WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

La place des services sociaux dans les politiques d'intégration en Europe

( Télécharger le fichier original )
par Irmela DE HAAS
Université catholique de Lille - Institut social Lille Vauban/ Canterbury Christchurch University College - Master du Travail Social en Europe 2005
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

2. Les différentes conceptions du travail social en Europe

Actuellement, en Europe, le travail social répond aux processus sociétaux et aux problèmes sociaux par des approches conceptuelles et institutionnelles diverses. La comparaison des conceptions du travail social sur la base des différentes traditions d'aide permet de découvrir comment le travail social et ses pratiques professionnelles sont liés au contexte socio-historique spécifique et aide à comprendre ses objectifs et méthodes dans des limites nationales.

Se pose également la question du destinataire de l'aide : est-ce l'individu, indépendamment du groupe ou de l'environnement social dans lequel il est placé, ou est-ce le groupe ou l'environnement qui est le motif de l'intervention social ? Dans ce dernier cas, il convient de différencier sur quelles critères se détermine l'appartenance au groupe : le pays d'origine, l'origine ethnique, la religion, le sexe, la couche sociale...

Malgré l'existence de différences au sein de l'espace européen, le travail social se base sur des valeurs communes qui sont consignées dans les codes de déontologie nationaux, mais aussi définies à l'échelle internationale. Ainsi, la Fédération internationale des travailleurs sociaux (FITS) définit la profession d'assistant social ou de travailleur social comme suit :

« La profession d'assistant social ou de travailleur social cherche à promouvoir le changement social, la résolution de problèmes dans le contexte des relations humaines et la capacité et la libération des personnes afin d'améliorer le bien-être général. Grâce à l'utilisation des théories du comportement et des systèmes sociaux, le travail social intervient au point de rencontre entre les personnes et leur environnement. Les principes des droits de l'homme et de la justice sociale sont fondamentaux pour la profession. »

(Définition adoptée par l'assemblée générale de la FITS, Montréal, Québec, Canada, juillet 2000)

Si la définition du travail social est universelle, la pratique des professionnels peut varier d'un pays à l'autre en fonction du contexte historique, politique et socio-économique.

2.1. La naissance du service social en France

En France, les services sociaux sont apparus vers la fin du 19ème siècle. Ils trouvent leurs origines dans trois traditions d'aide : dans celle issue de la Révolution de 1789, dans la charité chrétienne et dans le principe de solidarité. La nature du système d'assistance sociale en France découle de la relation et de la responsabilité particulières de l'Etat envers ceux qui sont dans le besoin : par la Constitution de 1793, l'accès à l'aide sociale publique est établi comme un droit des citoyens.84(*)

A l'époque de la révolution industrielle, quand la classe ouvrière commençait à se constituer, le « mouvement social » est né. A cette époque, le travail social était d'abord une réponse à la pauvreté des classes ouvrières et était associé à des notions comme l'assistance et le contrôle social. En effet, la classe ouvrière était perçue comme dangereuse par la bourgeoisie. Ainsi, des églises et des usines mettaient en place des actions pour intégrer les ouvriers dans la société ; des associations caritatives et des mouvements d'assistance sociale se préoccupaient également de leurs problèmes.85(*) L'intervention de travail social était individualisée et ne prenait pas en compte les conditions de travail des ouvriers. Elle était focalisée sur la vie privée et la vie en société. Au début du 20ème siècle, par contre, ces mouvements étaient concurrencés par des partis politiques et des syndicats, plutôt militants, qui commençaient à s'intéresser à la classe ouvrière et ses conditions de travail.

Au 20ème siècle, nous assistons à la professionnalisation du travail social. La première école catholique de service social ouvre en 1911, en 1932 le diplôme d'état d'assistant de service social est créé. En 1946, une loi formalise les domaines d'intervention des assistants sociaux et en 1950 un code de déontologie est élaboré. A la même époque, la distinction entre trois catégories de services sociaux est établie :

· des services sociaux polyvalents de secteur (intervenant sur un secteur géographique déterminé),

· des services sociaux polyvalents de catégorie (s'adressant à une certaine catégorie de population) et

· des services sociaux spécialisés (intervenant en complémentarité des services de droit commun sur des questions spécifiques à un groupe de population).

Pendant les années 1950, la pratique du service social était influencée par des méthodes venus des Etats Unis et basés sur l'approche individualisée avec une orientation psychanalytique. Les problèmes sociaux des années 1980 et 1990 avec la montée du chômage et de la précarité ont donné naissance à des nouvelles formes de travail social, notamment dans le cadre de la politique de la ville avec le développement de projets locaux en collaboration avec d'autres partenaires.

Depuis la loi relative à la décentralisation de l'action sociale de 1986, l'organisation des services sociaux polyvalents de secteur relève de la compétence des conseils généraux.

* 84 JOVELIN Emmanuel, TULLY Evelyne, Social Protection and Social Work in France, in : ADAMS A., ERATH P., SHARDLOW S. (éd.), Fundamentals of Social Work in Selected European Countries, Historical and political context, present theory, practice, perspectives, Russell House Publishing, Dorset, 2000, pp. 37-48

* 85 MOUSSU Gérard, in : CAMPANINI Annamaria, FROST Elizabeth (éd.), European Social Work, Commonalities and Differences, Carocci, Rome, 2004, pp. 78-84

précédent sommaire suivant