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La Littérature Hypertextuelle, analyse et typologie

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par Aurélie CAUVIN
Université de Cergy Pontoise - Maitrise de lettres Modernes 2001
  

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2. les liens internes : la métonymie

A la lecture des oeuvres, le lien qui organise les chapitres, par l'intermédiaire d'un titre, offre une vue globale de la structure hypertextuelle. Ces hyperliens n'appartiennent cependant pas au texte mais au paratexte. Ainsi, cette organisation répond aux figures de style : la synecdoque et la métonymie. La synecdoque est un cas particulier de la métonymie : elle opère dans un ensemble extensif, en nommant l'un des termes d'un rapport d'inclusion pour exprimer l'autre. Le rapport dans la synecdoque est un rapport interne. Elle est généralement présentée comme « prendre la partie pour le tout ou inversement». Dans le contexte Internet ou Web, elle est présente premièrement sous la forme de la liste des liens hypertextuels offerte pour identifier ou suggérer les relations d'une inclusion catégorique. La plupart des textes de caractère scientifique ou les sites offrent en effet des liens métonymiques, par l'intermédiaire des titres, sous-titres. Les textes sont découpés en fragment (la page) et représentés par un lien qui n'est parfois qu'un mot qui nous transfère vers une autre page interne à chaque fois. C'est le rôle essentiellement du menu, du sommaire, placé généralement à gauche. Ainsi le site de Xavier Malbreil182(*), offre un premier menu en toile « d'araignée » :

Beat Suter183(*) ne distingue pas la synecdoque et la métonymie, cependant le mécanisme est sensiblement le même, et selon son interprétation les liens ci-dessus sont métonymiques, voici comment il explique la métonymie dans l'hyperfiction  :

« Doch auch zahlreiche links in Hyperfiktion sind als metonymisch Verweise gestaltet. Gerade des erste Link des Hyperfiktion Waltraude hält die Welt in Atem«, sowie der Start Link von Zeit für die Bombe«, sind jeweils metonymisch gehalten, denn in beiden Fällen ist der Titel erreichbare Lexie und gleichzeitig des erste link, der auf den Beginn der jeweiligen Geschichte verweist.184(*) »

Les oeuvres de Xavier Malbreil n'apparaissent pas comme de véritables hyperfictions mais le sommaire se fonde sur la navigation hypertextuelle, le principe de la métonymie fonctionne sur deux plans. Chaque titre est tenu pour métonymique car il est une unité de lecture, et renvoie soit vers la page de l'oeuvre vers un autre menu qui devient à son tour synecdoque. Les liens faisant appel à la synecdoque sont fréquents et notamment par le fait qu'ils organisent les sites. Cependant l'exemple du bluemailer185(*), porte d'accès aux boites aux lettres respectives de chaque personnage, est un exemple de synecdoque appartenant au texte et non plus au paratexte. En effet les messages sont annoncés par un titre, qui est une unité de lecture. La synecdoque fonctionne ainsi sur le principe du général au particulier. De la même manière les messages peuvent être classés par dossiers, suivant les catégories. Par exemple la boite aux lettres de Mona Bliss, contient les dossiers suivants : amour chaotiques, problèmes de boulot, amis attentifs, tous les potins, chevalier blanc, mon dragon. Les dossiers sont systématisés pour chaque personnage. Ce dernier exemple traduit la navigation du lecteur : il peut soit lire tous les messages, le texte général, se référer aux dossiers ou aux titres. Les dossiers fonctionnent donc sur le mécanisme du domaine « extensif », il y a effectivement un mécanisme d'inclusion des messages dans une catégorie définie. La synecdoque fonctionne aussi du particulier au général. Il est rare que cette figure ait une autre fonction que l'organisation, dans l'hyperfiction, elle est alors remplacé par la métonymie, plus fréquente. Jean Clément considère le mécanisme de la lecture hypertextuelle comme une synecdoque :

« dans le cas de l'hypertexte, on a affaire à une synecdoque dite croissante, dans laquelle la partie, le fragment, le parcours) est prise pour le tout (hypertexte dans sa globalité). Dans l'hypertexte, la synecdoque est une figure dynamique : à partir du fragment, le lecteur cherche à imaginer le tout. » 186(*)

En effet la synecdoque est grandissante, dynamique de lecture, dans la mesure où nous n'avons souvent qu'un aperçu partiel de l'oeuvre. Au fur et à mesure de la lecture, nous sommes amenés à avoir une vue d'ensemble de l'oeuvre. Le lecteur revient parfois sur des passages qu'il a déjà lu, il se perd, mais la structure ne lui étant pas visible à l'oeil nu comme dans un livre, il est continuellement pris dans un processus de recherche de l'entier ou du total. Malgré leur appartenance au renvoi de navigation, il a semblé plus judicieux de consacrer un chapitre entier aux liens internes de l'hyperfiction.

* 182 www.0m1.com

* 183 SUTER Beat, Hyperfiktion und interaktive Narration, im frühen Entwicklungsstadium zu einem Genre, Zürich, update verlag, 2000.

* 184 Ibid. « De nombreux liens dans l'hyperfiction sont également organisés comme renvoi métonymique. Le premier lien de l'hyperfiction Waltraude hält die Welt in Atem « ainsi que le lien de début de Zeit für die Bombe«, sont tenu respectivement pour métonymique, car dans les deux cas le titre est une unité de lecture possible, et en même temps le premier lien, qui renvoie au commencement de l' histoire. »

* 185 http://www.bluemailer.com

* 186 Jean Clément, « Du texte à l'hypertexte : vers une épistémologie de la discursivité hypertex-tuelle », Article paru dans Balpe J. P. Lelu A., Saleh I. (coords), Hypertexte et hypermédias : réalisations, outils, méthodes, Paris, Hermès, 1995

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