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La place des services sociaux dans les politiques d'intégration en Europe

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par Irmela DE HAAS
Université catholique de Lille - Institut social Lille Vauban/ Canterbury Christchurch University College - Master du Travail Social en Europe 2005
  

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1.2. La guerre de 1914-1918

Pendant la guerre de 1914-1918, la France a besoin de combattants et de main-d'oeuvre pour soutenir l'économie de guerre et pour remplacer les Français dans les usines et les champs, après la guerre, pour reconstruire le pays et redresser son économie. Près de 600 000 hommes venus notamment d'Algérie, du Maroc, de Tunisie, de l'Afrique occidentale et centrale sont recrutés par l'armée dans des territoires sous administration française. Par ailleurs, des conventions signées avec des gouvernements étrangers permettent la venue de travailleurs portugais et chinois. Si la plupart des soldats et des travailleurs recrutés pendant la guerre furent renvoyés vers leurs pays, des petits groupes se maintiennent.

1.3. Entre les deux guerres

Entre les deux guerres, l'immigration se diversifie. Des travailleurs recrutés dans le cadre d'accords bilatéraux provenant de la Pologne, de la Yougoslavie et de l'Italie, des travailleurs des territoires coloniaux d'Afrique du Nord et d'Asie arrivent en France. En 1931, avec une population étrangère de près de 3 millions de personnes constituant 7 % de la population totale, la France, « par rapport au nombre de ses habitants, était devenue le premier pays d'immigration du monde ».18(*)

Mais l'immigration n'est plus uniquement économique, elle a aussi des causes politiques. Les réfugiés de l'Europe centrale et orientale, les Arméniens fuyant l'Empire ottoman, les Italiens antifascistes et les Espagnoles républicains représentent des flux très importants. Parmi ces réfugiés on trouve nombreux artistes et intellectuels.

La grande crise des années 1930 conduit à des mesures législatives entraînant des restrictions en matière de délivrance de cartes de séjour et de liberté de circulation des étrangers et permettant des expulsions arbitraires. En 1936, il n'y avait plus qu'un peu plus que 2 millions d'étrangers en France.

1.4. La reprise de l'immigration de main d'oeuvre

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, deux ordonnances19(*) sont publiées. Jusqu'à aujourd'hui, ces textes constituent les bases de la législation sur l'immigration et l'accès à la nationalité française. L'Office national d'immigration (ONI) est créé par lequel l'Etat tente de contrôler l'immigration issue des pays non européens.20(*) L'ONI a le statut d'un établissement public administratif et a comme principales missions l'introduction des travailleurs étrangers et leur contrôle sanitaire. Or, la reprise de l'immigration est difficile du fait de la concurrence nouvelle exercée par le Royaume Uni, la Belgique et l'Allemagne. Dans les faits, l'immigration n'a pas pu être contrôlée comme souhaitée et l'ONI procède à des dizaines de milliers de régularisations. 21(*)

L'immigration reprend de façon plus intensive à partir du début des années 1960. Entre 1961 et 1965, des accords sont passés avec l'Espagne, le Portugal, la Yougoslavie et la Turquie. Si jusqu'au début des années 1960 l'immigration était surtout composée d'Italiens et d'Espagnols, les années 60 et le début des années 70 se sont caractérisés par des flux importants en provenance du Portugal et de l'Algérie, mais aussi des anciennes colonies africaines. Au recensement de 1975, la France compte près de 3,5 millions d'étrangers ; avec 710 000 personnes, les Algériens représentent numériquement le second groupe étranger après les Portugais (760 000).

* 18 SCHOR Ralph, Histoire de l'immigration en France de la fin du XIXe siècle à nos jours, Paris, Armand Colin, 1996, p. 58

* 19 L'ordonnance du 19 octobre 1945 définissant les conditions d'accès à la nationalité française et l'ordonnance du 2 novembre 1945 relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France

* 20 WEIL Patrick, op. cit., p. 80

* 21 FREEMAN Gary P. : Immigrant Labour and Racial Conflict : The Role of the State, in : OGDEN Philip E./WHITE Paul E. (eds) : Migrants in Modern France. Population Mobility in the Later Nineteenth and Twentieth Centuries, London, Unwin Hyman, 1988, pp. 160-176

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