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Analyse du rôle des portefeuilles mobiles dans le développement de la digitalisation et de la modernisation de la circulation monétaire en Haà¯ti: le cas de Moncash (2018-2025)


par Sebastien DUVERSEAU
Université INUKA - Licence en sciences économiques 2026
  

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2.3. Circulation monétaire et moyens de paiement traditionnels

2.3.1. Prédominance absolue du cash

L'économie haïtienne fonctionne principalement sur la base des transactions en espèces. Selon le U.S. Department of Commerce (2023), le numéraire constitue le mode de paiement le plus couramment utilisé en Haïti. Cette préférence pour les espèces traverse tous les segments de la société, des marchés informels aux commerces formels, en passant par le règlement des salaires et la rémunération des services. Les billets et les pièces représentent la forme dominante des moyens de paiement, aux côtés de quatre autres méthodes dont les chèques, le Système de Paiement Interbancaire Haïtien (SPIH), les cartes bancaires et les paiements via téléphones mobiles (U.S. Department of Commerce, 2023).

Cette forme d'exclusion financière constitue le premier déterminant de cette dépendance au cash. Les données sur l'inclusion financière révèlent que seulement 16 % de la population haïtienne avait accès à des comptes bancaires avant 2010 (Evidencity, 2023). Bien que l'inclusion financière se soit améliorée avec l'émergence des portefeuilles mobiles, l'exclusion financière touche encore 67 % des Haïtiens (Evidencity, 2024). Une enquête FinScope réalisée en 2018 montre que seulement 1 % de la population adulte a accès à un prêt bancaire (U.S. Department of State, 2025). Cette exclusion bancaire structurelle empêche mécaniquement l'accès aux moyens de paiement électroniques qui nécessitent un compte bancaire actif.

La méfiance historique envers les institutions financières favorise encore plus cette préférence pour le cash. La crise financière de 2002, qui a effacé 200 millions de dollars américains en épargne suite à la prolifération d'organisations pyramidales déguisées en coopératives légitimes (MicroCapital, 2009), a profondément contribué à la confiance du public. Cette méfiance persiste dans 31 % des réponses des non-détenteurs de comptes en Europe et en Asie centrale, une proportion trois fois supérieure à d'autres régions (Demirgüç-Kunt & Klapper, 2012), bien que les données spécifiques à Haïti ne soient pas disponibles. L'anonymat du cash convient particulièrement à une économie où 91,5 % de l'emploi total relève du secteur informel (TheGlobalEconomy.com, 2012), un environnement où la traçabilité des transactions n'est ni recherchée ni souhaitée.

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