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La place des services sociaux dans les politiques d'intégration en Europe

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par Irmela DE HAAS
Université catholique de Lille - Institut social Lille Vauban/ Canterbury Christchurch University College - Master du Travail Social en Europe 2005
  

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Intégration et politiques publiques

Au cour de leur histoire, les différents pays européens se sont forgés des valeurs qui leur sont propres. Aussi, le contexte historique et politique de l'immigration singulier de chaque pays est déterminant pour la construction des différents modèles d'intégration. Ainsi, en France, en Allemagne et aux Pays Bas, le mot « intégration » n'a pas la même signification.

1. Les différents modèles d'intégration en sciences sociales

L'intégration est une notion fondatrice en sociologie. La thématique de l'intégration apparaît avec M. Weber et E. Durkheim au 19ème siècle, alors que la société est déstabilisée par les conséquences de la révolution industrielle et de la révolution démocratique et politique.

Durkheim définit l'intégration comme un processus par lequel l'individu participe à la vie sociale. Cette participation s'opère grâce à l'intégration des individus dans plusieurs instances : familiale, religieuse, groupes professionnels. Ces instances prédisposent l'individu à vivre en société. L'intégration est donc le résultat de la socialisation.

A l'époque contemporaine, le Haut Conseil à l'intégration propose la définition suivante de l'intégration : « L'intégration consiste à susciter la participation active à la société tout entière de l'ensemble des femmes et des hommes appelés à vivre durablement sur notre sol en acceptant sans arrière pensée que subsistent des spécificités notamment culturelles, mais en mettant l'accent sur les ressemblances et les convergences dans l'égalité des droits et des devoirs, afin d'assurer la cohésion de notre tissu social ».42(*)

Dans le sens courant, comme dans la littérature sociologique, le terme « intégration » a donc deux sens :

D'une part, l'intégration désigne un état du système social. Une société sera considérée comme intégrée si elle est caractérisée par un degré élevé de cohésion sociale. Pour Durkheim, par exemple, le taux de suicide varie en raison inverse du degré d'intégration des groupes sociaux dont fait partie l'individu (Le suicide, 1897). A l'intégration on oppose donc l'anomie (absence ou insuffisance de règles sociales permettant d'assurer la coopération des différents éléments constituant la société) ou la désorganisation sociale.

D'autre part, l'intégration désigne la situation d'un individu ou d'un groupe qui est en interaction avec les autres groupes ou individus (sociabilité), qui partage les valeurs et les normes de la société à laquelle il appartient. A l'intégration on oppose donc la marginalité, la déviance, l'exclusion.

Ces dernières années, en France, les débats politiques et médiatiques ont mis l'accent sur « l'intégration des immigrés », mais il ne s'agit là que d'un aspect de l'intégration sociale. « Intégration » et « immigration » sont certes des notions liées, mais la question de l'intégration ne se pose pas seulement ni systématiquement à propos des immigrés.

Dans le débat actuel sur l'intégration des immigrés, Manuel Boucher relève l'existence de quatre modèles d'intégration distincts : le modèle assimilationniste, le modèle communautariste, le modèle intégrationniste et le modèle multiculturaliste raisonnable.43(*)

1.1. L'approche assimilationniste

Selon l'auteur, l'approche assimilationniste est représentée par E.Todd, M.Tribalat et A.Taguieff. Les assimilationnistes réfutent l'idée de la décomposition de la société. Ils considèrent que certains éléments culturels sont incompatibles et la cohabitation de groupes culturels différents ne peut se vivre concrètement dans la réalité. L'existence de groupes minoritaires au sein de la société d'accueil, par le biais de revendications identitaires et religieuses, devient alors un facteur de désordre social, d'anomie et représente donc une menace.

La volonté de construire le contrat jacobin universel, un nationalisme républicain, est réaffirmée. Ce qui est à défendre, c'est l'identité culturelle française fondée sur un idéal civique de type républicain, c'est-à-dire « une volonté de synthèse entre l'exigence d'universalité et le respect des identités, des particularismes culturels à condition qu'ils restent dans la sphère du privé ».44(*) Ce modèle trouve son sens au sein d'un Etat-nation dans lequel peut s'exprimer le sens civique. Pour ces auteurs, il s'agit donc d'éduquer les personnes aux valeurs de la République afin de former un corps de citoyens sans référence aux notions de race ou de sang.

* 42 Haut Conseil à l'intégration, L'intégration à la française, rapport à Monsieur le Premier ministre, 1993

* 43 BOUCHER Manuel, Les théories de l'intégration. Entre universalisme et différentialisme. Des débats sociologiques et politiques en France : analyse de textes contemporains, L'Harmattan, 2000

* 44 BOUCHER Manuel, op. cit., p. 227

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