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Les populations rurales du Burkina Faso à  l'épreuve du déboisement : l'exemple du département de Toma

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par Jean Paulin KI
Université Cheikh Anta Diop de Dakar - DEA en sociologie 2009
  

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UNIVERSITÉ CHEIKH ANTA DIOP DE DAKAR

FACULTÉ DES LETTRES ET SCIENCES HUMAINES
DÉPARTEMENT DE SOCIOLOGIE

Mémoire de DEA

Les populations rurales du Burkina Faso

a l'épreuve du déboisement : l'exemple

du Département de Toma

Source : KESSLERJ.J. et GERLING C.

Source : KONATE Yacouba

Présenté par : Sous la direction de :

Jean Paulin KI M. Moustapha TAMBA

Maître de Conférences

SOMMAIRE

SOMMAIRE 2

DÉDICACE 3

REMERCIEMENTS 4

SIGLES ET ABRÉVIATIONS 5

INTRODUCTION 6

PREMIÈRE PARTIE : CADRE THÉORIQUE ET MÉTHODOLOGIQUE 9

CHAPITRE I : CADRE THÉORIQUE 10

CHAPITRE II : CADRE MÉTHODOLOGIQUE DE LA RECHERCHE 30

DEUXIÈME PARTIE : PRÉSENTATION, ANALYSE ET INTERPRÉTATION DES
RÉSULTATS DE L'ENQUÊTE
35

CHAPITRE III : ÉVOLUTION DE L'ENVIRONNEMENT DANS LE DÉPARTEMENT DE
TOMA 36

CHAPITRE IV : LES CONSÉQUENCES SOCIOCULTURELLES DU DÉBOISEMENT
DANS LE DÉPARTEMENT DE TOMA 45

CHAPITRE V : DÉBOISEMENT ET CHANGEMENT SOCIAL DANS LE DÉPARTEMENT DE TOMA 51

CONCLUSION GÉNÉRALE 56

ANNEXES 59

BIBLIOGRAPHIE 67

TABLE DES TABLEAUX 72

TABLE DES PHOTOGRAPHIES 72

TABLE DES ANNEXES 72

TABLE DES MATIÈRES 73

DÉDICACE

À la Fondation Jean-Paul II Pour le Sahel

REMERCIEMENTS

Du Burkina Faso au Sénégal,

ils sont nombreux, les hommes et les femmes de bonne volonté, à contribuer, par tout moyen, à la réussite de mes études doctorales à Dakar. En attendant la thèse, ce mémoire de DEA est le premier fruit visible de leurs efforts. Je leur en sais gré. Je ne nommerai personne au risque d'en oublier. Mais, je ne saurai non plus passer sous silence mon Directeur de recherche le Professeur Moustapha TAMBA dont j'ai bénéficié particulièrement des conseils et des encouragements.

Puisse Dieu récompenser les uns et les autres au centuple de leurs bienfaits.

SIGLES ET ABRÉVIATIONS

FAO : Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture CILSS : Comité inter-États de lutte contre la sécheresse au Sahel

UNESCO : Organisation des Nations-Unies pour l'éducation, la science et la culture ONG : Organisation non gouvernementale

DPAHRH : Direction provinciale de l'agriculture, de l'hydraulique et des ressources halieutiques

DPECV : Direction provinciale de l'environnement et du cadre de vie
ADRTOM : Association pour le développement de la région de Toma

CODESRIA : Council for the Development of Social Science Research in Africa (Conseil pour le Développement de la Recherche en Science Sociales en Afrique)

CRDI : Centre de Recherche pour le Développement International IRD : Institut de Recherche et de Développement

UCAD : Université Cheikh Anta Diop de Dakar

ENDA Tiers-monde : Environmental Development Action in the third world (Environnement et développement du Tiers-monde)

Ha : hectare

RAF : Réorganisation Agraire et Foncière

UGPN : Union Générale des Producteurs du Nayala

ADPNA : Association pour le Développement de la Province du Nayala M : Mètre

Km : Kilomètre

INTRODUCTION

Le présent travail de recherche socio-anthropologique porte sur le thème suivant « Les populations rurales du Burkina Faso à l'épreuve du déboisement : l'exemple du Département de Toma ». Ce thème nous a été inspiré par le constat d'un déboisement massif de plus en plus croissant dans le Département de Toma et par un contexte mondial et national où les problèmes environnementaux deviennent de plus en plus préoccupants. En effet, depuis la Conférence des Nations Unies tenue à Stockholm (Suède) en 1972, les problèmes environnementaux tels que les changements climatiques (surtout le réchauffement), la « pollution transfrontière », la déforestation ou déboisement, la dégradation des sols, la désertification, la sécurité de la diversité biologique...ne sont plus vus uniquement comme des problèmes écologiques ou géographiques mais aussi et surtout comme des problèmes sociaux. C'est pourquoi le PNUD déclare : « Lorsque le réchauffement planétaire modifie les tendances météorologiques de la Corne de l'Afrique, les récoltes sont mauvaises et les gens meurent de faim, ou bien les femmes et les filles passent des heures à chercher de l'eau »1. En clair, les conséquences des phénomènes naturels n'épargnent pas les humains vivant en société.

