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Interaction Hommes/Animaux chez les Gisir Gabon

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par Bipikila Moukani Mambou
Université Omar Bongo - Maîtrise 2008
  

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1.10. Les résultats préliminaires

Parmi les personnes qui subissent les dégâts dans leurs plantations, la quasi totalité identifient l'éléphant comme étant la source de déprédation principale. Ce constat est fait par tous les agriculteurs interrogés y compris les administratifs. De plus, les dégâts sur les cultures causés par les éléphants semblent être très accrus dans les secteurs de l'Ovingi et sur la route de Yeno où les personnes interrogées au sujet de l'éléphant, incriminent l'action de cet animal dans leurs champs. Les autres animaux signalés comme principale source de destruction des cultures sont par ordre d'importance : les aulacodes, les athérures et les gorilles. Les dégâts dus aux intrusions des éléphants dans les champs sont jugés comme étendus sur toute l'année. Au terme de nos observations sur les dégâts constatés, les cultures les plus appréciées par les éléphants sont la banane, les taros, les ignames, les patates douces, la canne à sucre, les ananas et les ignames. Les tubercules viennent en seconde position.

Par contre, les cultures telles que le manioc amer, le tabac sont en général piétinées ou déracinées et éparpillées pêle-mêle dans la plantation. Les périodes des incursions dans les champs surviennent le plus en début de saison de pluie (septembre-octobre), au moment où les cultures des anciens champs sont mûrs et au moment des semences des nouvelles plantations. Mais également entre février et avril où les cultures sont encore pour la plupart jeunes. En saison sèche (juin-juillet), les incursions sont moindres et épisodiques mais lorsqu'elles se produisent les dégâts sont également importants. Dans l'ensemble, les nuisances dues aux intrusions des éléphants dans les plantations sont jugées inestimables. Ces dégâts sont généralement occasionnés sur les principales cultures (bananes, ignames, patates douces, taros, cannes à sucre, tubercules de manioc) et touchent des cultures de tous âges (jeune, intermédiaire, mûr), majoritairement estimées de bonne qualité par les populations elles-mêmes. Parmi les dégâts enregistrés à la suite des passages d'éléphants et en dehors de ceux occasionnés directement sur les cultures, on note à la suite de nos observations des plaintes relatives à des :

· Clôtures abîmées ou entièrement détruites ;

· Des blessures humaines (1 cas enregistré en 2004) ;

· Campements abîmés ou entièrement détruits ;

· Lampes détruites ;

· Perte de vie humaine.

Les nuisances générées par les gorilles, les singes et les criquets dans les plantations sont équitablement jugés saisonniers. Dans ce groupe, les gorilles sont les animaux qui semblent être à l'origine de dégâts de plus grande ampleur mais leurs intrusions sont plutôt jugées moins fréquentes au cours de l'année. Qu'ils soient considérés comme déprédateurs principaux ou secondaires, les dégâts occasionnés par les aulacodes et les athérures sont presque unanimement reconnus par les agriculteurs qui les subissent comme s'échelonnant sur toute l'année mais d'ampleur négligeable. Les superficies de la banane, du taro, de l'igname, de la patate douce, et de la canne à sucre sont plus importantes par rapport à celles du tubercule. En effet, l'estimation de la production détruite par culture permet de rendre compte de l'importance économique des dégâts causés par les éléphants dans les champs. Nos résultats d'enquête ont montré que toutes les personnes interrogées avaient enregistré des dégâts sur une période d'au moins deux ans.

Système de protection des cultures

Pour protéger les cultures contre les intrusions des animaux en général et des éléphants en particulier, la plupart des agriculteurs interrogés ont mis en place des systèmes de protection. Outre le système de protection, certaines plantations possèdent un campement. Ces campements sont généralement fréquentés de façon irrégulière par la majorité des agriculteurs. Avec le campement agricole, la plupart des agriculteurs ont mis en place un système de protection individuel contre les intrusions des éléphants et des autres prédateurs de cultures. Les systèmes de protection mis en places consistent généralement à ceinturer les plantations de barrières utilisant différents matériaux ou techniques (naturels ou non) mais également des pièges. Parmi les personnes ayant mis en place ces systèmes, certaines les jugent nuls, d'autres d'efficacité moyenne.

