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La place des services sociaux dans les politiques d'intégration en Europe

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par Irmela DE HAAS
Université catholique de Lille - Institut social Lille Vauban/ Canterbury Christchurch University College - Master du Travail Social en Europe 2005
  

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2.2. Les origines du service social en Allemagne

En Allemagne, la pratique du travail social est influencée par les traditions d'aide du temps de la Réforme et de la Contre-Réforme, mais a aussi par l'approche absolutiste de l'Empire. L'aide aux nécessiteux était d'abord dispensée par l'Eglise, puis par les autorités locales avec la création de la police des pauvres. Les attributions de celle-ci n'étaient pas seulement l'aide financière aux marginaux et leur contrôle, mais aussi leur éducation.

Avec l'introduction de l'économie capitaliste depuis le début du 19ème siècle, survient la paupérisation de larges couches de la population. La « question sociale » de cette époque reçoit plusieurs réponses : l'Etat créé le système de sécurité sociale, les Eglises la « Mission intérieure »86(*) et la Caritas, la bourgeoisie des associations d'assistance et les socialistes les syndicats. Comme la subsistance était assurée par le système d'assurances créé par Bismarck, le travail social se consacrait désormais au soutien psychologique, social et éducatif.87(*)

En 1908, la première école de service social pour femmes est créée par Alice Salomon. A partir de 1927, la formation a été ouverte aux hommes dans certaines écoles.

Après la Seconde Guerre mondiale, la RFA s'est construite comme « Etat constitutionnel démocratique et social ». La notion « social » renvoie à l'obligation de l'Etat d'assurer de l'assistance publique à toutes les parties de la population, mais spécialement aux groupes dans le besoin. Cette obligation découle des trois principes : subsidiarité, solidarité et justice, chers aux « pères » de la Loi fondamentale (Constitution de la République Fédérale d'Allemagne).88(*)

Un élément central du système de travail social en Allemagne est justement le principe de subsidiarité. Cette notion définie l'action de l'Etat et des autorités locales, ainsi que les relations entre l'Etat et la société, les services publics, le secteur associatif et les individus. L'application de ce principe signifie que, quand la mise en place d'un service d'aide est nécessaire, les autorités locales interviennent seulement en second lieu, après les oeuvres caritatives et les initiatives d'habitants. Les premiers subventionnent le service mis en place par les seconds.

La plupart des services sociaux en Allemagne (75 %)89(*) sont assurés par les grandes oeuvres caritatives.90(*) Les autorités locales assurent les services suivants : le service de l'aide social, le service de la protection de l'enfance, le service du logement. Ceux-ci sont chargés de l'attribution d'aides légales et le travail social y a, au-delà de son rôle social, une fonction de contrôle.

Le travail social en Allemagne est donc lié au concept d'Etat social. Subventionné par les autorités locales ou l'Etat, il a une mission de service public pour accompagner des individus, familles et groupes et se situe avec son « double mandat » entre aide et contrôle.

* 86 OEuvre caritative d'obédience luthérienne

* 87 FRIESENHAHN G.J., EHLERT G., in : CAMPANINI Annamaria, FROST Elizabeth (éd.), European Social Work, Commonalities and Differences, Carocci, Rome, 2004, pp. 85-94

* 88 ERATH P., KLUG W., SING H., Social Policy, Social Security and Social Work in Germany, in : ADAMS A., ERATH P., SHARDLOW S. (éd.), Fundamentals of Social Work in Selected European Countries, Historical and political context, present theory, practice, perspectives, Russell House Publishing, Dorset, 2000, pp. 49-64

* 89 ERATH P., KLUG W., SING H., op. cit., p. 60

* 90 Les grands oeuvres caritatives sont au nombre de six et interviennent sur tout le territoire national : Arbeiterwohlfahrt (issu du mouvement ouvrier), Caritas (catholique), Diakonisches Werk (luthérien), Croix Rouge, DPW (un regroupement d'associations laïques), Zentralverband der Juden (juif).

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