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Dynamiques périurbaines et évolution des mobilités, Medavakkam: regard sur les mutations d'une banlieue indienne au travers du développement de ses transports

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par Claire Gaillardou
UFR de Géographie Bordeaux III - Maitrise de géographie, mention développement, sociétés et cultures 2006
  

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I-2 Communications nationales et transnationales de la ville

Populairement connue en tant que « passage vers l'Inde du sud », Chennai est bien reliée internationalement et aux autres régions de l'Inde. Cinq routes nationales principales rayonnent à l'extérieur vers Kolkata (Calcutta), Bangalore, Trichy, Tiruvallur, et Pondichéry. Le terminus d'autobus de Chennai Mofussil (CMBT)1, qui sert de terminus à tous les autobus interurbains de Chennai, est la plus grande gare routière en Asie du sud.

L'aéroport international de Chennai sert d'aéroport pour les vols domestiques et internationaux et est le troisième plus important de l'Inde. La ville est reliée aux terminaux principaux d'Asie du sud, au Sud-est asiatique, au Moyen-Orient, à l'Europe et à l'Amérique du Nord à travers plus de trente porteurs nationaux et internationaux. L'aéroport est également le deuxième terminus de cargaison marchande le plus important du pays.

1 Cf. Chapitre sur les projets urbains.

Carte 3 : Carte des transports de Chennai

Source : CDA

La ville est servie par deux ports principaux : le port de Chennai qui est un des plus grands ports artificiels et le port d'Ennore. Le port de Chennai est le second port d'Inde en termes de cargaison automobile et industrielle. Le port d'Ennore est spécialisé dans les

cargaisons telles que le charbon, le minerai et d'autres produits non-finis. Un plus petit port à Royapuram est employé par les bateaux de pêche et les chalutiers locaux.

Le central de Chennai1, construit en 1873 et transformé en 1900, a été la gare principale de la ville depuis 1907, succédant à Royapuram. Il y a deux gares ferroviaires principales, la station centrale de Chennai, qui est la plus grande gare de la ville avec des trains pour toutes les villes principales comme Mumbai, Bangalore, Delhi, Hyderabad, Coimbatore, et la gare de Chennai Egmore, avec des trains pour des destinations à l'intérieur du Tamil Nadu.

I-3 Chennai, une illustration de la problématique des transports en Inde

Les problèmes de transport en Inde peuvent être classés en plusieurs catégories qui sont bien souvent corrélatives les unes des autres et que nous allons exposer brièvement ici:

-La croissance urbaine et la nécessité de multiplier les déplacements dans des villes de plus en plus étalées :

C'est un problème crucial à Chennai puisque elle est une des villes indiennes les plus larges, de par sa formation à partir de plusieurs villages éloignés dont on peut encore distinguer dans certains lieux les limites. Le Guindy national parc ou l'espace interstitiel entre les quartiers d'Arumbakkam et de Vadapalani sont des témoins de l'existence de zones très peu densément peuplées dans la ville, qui étaient auparavant des terrains vides d'habitation entre deux villages. Parcourir la ville de long en large demande donc parfois plus d'une heure de trajet, quand le trafic est clément, et peut s'avérer sur la route un voyage de plus de deux bonnes heures au moment des heures de pointe.

-La multiplication des véhicules personnels :

C'est un second facteur de la problématique des transports en Inde et qui est plus que jamais flagrant à Chennai. En effet dans ce domaine la mégalopole atteint le record national puisque d'après une étude sur la forte évolution des véhicules privés sur une courte période de 1990 à 1995, Chennai atteint un taux de croissance de 60% contre 55% à Ahmedabad, 50% à

1 Chennai Central Railway Station

Dehli et à Pune et 45% à Bangalore1. Les véhicules concernés prioritairement sont les deux- roues motorisés (motos et mobylettes), qui constituent la majorité du flux routier urbain. Photo 2 : Parking des deux-roues devant la station de bus de Koyambedu

- Le réseau routier inadéquat :

Ce facteur est lié directement à la difficulté pour une ville entrainée dans un processus de développement extrêmement rapide, de structurer les infrastructures routières de manière globales ainsi que de parvenir à leur entretien et à leur gestion. Nous reviendrons sur ce point en ce qui concerne Chennai dans notre second chapitre sur les enjeux et perspectives de la vision des transports sur la gouvernance métropolitaine.

