1.1.4. Inclusion financière
L'inclusion financière désigne l'accès et
l'utilisation effective de services financiers formels par l'ensemble de la
population, en particulier les groupes traditionnellement exclus du
système financier formel (Demirgüç-Kunt et al., 2018). Ce
concept s'articule autour de trois dimensions dont l'accès
(disponibilité physique des services), l'usage (utilisation
régulière et effective) et la qualité (adéquation
des services aux besoins des utilisateurs). La littérature
économique examine les liens entre inclusion financière et
variables macroéconomiques. Levine (2005) analyse la relation entre
développement financier et croissance économique.
Demirgüç-Kunt et al. (2018) documentent les corrélations
entre inclusion financière et indicateurs de pauvreté dans
différents contextes nationaux. Ces travaux établissent des
associations entre l'accès aux services financiers formels et certains
comportements économiques des ménages, notamment en
matière de lissage de consommation et d'investissement.
1.1.5. Innovation financière
L'innovation financière englobe l'ensemble des nouveaux
produits, services, processus et modèles organisationnels qui modifient
la manière dont les fonctions financières sont exercées
(Merton, 1992). Elle se décline selon trois catégories :
technologique (nouveaux instruments ou canaux de distribution),
institutionnelle (modifications réglementaires ou structures de
marché) et produit (nouveaux actifs ou services). Les technologies
digitales constituent un vecteur d'innovation financière, se manifestant
à travers l'émergence des FinTech, des cryptomonnaies, des
plateformes de prêt entre pairs et des portefeuilles mobiles (Arner et
al., 2015).
1.1.6. Transformation digitale
La transformation digitale désigne la reconfiguration
des modèles économiques, des structures organisationnelles et des
écosystèmes industriels sous l'effet des technologies
numériques (Westerman et al., 2014). Dans le secteur financier, elle se
traduit par des modifications dans les modes de création de valeur,
d'interaction avec la clientèle et de conception des services. Ce
processus englobe des changements culturels, stratégiques et
opérationnels qui affectent l'ensemble de la chaîne de valeur
(Verhoef et al., 2021).
1.1.7. Circulation monétaire
La circulation monétaire désigne le mouvement de
la monnaie dans l'économie, soit la fréquence et la
rapidité avec lesquelles les unités monétaires changent de
mains pour financer des transactions (Fisher, 1911). Ce concept est
opérationnalisé par la vélocité (vitesse) de la
monnaie (V), qui mesure le nombre de fois qu'une unité monétaire
est utilisée pour acquérir des biens et services durant une
période donnée. L'équation quantitative de Fisher
formalise cette relation : MV = PY, où M
représente la masse monétaire, V la vélocité, P le
niveau des prix, et Y la production réelle (Fisher, 1911). Cette
équation établit que le volume des transactions
économiques dépend simultanément de la quantité de
monnaie en circulation (M) et de sa vitesse de circulation (V). La circulation
monétaire comporte deux dimensions analytiques. La première est
la dimension temporelle, captée par la vélocité, qui
indique la fréquence des transactions. La seconde est la dimension
structurelle, qui concerne les circuits empruntés par la monnaie dans le
système économique (Friedman, 1956). Dans les systèmes
traditionnels, ces circuits transitent principalement par les institutions
bancaires. Les innovations dans les moyens de paiement, notamment les solutions
de paiement mobile, peuvent modifier ces circuits en créant des canaux
alternatifs de circulation monétaire.
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