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Dynamique intercommunale et aménagement d'un territoire

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par Emmanuel FOUCHEROT
Université de Bourgogne - Dijon - Master professionnel "Transports, mobilités, environnement" 2006
  

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Conclusion

Ce stage effectué au sein de la Communauté de Communes de la Vallée de l'Ouche nous permet d'affirmer aujourd'hui que l'intercommunalité est une solution adaptée aux grands enjeux posés par l'aménagement du territoire. Par le transfert de grandes compétences en lien avec l'environnement, les transports, l'habitat et le développement économique, on peut se plaire à croire que la CCVO se dirige aujourd'hui vers un équilibre harmonieux de son territoire. Ses volontés d'allier de manière raisonnée et efficace des grandes problématiques telles que environnement et périurbanisation, habitat décentralisé et qualité de vie rurale, services de proximité et enjeux économiques globaux, correspondent aux grandes orientations encouragées dans le SCOT du Dijonnais en élaboration. D'une façon générale, l'intercommunalité a été, dans un délai qui a suivi la promulgation des lois Voynet, Chevènement et SRU, présentée comme une avancée, sinon un facteur de progrès, souvent associée à des notions telles que solidarité, meilleure efficacité des politiques publiques, équité sociale, accroissement des ressources fiscales, mutualisation des coûts d'équipements, ou encore économies d'échelle. 

Néanmoins, on peut penser que la gouvernance locale aujourd'hui demeure davantage un souhait qu'un acquis. Pour que l'intercommunalité apporte ces notions, les élus doivent apprendre à effectivement travailler ensemble, mutualiser leurs compétences. Ils doivent lancer au sein d'un EPCI tel que la Communauté de Communes de la Vallée de l'Ouche, une dynamique coopérative et élaborer des règles collectives, car personne ne leur apprendra comment faire et surtout pas l'Etat. Guy Baudelle, Professeur d'aménagement de l'espace à l'Université de Rennes, le résume de cette manière : « L'uniformité des politiques d'État va finir par céder face à l'hétérogénéité des systèmes locaux. Inversement, la manière de s'y prendre localement cessera de relever de la reproduction mimétique du niveau central. »

Travailler ensemble pose en effet plusieurs défis. Le premier de ceux-ci est visible à travers l'inquiétude des maires des petites communes devant la montée en puissance des moyens et des compétences des structures intercommunales. Après entretien avec les maires des communes membres de la CCVO, il apparaît que plus un EPCI élargit ses compétences, plus il est perçu comme une structure lourde et bureaucratique, qui perd de sa légitimité. En réaction, les élus des communes, et notamment des communes les plus rurales, semblent porteurs du sens du contact, des liens avec la base. Les maires gagnent en légitimité ce qu'ils peuvent sembler perdre en compétences effectives, et l'EPCI perd en légitimité ce qu'il gagne en solidité. Martin Vanier, maître de conférence à l'université Louis Lumière de Lyon II, va jusqu'au bout de ce raisonnement paradoxal : « L'intercommunalité, imaginée par certains comme une étape vers la fin des communes, assure en fait leur pérennité ».  Il faudrait sans doute multiplier les terrains d'analyse pour vérifier cette hypothèse. Or, les périmètres des EPCI en France aujourd'hui, tels que les syndicats mixtes, les Communautés d'agglomérations, de communes, ou encore les pays, sont rendus complexes du fait de leur imbrication, chevauchement ou superposition spatiale. La multiplication des structures et la difficulté constante pour clarifier les rôles de chacune pose un réel problème de lisibilité pour la population.

Il y a un rejet des EPCI, qui paraissent fonctionner sur le mode du « délit d'initiés », ce qui pose un vrai problème de légitimité démocratique. Aussi faut-il faire un nouveau pas dans l'intercommunalité, tout en restant vigilant quant aux compétences de cet acteur supracommunal qui gagne peu à peu son autonomie vis-à-vis des communes qui l'ont fait naître. Cela pourrait conduire vers une nouvelle répartition territoriale des fonctions politiques dans laquelle seraient spécifiées trois niveaux d'action.

D'abord, une première dimension consultative et participative faisant intervenir pleinement le citoyen par l'intermédiaire de conseils de développement. Ensuite, une fonction délibérative dans laquelle l'EPCI jouerait pleinement son rôle par l'intermédiaire de ses services techniques qui montent les dossiers et par son pouvoir politique d'arbitrage. Enfin une fonction exécutive qui, dans de nombreux cas, pourrait revenir au maire, quand par exemple le chantier se met en place sur le terrain. Ceci laisserait donc une place aux communes comme aux intercommunalités. Cela permettrait peut-être même de définir des identités politiques territorialement plus larges : on peut bien se sentir simultanément habitant d'un village, d'une agglomération et d'une Nation. Et même, en plus, Européen...

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