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les conflits de la mondialisation

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par GORA BA
Université de Nice sophia antipolis - Master 1 en economie et gestion 2006
  

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Section 2 : La nouvelle théorie du libre échange

Du début du XIX siècle jusqu'à la fin des années 70, la théorie du commerce international est dominée par le modèle des avantages comparatifs : il y a échange parce qu'il y a diversité des technologies, des dotations factorielles. Cette théorie explique bien les échanges entre pays différents, mais elle rend moins bien compte du développement très marqué des échanges intra- branches. En effet, dans les modèles formels, il était entendu que les économies se définissaient par des rendements d'échelles constants et par une concurrence parfaite. Les économistes qui avaient réfléchi a la question savaient depuis longtemps que les avantages comparatifs n'expliquaient peut pas tout, et que les rendements croissants pouvaient être une autres cause de spécialisation et d'échanges ! Ohlin lui-même a souvent mis l'accent sur cet aspect de la question. Ils ont alors cherché d'autres déterminants des échanges pour mieux expliquer ce développement rapide des échanges intra- branches et le fait stylisé suivant : 80% des échanges se font au sein de la triade, entre pays de niveaux de développement comparables.

A) La prise en compte de la demande interne

Dès 1961, Linder soulignait l'importance du commerce intra- branche entre pays de niveaux de développement semblables. Il pensait que ce phénomène allait contre HOS. Il a expliqué à l'époque une explication en termes de " demande représentative " : les producteurs nationaux, produisent d'abord pour le marché intérieur, en fonction des préférences des consommateurs de leur pays, les exportations sont considérées comme la commercialisation d'un surplus par rapport à la consommation intérieure, c'est donc la demande représentative qui explique la spécialisation. C'est ce qui explique que des pays de même niveau de développement, qui a des demandes représentatives proches, aient aussi des spécialisations proches. Raymond Vernon a aussi mis l'accent sur l'évolution technologique endogène, tandis que d'autres discutent le rôle possible des économies d'échelle comme causes des échanges, distincte des avantages comparatifs .En effet, quelques articles ont tenté de formaliser des modèles en partant des rendements croissants. Mais toutes ces tentatives se sont toujours heurtées au problème de la modélisation de la structure du marché. Sauf a poser l'hypothèse peu vraisemblable des économies d'échelles comme étant complètement externes aux entreprises, les rendements croissants doivent nécessairement aboutir a un système de concurrence imparfaite.

Lassuderie- Duchêne introduit la " demande de différence ", pour souligner le fait que le consommateur est sensible à l'élargissement de son éventail de choix et qu'il demande donc des produits étrangers assez similaires aux produits du marché intérieur.

Dans ces deux analyses, la notion d'avantage comparatif disparaît.

v La Place du chômage et des inégalités dans la mondialisation

La montée en puissance des NPI, pays à bas salaires, est souvent présentée dans l'opinion publique comme une cause de chômage et de creusement des inégalités. Les économistes sont partagés sur ce sujet, on peut distinguer deux options :

§ une option optimiste, qui explique que ces pays tirent profit de leurs avantages comparatifs et que ça n'est pas très nouveau, que ce sera profitable si les pays de vieille industrie adaptent leur spécialisation. Dans cette version, il se pose juste un problème d'ajustement et d'accompagnement par des politiques sociales pour indemniser les " victimes " du libre-échange (parallèle avec l'introduction d'innovations).

§ une option plus pessimiste, qui souligne les risques pour les travailleurs les moins qualifiés des pays riches.

a) Les arguments de l'optimisme 

les bas salaires sont une forme particulière d'avantage comparatif, qui est le revers d'une spécialisation dans des biens à faible contenu technologique. Il faut nuancer cet avantage, puisque ce qui influence les coûts de production dans ce domaine, ce sont les coûts salariaux combinés à la productivité du travail et comme souvent les pays à bas salaires sont aussi des pays où la productivité du travail est faible, l'avantage en termes de coûts salariaux est moindre que ce que laisserait penser une simple comparaison en termes de salaires horaires. En effet, Quand la productivité du travail augmente alors, selon Krugman, les salaires augmentent. Il appuie son analyse sur des exemples historiques : le salaire moyen au japon représentait 10% du salaire moyen américain il y a 30 ans, à une époque où le Japon avait des niveaux de productivité très faibles par rapport aux niveaux américains. Aujourd'hui, après la phase de rattrapage rapide, les niveaux moyens de salaires au Japon atteignent 110% des niveaux américains. Krugman insiste sur le fait que plus récemment on a observé la même convergence des salaires pour la Corée du Sud. L'argument consiste donc à dire que l'avantage en termes de bas salaires reflète une spécialisation dans certains biens incorporant peu de technologie et donc que dans les pays concernés, au début de leur phase d'industrialisation, les niveaux de productivité sont faibles et que si ces pays se développent et atteignent nos niveaux de développement et donc de productivité, alors les salaires convergeront automatiquement vers nos niveaux de salaires. L'argument de la concurrence abusive par les bas salaires reflèterait donc selon Krugman une méconnaissance des vertus du libre-échange fondé sur la spécialisation en fonction des avantages comparatifs. Ces études nourrissent l'idée que les véritables causes du chômage et du creusement des inégalités sont ailleurs. C'est la thèse défendue par Krugman dans son dernier livre, intitulé, La mondialisation n'est pas coupable.En effet selon lui, les véritables causes du chômage et du développement des inégalités sont internes. Il souligne en particulier le fait que la baisse des rémunérations des moins qualifiés aux Etats-Unis vient tout simplement d'une tendance structurelle de l'économie américaine à avoir une demande de main-d'oeuvre peu qualifiée de plus en plus faible. Pour lui, cette tendance s'explique par le progrès technique et n'a que peu à voir avec les échanges commerciaux avec les pays d'Asie. Les partisans de cette thèse (défendue en France par des économistes comme Daniel Cohen ou Jean-Paul Fitoussi) soulignent par ailleurs que les échanges avec les pays à bas salaires représentent une part faible de nos échanges et donc une part encore plus faible de notre PIB, même si leur place dans nos échanges a globalement doublé depuis 1979. En 1979, l'Asie en développement représente 7.5% des exportations mondiales et 7.7% des importations mondiales. Ces parts étaient respectivement de 14.7% et 15.4% en 1993.En effet, Krugman souligne à plusieurs reprises que voir la raison du chômage dans cette mondialisation est directement lié à une vision des relations économiques internationales en termes de compétitivité, il dénonce ceux qui présente les échanges comme un eu à somme nulle où la tâche de chaque pays serait de gagner des parts de marché à l'exportation , au détriment des concurrents et où les importations sont un mal nécessaire, qu'il faut limiter le plus possible. Il dénonce ce qu'il appelle l'obsession de la compétitivité, de la guerre économique, qui sévit aux Etats-Unis.

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