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Impact de la filiere textile coton camerounaise sur le développement socio-économique national: Bilan et perspectives


par Raphal Athanase Elisée Hamadjam
Institut sous-regional multisectoriel de technologie appliquée de planification et d'évaluation de projets - DESS Analyse et Evaluation des Projets 2004
  

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b) Justification et base d'appui.

Dans la recherche des stratégies de la consolidation de son taux de croissance qui oscille ces dernières années autour de 5% et qui a été amorcée depuis une décennie, à la suite d'une sévère récession qui a conduit le Cameroun à mettre sur pied un programme d'ajustement structurel, le Gouvernement du Cameroun, a prescrit l'engagement des actions visant à redynamiser certaines filières susceptibles d'impulser l'économie nationale.

Cette option, faut il le rappeler, s'accorde parfaitement avec la création des Codes Sectoriels prévus par la Charte des Investissements dont le Cameroun s'est doté le 19 avril 2002.

Il convient toutefois de souligner à cet effet que le choix de la filière textile-coton, parmi les axes stratégiques prioritaires de développement, s'appuie sur deux facteurs essentiels, à savoir :

d'une part sa contribution à la lutte contre la pauvreté dans laquelle le Cameroun, classé parmi les Pays Pauvres Très Endettés (PPTE), est résolument engagé. A titre illustratif, cette filière constitue la principale ressource monétaire des populations des trois provinces septentrionales qui forment la région la plus peuplée du Cameroun (Adamaoua, Extrême-Nord et Nord);

et, d'autre part, la capacité réelle de ce pan de l'économie camerounaise à jouer un rôle moteur dans la création des emplois, la promotion des exportations, la sous-traitance, les échanges interindustriels, ainsi que l'intégration nationale et sous-régionale, répondant en cela également à l'option de la transformation de la matière première locale en produits finis.

Il est important de relever que les deux principaux pôles de développement de la filière textile-coton camerounaise sont constitués :

en amont, de la Société de Développement du Coton (SODECOTON) implantée à Garoua, et qui assure l'encadrement direct de 350 000 à 400 000 planteurs, en plus de sa vocation industrielle et commerciale ;

et, au segment centre, de la Cotonnière Industrielle du Cameroun (CICAM) qui ne transforme seulement à l'heure actuelle que près de 4,2% de la production locale du coton fibre en produits textiles avec respectivement deux usines localisées à Garoua et deux autres à Douala (CICAM et SOLICAM). La filière NEWCO en est la branche commerciale.

En aval, la confection, jadis florissante avec 15 000 emplois dans les années 1970-1980, est sinistrée. Elle mérite cependant une attention particulière en raison des effets induits que sa reprise pourrait apporter à l'économie du pays, et particulièrement en terme de Valeur Ajoutée.

La mise en oeuvre de la stratégie gouvernementale pour la redynamisation de cette importante filière envisage en première ligne :

d'une part, la reconfiguration de l'économie cotonnière dans les provinces septentrionales, prenant appui sur la SODECOTON, en vue de l'amélioration de la qualité et de la quantité de la production locale de cette denrée ;

et d'autre part, la redynamisation industrielle de la filière prenant appui sur la Société CICAM qui connaît aujourd'hui des réelles difficultés d'origine endogène et exogène, dont quelques unes nécessitent des actions à court, moyen et long terme, résultant de l'audit stratégique de cette entreprise qui vient d'être bouclé à la demande du gouvernement camerounais.

La plupart de ces actions ont déjà été engagées, notamment celle portant sur :

l'assainissement de l'espace économique national en vue d'assurer une saine concurrence entre les produits de l'industrie locale et ceux importés ;

la fourniture, dans les conditions optimales de compétitivité et d'attractivité, de l'énergie électrique à la filière textile-coton nationale ;

la stratégie d'accès des unités industrielles locales aux marchés domestiques et extérieurs des produits finis ainsi que des matières premières ;

l'assainissement interne des charges liées à l'exploitation en ce qui concerne la CICAM ;

le refinancement avec l'appui des bailleurs de fonds, de la restructuration industrielle de la filière textile-coton camerounaise.

Il y a par conséquent lieu d'évaluer de manière systématique les effets d'entraînement prévisibles des mesures de redressement de cette filière, sur le plan socio-économique national.

D'où la pertinence du sujet sous-revue qui envisage une approche diagnostique et prospective.

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