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L'administration de mission en droit burundais: cas de la Commission Nationale des Terres et autres Biens (C. N. T. B. )

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par Emmanuel NIYOMWUNGERE
Université du Burundi - Licence 2010
  

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CHAPITRE II: LE CADRE D'ECLOSION DES ADMINISTRATIONS DE MISSION IMPLIQUEES DANS LA REHABILITATION DES SINISTRES BURUNDAIS

La mission de réhabiliter dans leurs droits patrimoniaux et extrapatrimoniaux les victimes des crises socio-politiques qui ont secoué le Burundi est devenue récurrente. Cette mission avait été confiée à d'autres commissions antérieures à la C.N.T.B. et dont la plupart étaient des administrations de mission. Celles-ci ont évolué dans un cadre à trois dimensions à savoir celui de la problématique des terres et autres biens des sinistrés, celui de la multiplicité des normes applicables et celui de la discontinuité des structures.

Section 1. Le cadre sociologique: le problème foncier et des autres biens des sinistrés

La raréfaction grandissante de la propriété foncière au Burundi a été maintes fois à l'origine des deux principales missions connexes que l'Etat a confiées à la C.N.T.B. et aux administrations de mission qui l'ont précédée. Il s'agit d'inventorier et récupérer les terres irrégulièrement acquises et d'apurer le contentieux foncier et celui lié aux autres biens; la guerre ayant contribué à compliquer la tâche.

§1. La raréfaction de la propriété foncière

La superficie de l'Etat burundais est de 27.834 km2. Sa population actuelle est de 8.038.618 habitants273. De ce fait, il est classé parmi les pays africains les plus peuplés.

De plus, 94% de sa population vivent de la terre en milieu rural74. La population burundaise se caractérise également par un comportement nataliste, une économie basée sur l'agriculture de subsistance et l'héritage comme mode normal d'acquisition de la terre.

Il en résulte que la terre se raréfie de plus en plus et devient concomitamment un bien d'une importance, en tant que source principale de

73 Voir D.P. n°100/12 du16 janvier 2009 portant publication des résultats préliminaires du troisième recensement général de la population et de l'habitation du Burundi de 2008, B.O.B. n°1ter/2009, pp. 220-224

74 Rapport de l'Observatoire de l'Action Gouvernementale (O.A.G.) cité par A. ARAKAZA, Guide méthodologique pour la récupération des terres domaniales irrégulièrement acquises, Bujumbura, C.N.T.B., février 2002, p.3

revenus. C'est ce qui explique que 80% du contentieux judiciaire est d'ordre foncier75. Cette raréfaction se traduit aussi par le fait que les terres domaniales ne cessent de faire l'objet d'attributions irrégulières et d'empiétements.

§2. L'aggravation de la question foncière par le phénomène des sinistrés

Depuis son indépendance, le Burundi vit de manière récurrente une spirale de violences politico-ethniques. Plusieurs milliers de personnes ont étéforcés d'abandonner leurs biens, meubles ou immeubles. Ceux-ci sont soit

restés vacants, soit attribués par l'Etat à de nouveaux acquéreurs, soit encore appropriés par des tiers. A leur retour d'exil, les rapatriés trouvent leurs biens dans d'autres mains. Il se pose la question de savoir qui du propriétaire d'origine ou du possesseur actuel a un droit plus fort sur ces biens. Cette question concerne surtout les réfugiés de 1972. Mais, il n'en demeure pas moins que ceux de 1988 et de 1993 éprouvent d'énormes difficultés dans l'exercice de leurs droits réels d'autant plus qu'il n'est pas rare que leurs biens aient fait l'objet d'appropriations vite remises en cause. Il arrive que le sinistré lui-même ait clandestinement vendu sa propriété foncière et qu'aujourd'hui il se retrouve sans terre.76

En outre, la création des sites de déplacés sur des terres des particuliers engendre le problème du statut de ces terres et la nature des droits exercés sur elles par les déplacés. Il existe plusieurs victimes d'actes de vol ou de destructions de maisons, de plantations, de fonds de commerce, d'effets personnels, etc. Elles sont dans une situation de privation et de dénuement au moment où les auteurs responsables de ces actes, lors même qu'ils sont connus, sont pour la plupart insolvables. Or, la restitution des biens, particulièrement de la terre constitue pour les survivants une condition essentielle pour leur réinsertion et leur réintégration sociales.

Cette situation alimente des conflits au niveau communautaire et risque de replonger le pays dans les crises socio-politiques. Sous ce rapport, une enquête menée par Caritas-Burundi en 2005 est éloquente. Sur les 33 764 cas de conflits liés à la terre, 56,3% sont liés aux crises que le Burundi a connues77. Si l'on n'y prend pas garde, la problématique foncière peut être instrumentalisée politiquement lors des échéances électorales prochaines pour déboucher sur des troubles socio-politiques, comme cela s'est passé récemment au Kenya et au

75 A. ARAKAZA, op.cit., p.3

76 C.N.T.B., Formulaire de présentation du projet, « Appui au règlement pacifique des litiges fonciers », p.8

77 Ibidem

Zimbabwe. Il sied d'analyser les normes applicables en la matière pour la prévention ou la résolution des conflits.

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