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La place des services sociaux dans les politiques d'intégration en Europe

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par Irmela DE HAAS
Université catholique de Lille - Institut social Lille Vauban/ Canterbury Christchurch University College - Master du Travail Social en Europe 2005
  

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1.2. L'approche communautariste

L'approche communautariste se développe au travers d'une vision « culturaliste » du monde par laquelle on ne peut penser le migrant en dehors de son groupe d'appartenance d'origine. Une grande importance est donc donnée à la culture d'origine des migrants.

Les adeptes de ce courant thérapeutique sont peu nombreux en France. Son principal représentant est Tobie Nathan. Il part du préalable d'une dissymétrie entre la pensée occidentale universelle et rationnelle et des pensées traditionnelles des migrants, reliées à des mythes, des croyances ancestrales très riches de diversité.

Selon l'approche communautariste, la civilisation occidentale moderne conduit les migrants vers une grande souffrance psychique causée par les bouleversements qu'ils vivent lors du processus d'acculturation45(*), étant donné que leur culture de référence est niée par la culture dominante. Les migrants exilés, coupés de leurs repères traditionnels, peuvent vivre alors une véritable déchirure.

Pour Tobie Nathan, l'intégration implique alors un processus de transformation culturelle qui, pour réussir, doit ouvrir un espace de négociation interculturelle où chaque appartenance culturelle a la possibilité de s'exprimer et de créer pour elle-même ses chemins par rapport aux autres. Elle implique de ce fait l'indispensable prise en compte de la culture particulière d'appartenance des migrants. Il faut donc parler le même langage, utiliser les codes connus du migrant, prendre en considération ses manières de faire, alors même que trop souvent les professionnels intervenant auprès des migrants, qu'ils soient thérapeutes ou travailleurs sociaux, apportent des réponses inadaptées en référence à leurs propres codes culturels.

1.3. L'approche intégrationniste

L'approche la plus répandue en France est l'approche intégrationniste, représentée notamment par D.Schnapper et J.Costa-Lascoux. Les intégrationnistes refusent l'idée d'une dérégulation politique et insistent sur la nécessité de construire une citoyenneté pour tous.

L'approche intégrationniste s'appuie sur les principes du modèle français d'intégration républicaine mais elle va au-delà. Il s'agit, dans une France devenue composite, où les personnes sont en recherche d'identité, de construire un « contrat de citoyenneté », nouveau contrat social, dans le prolongement et au-delà de certaines définitions historiques imposées par la Révolution française. Ce contrat, grâce à une pédagogie du civisme qui repousserait la logique des origines et des appartenances, serait défini sur la base des valeurs communes des droits de l'homme et de la solidarité.

Le processus d'intégration est confondu avec la citoyenneté. L'intégration signifie l'articulation entre trois types de citoyenneté : la citoyenneté civile (droits et libertés), la citoyenneté politique (droits politiques) et la citoyenneté sociale (droits sociaux, éducation, travail).

Pour J.Costa-Lascoux, « l'intégration est un processus qui doit permettre l'octroi de la citoyenneté aux résidants étrangers. Chaque personne vivant durablement sur le sol national doit avoir « son mot à dire » et pouvoir l'exprimer démocratiquement »46(*).

Cinq moyens doivent être employés au niveau institutionnel pour construire l'égalité et la citoyenneté :

· l'égalité de traitement avec les nationaux,

· l'acquisition de la nationalité,

· les politiques sociales (logement, formation, emploi),

· la lutte contre les discriminations,

· les droits politiques au niveau local.

D'après J.Costa-Lascoux, jusqu'à présent, la France a recouru aux quatre premiers moyens mais n'a pas encore eu le courage politique de mettre en oeuvre le cinquième.

* 45 Acculturation : résultat du contact direct et prolongé entre deux cultures conduisant à une modification de certaines caractéristiques de l'une au moins des cultures (J.-F. COUET et A. DAVIE, Dictionnaire de l'essentiel en sociologie, Ed. Liris, Paris, 1999, p. 56)

* 46 BOUCHER Manuel, op. cit., p. 256

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