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La Littérature Hypertextuelle, analyse et typologie

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par Aurélie CAUVIN
Université de Cergy Pontoise - Maitrise de lettres Modernes 2001
  

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C. Des exemples de liens relatifs aux dictionnaires et aux définitions

Nous avons déjà vu que les auteurs mettent en ligne les définitions de l'hyperfiction, ou de l'idée qu'ils se font de leurs oeuvres. Dans les logiciels d'apprentissage de la lecture, ou maintenant sur le e-book, le dictionnaire est inclut, ou sur le cartable électronique. L'activité mentale permise par l'hypertexte est donc volontaire. Les liens apparaissent souvent comme des gloses définitionnelles. Certaines oeuvres se réfèrent à la définition, mais ce de manière allusive. En effet nous pouvons par exemple repérer des pseudo-définitions, des gloses256(*) comme par exemple les choix proposés par Lucie de Boutiny257(*) au début de l'épisode un. Les premières oeuvres hypertextuelles était fondées sur le mécanisme du choix entre plusieurs alternatives nous avons déjà abordé la reprise de ce système dans le premier épisode de Lucie de Boutiny. Elle invite le lecteur à choisir entre quatre « définitions » d' « une femme et d'un homme en réseaux cela ressemble à ». Les propositions sont : "une rencontre virtuelle", "un test", "des questions privées", "toujours des questions tests". Elles sont des définitions nominales. La première des alternatives repose sur une périphrase : le terme de « rencontre » est défini par inclusion "homme et femme"  et peut s'apparenter au genre prochain, alors que l'indication spécifique serait "en réseau" est synonyme de « virtuelle ». La phrase « cela ressemble à » implique une définition par comparaison. Les trois propositions suivantes « test », « des questions privées » et « toujours des questions test » fonctionnent sur le référent, c'est-à-dire sur l'idée que le lecteur se fait du mot. La dernière apparaît non nécessaire dans la mesure où elle reprend les deux premières, ajout de "toujours", "des questions", "test". Elle se fonde dont sur le renchérissement, la reprise. De plus elles sont mises dans l'ordre de leur apparition : ordre logique et chronologique. Un autre exemple tiré de son dernier épisode, où un mot par exemple « onde » nous renvoie au le texte, qui est l'interprétation du mot. Mais il survient parfois que la définition devienne un principe d'écriture, ou de réécriture : de la création à la recréation.

1. La lexicographie comme intertexte : dictionnaire et littérature

a) De littérature à littérature

· Reprise du Dictionnaire des Idées reçues 258(*)de Flaubert.

Anne Cécile Brandenbourger réécrit Flaubert transposé au XXe siècle. Ce texte accède donc au rang d'intertexte. Il oscille entre le plagiat et la citation, en haut de la page de navigation est inscrit le nom de la page « Dictionnaire des Idées Reçues (G. Flaubert) », la source est donc visible. Genette le classe sous le terme « d'intertextualité » : l'allusion, la citation, le plagiat. Au regard du titre l'auteur nous invite à une citation dans la mesure où la source est explicite, or si nous prenons le Dictionnaire des Idées reçues nous nous apercevons que le texte originel a été modifié. Le topos que l'auteur d'Apparitions Inquiétantes emprunte est celui, de la couleur des cheveux féminins. Pourquoi avoir repris Flaubert ? Le dictionnaire des idées reçues apparaît comme une dichotomie reposant sur la prescription et la norme. Il est manifeste que l'auteur l'a repris dans le but non pas de débattre du sujet, mais elle a dû ressentir qu'un siècle et demi après Flaubert le sujet était toujours d'actualité.

Ce dictionnaire auquel Flaubert à travaillé toute sa vie débute par une exergue, de Chamfort : « Il est à parier que toute idée publique, toute convention reçue, est une sottise, car elle a convenu au plus grand nombre. » Entre la satire des moeurs et la moquerie, Flaubert s'est essayé à un dictionnaire, fondé sur les différentes opinions communément admises, dans une lettre à Louise Colet, datée du 16 décembre 1852, il écrivait :

« On y trouverait donc, par ordre alphabétique, sur tous les sujets possibles, tout ce qu'il faut dire en société pour être un homme convenable et aimable. »

L'idée reçue, selon Marshall Mc Luhan, est « un noyau de références qui reproduit fidèlement les préjugés culturels d'une société donnée.» Les clichés de Flaubert classés par ordre alphabétique leur donne selon Mc Luhan « le pouvoir de s'ouvrir en archétype. A force de répétition le cliché durcit et devient cassant, c'est alors que l'archétype est mûr 259(*)». Dans un premier temps seront étudiés les renvois permis par le lien, dans un second temps les éléments de reprise de ce dictionnaire.

* 256 La glose annotation entre les lignes ou en marge d'un texte pour expliquer un mot difficile, éclaircir un passage obscur...

* 257 Lucie de Boutiny, NON [en ligne] : http://www.synesthesie.com/boutiny/# , 1997-2000

* 258 Gustave Flaubert, le Dictionnaire des idées Reçus, Gallimard, Bibliothèque de la pléiade, pp 999-1023.

* 259 Marshall Mac Luhan, Idées reçues à la recherche d'un dictionnaire : http://perso.wanadoo.fr/jb.guinot/pages/McLuhan.html

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