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Analyse du rôle des portefeuilles mobiles dans le développement de la digitalisation et de la modernisation de la circulation monétaire en Haà¯ti: le cas de Moncash (2018-2025)


par Sebastien DUVERSEAU
Université INUKA - Licence en sciences économiques 2026
  

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Scénarios prospectifs 2026-2027

(Tableau récapitulatif des données en annexe)

La question qui se pose désormais est simple et brutale : dans quel état le réseau d'agents MonCash sortira-t-il de la crise actuelle ? Le modèle estimé sur les huit dernières années nous donne une réponse assez directe. Tant que l'insécurité reste à son niveau actuel ou continue de grimper, aucune reprise économique, aucune subvention, aucune campagne de communication ne suffira à inverser la tendance. Le facteur sécuritaire écrase tout le reste.Partant de là, trois trajectoires se dessinent, et elles ne sont pas également probables. La première, et de loin la plus vraisemblable aujourd'hui est celle d'une dégradation continue.

Les gangs ont déjà verrouillé la quasi-totalité de la zone métropolitaine et une bonne partie des axes routiers. Chaque mois, des dizaines d'agents ferment boutique ou quittent le pays. Si rien n'arrête cette dynamique, le réseau tombera à 8 900 agents fin 2026, puis à 8 200 fin 2027. On sera revenu au niveau de 2017-2018, comme si les dix années d'efforts n'avaient jamais existé. Le pays aura alors deux systèmes financiers parallèles : le formel, réduit à quelques poches rurales et à la diaspora, et l'informel, totalement dominé par les réseaux de gangs et les transferts en espèces via la frontière.La deuxième trajectoire, une stabilisation précaire, n'est pas impossible, mais elle demande que la nouvelle mission des Forces de Repression des Gangs (FRG) parvienne au moins à geler la situation dans quelques quartiers stratégiques de Port-au-Prince et à maintenir ouverts les grands corridors humanitaires.

Dans ce cas, la saignée s'arrêterait autour de 9 200 agents en 2026, et un timide rebond pourrait même porter le réseau à 9 500 l'année suivante. Ce serait déjà une forme de succès. On éviterait l'effondrement total, mais le service resterait extrêmement fragile, concentré dans les zones encore accessibles et très dépendant des humeurs des groupes armés.La troisième trajectoire, celle d'une vraie reprise, suppose une percée sécuritaire d'envergure : reprise effective des grands bastions de Cité-Soleil, Bel-Air, La Saline, réouverture durable de la route de l'aéroport, retour de la police nationale dans les quartiers populaires. Si cela, le réseau rebondirait vite. On retrouverait les 10 000 agents dès 2026 et on dépasserait les 11 000 en 2027.

L'effet serait presque mécanique : dès que les agents peuvent à nouveau circuler sans risquer leur vie, les points de service rouvrent en quelques semaines, les clients reviennent, les transactions repartent. Le potentiel est là, il n'attend qu'un minimum de sécurité.Ce qui frappe dans ces projections, c'est l'asymétrie. L'insécurité détruit lentement mais sûrement ; la sécurité, quand elle revient, reconstruit très vite. Un point de moins sur l'indice d'instabilité vaut, à lui seul, des centaines de millions de gourdes d'investissement public ou privé. Et tant que cet indice reste coincé au-dessus de 8,5-9, les autres variables, croissance, inflation, taux de change ne pèsent presque plus rien.

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