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Les années Gorbatchev


par Antoine Sauvagnargues
ILERI - Master 2008
  

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Première partie : Mikhaïl Gorbatchev : un souffle d'espoir pour l'URSS

À la fin des années 1970, le KGB dirigé par Iouri Andropov, diligenta une enquête confidentielle pour évaluer le PNB soviétique selon les critères qualitatifs occidentaux et non plus seulement en volume comme le voulait la tradition socialiste. Le résultat fut très défavorable et apportait la preuve du déclin de l'Union Soviétique qui avait vu son économie dépassée par celles du Japon et de la R.F.A, anciens ennemis de l'URSS. D'autre part, à partir de 1978, la Chine dirigée par Deng Xiaoping, entreprit une véritable révolution économique qui rétablissait en fait le capitalisme et insufflait ainsi un dynamisme considérable à l'économie chinoise.

L'URSS était ainsi confrontée à une situation géopolitique nouvelle :

- le Japon et la RFA disposaient désormais chacun d'une économie plus puissante que la sienne ;

- la Chine commençait une croissance économique exceptionnelle ;

- les USA, toujours aussi hostiles, accroissaient l'écart entre les deux pays.

Or, tous ces pays étaient plus ou moins limitrophes de l'URSS et entretenaient un contentieux territorial sérieux avec elle excepté les États-Unis.

Consciente du danger, la direction vieillissante du Parti Communiste de l'Union Soviétique (PCUS) porte au pouvoir le représentant d'une nouvelle génération mais aussi un pur produit du régime, né bien après 1917. Originaire du Caucase du nord (il est né dans le Krai de Stavropol) de parents kolkhoziens, Mikhaïl Gorbatchev étudia le droit à l'Université Lomonossov de Moscou. Il adhère au Parti Communiste en 1952 et en devient le dirigeant pour la ville de Stavropol en 1962. Entre 1964 et 1967, il étudie à l'Institut Agronome de Stavropol et se spécialise dans les problèmes agricoles. C'est là qu'il est remarqué par Iouri Andropov. Dès lors, sa carrière s'accélère : il est élu au Comité Central en 1971 à 40 ans et au Politburo en 1980 à 49 ans.

Arrivé au poste de Secrétaire Général du Parti Communiste de l'URSS en mars 1985, Gorbatchev tente d'insuffler une nouvelle jeunesse à l'économie du pays par des réformes de structures très profondes par rapport aux principes léninistes classiques avec la perestroïka et la glasnost et d'ouvrir davantage son pays au monde extérieur en assouplissant ses relations avec la communauté internationale, notamment les Etats-Unis.

I / Réformer le système : la priorité de Gorbatchev :

Une restructuration nécessaire : la perestroïka :

Lorsqu'il arrive au pouvoir, Gorbatchev hérite d'un pays mal en point sur tous les plans, particulièrement économiques et politiques. Les structures du Parti commencent à vieillir ainsi que ses cadres dirigeants, encore fidèles à Brejnev et sa politique immobiliste. Il est alors nécessaire de réformer complètement le système, de le moderniser. Andropov avait déjà compris, en 1982, cette nécessité pour son pays mais n'avait pas eu le temps d'appliquer ses idées. Gorbatchev reprend le flambeau dès 1985. Il est alors conscient que l'URSS ne peut tenir son rôle de grande puissance ni sortir de l'enlisement si les soviétiques persistent à ne pas s'intéresser à l'effort économique indispensable et au sort de la patrie socialiste. C'est alors qu'il lance dans un ouvrage intitulé Perestroïka ses idées novatrices. Ce terme signifie « restructuration » et le but de celle-ci est de concilier socialisme et démocratie. Ce programme, très vaste, doit totalement transformer la vie de l'URSS car il concerne les citoyens ainsi que l'Etat, le Parti, la vie économique... C'est une véritable révolution. Mais il sait que ces réformes, s'attaquant donc aux règles ancestrales du Parti, risquent de se trouver confronter au refus de la nomenklatura en place, cette dernière ne voulant pas abandonner ses privilèges et pouvant à tout instant décider de sa destitution. Pour éviter cela, il entame une modification des institutions afin de contrer les résistances des conservateurs. Il veut faire en sorte que les candidatures des responsables du Parti soient soumises au vote populaire, car il estime que ceux-ci ont tendance à s'éloigner des intérêts du peuple. C'est pour lui le seul moyen pour le Parti de retrouver une forme de crédibilité et d'autorité morale aux yeux des électeurs. C'est pourquoi au printemps 1989, un Congrès des députés du peuple est élu. Celui-ci a notamment pour objectif de désigner le Soviet Suprême et d'en élire le président, qui deviendra alors chef de l'Etat. Gorbatchev se fait élire à ce poste le 22 mai 1989, se mettant ainsi à l'abri de toute éviction possible par ses adversaires. Les instances sont alors changées dans leur grande majorité et, le plus important, davantage en faveur de Gorbatchev. Il cumule alors les postes de Premier Secrétaire et de chef de l'Etat. Son programme peut alors s'appliquer sans rencontrer d'opposition au sein des institutions politiques.

Cette perestroïka signifie aussi de grands changements dans l'économie du pays. L'objectif de cette réforme était de créer une économie mixte où le secteur d'Etat, toujours dominant, serait redynamisé par la présence de secteurs privé et coopératif. Gorbatchev veut remédier aux dysfonctionnements les plus graves : une autonomie plus large, à base de décentralisation, est laissée aux entreprises, les plus importantes se voyant exhortées à faire des bénéfices. Il veut en outre « rapprocher l'homme de la propriété » en louant la terre aux paysans sous forme de contrat de sous-traitance familiale. Gorbatchev sait d'ailleurs que c'est à l'aune de la réussite économique que la perestroïka dans son ensemble sera jugée, les autres problèmes étant indirectement les conséquences du paupérisme croissant. Il a voulu sortir l'URSS de la « stagnation » en relançant l'économie sur une nouvelle base pour lui redonner une compétitivité internationale.

Cependant, ces grands chantiers ne doivent pas ignorer les deux fondements majeurs du régime que sont la dictature du prolétariat et la propriété par l'Etat des moyens de production.

De plus, cette nouvelle libéralisation lancée par Gorbatchev est très soutenue par l'intelligentsia.

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