leur position dominante, les banques haïtiennes exercent une fonction d'intermédiation financière insuffisante. Les trois principales banques concentrent 76 % du portefeuille total de prêts, tandis que 70 % des crédits totaux sont accaparés par 10 % des emprunteurs (U.S. Department of State, 2025). Selon une étude de FinScope Haiti réalisée en 2018, seulement 1 % de la population adulte a accès à un prêt bancaire (U.S. Department of State, 2025). Cette double concentration accroît la vulnérabilité du système bancaire aux risques de crédit systémiques et restreint la disponibilité du capital pour l'ensemble de l'économie L'aversion au risque des institutions bancaires explique en partie cette faiblesse. Les banques privilégient les placements sûrs, notamment les bons du Trésor émis par l'État haïtien, plutôt que les prêts à l'économie productive. L'absence de bureaux de crédit fonctionnels et de registres cadastraux fiables complique l'évaluation des emprunteurs potentiels. Les banques exigent systématiquement des garanties sous forme de biens immobiliers pour octroyer des prêts, mais l'inefficacité des registres cadastraux et de l'état civil crée des obstacles insurmontables pour les demandeurs de crédit (U.S. Department of State, 2025). Les taux d'intérêt débiteurs demeurent élevés, la demande solvable de crédit demeure très faible. Le secteur bancaire adopte des pratiques de prêt extrêmement conservatrices, accordant des crédits exclusivement à leurs clients les plus fiables et solvables (U.S. Department of State, 2025).

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