À l'échelle nationale du Burkina Faso qui est un pays sahélien enclavé au coeur de l'Afrique occidentale, les problèmes environnementaux sont de deux ordres : les aléas climatiques et l'action humaine. Ceux-ci sont causes de la dégradation de la diversité biologique, accélèrent la désertification et mettent en péril la vie des populations. Au compte de l'action humaine, on peut citer les pratiques suivantes :

- la pratique des feux de brousse ;

- le surpâturage ;

- la coupe anarchique du bois et les défrichements ;

- la mauvaise utilisation des pesticides (culture de coton et maraîchage) ; - le braconnage ;

- la divagation des animaux ;

- les pollutions et nuisances diverses.

On ne peut que s'inquiéter à l'idée des conséquences de telles pratiques, ainsi que l'insinue Schumacher : « Étudiez quel traitement une société fait subir à sa terre, et vous arriverez à des conclusions relativement dignes de foi quant à l'avenir qu'elle se réserve ».2 En effet, les impacts de ces actions humaines sont certes écologiques mais surtout

1 PNUD, La lutte contre le changement climatique : un impératif de solidarité humaine dans un monde divisé. Résumé. Rapport mondial sur le développement humain 2007-2008, PNUD, 2008, p.9.

2 SCHUMACHER, E. F., cité par GIRI, J., Le Sahel demain. Catastrophe ou renaissance ? Paris, Karthala, 1983, p.81.

économiques et sociaux sinon même culturels. La vulnérabilité humaine aux changements environnementaux est donc un fait certain. Et l'on ne saurait en chercher les causes en dehors de la société, c'est-à-dire de l'action humaine.

Le Département de Toma, cadre géographique de notre étude, est à un seuil critique quant aux conséquences du déboisement dans la mesure où les populations disent : « La brousse est finie ». Et lorsque les Sanan3 (peuple habitant le Département de Toma) disent que la brousse est finie, ils entendent par là la disparition des espèces végétales et animales dont l'existence contribue au maintien et à la qualité de la vie humaine sur terre. C'est pourquoi notre souci a été d'étudier en profondeur les conséquences du phénomène en termes de transformations sociales. Notre étude se situe ainsi dans la perspective de l'analyse dynamique des structures sociales du monde rural burkinabè confronté au déboisement. L'étude se présente dans sa globalité comme une analyse des rapports des populations avec leur environnement naturel. À cause du phénomène du déboisement, la dynamique de ces rapports fait apparaître une transformation des perceptions de la nature chez les paysans. La nature tend, de nos jours, à n'être vue que comme un gisement de ressources où chacun peut puiser sans s'interroger sur les risques de son épuisement. Or, autrefois la nature était sacrée, il fallait la respecter à cause la vie qu'elle garantissait. C'est là que notre étude se situe comme une socio-anthropologie du monde rural san, burkinabè et africain confronté à des mutations profondes. Voilà pourquoi nous avons choisi le concept opératoire de changement social pour cette étude.

L'originalité de notre étude réside dans le fait qu'il n'existe pas, à notre connaissance, de recherche préalable sur le déboisement dans le Département de Toma. Dès lors, notre recherche fait office de pionnière dans la réflexion sur les questions environnementales dans cette localité. C'est cela qui justifie d'une part son intérêt. D'autre part, l'intérêt de la recherche est la prise en compte des problèmes du monde rural burkinabè dans un contexte national d'insuffisance des ressources naturelles et de réorganisation de l'espace par l'Etat (Cf. la loi n°014 du 23 mai 1996, portant réorganisation agraire et foncière au Burkina Faso). D'où également l'importance du foncier rural dans cette étude. Les différentes crises environnementales à l'échelle mondiale, le contexte sahélien du Burkina Faso et la question du foncier rural sont autant de situations qui expliquent l'actualité et la pertinence du thème de notre recherche. Le déboisement en Afrique sahélienne doit, pensons-nous, être de plus en

3 Les Sanan forment le groupe ethnique qui parle la langue san. Le terme san désigne également le groupe social et l'individu membre de la société.

plus une préoccupation des chercheurs en sciences sociales et non seulement l'affaire de certaines ONG.

S'agissant maintenant de l'utilité pratique de la recherche, nous pouvons dire que le rapport final est une banque de données disponible sur l'environnement et le déboisement dans le Département de Toma certes, mais surtout en milieu rural africain. Les ONG telles que la Fondation Jean-Paul II pour le Sahel, SOS-Sahel (déjà basée à Toma), les Instituts de recherche en questions environnementales, le Ministère burkinabè de l'environnement et du cadre de vie, les chercheurs et les étudiants sont les potentiels bénéficiaires de cette étude, sans oublier les populations locales.

Notre recherche comporte deux parties. La première partie est consacrée au cadre théorique et méthodologique tandis que la deuxième présente et analyse les résultats de la recherche de terrain.

PREMIÈRE PARTIE :

CADRE THÉORIQUE ET MÉTHODOLOGIQUE

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