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La Littérature Hypertextuelle, analyse et typologie

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par Aurélie CAUVIN
Université de Cergy Pontoise - Maitrise de lettres Modernes 2001
  

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· La personnification

Le lien entre les textes suivant repose sur la personnification et sa figure contraire l'identification. « Petite fille » représente l'insouciance, les rêves opposés aux ruines :

« Passe l'ombre de la petite fille sur la pointe des pieds, entre les ruines et les rêves » 246(*)

La petite fille est prise entre deux réalités, la guerre civile et l'avenir. Le passage s'effectue du présent au passé, sur le principe de l'analepse. La relation qui unit la narratrice à la petite fille est une relation de protectrice, de la mère à l'enfant, même si elles ont pas de relation de parenté, l'image dominante reste celle de la tendresse :

« quand on traversait l'Autre pays en voiture, il fallait vite, vite inventer quelque chose, pour détourner l'attention de la petite fille (...) image de tendresse »247(*)

La tendresse est un sentiment, la petite fille représente donc la tendresse, et joue sur la figure de l'identification qui hausse la personne à la valeur de l'idée. Alors que dans le cas du retour la tendresse est personnifiée la faisant passer de l'abstraction à un personnage réel.

· L'argumentation : de l'argument à l'exemple

Dans les exemples suivants nous passons d'un argument à un exemple. Ainsi le lien « détresse/supplie », nous passons d'une situation « la détresse », à l'une de ses manifestations, tirée de 1984. Du nom commun, le second texte fait apparaître le verbe conjugué « supplie » :

« Ainsi donc, comme ces tortionnaires pointilleux, il mesurait à chacun sa détresse »248(*)

« Jusqu'au moment où O'Brien s'approche avec la cage contenant les rats affamés qui, dans quelques secondes vont lui sauter au visage...et où fou de terreur, il hurle et supplie : faites le à Julia ! Faites-le à Julia ! Pas à moi ! »249(*)

La fonction de la citation est donc ici de donner un exemple nous passons du général au particulier.

· Explication : lien de cause à effet

Les liens suivants fonctionnent sur le mécanisme argumentatif de l'effet à la cause :

« L'angoisse coule du livre sur ma main »250(*)

« Mythe éternel de la béance féminine, besoin furieux de sa propre mère, besoin furieux de l'enfant, par-dessus tout...besoin furieux de l'homme »251(*)

L'angoisse est la conséquence de la lecture, un sentiment provenant du livre. Elle est le résultat du « besoin furieux ». L'anaphore contenu dans le second passage renforce l'idée de l'angoisse. Cette réflexion sur la cyclicité et sur les relations d'une femme avec sa mère, son enfant et l'homme, la transpose à sa propre situation. Le lien est de type particulier à général : de sa situation au mythe. Nous étions donc confrontés à une énumération sur l'origine de l'angoisse. Plusieurs liens fonctionnent sur ce procédé, ainsi le lien de « souffrances » à « invention de dieu »  :

« Qu'est-ce qu'un homme peut donner à dieu, si ce n'est des souffrances »252(*)

« Il s'est trouvé des hommes pour inventer cette monstruosité, la damnation éternelle, la douleur infinie, le désespoir sans limite, et, sans doute épouvantés par ce cauchemar sortie de leur imagination, ils en ont fait une invention de Dieu. Mes frères moines, ce Dieu-là n'est plus le mien. »253(*)

Premièrement le lien originel est « souffrances », au pluriel, le texte second les énumère donc : « cette monstruosité, la damnation éternelle, la douleur infinie, le désespoir sans limite ». Il repose premièrement sur une notion générale et ses manifestations. Le lien retour « invention de dieu » implique une relation de l'effet à la source. Mais il apparaît comme un paradoxe, le moine est en opposition avec les textes sacrés, la croyance admise. Il ne peut penser que Dieu est aussi la source du mal. Il condamne les hommes « ils ». La relation de cause à effet est largement représentée dans cette oeuvre, un dernier exemple est contenu dans la sémantique « suspects/ nous avons été torturés et arrêtés » :

« Suspicion de méningite, nous sommes seulement suspects »254(*)

« J'étais parmi ces prêtres et nous avons été arrêtés et torturés par ceux qui prétendaient défendre les valeurs de la chrétienté. »255(*)

La narratrice joue avec la sémantique de l'adjectif « suspects ». Dans le texte source il fait référence à une situation clinique. Alors que dans le texte auquel il nous renvoie le lien retour est la phrase « nous avons été arrêtés et torturés ». La logique qui découle de l'adjectif « suspect » est le doute, or ici nous passons de la cause, la suspicion à son effet l'arrestation. La narratrice invite le lecteur à une double lecture, celle de sa situation et celle du moine. Les deux récits évoluent en parallèle. Il existe un aller-retour continuel entre les différents récits. Cependant ce ne sont pas de véritables hyperfictions dans la mesure où le lecteur est à chaque fois remis sur le chemin initiale de parcours de lecture.

* 246 ibid., p 12

* 247 ibid., p 58

* 248 ibid., p 38

* 249 ibid., p 74

* 250 ibid., p 19

* 251 ibid., p 60

* 252 ibid., p 31

* 253 ibid., p 69

* 254 ibid., p 31

* 255 ibid., p 69

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