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Notion de système formel. Prolégomènes à  une logique cognitiviste à  partir de Donald Davidson

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par Tamis Muamba Ngueshe
Université de Kinshasa - Licence 2010
  

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Chapitre trois : vers une logique cognitiviste

III.0. Introduction

Le dernier chapitre de notre mémoire traite de la logique cognitiviste. Après avoir étudié les différentes limites et les dépassements possibles des grandes approches des systèmes formels, il est temps que nous puissions donner notre point de vue sur cette question.

Aussi, le présent chapitre est reparti en deux grands points. Le premier scrute les concepts de cognitivisme et celui des sciences cognitives. Quant au deuxième, il nous présente la logique cognitiviste proprement dite. Les deux points seront suivis d'une conclusion.

III.1. Cognitivisme et sciences cognitives

Le cognitivisme est le paradigme principal des sciences cognitives. A côté de lui, nous pouvons citer aussi le connexionnisme.

De prime abord, il sied de noter que les sciences cognitives sont une alliance de disciplines visant à constituer une science naturelle de l'esprit. Par « esprit », il faudrait simplement entendre l'ensemble des capacités mentales propres au système nerveux central. «Plus précisément, les sciences cognitives sont des sciences de la cognition : il s'agit d'étudier les capacités et processus mentaux ,mais néanmoins naturels qui , au moyen d'un traitement (aussi bien sélectif que productif) de l'information, engendrent, transmettent, modifient, utilisent, conservent ou consistent en de la connaissance : sensomotricité, perception, mémoire, compréhension et production langagière (et plus largement symbolique, représentation des connaissances, ou encore raisonnement ».(76(*)) En tous cas, la cognition est à la connaissance ce que la volition est à la volonté : une fonction de production et de réalisation.

Du point de vue cognitiviste, le mental possède une nature matérielle, mais également une autonomie logique. Cette autonomie permettrait alors de l'étudier à un niveau de description portant uniquement sur la fonction des entités mentales. Il faut, par conséquent, distinguer une investigation sur l'architecture du cerveau d'une enquête sur l'architecture des fonctions cognitives. Cette dernière enquête peut alors prendre l'ordinateur comme modèle pour expliquer l'économie de notre système cognitif, car l'ordinateur peut simuler le fonctionnement de notre vie mentale.

Aussi, les disciplines qui constituent aujourd'hui les sciences cognitives sont principalement : la psychologie cognitive, la philosophie, la linguistique, l'intelligence artificielle, les neurosciences ou les sciences du système nerveux, la logique, les mathématiques, l'informatique, la physique, etc. Pierre Steiner souligne que : « on peut dire qu'une sorte de division (non étanche) du travail s'est tacitement imposée : la psychologie, la linguistique, la philosophie et la logique tentent plutôt de caractériser les aptitudes cognitives humaines à un niveau fonctionnel, indépendamment de leur réalisation cérébrale. Ces disciplines s'intéressent donc en particulier aux processus cognitifs dits supérieures, dont l'inférence est l'armature, ainsi qu'à leurs résultats : la connaissance, le savoir. Le pôle des neurosciences, des mathématiques et de la physique privilégie les processus de traitement de l'information dits inférieurs, en particulier la perception et la motricité, où intervient d'ailleurs un savoir faire partagé avec les animaux. Les spécialistes d'intelligence artificielle s'occupent plutôt des processus de simulation des fonctions cognitives »(77(*)).

Concernant l'implication de la logique dans les sciences cognitives, nous pouvons lire sous la plume de Michel De Glas l'affirmation suivante : « De la logique pré-frégéenne aux développements les plus récents de la logique moderne (logique classique, logique intuitionnistes et sub-intuitionniste, logiques linéaire, logique para-consistante et pseudo-consistante, ë - calcul et logique combinatoire....), la logique a toujours tissé avec les diverses branches de ce qu'il est désormais convenu d'appeler les sciences cognitives (philosophie, linguistique, psychologie cognitive, intelligence, artificielle, ...) des liens étroits, parfois conflictuels, mais toujours riches et féconds » (78(*)).

III.1.1. Caractéristiques du cognitivisme

Avant de détailler les deux hypothèses fondamentales du cognitivisme (représentationnalisme et computationnalisme), nous évoquerons rapidement les deux intuitions méthodologiques et philosophiques sur lesquelles il se base : le naturalisme et le fonctionnalisme.

III.1.1.1. Intuitions méthodologiques et philosophiques

L'intuition naturaliste est avant tout une position méthodologique ou épistémologique pour laquelle l'appareil explicatif des sciences naturelles (physique, biologie et, dans une moindre mesure, chimie) doit constituer le cadre conceptuel auquel toute théorie scientifique doit se réduire ou en tout cas se conformer. Bref, toute théorie, peu importe la discipline, devrait finalement être bâtie sur le paradigme des sciences de la nature, ou ne pas être en contradiction avec lui.

Cette entreprise, en fait, est motivée par la peur de tomber dans le dualisme cartésien, jugé incapable d'expliquer l'interaction entre l'esprit et la matière, car si l'esprit peut faire bouger le corps, alors il doit être physique (tout effet physique n'étant possible que par une cause physique, a-t-on pensé).

Quant au fonctionnalisme cognitiviste, il est « cette position qui défend l'idée que ce qui constitue la nature ou l'identité d'un état mental, ce n'est pas sa composition ou sa matière cérébrale, mais plutôt son rôle (sa fonction) dans le système cognitif » (79(*)). En clair, ce ne sont pas les propriétés neurologiques des états et processus mentaux qui importent dans une étude de la cognition, mais plutôt leurs propriétés fonctionnelles.

Aussi, les propriétés et états mentaux doivent être identifiées avec des propriétés structurelles.

Comme l'on peut s'en rendre compte, le fonctionnalisme est d'autant plus important, intéressant pour le cognitivisme en ce qu'il permet d'élaborer une théorie systématique du fonctionnement de l'esprit uniquement à partir des propriétés fonctionnelles des états mentaux, relatives à leur syntaxe.

Pour F. VARELA, E. THOMPSON et E. ROSCH, l'hypothèse de base du cognitivisme est que : « l'intelligence - humaine comprise-ressemble tellement à la computation dans ses caractéristiques essentielles que la cognition peut en fait se définir par des computations sur des représentations symboliques ..... Une computation est une opération effectuée ou accomplie sur des symboles, c'est-à-dire sur des éléments qui représentent ce dont ils tiennent lieu »(80(*)).

Il y a donc deux notions centrales à retenir, celle de représentation et celle de computation.

* 76 Pierre STEINER, op.cit, pp.1-2.

* 77 Idem, p.

* 78 Michel DE GLAS, « Logique et sciences cognitives », In intellectica, 1996,/2,23, p.155 (en ligne :http://wwww.intellectica, revues, org).

* 79 Pierre STEINER, ; op.cit, p.5.

* 80 VARELA, F. THOMPSON E., ROSCH, E. Inscription corporelle de l'esprit. Sciences cognitives et expérience humaine, Paris, Seuil, 1993, p.73, cité par Pierre Steiner, op.cit, p.6.

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