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Impacts des politiques fiscales sur l'économie Burkinabé: simulation à  l'aide d'un modèle d'équilibre général calculable

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par Souleymane KORMODO
Ecole nationale supérieure de statistique et d'économie appliquée d'Abidjan - Ingénieur statisticien économiste 2011
  

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4.2 Interprétation des résultats

Nous présentons ici les principaux résultats des simulations des politiques fiscales. Les premières hypothèses de simulation cherchent à répondre à la question suivante : quels sont les effets économiques d'un alourdissement de la pression fiscale?

Le tableau 4.1 résume les impacts des différentes politiques économiques sur les agrégats macro-économiques du Burkina Faso. Les différentes valeurs du tableaux sont en pourcentage par rapport à la situation de base.

2General Algebraic Modeling System 3International Food Policy Research Institute

TAB. 4.1 - Scénario 1 : Impacts sur les agrégats

 

TVASIM

TASIM

TFSIM

TMSIM

TINSSIM

TQSIM

Absorption réelle

-0,2

-0,1

 

-0,1

 

-0,1

Consommation privée réelle

-0,3

-0,2

 

-0,2

 

-0,2

Volume d'investissement

 

1,1

 
 
 
 

Consommation publique réelle

-0,2

 
 
 
 
 

Exportations réelles

 
 
 

-0,1

 

-1,1

Importations réelles

 
 
 

-0,4

 

-0,6

Taux de change réel en PPA

 
 
 
 
 

0,1

Taux de change nominal

-0,1

 
 
 
 
 

Indice des prix des biens échangeables

-0,6

0,1

-0,7

 
 
 

Indice des prix des biens non échangeables

-0,1

-0,1

 
 
 

-0,1

Indice des prix à la consommation

 

-0,1

 

0,1

 

0,6

Terme de l'échange

0,7

 

0,7

 
 
 

Poids de l'investissement dans le PIB

 
 
 
 
 

0,2

Poids de l'épargne privée dans le PIB

 
 

0,7

 

-0,6

-0,7

Poids de l'épargne étrangère dans le PIB

 
 
 

-0,1

 

-0,1

Poids du déficit commercial dans le PIB

 
 
 
 
 

-0,2

Poids de l'épargne publique dans le PIB

 
 
 

0,1

0,6

1

NOTES :TVASIM : tva , TASIM : taxes sur produit ; TMSIM : droit de douane

TFSIM : taxes sur capital; TINSSIM : taxes sur revenu des secteurs ; TQSIM : taxes sur ventes de produits

Source : Nos calculs sous GAMS à partir des données de l'INSD(2008)

L'application d'une nouvelle taxe de 10% sur le capital4 toutes choses égales par ailleurs, alimente les ressources de l'État de 4%. Cet accroissement de revenu autoriserait une augmentation de l'offre de services publics. Par contre cette taxe réduirait le revenu des ménages. Il en résulte une baisse de bien-être des ménages. Les ménages ruraux non pauvres sont disposés à céder 2% de leurs revenus pour empêcher l'application de cette taxe. Par contre, les ménages pauvres5 bénéficient de cette taxe car leur utilité s'accroît du fait de l'accroissement de l'offre de services publics et des transferts de l'État, alors qu'ils ne contribuent pratiquement pas à cette taxe6. Les ménages ruraux pauvres sont disposés à céder 1,6% de leurs revenus pour que la taxe soit appliquée. Au niveau agrégé, l'absorption réelle se contracte du fait de la baisse de la consommation privée. Aussi, la part de l'épargne privée dans le FIB se réduit alors que l'épargne publique s'accroît (effet d»eviction). Le produit réel se réduit faiblement. L'effet de la taxe communale de développement serait négatif sur le FIB réel ceteris paribus mais, elle serait favorable aux ménages pauvres.

Une hausse de 20% des taxes sur les revenus des ménages non pauvres, toutes choses égales par ailleurs, réduit la consommation privée et donc de l'absorption totale. L'offre de bien dans le secteur industriel se réduit (agro-alimentaires et industries non alimentaires). Cette réduction de l'offre est aussi constatée dans le secteur des services. En effet, l'offre de services

4Cette taxe s'apparente à la Taxe de Développement Communal (TDC) dont l'assiette est le capital 5Les menages pauvres representaient 46,4% de la population burkinabè en 2003, selon l'INSD.

6Les détenteurs de capitaux sont essentiellement constitués de ménages non pauvres.

