WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Politique de l'enseignement universitaire en République Démocratique du Congo (1947-1993)

( Télécharger le fichier original )
par Aurélie Maketa
Université de Kinshasa - Licence 2011
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

B. Quels universitaires ?

Une fois le principe de l'enseignement universitaire accepté, une autre question s'est posée : fallait- il construire une université dans la colonie comme certains le préconisaient ou envoyer des boursiers poursuivre leurs études en Europe comme certaines autres métropoles le faisaient ? Pour les partisans de la deuxième option, construire une université au Congo reviendrait trop cher et risquerait de mener le pays à la banqueroute, la colonie n'ayant pas les moyens d'investir dans un tel projet. Les autres pensaient, au contraire, qu'il était indispensable que la formation des jeunes congolais ait lieu dans leur propre pays.

Une des raisons en faveur de l'octroi des bourses pour des études à l'étranger plutôt que la création d'une université au Congo, était la peur dans les milieux belges que ces institutions ne puissent dispenser aux étudiants une formation d'un niveau scientifique. Cela se ressent dans les rapports des conseils coloniaux. C'est ainsi, par exemple, que lors de l'examen du « décret du 26 octobre 1955 relatif à la création et à l'organisation d'une Université au Congo Belge » et cela malgré le fait que la C.U.L. avait déjà ouvert ses portes une année plus tôt, des voix se levèrent pour remettre en cause le véritable potentiel scientifique qu'aurait eu une université créée en Afrique35. Beaucoup proposaient de suivre l'exemple de la France et de la grande Bretagne qui obtenait d'excellents résultats en envoyant les élèves les plus doués étudier dans la métropole. Le second argument sur lequel ils s'appuyaient était le coût extrêmement élevé d'une telle entreprise. En effet, il fallait non seulement créer les infrastructures mais, en plus, prendre en charge les futurs professeurs de ces universités, les rémunérer de manière assez attractive pour leur donner envie de rester36.

Pour les partisans de la création d'établissements universitaires en Afrique, L'Université se devait de devenir un foyer de rayonnement culturel pour l'ensemble du pays, un pôle de développement intellectuel ainsi qu'un centre de recherches scientifique et d'adaptation du savoir aux particularités locales. Elle ne devait pas se

35 Compte rendu analytique du Conseil colonial du 25 novembre 1955

36 GILLON, L., Op. Cit., p.78

contenter de délivrer des diplômes, mais devait étendre progressivement son influence sur toutes les couches de la population37. Pour cela, elle devait être ancrée sur le territoire d'où la nécessité de la construire dans la colonie.

Il était question de former des autochtones conscients de leur patrimoine culturel, pas des hybrides intellectuels ne pouvant pas appréhender convenablement les véritables enjeux du pays parce que ne les connaissant pas et ne les ayant jamais vécus. Il fallait intérioriser la formation intellectuelle dans la réalité de la vie familiale et sociale africaine en restant en contact avec la réalité du milieu et de la famille.

Cette solution avait aussi l'avantage de permettre un contrôle des étudiants et de les soustraire à l'influence des milieux progressistes qui existaient en Europe38.

Au final, ce sont les partisans de la construction d'une Université en Afrique qui l'emportèrent et en 1953 commencèrent les travaux de construction du C.U.L qui ouvrit ses portes l'année suivante et devint l'U.L, par l'arrêté royal du 3 février 1956. En 1956, une seconde université officielle cette fois ci ouvrit ses portes : l'Université Officielle du Congo belge et du Ruanda Urundi. La troisième université, quant à elle, l'U.L.C, n'a démarré qu'en 1963, après la fin de la colonisation sous l'action des églises protestantes.

37 Idem p.75

38 LACROIX, B., Op Cit., p. 26

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"Ceux qui vivent sont ceux qui luttent"   Victor Hugo