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Politique coloniale de lutte contre le paludisme. Cas de l'ancienne province de Léopoldville (1888-1960)

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par Leslie SABAKINU LUKWIKILU
Université de Kinshasa RDC - Licence en sciences historiques 2011
  

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Conclusion partielle

La politique coloniale de lutte contre le paludisme a consisté à interrompre la propagation de la maladie au Congo belge. Grâce aux services d'hygiène publique, qui avait la lutte antipaludique dans leurs attributions, l'administration coloniale a pu mettre en place des mesures sanitaires appropriées pour sauvegarder la santé des populations vivant au Congo. Il a été ainsi question de combattre cette maladie soit en empêchant les vecteurs d'infecter la population grâce aux mesures prophylactiques, soit en détruisant le plasmodium dans l'organisme grâce aux actions curatives prônées par le gouvernement. Une étroite relation existe entre les premières mesures et les secondes, aussi il a fallu commencer par les premières pour finir par les secondes.

Conclusion générale

Au terme de notre recherche, il nous faut conclure. Nous avons cherché à étudier la Politique coloniale de lutte contre le paludisme. Cas de l'ancienne province de Léopoldville, de 1888 à 1960. Cette étude nous a permis de nous rendre compte de l'importance du paludisme dans notre pays et dans le monde entier.

Nous avons essayé de mettre en lumière les différents problèmes qu'a posés le paludisme au Congo belge. En effet, cette maladie avait suscité de nombreuses préoccupations au sein du pouvoir colonial, qui voyait en elle un obstacle à la pénétration et { l'exploitation du Congo. De même, nous nous sommes efforcée de mettre en évidence la politique élaborée par l'administration coloniale afin d'éradiquer cette maladie.

Il se dégage que cette maladie, du fait de sa large propagation pendant la colonisation, fut rendue responsable non seulement de la forte mortalité des Européens et des Congolais, mais aussi elle a constitué un handicap { l'exploitation économique de la colonie. En fait, il est nettement établi que depuis la mise en place du système colonial jusqu'{ l'accession du pays { l'indépendance, le Congo a subi les effets de cette maladie, avec un rythme variable selon le temps. A cet égard, durant les premières années de la colonisation, ainsi que durant les deux guerres mondiales, on constata l'accentuation de la morbidité et de la mortalité due { cette maladie.

Etant donné que cette maladie fut mortelle tant pour la population blanche que pour la population congolaise, les différentes stratégies initiées par l'administration coloniale visaient l'éradication totale de la maladie. Il est cependant admis que les différentes mesures de lutte ainsi que leur application n'ont pas eu les mêmes priorités pour les deux populations. Il s'agissait premièrement de sauvegarder la santé de la population européenne en la défendant contre les effets du paludisme, ensuite la santé de la population congolaise qui devait être secourue en raison de son importance, en tant que main-d'oeuvre, pour le développement de la colonie.

De même, si l'administration coloniale a pu réduire considérablement certaines maladies (comme la maladie du sommeil, la variole), elle fut cependant impuissante face au paludisme. Celui-ci fut la maladie la plus grave et la plus fréquente tant chez les Européens que chez les Congolais surtout dans les zones rurales, non parce que les règles de prophylaxie antipaludique ne furent suffisamment pas connues ou respectées, mais en réalité en raison du fait que les mesures de lutte à prendre exigent une mise en application { très grande échelle, d'où des coûts très élevés. Les campagnes sérieuses n'ont été possibles que dans les centres urbains et industriels, mais elles étaient plus difficiles à étendre en zones rurales. Ce qui veut dire aussi que l'environnement dans lequel vit la population a été déterminant dans le développement de cette endémie. C'est pourquoi, toute la lutte contre cette maladie a consisté { l'assainissement de l'environnement, essentiellement dans les centres urbains et industriels, lieu de concentration d'une population abondante. Il nous faut aussi retenir que le paludisme a provoqué une mortalité excessive chez les enfants.

Suite { d'énormes difficultés constatées durant cette lutte, l'administration coloniale a admis que l'éradication du paludisme n'était plus envisageable sur tout le territoire congolais. Ainsi des nouvelles dispositions furent prises pour rétrocéder le paludisme de façon considérable. Cependant ces nouvelles dispositions ont permis de rétrocéder la maladie au sein de la population européenne mais cela ne fut pas le cas pour la population congolaise, qui avait vu cette maladie s'accroitre jusqu'{ la fin de la colonisation.

Certes, nous avons pu disposer des données historiques sur la morbidité et la mortalité qui nous ont permis de mieux découvrir les dimensions multiples de cette endémie, mais nous pensons que les recherches sur les perceptions de cette maladie par les populations congolaises seraient une perspective qui enrichirait davantage les connaissances historiques de cette endémie. Ce serait là une nouvelle orientation de la recherche susceptible d'être exploitée.

Par ailleurs, au moment où l'Afrique en général et la République Démocratique du Congo en particulier sont confrontés au problème du paludisme, diverses stratégies de lutte sont engagées. C'est ainsi que nous avons pensé, en guise de perspective, donner

quelques indications qui évoquent le Programme National de Lutte contre le Paludisme élaboré par le gouvernement de la RDC.

