WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

La place des services sociaux dans les politiques d'intégration en Europe

( Télécharger le fichier original )
par Irmela DE HAAS
Université catholique de Lille - Institut social Lille Vauban/ Canterbury Christchurch University College - Master du Travail Social en Europe 2005
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

1.4. L'approche multiculturaliste raisonnable

L'approche multiculturaliste, défendue par les sociologues M.Wieviorka et A.Touraine, part du constat que, lors du passage d'une société industrielle à une société post-industrielle, nous assistons à la construction de nouvelles formes de mobilisation sociale, qui prennent la place des grandes mobilisations dans le cadre du mouvement ouvrier. Il s'agit de construire des espaces d'autonomie et de réaffirmer l'indépendance de formes de sociabilité privées contre l'emprise de l'Etat (luttes étudiantes, mouvements régionalistes, féministes, mouvements de sans-papiers,...). Ces mobilisations valorisent les questions identitaires et affirment l'estime de soi. L'identité devient alors un enjeu majeur, d'autant plus dans un contexte d'érosion de l'Etat-providence, de mondialisation, de flux migratoires, de désintégration de l'identité nationale.

La France vit ainsi « une disjonction croissante entre son modèle d'intégration républicaine, hostile à toute intrusion des différences identitaires dans l'espace public, et sa réalité sociale, qui dément quotidiennement et de plus en plus ce modèle théorique et son universalisme abstrait »47(*).

Mais l'approche multiculturaliste veut montrer que la crise du modèle français d'intégration et l'affirmation d'identités culturelles ne mène pas nécessairement vers le chaos ; les revendications identitaires ne sont pas forcément en opposition avec la démocratie républicaine. Pour cela, l'Etat doit se moderniser, par un traitement plus démocratique et ouvert des différences culturelles, en ne confondant pas revendications identitaires et communautarisme, ainsi que par la mise en place d'une politique alliant le social (lutte contre l'exclusion et les inégalités sociales) et le culturel (nécessité d'une reconnaissance des différences culturelles).48(*)

1.5. L'approche transversale interculturelle

Lors du séminaire international « Travail social et diversité culturelle »49(*), Manuel Boucher développe une cinquième approche, l'approche interculturelle. Il s'agit d'un courant socio-politique, adoptée par M.Cohen-Emerique et C.Camillieri, qui prône le développement de la pédagogie interculturelle. Elle est fondée sur le respect de la différence, l'ouverture à l'autre et la diversité culturelle.

La démarche interculturelle passe par trois étapes :

· La décentration (prendre conscience de ses propres cadres de référence),

· La pénétration du système de références de l'autre (tenter de se placer du point de vue de l'autre et de le comprendre),

· La négociation ou médiation (identifier l'espace de négociation possible afin de trouver des solutions que chaque partie admettra en conscience, impliquant souvent un minimum de compromis).

Pour Manuel Boucher, cette approche est liée au courant essentialiste relativiste, qui définit l'individu par son appartenance culturelle uniquement.

* 47 WIEVIORKA Michel, Racisme, racialisation et ethnicisation en France, Hommes et Migrations, n° 1195, février 1996, pp. 27-33

* 48 WIEVIORKA Michel, A propos du modèle français d'intégration républicaine, Migrants-Formation, n° 109, juin 1997, pp. 7-21

* 49 Séminaire organisé par l'Institut Social Lille-Vauban dans le cadre du Master du Travail Social en Europe, du 14 au 16 mars 2005

précédent sommaire suivant