-La congestion du trafic :

Même si la situation en ce qui concerne les embouteillages est en cours d'amélioration à Chennai depuis quelques années, notamment grâce aux projets d'urbanismes mis en place2, elle n'en reste pas moins importante et problématique. Ainsi un usager de la compagnie des bus public peut perdre jusqu'à trois heures sur un trajet normal, sur une distance importante à travers la ville. Cette estimation est basée sur les témoignages de plusieurs usagers, des chauffeurs de la CTM3, ainsi que sur mon expérience personnelle. La congestion des voies par une trop forte affluence ne ralentit pas tous les usagers au même degré. Ce sont les véhicules à fort encombrement pour lesquels il est plus difficile de manoeuvrer qui en pâtissent le plus, à

1 D'après les Motor Transport Statistics of India

2 Cf. chapitre 2, Première partie.

3 Compagnie des transports publics de Chennai.

l'image des bus, camions de transport marchands, camions citernes ou de construction. A l'inverse, les véhicules légers ; auto rickshaws, deux-roues, perdent moins de temps car ils ont la possibilité de louvoyer entre les voiture et les véhicules fortement encombrants.

- La mixité des usagers sur la voie publique :

Ce problème est typique de la circulation dans les villes indiennes. En effet on rencontre sur les chaussées tant du centre urbain, que de la périphérie, une multitude de véhicules différents, de la charrette à boeuf au water-tanker1, qui ne se déplacent pas à la même allure. Il est très dangereux et difficile de se partager une chaussée en mélangeant véhicules lents et véhicules motorisés.

-Les impacts du trafic en termes de pollution et d'énergie :

Le trafic est identifié comme la source majeure de pollution aérienne, sonore et visuelle. Plus de 50% de la pollution de l'air est causée par les émissions des véhicules. Le tableau suivant présente les taux d'émission de monoxyde de carbone selon les catégories de véhicules.

Tableau 3 : Emissions polluantes par catégories de véhicules

Catégorie de véhicule

kg. D'émissions pour
1000kms

dont monoxyde de carbone (en %)

Bus

38.05

12.7

Camion

38.05

12.7

Voiture (essence)

49.61

40.0

Voiture (diésel)

3.21

1.1

3 roues

35.79

25.5

2 roues

27.29

17.0

Source: Urban Transports Wanting Redemption2

Ce tableau permet de constater que ce sont bien majoritairement les véhicules personnels motorises qui sont le plus responsables des émissions nocives, les bus de transport public quant à eux ne sont responsables que de 5% de la pollution totale causée par les véhicules.

En ce qui concerne la pollution sonore, celle-ci ne devrait pas dépasser la limite de sécurité de 45 décibels fixée par l'Organisation Mondiale de la Santé. Or un bus standard indien a un niveau sonore de 90 décibels.

La pollution visuelle est aujourd'hui un facteur qui reste bien subjectif, cependant nous avons décidé de relever sur les projets officiels d'urbanisme de la ville, ce facteur qui

1 Camion citerne d'approvisionnement en eau

2 Chapitre issu de l'ouvrage « Urban Planning and Development: Issues and imperatives », Singh Shamser, 1992.

importune certains dirigeants : « For visual pollution the congested, mixed and indisciplined traffic is main responsable factor. Present buses, too, look ugly. »K.Jeganathan, secrétaire de la CMDA1.

En termes d'énergie un calcul simple permet d'associer la hausse des véhicules motorisés ainsi que le poids des encombrements avec une dépense accrue en carburant.

Il faut également signaler que Chennai est en termes de pollution de l'air, la ville la plus polluée d'Inde d'après les données du Central Pollution Control Board2 de 2003.

-Les accidents de la route :

Le nombre d'accidents de la route a augmenté, de 161 000 en 1981 à 400 000 en 2001 (India infrastructure report 2006). Le nombre de décès est lui passé de 28 400 à 81 000 durant cette période. Ces chiffres dénoncent cruellement le problème de la sécurité routière en Inde. A Chennai, une grande campagne d'information a été lancée depuis 1998 afin de limiter ce fléau. Photo 3 : Un accident entre deux bus de liaison Pondichéry/Chennai

-Le déclin de la présence des transports publics :

Dans cette augmentation galopante des véhicules motorisés de tout genre manquent les transports publics. Si l'on fait une comparaison avec l'augmentation des voitures et deux- roues, on remarque très facilement que les bus publics trainent à se développer (cf. : tableau 4).

Tableau 4 : Augmentation des catégories de véhicules de 1981 à 2001 en Inde

 

1981

2001

Voiture/deux-roues pour 1000 individus:

81.4

245.4

Bus pour 1000 individus

1.4

3.24

Source: Transport Department, Government of the NCT of Delhi

1 Cf. Liste des abréviations.

2 Cf. chapitre sur les organismes liés au transport à Chennai.

On peut tenter d'expliquer ces chiffres par une difficulté pour les autorités qui gèrent le développement de la ville, à coordonner un tel accroissement urbain avec les infrastructures qui lui serait nécessaire. Nous reviendrons sur ces problèmes de gouvernance dans le second chapitre.

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"En amour, en art, en politique, il faut nous arranger pour que notre légèreté pèse lourd dans la balance."   Sacha Guitry