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Notion de système formel. Prolégomènes à  une logique cognitiviste à  partir de Donald Davidson

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par Tamis Muamba Ngueshe
Université de Kinshasa - Licence 2010
  

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III.1.2. Hypothèses fondamentales

Le cognitivisme se base sur une théorie particulière du raisonnement (computationnalisme) et sur une théorie singulière des états mentaux, la théorie représentationnelle. Pour cette dernière, être dans un état mental particulier (doué de la propriété d'intentionnalité), comme croire qu'il pleut, c'est simplement entretenir une certaine relation avec une représentation symbolique de l'objet de l'état. En clair, croire, désirer, savoir ou encore craindre que p, c'est avoir une représentation propositionnelle de p située dans sa boite à croyance, à désir, à savoir, à crainte.

Pierre Steiner est d'avis que «  un contenu représentationnel dénotant un état du monde extérieur (le fait qu'il pleuve, par exemple) s'incarne donc dans un ensemble de neurones, et via ses propriétés physiques, possède des propriétés formelles, ou encore syntaxiques, qui lui permettent d'interagir avec d'autres états représentationnels en étant l'objet d'inférences computationnellement réglées (ma croyance qu'il pleut peut être mise en relation avec mon désir de rester sec et ma vision d'un abribus, ce qui m'amènera à me déplacer) »(81(*)).

Ainsi, la théorie computationnelle part de l'hypothèse selon laquelle les représentations propositionnelles ont des propriétés syntaxiques et, partant, sémantiques. Elle y ajoute une autre hypothèse selon laquelle la pensée rationnelle consiste en la manipulation, gouvernée par des règles algorithmiques, de ces représentations syntaxiquement structurées.

Notons aussi que la théorie computationnelle du raisonnement résulte de deux grandes entreprises intellectuelles de XIXème et XXème siècles : d'une part, nous pouvons citer la formalisation des mathématiques avec Hilbert, Frege, Russell et Whitehead. Et d'autre part, nous avons les travaux de Turing, Church et Gödel dans les années trente dont l'une des intuitions fondamentales était que toute opération logico-mathématique qui était sensible aux propriétés syntaxiques pouvait être simulée par une machine (82(*)).

III.1.3. Critique du cognitivisme par le connexionnisme

Le paradigme connexionniste, au sein même des sciences cognitives, remet en cause les deux présupposés centraux du cognitivisme : représentation et computation. Il propose plutôt un nouveau modèle de la cognition plus sensible aux propriétés cérébrales de systèmes cognitifs humains. Pierre Steiner souligne que « l'attrait initial du paradigme connexionniste réside dans son désir de concevoir la cognition à partir des propriétés du système cérébral. Le modèle est ici le cerveau, et non plus l'ordinateur. La notion centrale dans le connexionnisme est celle de réseau de neurones. Elle est supposée remplacer celle de représentations symboliques »(83(*)).

De façon générale, les modèles connexionnistes expliquent nos capacités cognitives à partir de systèmes composés d'ensemble d'unités qui correspondent fonctionnellement aux neurones. Les connexions entre chaque unité correspondent aux connexions synaptiques. Ainsi, par l'intermédiaire des connexions qui la relient aux autres unités, chaque unité peut transmettre un signal en fonction de son niveau d'activation. Ce signal peut être un signal d'excitation comme il peut être un signal d'inhibition. Toutefois, la transmission du signal dans le réseau dépend du poids des connexions.

De l'avis de plusieurs spécialistes, le cognitivisme étudie des états supérieurs de la cognition (représentation et computation) alors que le connexionnisme étudie des états inférieurs (la cognition à partir du fonctionnement des neurones).

Tout compte fait, les deux paradigmes sont complémentaires et non contradictoires.

* 81 Pierre STEINER, op.cit, p.7.

* 82 Cfr. Idem, p.8.

* 83 Ibidem, p.11.

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