Impacts des politiques fiscales sur l'économie burkinabè: Simulation à l'aide d'un MEGC
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financiers se réduit ainsi que celui des transports. Ces résultats s'expliquent par l'arbitrage entre le travail et le loisir effectué par les ménages. Cet arbitrage semble favorable au loisir car l'offre de travail des ménages se contracte. Le revenu de l'État s'accroît de 1,35%, ce qui lui permet d'effectuer des transferts vers les ménages. Ainsi, le bien-être des ménages pauvres s'accroît. Cette politique aurait par contre peu de popularité car elle implique une baisse du bien-être des ménages non pauvres. Ces derniers exigeraient un accroissement de leur revenu pour accepter l'application de cette taxe. Au niveau macroéconomique, on assiste à une éviction de l'épargne privée par le secteur public. Cette politique serait favorable aux pauvres.

Une hausse de 20% des taux de taxation des produits de l'industrie non alimentaire (Ceteris paribus) s'accompagne un effet inflationniste sur qui réduit la consommation. La production de l'industrie non alimentaire se réduit ainsi que celle du secteur agricole. Ce résultat se justifie par le fait que les biens de l'industrie non alimentaire constituent des intrants pour les activités agricoles. La taxation de ces produits accroît ainsi le coût de la production agricole. La baisse de la production induirait un recul des exportations et partant, une dégradation du solde commercial. Une hausse des droits de douanes de 20% sur les produits alimentaires, se traduit, toutes choses égales par ailleurs, par un accroissement de l'indice des prix à la consommation de 10%, entrainant un recul consommation privée. Ce résultat est en adéquation avec l'hypothèse selon laquelle tous les biens sont normaux. Du coté des producteurs, la hausse des droits douanes entraînant une réorientation partielle de la demande nationale vers les biens locaux, autorise un accroissement de la production domestique, mais la consommation totale des ménages se réduit globalement. Selon la fermeture macroéconomique retenue, l'investissement en volume est fixé et ce sont les taux d'épargne qui s'ajustent de façon endogène pour générer une épargne suffisante pour financer l'investissement. Il ya une éviction de l'épargne étrangère par celle publique .En ce qui concerne l'État, ses revenus s'accroissent du fait de l'accroissement des recettes douanières. Finalement, cette politique entraîne une légère baisse du PIB. Ces simulations montrent l'existence d'un effet ambigu d'un alourdissement de la pression fiscale sur l'économie.

Le scénario 2 recherche une réponse à la question suivante : la politique fiscale est-elle en mesure de réduire les effets des chocs externes? Pour ce faire, nous supposons une hausse de 50% des prix à l'importation des produits alimentaires et une réponse de l'État se traduisant par exemple par un désarmement douanier complet sur les biens alimentaires. Le tableau 4.2 reproduit les impacts d'une crise combinée avec la réponse du gouvernement. La crise a pour effet une hausse des prix à l'importation (PWSIM) et la réponse se traduit par un désarmement douanier complet sur les produits alimentaires (TMSIM). L'effet de la crise sur

les agrégats économiques est résumé par la première colonne alors que le désarmement douanier, en absence de crise, aurait produit le résultat consigné dans la colonne 2. La dernière colonne du tableau est le résultat de la crise auquel l'État a tenté une correction.

TAB. 4.2 - scénario 2 : Crise et réponse de l'État

 

PWMSIM 50%

TMSIM annulation

TOTALSIM

Absorption réelle

-2,1

0,6

-1,6

Consommation privée réelle

-3,4

0,9

-2,7

Exportations réelles

-1,4

0,4

-1,2

Importations réelles

-7,5

2,4

-6,1

Taux de change reel en PPA

4,5

 

4,4

Indice des prix des importations

6,3

 

6,3

Indice des prix des biens échangeables

4,3

 

4,3

Indice des prix des biens non échangeables

-0,1

 

-0,1

Indice des prix à la consommation

2,2

-0,5

1,7

Terme de l'échange

-5,9

 

-5,9

Poids de l'investissement dans le PIB

-0,1

0,1

 

Poids de l'épargne privée dans le PIB

0,4

-0,1

0,4

Poids de l'épargne étrangère dans le PIB

-0,6

0,6

-0,1

Poids du déficit commercial dans le PIB

-0,7

0,2

-0,5

Poids de l'épargne publique dans le PIB

0,2

-0,4

-0,2

Poids des importations dans le PIB

-0,1

-0,3

-0,4

Source : Nos calculs sous GAMS à partir des données de l'INSD(2008)

