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Analyse du rôle des portefeuilles mobiles dans le développement de la digitalisation et de la modernisation de la circulation monétaire en Haà¯ti: le cas de Moncash (2018-2025)


par Sebastien DUVERSEAU
Université INUKA - Licence en sciences économiques 2026
  

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2.2.4. Le secteur de la microfinance

Face aux carences du système bancaire formel, le secteur de la microfinance s'est développé pour desservir les populations exclues. Le pays compte 90 coopératives d'épargne et de crédit enregistrées auprès de la BRH, totalisant environ 639 000 membres en septembre 2013 (IMF, 2015). Les actifs totaux du secteur des coopératives s'élevaient à 12,1 milliards de gourdes en 2018, soit une croissance de 22,72 % par rapport à 2017 (Ciguino & Paul, 2022). Contrairement aux banques commerciales, les coopératives opèrent principalement en dehors de Port-au-Prince. Environ 80 % de leurs succursales se situent dans les provinces (IMF, 2015). Les estimations du secteur microfinancier non coopératif suggèrent l'existence d'environ 200 institutions avec des actifs totalisant approximativement 10 milliards de gourdes, bien que peu d'entre elles transmettent des données à la BRH (Lhermite, 2012, cité dans IMF, 2015). Ces institutions offrent des services adaptés aux micro-entrepreneurs et aux ménages à faibles revenus dont des microcrédits, épargne et transferts de fonds. Leur approche diffère de celle des banques traditionnelles par des procédures simplifiées, une proximité avec les clients et une compréhension des réalités de l'économie informelle. Les IMF au pays appliquent cependant des taux d'intérêt élevés, entre 40 % et 60 % annuellement (Haiti Now, 2025).

Le secteur fait néanmoins face à des défis conséquents. La supervision prudentielle exercée par la BRH reste lacunaire, qui, pour la peine a favorisé des dérives institutionnelles et des faillites retentissantes. La crise financière de 2002 a marqué un tournant. Elle a effacé 200 millions de dollars américains en épargne (MicroCapital, 2009), déclenchée par la prolifération d'organisations pyramidales se présentant comme des coopératives d'épargne et de crédit légitimes. Cette crise est survenue après que le gouvernement haïtien a supprimé les plafonds sur les taux d'intérêt et abaissé les exigences de réserves pour les banques en 1995, sans mettre à jour la réglementation bancaire (MicroCapital, 2009). Suite à cette crise, le gouvernement a adopté une législation visant à renforcer la supervision des coopératives d'épargne et de crédit et a accru les pouvoirs réglementaires de la BRH. Malgré ces réformes, le secteur microfinancier non coopératif demeure non réglementé en 2024, avec une disponibilité limitée des données (IMF, 2015). Des projets de loi visant à réglementer les IMF et à clarifier les rôles respectifs de la BRH et du Conseil National de Coopératives (CNC) sont en attente d'approbation parlementaire depuis plusieurs années (IMF, 2015).

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