Politique nationale de lutte contre le paludisme en RDC

La RDC figure parmi les pays où non seulement le paludisme est en état endémique sur toute l'étendue du territoire, mais aussi où l'on constate que cette maladie est la première cause de morbidité et de mortalité enregistrée au sein de la population ; il a fallu mettre en place un programme fiable capable de venir à bout de cette maladie302.

C'est ainsi qu'en 1998, il ya eu la création du Programme National de Lutte contre le Paludisme, par l'Arrêté ministériel n° 1250/CAB./MIN./S.P./008/1998 du 22 juillet 1998 portant création, organisation et fonctionnement du Programme National de Lutte contre le Paludisme303.

Ce programme avait comme mission la mise sur pied des méthodes et stratégies de lutte antipaludique appropriées, il devait assurer la technique et la logistique aux différentes zones de santé en rapport avec la prévention et le traitement du paludisme, ainsi que la mise au point et en application des stratégies garantissant aux habitants de la RDC, particulièrement les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes, une vie avec un moindre risque de contracter ou de décéder du paludisme et de contribuer ainsi à la réduction des pertes socio-économiques attribuables à cette endémie.

De même les objectifs qu'il s'est assigné est la réduction de la morbidité et de la mortalité dues au paludisme au sein de la communauté et en particulier chez les enfants de moins de 5 ans ; la réduction de la morbidité et de la mortalité dues au paludisme chez les femmes enceintes ; ainsi que la réduction du fardeau socio-économique dû au paludisme.

- De 1998 à 2000, fut la période de Structuration et d'organisation de la direction centrale.

302 MATINDII, A. B., Politique Nationale de Lutte contre le Paludisme en République Démocratique du Congo, Colloque sur le Paludisme, Kinshasa, 0ctobre 2005, p. 9.

303 Idem, p. 11.

- La période de 2000 à 2005 fut celle du développement du programme en termes de définition de politique nationale de lutte contre le paludisme en RDC, la détermination des directives et normes du programme, l'élaboration du plan stratégique 2002 - 2006, la mobilisation des ressources humaines, matérielles, et financières, la structuration et l'organisation des services provinciaux de lutte antipaludique.

- A partir de 2006, ce fut le lancement de l'implantation { large échelle des interventions de lutte antipaludique.

Ainsi les stratégies de lutte élaborée contre le paludisme par le PNLP furent les suivantes :

a) En matière de prévention :

- La Promotion de l'utilisation de la moustiquaire imprégnée d'insecticide aux enfants de moins de 5 ans et aux femmes enceintes ;

- Un traitement préventif intermittent chez la femme enceinte au cours des CPN: 2 doses de Sulfadoxine pyriméthamine aux 16ème et 28ème semaines ;

- La pulvérisation intra domiciliaire d'insecticide { effet rémanent ;

- L'assainissement péri et intra domiciliaire.

b) Prévention et gestion des épidémies dues au paludisme :

- Surveillance épidémiologique, grâce au système d'information pour la surveillance de la maladie, de l'efficacité thérapeutique des antipaludiques, du comportement du vecteur.

- Détection précoce et riposte rapide aux épidémies dues au paludisme

c) Renforcement des capacités institutionnelles, grâce à la formation du personnel, { la création des infrastructures, { l'achat des équipements et aux frais de fonctionnement ;

Le plan de 2002-2006 prévoyait que : au moins 80% des personnes avec fièvres présumées paludisme simple et cas de paludisme grave auront accès à un traitement adéquat dans un délai de 24 heures ; au moins 60% des personnes à risque, surtout les

enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes dormiront sous la MII ; au moins 60% des femmes enceintes auront bénéficié d'un traitement antipaludique intermittent conformément à la politique nationale.

Tenant compte du développement de la lutte antipaludique au cours de l'année 2008, le plan stratégique 2007-2011 a été revisité et s'est mué en plan stratégique 2009-2013. Le but de ce nouveau plan est de contribuer { l'amélioration de l'état de santé de la population de la République Démocratique du Congo par la réduction du fardeau humain et socio-économique dû au paludisme. L'objectif visé est de réduire de 50% la morbidité et la mortalité spécifiques dues au paludisme d'ici 2013.

Au regard des problèmes que continue de poser le paludisme en RDC et suite aux difficultés rencontrées dans la lutte contre cette maladie, quelques suggestions se profilent { l'issue de cette présente étude : Premièrement, dans le cadre des stratégies de prévention et de lutte contre le paludisme, un accent devra être mis sur des recherches approfondies sur cette maladie, à savoir l'identification des vecteurs, des recherches sur l'écologie et le comportement des espèces déj{ identifiées, afin d'envisager un traitement à long terme. Deuxièmement, le gouvernement devra se concentrer sur la formation d'un personnel qualifié, à savoir des ingénieurs hygiénistes, des débrousseurs, qui seront capables de localiser les différents gîtes des anophèles et de les détruire. Et enfin, l'amélioration des conditions de vie des populations, qui vivent pour la plupart dans un environnement insalubre et propice { l'extension du paludisme. Que les services d'hygiène publique soient dotés de moyens matériels et financiers nécessaires à l'exécution des travaux d'évacuation des déchets, de drainage des eaux et au contrôle de la salubrité dans les milieux tant urbains que ruraux.

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