La hausse de 50% des prix à l'importation des produits alimentaires s'apparente aux effets de la crise alimentaire de 2008. Cette accroissement entraine, ceteris paribus, une hausse des prix de l'absorption7 des produits agricoles de 3% et ceux de l'industrie alimentaire de 7%. Ce qui implique une hausse de l'indice des prix à la consommation de 2%. Les produits domestiques deviennent plus compétitifs que leurs concurrents étrangers sur le marché domestique. Il s'ensuit une baisse des demandes d'importation de 36% des produits de l'industrie alimentaire et de 68% des produits agricoles. Suivant l'hypothèse de mobilité des facteurs, certains producteurs se réorientent partiellement vers les nouvelles activités attractives. Ce pourquoi on assiste à une baisse de l'offre de produits de l'industrie non alimentaire ainsi qu'une réduction de l'offre domestique de services marchands. La production domestique de biens agricoles augmente ainsi que celle de produits de l'industrie alimentaire. Par ailleurs, la réorientation des certaines activités vers le marché local entraîne un léger recul des exportations mais une réduction significative des importations, ce qui justifie la réduction du déficit externe. De plus, la hausse des prix à l'importation dégrade les termes de l'échange de 6%.

Pour les ménages, on assiste à une baisse de leur bien-être due à l'inflation et la baisse du
niveau de l'activité. Le bien-être est approché par la variation équivalente définie comme

7Les prix de l'absorption sont constitués des moyennes arithmétiques des prix des biens domestiques et des biens importés.

Impacts des politiques fiscales sur l'économie burkinabè: Simulation à l'aide d'un MEGC
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étant la disposition maximale des ménages à recevoir permettant d'annuler la perte d'utilité due à la hausse des prix.

Sur le marché du travail, l'offre de travail des ménages se réduit8. Par contre, la hausse des prix des denrées alimentaires rend les secteurs agricole et agro-alimentaire plus attractifs. La demande de travail de ces derniers augmente mais diminue pour les autres secteurs9. Il en résulte un léger accroissement du chômage. Globalement, on assiste à une baisse du PIB et un accroissement du chômage malgré la baisse du déficit externe de 6%.

L'État répond par un désarmement douanier complet sur les produits alimentaires importés dans le but d'extirper la crise. Ce paragraphe décrit et analyse les différents impacts sur les revenus des agents et le bien-être des ménages. Comment les politiques fiscales, définies plus haut, influencent le revenu des agents?

On s'intéresse d'abord à l'impact sur le revenu des entreprises et de l'État. Le graphique 4.1 fournit les différents impacts de la hausse des prix à l'importation des produits alimentaires (en rouge), suivi d'une annulation des droits de douanes (en bleu).

FIG. 4.1 - Impact sur les recettes de l'État et des entreprises

L'inflation importée réduit le revenu réel des entreprises et de l'État pour les raisons ci-dessus explicitées. La production de biens alimentaires augmente certes, étant donnée la réorientation de la demande locale vers les produits alimentaires domestiques, mais les activités de production utilisant les produits alimentaires comme intrants constatent une baisse de leurs productions et de leurs revenus. In fine, le produit réel global se réduit, le prix des exportations demeurant inchangé, les termes de l'échange se détériorent de 2,4%.

La réponse du gouvernement, le désarmement douanier, réduit ses recettes douanières mais augmente le revenu des entreprises (ceteris paribus). L'effet net est une baisse des revenus

8L'arbitrage entre le travail et le loisir serait ici en faveur du loisir.

9La raison de cette baisse tient au fait que le facteur travail est mobile et se dirige vers les secteurs les plus

productifs

de l'État10 et une atténuation de l'effet de la crise pour les entrepreneurs. Qu'en est-il des consommateurs?

Le graphique 4.2 représente le niveau de la variation compensatrice suite à l'augmentation des prix à l'importation des produits alimentaires et au désarmement douanier.

FIG. 4.2 - Impact sur le bien-être des ménages d'un choc négatif avec correction par l'État

En termes de variation de bien-être, on constate que les ménages ruraux réclamerons une compensation plus élevée pour rester indifférents face à la hausse des prix des produits alimentaires importés. Les menages ruraux supportent plus les effets du choc externe. Il leur faut un accroissement de 4% de leur revenu pour qu'ils retrouvent le même niveau d'utilité. Si une telle compensation n'est pas envisagée, ils supporterons les coûts de cette hausse des prix, coûts qui restent supérieurs à ceux que paieront les ménages urbains.

L'allègement fiscal constitue un contre-poids aux chocs exogènes affectant l'économie du Burkina Faso. Il réduit l'effet négatif du choc. Ce qui confirme notre première hypothèse de recherche : l'allègement fiscal atténue les effets des chocs récessifs sur l'économie. Dès lors, la politique fiscale peut constituer un instrument puissant de stabilisation de l'économie dans le cas du Burkina Faso.

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9Impact, le film from Onalukusu Luambo on Vimeo.



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BOSKELYWOOD from Ona Luambo on Vimeo.