Le système le plus utilisé est la clôture traditionnelle qui consiste à ceinturée la plantation avec des cordes modernes métallique en une, deux ou trois strates, attachées à des arbres de diamètre moyen par des clous, et sur lesquelles sont accrochées des boîtes métalliques (canettes de jus ou de bière, boites de conserves vides) qui teintent quand on exerce une pression sur la corde. Les systèmes qui utilisent les lampes ou les feux allumés dans les plantations la nuit, des sons produits en cognant sur des fûts, deviennent inefficaces après une période d'habituation des éléphants et les personnes qui obtiennent des résultats satisfaisants sont celles qui font une surveillance permanente dans les plantations de jour comme de nuit. Le système de protection mis en place par les agriculteurs dépend en partie des moyens dont chacun d'eux dispose. Nous avons remarqué : des clôtures traditionnelles avec campement et avec lampes et feux, des clôtures traditionnelles avec campement et avec feux, des clôtures traditionnelles sans campement, fumée toxique, Piéges, Coup de fusil, Epouvantail métallique, Pagne de couleurs vives, Fût de résonance.

Règlement des conflits : Plaintes et battues d'éléphants dans les villages

A la question de savoir si dans leur vie d'agriculteur, elles avaient déposé au moins une fois une plainte officielle concernant les dégâts causés par des éléphants dans leurs plantations, certaines personnes déclarent l'avoir déjà fait et d'autres non. Cependant celles qui l'ont déjà fait ne sont plus prêtes à le refaire dans la mesure où elles n'ont pas eu d'écho favorable. Et c'est sur cette base que celles qui ne l'ont jamais fait n'osent le faire car elles estiment que si celles qui ont déjà déposé des plaintes n'ont rien eu pourquoi iront-elles perdent leur temps. Ce qui revient à dire que tout le monde à céder au découragement, plus personne ne compte sur l'administration.

Pour les personnes ayant déposées des plaintes, dans la majorité des cas, ces plaintes sont souvent restées sans suite. Les autres cas bien que ayant conduits à des constats sur le terrain par des agents des Eaux et Forêts, ont été pour peu seulement, suivis d'une autorisation de battue par l'administration. Et parmi les personnes ayant bénéficiées des battues, certaines n'ont pas pu les rendre effective par manque d'arme adéquate ou de balles et d'autres par manque de chasseur expérimenté. Par ailleurs, plusieurs battues d'éléphants non autorisées et menées par des chasseurs locaux ont conduits à des morts d'éléphants. Chaque année il en meurt sûrement plus.

Perception et causes supposées des incursions

Au regard de ces dégâts, la majorité des personnes affirment que l'éléphant n'offrait aucun avantage pour eux sauf pour ceux qui vendent l'ivoire et ceux qui ont des « fétiches ». Rare sont les personnes qui les tolèrent, la plupart des personnes les détestent. Toutefois, pour les initiés, l'éléphant est un élément de la nature très précieux qu'il faut conserver car il symbolise bien de choses malgré les dégâts régulièrement enregistrés dans les champs. Les causes des incursions des éléphants les plus évoquées sont : l'extermination des essences appétées par les éléphants par la CBG, l'accroissement de la population d'éléphants du à l'interdiction des battues, l'inefficacité du système de protection du à  l'habituation des éléphants à ce système, l'habituation des éléphants aux lampes et aux feux du à la présence des lampes électriques des compagnies pétrolières, et la présence « des éléphants du village ».

Structure, provenance et Signes de reconnaissance

Les résultats d'observations directes ont montré que les groupes d'éléphants qui font des incursions dans les champs des populations sont à la fois des éléphants de forêt et de savane. Les éléphants de forêt, ont une structure composée de six à huit individus rarement plus de dix. Par contre les éléphants de savane ont une structure composée de trois à quatre individus. Ces derniers forment en général une même famille. La provenance des ces éléphants est identifiée vers Rabi (route Yeno). Les crottes, les pistes, les cassures d'arbustes et les empreintes ont été les plus importants signes de reconnaissance relevés. Toutefois, dans certains sites agricoles, nous avons remarqué la présence de certaines essences forestières recherchées par les éléphants notamment le douka, les manguiers sauvages dans et aux environs de certaines plantations.

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"Ceux qui rêvent de jour ont conscience de bien des choses qui échappent à ceux qui rêvent de nuit"   Edgar Allan Poe